Couvulsio»». Contracture , spasme, <:Tzaz\xoc
On doit réserver ce nom à toute espèce de mouvement ne la convuisinn; excessif ou irréguiier produit par la contraction d'un Définition, tissu qui reçoit des fdets nerveux, céphaliques, rachidiens ou ganglionnaires, par conséquent qui est soumis ou non à l'empire de la volonté (i). Nous croyons qu'il convient de réunir ensemble les convulsions des muscles de la vie organique et de relation , à cause de l'identité de nature des lésions qui en sont le siège et des conditions morbides au milieu desquelles ces convulsions prennent
(1) Boerhaave a dit ^vec sa netteté ordinaire: « Violenta, invi^ c| al- » terne repetens contractio, rausculi convulsio vocatur. » Comment., "'m Aplior., t. Il, p. 338; aphor. 250.
TROUBLES DE LA CONTRACTILITÉ
naissance. De cette manière, les affinités anatomiques, physiologiques et morbides seront respectées. Divisions Division des convulsions. Les convulsions figurent
des convulsions, ^qj^j^ic élément morbide primaire dans un grand nombre de maladies auxquelles elles donnent un caractère spé-
idiopaiiiiques. cial. Dans toutes les maladies convulsives, dites idiopathiques, telles que le tétanos, Téclampsie, la chorée, la catalepsie, etc., les troubles musculaires forment l'élément unique de la maladie.
Sympathiques, Daus uue seconde classe, la convulsion est encore un élément essentiel ; mais il s'y ajoute des troubles du sentiment, de l'intelligence, comme dans l'épilepsie, l'hystérie. On l'observe encore comme élément dans certains empoisonnements , dans la rage.
Sympiomaiiques. 11 faut donc diviser les convulsions en : i° idiopathique; 2° sympathique; 5° symptomatique. Nous professons depuis longtemps, dans nos cours publics, que les causes des convulsions symptomatiques résident : i" dans le cerveau (hémorrhagie , encéphalite, méningite, tumeurs) ; 2° dans la moelle (mêmes maladies) ; 5" dans les nerfs (névrilémite, névrite, névrome, blessure, compression, ramollissement consécutif, etc.) ; 4° dans les muscles (myosite, ramollissement, lésion traumatique) ; 5° dans le sang altéré (anémie , épilepsie saturnine , convulsions alcooliques, mercurielles , paludéennes). Nous ne traiterons que des névroses proprement dites. On ne peut les rattacher à aucune lésion appréciable des organes. Des convulsions Convulslous extemes ou des muscles de la vie de relation. externes. -gji^g ^^^^ souvcut précédées de douleurs, de fourmille-
Symptômes ^ '
de la convulsion, ments, d' élancements névralgiques, de fatigue, de courprodrome. bature, dans les muscles qui seront bientôt convulsés.
On y observe aussi des contractions fibrillaires , de la
DES CONVULSIONS. . 465
diflliculté à produire les mouvements habituels, moins de précision, quelquefois de la paralysie ou des secousses convulsives passagères.
Après cette période prodromique , dont la durée est iîiu'i« variable, se manifestent les phénomènes propres de la dans'' sa 'première convulsion, qui consistent dans la succession plus ou ei seconde
• 1 1 1 • T I période.
moms rapide de la contraction et du relâchement musculaires. Ces deux temps méritent d'être distingués , parce que, suivant que l'un prédomine sur l'autre, il en résulte deux formes différentes de convulsions.
La période de contraction est caractérisée par le rac- période tonique, courcissement, le gonflenient, la dureté des masses charnues, et surtout l'abolition des mouvements volontaires, c'est-à-dire par l'anéantissement de la faculté qu'ont les muscles d'obéir à un mode particulier d'excitation, qui vient du cerveau, et qu'on appelle la volition (i).
Cependant le spasme n'abolit pas toujours le mouvement volontaire , du moins en totalité ; quelquefois le sujet n'est en quelque sorte qu'hnpolent de ses muscles : il les contracte encore , mais d'une façon imparfaite. Les mouvements qui en résultent sont faibles, mal coordonnés, parce que les contractions sont trop fortes dans quelques muscles, trop faibles dans d'autres.
Nous avons montré que la motilité est une propriété inhérente au muscle, et qui persiste lors même que le nerf moteur est coupé. On peut alors faire contracter les muscles avec des stimulants physiques et chimiques : le mouvement qui en résulte est une véritable convulsion , qui ressemble beaucoup à la convulsion pathologique.
