TECHNIQUE OPÉRATOIRE
ou plus simplement par un léger attouchement à la teinture d'iode. Cette opération est, comme on le voit, très simple. A|)res quelques essais sur le cadavre, la main la plus inhabile peut la pratiquer avec succès.
Incidents de la ponction lombaire. — Le plus ordinairement, neuf fois sur dix, une ponction bien réglée n'est jamais blanche. Cependant il peut arriver que Faiguille bute sur les lames vertébrales, sur la base de l'apophyse épineuse. Il suffit alors de ramener la pointe légèrement en bas et un peu en dehors pour pénétrer avec aisance. Les débutants ont, en effet, toujoui^s tendance à se diriger trop en haut et en dedans.
Parfois encore, on a éprouvé la sentation bien nette de la pénétration de Taiguille, et pourtant Técoulement n'a pas lieu. Les racines nerveuses de la queue de cheval en sont la cause. Elles sont venues oblitérer le biseau de l'aiguille. Quelques légers mouvements de rotation, de torsion, de pénétration ou de retrait suffisent alors à libérer l'extrémité pointue. En tout cas, il est toujours facile de pousser dans la lumière du tube un lin mandrin, un fd métallique stérilisé par exemple. C'est là un procédé auquel nous avons toujours recours dans les cas hésitants. H démontre, à coup sur, si l'on a fait bonne ou mauvaise route.
Enfin il peut exister une anomalie anatomique. L'un de nous a signalé l'arrêt du cul-de-sac durai au niveau de la 4* vertèbre lombaire, tandis qu'à l'état normal le cône durai descend jusqu'à la 2® vertèbre sacrée. Mais c'est là un fait exceptionnel.
Quelques petits incidents, utiles à connaître, peuvent encore survenir au cours de la ponction. 11 en est un surtout qui impressionne l'opérateur : c'est l'écoulement de sang pur par l'aiguille, simple contre-temps, du reste, qui n'est jamais suivi d'ennuis post-opératoires. Il lîuit alors savoir attendre quelques secondes. Souvent la teinte sanguine va s'atténuant, et bientôt le liquide céphalo-rachidien s'échappe, teinté en rose d'abord, puis franchement limpide. Si le sang coulait toujours aussi rutilant, on retirerait définitivement la canule, soit pour ponctionner un espace supérieur ou inférieur, soit pour remettre à plus tard une nouvelle intervention. Celte légère hémorragie est due à la blessure de petites veinules ou artérioles intm ou extra-dure-mériennes.
Un autre petit incident peut survenir au moment même de la pénétration de l'aiguille dans le sac sous-arachnoïdien. C'est la production d'un spasme douloureux dans les muscles d'une ou des deux cuisses. Cette sensation s'atténue très rapidement et ne doit nullement inviter l'opérateur à retirer hâtivement l'aiguille. Quelques filets nerveux de la queue de cheval, comprimés ou tiraillés au passage, sont seuls responsables de cette crampe nuisculaire, et la douleur ne persiste jamais après l'intervention.
Après l'opération, si la (juantité de li(|uide retiré a été un peu forte, dépassant 10 centimètres cubes, on peut observer parfois de la céphalée, un léger vertige, et même ((uelques nausées. Ces symptômes peuvent durer quelques heiues, en moyenne dix à douze heures. Us ne présentent aucune gravité, et n'apparaissent presque jamais si Ton a soin de ne
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r.-i8 . l'O.NCTIOX LOMBAIRE.
procéder que goutte à goutte ii l'évacuation du liquide et si l'on ordonne au malade de garder le lit pendant vingt-quatre heures. Une excellente précaution que nous recommandons à tous nos ponctionnés est le maintien durant quelques heures, aussitôt après l'intervention , de la position horizontale déclive, la tête plus hasse que le siège. Un coussin glissé sous les lombes fiiit roflice de plan élévateur. Cette sorte de position de Tredcnlenhurg suffit souvent à faire disparaître tout symptôme nauséeux ou vertigineux. Dans la production de ces phénomènes de céphalée ou de nausée, on ne saurait incriminer ni la pi(|tire des méninges, ni la soustraction d'une quantité, toujoui's petite, de liquide céphalo-i*achidien. Il faut chercher ailleurs la cause de ces troubles. Selon nous, ils sont dus à ce fiiit que, une fois la ponction pratiquée et Taiguille retirée, le liquide céphalo-rachidien continue à se répandre au niveau de l'espace épi-dural et cela grâce au petit pertuis dure-mérien, créé par la |)iqùre de l'aiguille. L'oblitération de ce pertuis n'est, en effet, pas immédiate et l'on comprend que l'issue du liquide céphalo-rachidien soit assez abondante, surtout dans la position assise ou debout, où la tension s'exagère, pour causer ce « vide cérébral », ces tiraillements de la nuque dont se plaignent quelquefois les malades. La position horizont^ale déclive agissant mécaniquement, s'opposera, au moins en partie, à cette échappée du liquide en dehors de l'arachnoïde et supprimera tout symptôme morbide.