HYPERESTHÉSIE DES ORGANES DES SENS
Nous regardons comme une forme de l'hyperesthésie , la démangeaison légère ou très-forte que certains malades éprouvent sur toute la surface de la peau. Nous l'avons souvent constatée chez des sujets atteints d'ictère, qui en étaient fort incommodés, pendant la nuit principalement. Elle ne pouvait être rattachée à aucune lésion appréciable du derme , et le trouble de la sensibilité tactile en était la source unique.
Les causes assignées à l'hyperesthésie en général sont Causes les mêmes que celles de l'hypéresthésie partielle. L'hys- ^uunéf térie, la catalepsie, la nosomanie, la folie, la chlorose et les altérations spéciales du sang sont fréquemment accompagnées de ce trouble de la sensibilité. Nous citerons comme causes spécifiques le rhumatisme, qui se porte sur la peau comme sur les tissus fibreux et musculaires ainsi que la goutte. D'autres maladies générales peuvent aussi la produire. Nous avons cité les affections du foie ; ajoutons que dans la convalescence des fièvres graves et paludéennes, dans la grossesse et l'âge critique on observe l'hyperesthésie cutanée, soit partielle, soit générale. (Yoyez Névrose.)
La membrane muqueuse qui tapisse les ouvertures naturelles, particulièrement le vagin, le méat urinaire, l'utérus, le voile du palais, peuvent devenir le siège d'un accroissement considérable de la sensibilité.
'2" Hyperesthi'sie des organes des sens. Nous ne ferons iiypercsthésie Qu'indiquer quelques-uns des troubles qui en résultent.
1^11 ^ organes des sens
La lumière, le moindre bruit offensent l'œil, l'oreille. Quelques malades ont des douleurs si vives dans la langue qu'on peut croire h une maladie de l'organe ; d'autres, dans le globe oculaire ou dans le conduit auditif. L'hyperesthésie peut s'accompagner d'une simple exa-
LÉSIONS DE LA SENSIBILITÉ
Ilypereslliosic musculaire.
Douleurs musculaires rhumalismales.
gération de la fonction du sens spécial sans qu'il soit autrement troublé. Tout le monde sait que la vue, l'ouïe, l'odorat, le tact acquièrent souvent, chez les hystériques et d'autres, une intenbité si grande que ces malades peuvent voir à de très-grandes distances, entendre des sons qui échappent à noire oreille, sentir, percevoir des saveurs très-délicates. Dans le somnambulisme naturel, on observe des eilets singuliers produits par l'acci-oissement insolite de certaines sensibilités, du tact, par exemple.
0" Ue l' hyptresliièsie musculaire. 11 est parfois trèsdifhcile de rapporter à un siège distinct les douleurs vives que ressentent, dans les membres, les sujets atteints de névropathie, les femmes hystériques, les convalescents, et ceux qui sont épuisés par des hémorrhagies ou par des maladies chroniques. Ils se plaignent d'éprouver, soit pendant le repos, soit pendant le luouvement, des élancements, une chaleur incommode, ou d'autres sensations pénibles, dans les masses musculaires. Quelquefois la douleur se manifeste au niveau cles jointures ou dans les muscles de la gouttière dorso-lombaire. Le rhumatisme lombaire a peut-être ce siège , dans un gi and nombre de cas. Du reste, il est presque impossible de décider si c'est le tissu propre des muscles, ou leurs gaines fibreuses qui sont plus spécialement alïectés, dans le rhumatisme.
Nous n'hésitons pas non plus à rapporter à l'hyperesthésie musculaire les douleurs sourdes ou vives, considérées souvent comme rhumatismales, qu'on voit paraître dans les jointures, dans les reins, les cuisses, pendant la période d'invasion des exanthèmes, des grandes pyrexies, des affections scorbutiques et puerpérales.