(1) Boeiliaave dit: « In niusculo convulso idem fit quod olim , sed non fit pcr impetum nostri arbiU-ii, estquc tam violenta ut cohii)eri non possit. » De morbis nervorum, 1. 1, p. 37, in-8. Francf. et Lips. 17C2.
TROUBLES DE LA CONTHACTILITE
ordinaiiomenl indolente.
Convulsion La coiivulsion est oitlinaireiTient indolente; cependant tTcrampe' ^1"^"^ ^^^^ acquiert une grande énergie, la sensibilité est accrue chez quelques malades, comme dans la convulsion douloureuse qu'on appelle crampe. Chez les cholériques, tous les muscles du corps sont le siège de convulsions douloureuses qui arrachent des cris aux hommes les plus courageux.
La convulsion est L'iniensilé de la contraction est un signe précieux de la convulsion. Par cela même que la volonté n'a aucun pouvoir sur elle, elle s'exécute avec une force qui n'est plus en rapport avec les effets qu'elle doit produire. 11 en est de même de la coordination des mouvements ; elle est toujours troublée, à moins qu'un seul muscle ne soit affecté de convulsion.
La direction du mouvement indique assez bien le siège du spasme, et l'étendue de ce mouvement, son intensité. Mouvements La convulsion ne lait ordinairement qu'exagérer les mouvements naturels. Lorsque le mal aflecte l' avantbras et la main, les fléchisseurs l'emportant' sur les extenseurs, les doigts sont repliés fortement dans la paume de la main. Cependant il n'est point rare de trouver les membres dans une position, tout à fait opposée à celle qu'ils prennent , dans l'état normal. La détermination des difféi-entes espèces de spasmes repose précisément sur la nature et le siège même de la convulsion (strabisme, crampe des écrivains, torticolis, contracture des extrémités, trismus de la mâchoire, opisthotonos, etc.).
En portant le stéthoscope sur les masses charnues convulsées, on entend un murmure semblable au bruit lointain des flots de la mer ou à celui d'une voiture qui roule (bruit rotatoire).
qu'elle détermine.
DES GOxVVl' USIONS.
Convulsion
Ionique cl clonique.
A la contraction succède le relâchement des muscles, 2" période marqué par des phénomènes inverses des précédents , '^"^ r^'i^chemem par l'allongement, la ilaccidité , le repos du muscle et l'immobihté de la partie qu'il est destiné à mouvoir. Il est très-rare que la maladie ne soit formée que d'une seule convulsion. Les mouvements convulsifs se montrent en nombre si considérable, qu'il est souvent impossible de les compter. L'ensemble de ces mouvements, qui peuvent durer plusieurs minutes , et même plusieurs heures , forme ce qu'on appelle un accès ou paroxy)>ine convulsif. La maladie se compose d'un nombre variable de ces accès, dans l'intervalle desquels la santé est parfaite. Souvent il reste des troubles de la sensibilité, de la motilité ou de l'intelligence (hystérie, épilepsie).
Forme des convulsions. Suivant que la contraction est durable ou très-courte, il en résulte deux formes principales, que l'on désigne sous le nom de convulsion tonique et de convulsion clonique. Le tétanos et la chorée ollrent les types de ces deux genres opposés de convulsions. Un troisième groupe est constitué par les afieciions dans lesquelles on observe, soit dans le même paroxysme soit dans ceux qui se succèdent , un mélange de lonime et de clonisme. Tels sont les accès d'épilepsie, d'hystérie, d'éclampsie. On éprouve alors quelque peine à rapporter les convulsions à l'un ou à l'autre de ces types.
Les convulsions ailectent parfois un petit nombre de muscles ou môme un seul (strabisme, torticolis). Les convulsions pariielles restent limitées aux muscles volontaires ou involontaires exclusivement ; de là une division très-naturelle des convulsions en convulsions externes et inlernes. On voit les premières occuper, dans quelques maladies, tous les muscles de la vie de re-
ConvuI?ions parliellrs : •
divisées en externes et interne*.
TROUBLES DE LA CONTRA CTILITÉ
Convulsion tonique.
Tétanie.
Roideur musculaire.
lation, sans en excepter un seul (épilepsie, hystérie).
