‹ Traité de pathologie générale v. 1 (volume 2)Chapitre 146 sur 185 · CRYOSCOPIE DES HUMEURS NORMALES DE ^ORGANISME (M · texte numérisé non relu

CRYOSCOPIE DES HUMEURS NORMALES DE ^ORGANISME (M

Dans l'organisnio la jnenibranc hyaline ou le protoplasma condensé des cellules joue le rôle d'une cloison perméable, comparable à celle que Ton réalise expérimenlaleiiient et qui permet les échanges entre les milieux

(*) Au cours de ccl article, pour éviter loulc coufusion. quaud nous aurons ô rapprocher le A de l'urine du A du sang, nous désignerons le jiremier par A. el le second |iar A,.

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inlra et extra-collulaires suivant un sens qui dépend de leur tension osmotique. Percée de pores à dimensions variables, cette membrane animale laisse passer suivant les circonstances, suivant les liquides qui la baignent,, des molécules de dimensions diverses; molécules très petites d'eau, molécules plus volumineuses de sels bu de matières organiques.

Les recherches de Raoull, de Vaut' llofl*, de De Vriès, d'Hamburger ont fixé la relation directe qui existe entre la tension osmotique d'une solution et son point de congélation. Il était dès lors indiqué d'appliquer la cryoscopie à Fétude de la tension osmotique des humeurs chez Thomme et les animaux. Parmi les humeurs de l'organisme dont Tétude à ce point de vue puisse intéresser le clinicien, c'est assurément le sang qui occupe la première place, car c'est dans le sang que baignent toutes les cellules, et c'est entre lui et les autres humeurs que se font les courants osmotiques.

Point (le congélation du sang. — Dreser le premier, en 1891, étudiant le rôle de la tension osmotique dans la sécrétion urinaire, rechercha le point de congélation du sérum et de l'urine.

Le sérum humain centrifugé lui fournit :

A la suite parurent sur le môme sujet les recherches de Hamburger (1895-94), de Koranyi (1894), puis celles de Winter (1895); Koranyi a donné comme point cryoscopique du sérum chez l'homme et chez le lapin :

Chez le lapin nous avons noté en moyenne :

Winter admet un point de congélation uniforine pour les dilTérentes espèces animales :

Le chiffre de 0,50 est plus en rapport avec la majorité des résultats publiés depuis, liousquet doime chez l'homme normal les chiffres de 0,56 ou de 0,57. Le A du sérum varie de quelques centièmes suivant les différentes espèces animales.

Le A du sérum est très voisin de celui du sang, la différence n'est souvent que de — 0,01.

Mais, fait plus intéressant, chez Tbomme normal, suivant certaines conditions de prise du sang, le A subit des variations utiles à connaître. Koranyi (*) a constaté que le sang recueilli par ventouses scarifiées a un

i»; KoRAîïTi, Arch. f. klin. Med., 1900, p. 424.

[F. WIDAL et E. LB8NÉ ]

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point de congélation de — 0,02 à — 0, 05 plus bas que le sang pris directement dans les vaisseaux. H ne croit pas que cette diflerenec soit due à un mélange de lymphe du sang (la lymphe est hypertonique par rapport au sang : son A est de — 0,60 à — 0,65), mais plutôt, en se basant sur les travaux de Kovacz, à la présence d'acide carbonique dissous dans le sang, et de fait le passage d'un courant d'O pendant cinq minutes au travers du sang suffit à faire disparaître la différence. Pour cette même raison, le sang veineux a une concentration moléculaire plus élevée que celle du sang artériel.

Dans le jeûne, la concentration moléculaire du sérum augmente. Il en est de même après les repas, d'après Kœppe.

Chez la femme enceinte à terme et chez le fœtus, Keins a trouvé comme moyenne de A :

A mère = — 0,507,

A fœtus = — 0,52, et Veit :

A mère =: — 0,551,

A fœtus = — 0,579:

ce qui vient confirmer les recherches chimiques démontrant la dilution du sang maternel à la fin de la grossesse.

En dehors de ces conditions le A normal a une valeur — 0,56 suflGsamment fixe pour servir de base à certaines déductions dans dififérents états pathologiques.

Suc gastrique. — En 1895, Winter étudia comparativement la concentration moléculaire du suc gastrique et celle du sérum.

A jeun le A du contenu stomacal varie de — 0,56 à — 0,55. Au début de la digestion le point cryoscopiquc est très abaissé — 0,80, puis il diminue jusqu'à revenir à la fin de la digestion à — 0,56, point de congélation d'une solution de NaCI à 0,61 pour 100, dans laquelle se conservent encore les hématies (Hamburger).

Lait. — Beckinann, Dreser, Winter, Bordas et Gérin ont recherché le point cryoscopiquc du lait de vache. La graisse n'est pas en solution, mais en suspension dans le lait et n'a aucune influence sur l'abaissement du point de congélation qui dépend uniquement de la quantité d'eau et de sels. Les chiffres donnés par ces différents auteurs pour des laits de bonnes qualités varient de — 0,54 à — 0,67, ils dépendent de l'époque de Tannée, de la nourriture des animaux, du moment de la traite: les variations du A ne permettent pas d'utiliser la méthode cryoscopiquc dans la recherche du mouillage du lait.

Le lait de femme est aussi très variable dans sa concentration moléculaire, de — 0,52 à — 0,61 pour Bousquet, et, là encore, la mesure du A ne peut être pour le moment considérée conmie une donnée utile, renseignant sur la valeur nutritive du lait.

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