Convulsion tonique; tétanie; tonisme (de teivw, je tends) ; en y regardant de près , on peut se convaincre que dans la convulsion la plus tonique, dans le tétanos , ou la contraction d'un muscle du cou , de la face ou du tronc, la contraction musculaire n'a pas toujours la même intensité. Elle diminue , pendant un temps variable, pour recommencer ensuite avec plus d'énergie. La convulsion la plus tonique est donc toujours rémittente. On a prétendu qu'il n'existe pas de convulsions exclusivement toniques ; que celles qui paraissent posséder ce caractère, au plus haut degré, sont composées de convulsions sub-intrantes , c'est-à-dire tellement rapprochées, qu'il n'y a plus de période évidente de relâchement entre chaque contraction. En écartant ces distinctions subtiles , on doit reconnaître qu'il existe des convulsions toniques et maintenir l'ancienne division en tonique, clonique et mixte.
Roideur musculaire. Dans la convulsion tonique , la contraction musculaire offre différents degrés. Tantôt on peut la vaincre facilement, et, à mesure qu'on étend le muscle , on sent une série de petites résistances tout à fait comparables à celles qu'on éprouve en faisant jouer une charnière rouillée. On appelle roideur musculaire la contracture modérée, qui s'annonce ainsi dans les membres supérieurs et inférieurs (catalepsie, contracture des avant-bras et des mains, etc.). Elle offre, parfois, un autre caractère fort curieux ; le membre fléchi ou étendu conserve la situation qu'on lui donne, en sorte qu'on peut lui faire prendre et garder les positions les plus bizarres et les plus fatigantes , comme chez les cataleptiques et les extatiques : ou bien encore la contraction des muscles
DES CONVULSIONS
va en augmentant jusqu'à ce que , parvenue à son maximum , elle cesse tout à coup comme dans la crampe des écrivains et la contracture des doigts de la main. Dans ce cas, la plume ou l'objet saisi par les doigts, convulsivement serrés , s'échappe et est lancé au loin.
La contracture est parfois si grg,nde , qu'on ne peut -rviame produire aucune espèce d'extension , qu'on briserait les p'"°p'''^'"'^"' os ou qu'on déchirerait le tissu musculaire plutôt que de vaincre sa résistance. La contraction est alors assez vio- caractères lente pour amener des luxations incomplètes ou complè- convulsions
11 11. toniques.
tes, pour changer le rapport naturel des parties et amener dans les appareils à parois flexibles des désordres graves (asphyxie, syncope mortelle). On voit, dans certaines contractures, les ongles pénétrer dans la paume de la main , le bassin s'incliner fortement sur le rachis, le talon s'appliquer contre la fesse, etc.
Ordinairement, les moindres tentatives faites par le Eiies sont malade , pour contracter les muscles , en augmentent la jJ|,"oî||.eyg*^eg . convulsion et y produisent à peine quelques mouvements. crampes. La convulsion tonique est souvent accompagnée de douleurs sourdes ou si vives qu'elles arrachent des cris, comme dans la crampe. On trouve un mélange de convulsions toniques et cloniques dans l'épilepsie. De petites secousses rapides comme l'éclair et peu étendues, agitent les muscles qui restent contractés. Aussi a-t-on dit que la convulsion épileptique était plutôt tonique que clonique.
La forme tonique dans les convulsions internes est beaucoup plus commune que la forme clonique (spasme, œsophagien, intestinal, de l'anus, de l'urètre, du vagin). Si le spasme a son siège dans les muscles constricteurs du larynx, dans le diaphragme ou le cœur la mort survient promptement.
TROUBLES DE LA GONTKACTILITE
Rémission ; inlfrmillencc
Une fois le paroxysme convulsif dissipé les parties reprennent leur situation normale ; il y reste toutefois un sentiment de lassitude et de courbature, comme dans les convulsions franchement intermittentes. Si elles sont rémittentes , la contraction musculaire persiste à un certain degré. Cette dernière forme, plus commune que la précédente, s'observe chez les jeunes enfants, dans l'état puerpéral , dans un très-grand nombre de contractures partielles de la face , du cou et des doigts de la main.
L'intermittence ou la rémission n'affectent aucune régularité, du moins le plus ordinairement ; quelquefois on retrouve le type quotidien , tierce ou double tierce. La maladie se compose d'une ou de plusieurs attaques convulsives, puis elle guérit, en restant sujette à récidiver.
Convulsion clonique, chorcique. La conmlsion clonique (xXovoi;, aqitation) est caractérisée par une contraction soudaine et peu durable qui se reproduit ordinairement, un très-grand nombre de fois. Tantôt la convulsion ne se répète , qu'à de longs intervalles , comme dans les soubresauts de tendons , certaines contorsions faciales ; tantôt elle est rapprochée, comme dans le frémissement fibrillaire, et surtout la chorée et l'hystérie, qui en offrent le type le plus marqué. Si l'on étudie de près le mouvement clonique, on voit qu'il se compose, comme toutes les convulsions, de la contraction et du relâchement alternatif des muscles ; mais la première a peu de durée et se reproduit si fréquemment, qu'il en résulte des mouvements saccadés presque continuels et désordonnés.
La coordination La voloiUé est impuissaute à donner aux muscles la
des mouvenichls j- .• / • i . >
volontaires "U'ection nécessaire pour que le mouvement s accomest troublée, p]isse régulièrement. Il nous semble que le sens d'activité
Convulsion clonique.
DES CONVULSIONS
musculaire est lésé, à un haut degré, dans les convulsions cloniques, et que si les malades ne peuvent plus imprimer à leurs membres une situation fixe et produire des mouvements coordonnés, cela doit dépendre, de ce qu'ils n'ont plus conscience ni de l'intensité ni de la direction exacte delà contraction musculaire, et de ce qu'elle reste tantôt en deçà, tantôt au delà de la limite physiologique. On est à même d'observer ce trouble de la motilité chez les choréiques, auxquels on ordonne de porter un gobelet à la bouche ou de saisir un corps avec la main. Le trouble augmente souvent, à mesure que le malade fait plus d'effort pour arriver à produire l'action qu'on lui demande , ou bien quand une émotion morale vient à l'agiter. On observe ces mêmes phénomènes dans le bégayement.
Quand on saisit, avec les mains, les masses musculaires, qui sont le siège de la convulsion clonique, on sent de petites succadesdues aux contractions fibrillaires successives qui se passent dans les tissus charnus , et qui sont souvent trop petites pour produire un mouvement sensible à l'œil. Cependant quand les muscles sont placés sous la peau , on aperçoit l'oscillation rapide , le frémissement musculaire.
Une forme de la convulsion clonique, qui se rapproche, à certains égards , de la contracture , consiste en une série de petites contractures courtes, successives, qui produisent des mouvements pareils , saccadés et finissent par la contraction forcée et persistante des muscles. Parfois, après le mouvement de flexion ou d'exension extrême, on aperçoit un relâchement brusque et complet; puis les phénomènes recommencent ainsi , plusieurs fois de suite. Dans ce cas, la convulsion participe à la fois de l'état
Frémissement fibrillaire.
Convulsion progressive ci croiss<inle.
TROUBLES DE LA CONTRACTILITÉ
Les convulsions sont générales ou partielles.
Symptômes qui
accompagnent la convulsion.
tonique et clonique (exemple : hystérie , éclampsie des femmes, des enfants, certaines contractures).
Les convulsions cloniques sont générales ou partielles. Le tremblement sénile, lachorée, l'hystérie, appartiennent au premier genre; le tremblaient, des mains, les convulsions faciales, le strabisme, la chorée partielle, le bégayement, etc. , au second. Elles affectent une marche ordinairement chronique et tantôt intermittente, tantôt continue. Dans la forme intermittente, la convulsion n'apparaît que par accès ou paroxysmes toujours distincts et séparés par des intervalles, durant lesquels le malade est rendu à la santé (contracture, hystérie, épilepsie). Dans la convulsion persistante , telles que la chorée , le tremblement , les mouvements pathologiques se manifestent , à chaque instant , et ne cessent même pas par le repos le plus complet des puissances musculaires. Cependant le sommeil produit presque toujours cet effet favorable. Dans tous les cas , la convulsion prend une grande intensité lorsque la volition met en jeu le pouvoir excito-moteur des nerfs musculaires. Les paroxysmes de la convulsion clonique sont quotidiens, ordinairement diurnes et trèsirréguliers.
Si la convulsion est partielle , limitée à un membre , à quelques muscles du visage, la santé générale n'en est pas troublée. Il n'en est plus de même dans les convulsions générales lorsque les accès sont intenses, longs ou rapprochés. L'expression du visage est toujours altérée; la peau tantôt rouge, injectée, chaude, tantôt pâle et froide , ordinairement couverte de sueur ; la respiration accélérée , irrégulière , lente , enchaînée , difficile , stertoreuse. Dans ce cas, l'hématose reste imparfaite, et l'on observe tous les symptômes de l'asphyxie. (Voyez Termi-
DES CONVULSIONS
liaison.) Le pouls au milieu de l'agitation musculaire s'accélère un peu, perd sa régularité et acquiert plus de force. Tantôt l'intelligence reste intacte, tantôt elle se trouble; le malade délire.
Phénomène conséculif. Pendant longtemps, le spasme Accidcms
>„ „ ' n ,1 . 1 . consèculifs
n exerce aucune mlluence sympathique sur les autres aux convulsions, fonctions. On observe, il est vrai, après les attaques, de la céphalalgie , de la fatigue et de la courbature ; mais une fois ces phénomènes dissipés, le malade est rendu à la santé. La nutrition générale se fait bien ; l'embonpoint et l'appétit sont conservés. Le pouls reste à l'état normal, et cette absence de fièvre concourt, avec l'intégrité des fonctions de nutrition, à caractériser ]a convulsion. Si l'on remarque de l'accélération et de l'irrégularité dans le pouls, au moment des attaques, c'est qu'alors la respiration est fortement gênée par la contraction de tous les muscles respirateurs. Ce trouble passager ne se lc mouvement montre d'ailleurs que dans les convulsions toniques in- ''«^''iic est rare, tenses et durables. Toutefois, il faut dire qu'un mouvement fébrile, léger, continu ou rémittent, a été noté par les auteurs dans la convulsion des enfants et dans quelques formes de contracture des membres.
Pour peu que les convulsions se reproduisent souvent, comme dans l'épilepsie, l'hystérie, la catalepsie, l'éclampsie, le système nerveux d'abord et les autres * organes plus tard finissent par se troubler. L'intelligence Troubles nerveux est excitée, affaiblie ou perturbée très- gravement. On trouve aussi la sensibilité accrue ou diminuée, à la peau et dans les viscères intérieurs; de là les gastralgies, les entéralgies, si communes après les convulsions. Celles-ci laissent après elles, dans les muscles, de la faiblesse, du brisement, de la disposition aux crampes, des douleurs
TROUBLES DE LA CONTRACTILITE
Alléraiion du sang.
Marche rémillenlc ou inlermiUenle.
sourdes et persistantes, et enfin des paralysies incomplètes ou totales, ou des altérations pins profondes encore, des atrophies ou des hypertrophies (convulsion des enfants, épilepsie).
Il est difficile que la fréquente répétition des convulsions n'amène pas des désordres respiratoires et circulatoires qui se traduisent par une altération graduelle des qualités du sang. Aussi voit-on chez un grand nombre de sujets atteints d'accès convulsifs tous les signes de l'anémie se produire, et la nutrition générale se troubler. Sans doute, on rencontre des malades qui ne paraissent pas soulTrir des attaques répétées de leur mal ; mais d'autres, en plus grande proportion , présentent des troubles profonds qui se manifestent par la pâleur et l'amaigrissement ; ils finissent par succomber à des complications viscérales, que des causes légères provoquent, à la moindre occasion. On peut s'en former une idée en observant les sujets atteints d' épilepsie, de chorée, de catalepsie et d'hystérie rebelles.
Marche. Nous avons vu déjà la convulsion précédée, en général, de symptômes locaux , parfois même de quelques phénomènes cérébraux, tels que douleur de tête, insomnie, délire éphémère, vertiges, affecter une marche rémittente ou intermittente. Les symptômes caractéristiques se groupent pour constituer des accès, séparés par des minutes, des heures, des jours et même des années. On a prétendu que la convulsion n'était jamais parfaitement continue. Cette opinion est vraie dans la majorité des cas. La forme franchement intermittente, à courte ou à longue période , est dans la nature des névroses des organes du mouvement comme dans celle de l'intelligence et du sentiment. L'action des miasmes paludéens ou d'un agent vénéneux, tel que le plomb, le virus rabique, se
DES CONVULSIONS
manifeste aussi par des convulsions, soit partielles, soit générales, intermittentes. On observe surtout, en pareil cas, la contracture d'un membre ou d'un groupe de muscles. L'elTicacité du quinquina ne suffît pas pour démontrer la nature paludéenne d'une convulsion, car on voit ce médicament réussir aussi dans des maladies semblables qui n'ont aucune corrélation avec les maladies des marais.
La convulsion se montre très-souvent comme trouble Des convulsions nerveux sympathique au début des maladies, surtout ^y"'P^^'"i"^*dans la première enfance, chez les femmes, pendant l'état puerpéral et dans les affections générales, telles que les fièvres, les exanthèmes. Elles sont également fréquentes, comme complications , à peu près dans les mêmes conditions pathologiques. Elles se montrent enfin comme phénomène ultime d'un grand nombre d'affections fébriles ou de maladies générales.
La durée des maladies convulsives n'a rien de fixe. Durée Quelquefois elles apparaissent comme des symptômes ^^''^^""/go^^""* éphémères, ou bien persistent pendant tout le temps que éphémères dure la diathèse nerveuse à laquelle elles se rattachent. °" C'est ainsi qu'on les voit disparaître après l'enfance, ou ne se montrer qu'à l'époque de la puberté, pendant la grossesse, à Tàge critique, etc. Quant à la durée de l'attaque, rien n'est plus variable. Les convulsions toniques et violentes ne persistent ordinairement que quelqaes heures, et encore avons-nous fait remarquer qu'il se montrait alors, sinon des intermittences du moins des rémissions très -notables. La durée du spasme clonique est beaucoup plus longue.
Terminaison. La terminaison des convulsions est su- Terminaison bordonnée entièrement à leur nature. Les symptoma- p" '"''^o"''
a i3i SciniCt
tiques et les sympathiques marquent les périodes irrita-
TROUBLES DE LA COiNTRACTILITÉ.
tives et phlegmasiques des affections du système nerveux et des viscères. Elles suivent donc toutes les phases et toutes les péripéties de ces mêmes affections. Les seules terminaisons qui doivent nous arrêter sont celles qui dépendent de l'intensité et de la durée de la convulsion. Elle peut se terminer : i° sans laisser aucune trace de son passage; 2° en provoquant de la stupeur, de l'agitation, quelques mouvements convulsify et de la faiblesse; 3° en déterminant une congestion céphalique légère ou intense qui se traduit par le sommeil, la céphalalgie, ou par le coma, la sterteur, la léthargie, le collapsus, la résolution des membres; 4° par une congestion viscérale des reins, du foie, plus rarement de la rate ; 5° par la mort due à l'intensité des congestions céphaliques, à l'asphyxie ou à la syncope. L'intensité, la longue durée des accès convulsifs, leur fréquent retour produisent cette fatale terminaison.
Par asphyxie. La mort a lieu ou par l'effet de la convulsion des muscles thoraciques, du diaphragme, quelquefois même des constricteurs de la glotte; l'asphyxie qui en résulte est lente, graduelle ou rapide; on a même proposé la trachéotomie pour remédier à cette funeste terminaison (Marshall-Hall). Nul doute, enfin, que la convulsion cardiaque ne puisse amener une mort prompte en suspendant la circulation (1) . La syncope cardiaque ou la convulsion du diaphragme expliquent certains cas de mort subite occasionnée par les convulsions. C'est de cette manière qu'ont succombé à l'hôpital Necker (18.54 et i855) deux malades atteints de tétanos spontané, dont nous avons recueilli les observations. Cette termi-
(1) Voyez sur ce sujet un travail important de M. Bracliet, Traité pratique ries convulsions de l'enfance, in-8°, 1824,
DES CONVULSIONS. 477
naison fatale est plus fréquente dans les maladies con-
vulsives, toniques, générales, telles que J'épilepsie, le
tétanos, l'éclampsie des femmes en couche, des enfants ;
plus rares dans les cloniques. On a dit que les spasmes
toniques étaient plus souvent suivis de la congestion en- Par apoplexie.
céphalique et pectorale que les cloniques; cela est vrai
dans un grand nombre de cas.
On répète sans cesse, dans les livres, l'axiome d'Hippocrate, que la fièvre met fin aux convulsions (i). Cependant cette proposition n'est vraie que pour les spasmes sympathiques d'une fièvre éruptive, d'une pyrexie continue, ou d'un travail phlegmasique survenu quelque part ; appliquée aux convulsions essentielles elle manque entièrement d'exactitude. Si la fièvre se montre , alors elle annonce quelque complication fâcheuse dont le développement est regrettable en tous points.
Convulsions internes. La contractilité étant une propriété Des convulsions commune aux muscles striés, aux muscles lisses et même nn'snnTmL aux tissus cellulaire et élastique , la convulsion peut affecter toutes les parties qui en sont pourvues. On donne le nom de convulsions internes ou de spasmes aux mouvements anormaux qui affectent les organes de la vie de nutrition. Leurs tissus contractiles reçoivent leur nerf du grand sympathique, et quelques-uns du système nerveux céphalo-rachidien. L'étude des convulsions internes a été négligée ; nous lui consacrerons quelques développements.
Voici les maladies convulsives auxquelles s'appliquent Maladies imemcs nos généralités : le spasme glottique , la toux convulsive, contuîsTves. la dyspnée nerveuse, les palpitations et la syncope, le
(1) Aphor. 67, sect. iv ; aphor. 26, sect. ii.
des mouvcnicnls spasmodiques.
478 TROUBLES LK LA CONTUACTILITÉ
spasme du pharynx, de l'œsophage, du diaphragme, la crampe gastrique, les vomissements, la colique nerveuse, la contracture anale, les coliques utérines et certaines formes de l'avorlement, le spasme urètral et celui qu'on a supposé exister dans les conduits de sécrétion et d'excrétion de la bile, du lait, de l'urine, du fluide spermatique.
Nature Caractères des convulsions internes. La contraction , qui est entièrement soustraite à la volonté, s'effectue ordinairement, d'une manière lente, graduelle, continue, dans une direction déterminée et toujours la même. Le relàcliement se fait de la même manière, en commençant par les parties qui se sont contractées les premières. Cette série de mouvements ondulatoires est troublée, dans son rhythme par la maladie. Quelquefois la convulsion est tonique, et alors elle produit les mêmes efl'ets que dans les muscles striés, c'est-à-dire une constriction permanente du canal, ou du réservoir membraneux autour duquel se développe le tissu contractile ; tel est son caractère dans la convulsion du derme, connue sous le nom de chair de poule, dans le spasme œsophagien, la stricture de l'anus, du col de la vessie, de l'utérus pendant l'accouchement. Nul doute que dans la colique sèche des pays chauds, dans celle qu'éprouvent les sujets nerveux et qui s'accompagne de mouvements si douloureux de l'intestin , cet état ne soit la cause de la constipation opiniâtre, des violentes douleurs et des symptômes d'étranglements qu'on ob-* serve alors. Le spasme est au contraire très-courl dans le larynx, les bronches et quelques conduits excréteurs; cependant il y persiste assez de temps pour mettre la vie Troubles (jes maladcs en danger.
du mouvement ^ • ^ •
péristailique. Les convulsions cloniques, qui existent aussi bien dans
DES CONVULSIONS
les muscles lisses que dans les striés, s'y font reconnaître par une série plus ou moins rapide de mouvements ondulatoires, qui ne s'exécutent plus avec la régularité normale ni dans une direction constante. Souvent les mouvements anti-péristaltiques venant à prédominer, les liquides ou les solides, au lieu de suivre leur direction habituelle, refluent en quelque sorte vers leur source. Des mouvements vermiculaires que l'on sent sous la main, et dont les malades ont souvent conscience, se manifestent dans les maladies convulsives des viscères splanclitiiques ; ordinairement ils envahissent de proche en proche tout l'appareil locomoteur.
La convulsion se fait avec ou sans douleur. Quelquefois celle-ci acquiert une intensité qui dépasse de beaucoup celle qu'on observe dans les muscles externes convulsés. Ceux qui sont atteints de la colique sèche endémique dans les mers de l'Inde, éprouvent une telle souffrance qu'ils sont saisis de délire et de convulsion épileptiforme. Les douleurs qui accompagnent les crampes d'estomac, le spasme, les palpitations nerveuses sont trèspénibles ; certaines douleurs utérines sont aussi violentes que les crampes des cholériques. Dans des cas plus nombreux peut-être, aucune sensation n'accompagne le spasme interne.
La contraction est suivie d'un relâchement qui se fait aussi d'une manière lente et graduelle, en commençant par le point primitivement convulsé. Souvent il n'existe pas d'intervalle bien marqué entre chaque convulsion. Elle est alors continue, avec des rémissions plus ou moins prononcées. Mais à côté de cette forme tonique s'en trouve une autre clonique, qui ne se compose que de courtes et rapides contractions musculaires suivies de relâche-
Les spasmes sont, souvent accompagnés de douleurs violeiiles.
Convulsions cloiiiques dans les viscères.
TROUBLES DE LA CONTRACTILITÉ
Deux formes principales (les convulsions inlcrnes :
■1° Ionique ; 2° clonique.
Effets des spasmes sur les réservoirs membraneux el les liquides qu'ils renferment.
ment : tels sont les vomissements nerveux, l'aphonie passagère, le spasme des muscles constricteurs, de la glotte, la palpitation, la syncope nerveuse. Dans la coqueluche, où existe un spasme bien marqué de la glotte et probablement des grosses bronches, on observe une série de petites convulsions courtes et rapides pendant lesquelles l'expiration et la toux se font entendre. Le sifflement inspiratoire prouve l'existence de la convulsion des muscles laryngiens.
Ainsi, les convulsions internes revêtent comme les externes deux formes principales : la Ionique dans laquelle prédomine en intensité et en durée la période de resserrement; la clonique, où celui-ci n'a qu'une très-courte durée: aux premières, appartiennent les convulsions des conduits excréteurs, de l'œsophage, de la vessie, de l'utérus, de l'urètre, de l'anus, les coliques nerveuses; aux secondes, les palpitations, la dyspnée, les spasmes artériels.
Destinés à mouvoir des tissus membraneux ou des parois flexibles, les muscles des organes de la vie de nutrition opèrent la dilatation et le resserrement des cavités cylindriques dans lesquelles sont renfermées des matières solides, liquides ou gazeuses. L'eff'et de la convulsion interne est d'exagérer les mouvements normaux, et par conséquent de rétrécir ou d'oblitérer, pendant un certain temps, la cavité naturelle. Les matières cessant alors de la traverser, il en résulte des accidents trop variables pour qu'on puisse les indiquer d'une manière générale. La rétention des fèces, de l'urine , de la bile, du sperme atteste le spasme de l'intestin, du col de la vessie, des conduits biliaires, spermatiques, etc.
Nous ne pouvons laisser passer, sans examen critique
DES CONVULSIONS. 481
la théorie du spasme, à l'aide de laq^Hle on a prétendu La fréquence expliquer bien des accidents divers. Pour en citer un "^''^ '^^^T^a ^
^ ^ exagérée.
exemple bien net, rappelons qu'on décrivait, et qu'on décrit encore, sous le titre d'ictère spasmodique, c'est-àdire occasionnée par la rétention de la bile qui ne peut plus continuer à couler à travers les conduits excréteurs convulsés, des hyperémies aiguës, simples ou inflammatoires du foie, dont nous avons contribué à prouver l'existence, par de nombreuses recherches. Un grand nombre de prétendus spasmes de l'œsophage , de l'intestin, de la ils sont réels vessie et de l'urètre finissent par se convertir en des lé- ^J^^^^ nombrne sions organiques les mieux caractérisées. Cependant, maladies, nous regardons comme démontrée l'existence d'un grand nombre de spasmes des tissus de la vie organique. Ils jouent un rôle essentiel, comme élément des maladies, dans les bronchites catarrhales, grippeuses, dans la coqueluche, dans l'asthme essentiel, dans l'angine striduleuse ou faux croup. Ils affectent presque tous les réservoirs chez les hystériques et les cataleptiques.
Les spasmes s'accompagnent fréquemment de quelques mouvements convulsifs des muscles de la vie de relation, soit que ceux-ci concourent, avec ceux de l'organe, à l'accomplissement de la fonction, soit qu'ils entrent en jeu uniquement sous l'empire de l'action réflexe de la moelle épinière. Les mouvements volontaires ne peuvent être lésés dans l'épilepsie, l'éclampsie, le tétanos, sans que l'iris et quelques parties contractiles des voies digestives et respiratoires ne soient aflectées simultanément. Il existe une solidarité trop étroite entre les divers départements du système locomoteur pour qu'il en soit autrement.
On retrouve , du reste , dans les convulsions internes les caractères négatifs communs aux convulsions exter-