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les malformatioas congénitales des doigts, les arrêts de développement du système osseux, les altérations des os, leur atrophie ou leur hypertrophie, seront soumis avec profit à la radiographie.
Ces constatations n'auraient-elles qu'un intérêt purement scientifique, mériteraient d'être signalées comme capables de fixer certains points de tératologie; mais elles ont une importance pratique, puisqu'elles guident le chirurgien qui veut corriger une anomalie osseuse.
La radiographie pourra également fournir des indications utiles pour le traitement de certains arrêts de développement liés aux myxœdèmes et susceptibles d'être modifiés par le traitement thyroïdien.
H a même été possible, dans certaines circonstances, d'acquérir des notions sur la structure des os, de déceler l'existence d'une ostéite raréfiante par exemple (Léopold Lévi et A. Londe), de reconnaître la présence d'un foyer tuberculeux ou de mettre en évidence une tumeur néoplasique, ou d'élucider certains points encore indécis de pathologie ayant trait à la goutte et au rhumatisme (Potain et Serbanesco, Barjon).
Les faits que nous venons d'étudier appartiennent surtout à la chirurgie. Nous allons maintenant passer en revue les résultats acquis eti médecine.
Les organes profonds sont différemment accessibles à l'exploration radiographique selon qu'ils sont placés dans le thorax ou dans l'abdomen. Tandis que les viscères thoraciques peuvent être facilement étudiés, les organes abdominaux sont, presque tous, difficiles à explorer et l'encéphale, puissamment protégé par son enveloppe osseuse, est tout à fait inaccessible aux radiations nouvelles.
A l'état normal, la plèvre, le poumon, n'offrent pas de résistance très sensible à la pénétration des rayons X. GrAce a cette transparence, les lésions de ces organes se révèlent aisément, tout changement dans la densité dos tissus devant donner une ombre siu* l'écran radioscopique ou sur la plaque photographique. C'est ainsi qu'ont été étudiés d'abord les épanchemenls liquides de la plèvre, rhydro-pneuniothorax. les pleurésies sèches, les adhérences, la symphyse pleurale.
L'étude de Timage thoracique apporte au clinicien des renseignements de grande valeur. Cominie Ta démontré le premier le professeur Bouchard, les épanchements pleuraux se traduisent par une obscurité correspondant aux limites du liquide. « Le côté du thorax occupé par le liquide pleurétique présente une teinte sombre, qui contraste avec Taspect clair du côté sain; si répanchement ne reuq)lit pas la totalité de la «ivité, le sommet de ce côté reste clair et la teinte semble dessiner la limite supérieure de répanchement, telle qu'elle est établie par la percussion et par les autres moyens habituels de l'exploration physique. »
Le degré d'opacité peut même, dans une certaine mesure, indiquer quelle est l'abondance de l'épanchement (Bergonié et Carrière). En tout cas, l'écran montre le refoulement du médiastin, les déplacements du cœur et permet de suivre ainsi les progrès de l'épanchement. Inverse-
ment, le retour du cœur et du médiastin à leur situation normale indique la résorption du liquide pleural et constitue un signe d'amélioration d'autant plus précieux que la persistance des fausses membranes s'oppose au passage des i*ayons lumineux. Longtemps même après la disparition du liquide épanché, on observe une opacité plus ou moins accentuée en rapport avec Tépaississement des feuillets pleuraux, opacité qui souvent, chez les anciens pleurétiques, permet de faire le diagnostic de l'affection thoracique, alors que tout autre symptôme clinique a complètement disparu. Si des adhérences ont persisté, surtout s'il existe une symphyse pleurale, la diminution de l'expansion thoracique, associée à l'opacité, traduira, aux yeux de l'explorateur, la gêne apportée au fonctionnement normal de l'appareil respiratoire.
Les rayons de Rontgen feront également reconnaître les lésions limitées de la plèvre, les épaississements partiels de la séreuse, les plaques de pleurésie sèche, les épanchements enkystés, les pleurésies intcrlobaires, les pleurésies diaphragmatiques.
L'application de l'écran fluorescent à l'étude des épanchements hydroaériques de la plèvre a donné des résultats encore plus saisissants. Tandis que la zone correspondant au liquide épanché se projette en noir, l'espace occupé par le gaz apparaît au contraire plus clair que sur un thorax normal; le contraste, qui existe entre la clarté plus grande de la partie supérieure et la teinte sombre de la partie inférieure, donne une image tout à fait caractéristique et traduit aux yeux de l'observateur les différents phénomènes jus(|u'alors seulement révélés par l'auscultation (succussion hypocratique, bruit de flot, etc.).
Le poumon a été de même exploré, et c'est surtout pour le diagnostic précoce de la tuberculose que les résultats les plus précieux ont été acquis ; des lésions minimes au début, difficiles à déceler par les moyens cliniques ordinaires, ont pu être mises en évidence. Souvent un diagnostic incertain s'est trouvé confirmé.
La diminution de la transparence pulmonaire au niveau de l'un des sommets, la moindre étendue de l'image pulmonaire d'un côté, la diminution de Texcursion d'une moitié du diaphragme, sont les signes constatés d'ordinaire au début d'une tuberculose pulmonaire. Mais ces signes, isolés ou même réunis, n'ont aucune valeur pathognomonique, puisqu'on peut les observer dans d'autres affections ; ils ne constituent qu'une présomption de tuberculose; cependant leur recherche ne laisse pas que d'avoir un grand inU^rêt, soit qu'ils trouvent dans l'examen clinique un appui et un contrôle et concourent avec eux à préciser le diagnostic à une période où l'examen bactériologique ne donne d'ordinaire aucun renseignement, soit qu'ils guident le clinicien dans la recherche des signes stéthoscopiques les plus délicats, tels (|ue les anomalies du murmure vésiculaire. Différents observateurs, M. Bouchard, et, après lui, MM. Williams et Maragliano, M. Béclère, ont en effet constaté, grâce aux rayons de Rontgen, des altérations du poumon, alors
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que rauscultation ne révélait encore ni bronchophonie, ni matité, ni craquements.
A une période plus avancée, ce n'est plus la nature de la maladie mai» rétendue et le degré de la lésion qui ont pu être déterminés; Texistence de cavernes, par exemple, qui avait échappé à un examen clinique antérieur, a été mise en évidence par les rayons X.
Ce n'est pas tout; des altérations, indépendantes de la tuberculose, ont été également étudiées. C'est ainsi que Temphysème, la sclérose pulmonaire, les congestions, i'œdèmc pulmonaire, les tumeurs du poumon, les kystes hyda tiques, la gangrène, ont leurs caractères propres qui, parfois, permettent de les différencier. Pour être moins brillant que lorsqu'il s'agit des lésions tuberculeuses, Texamen radioscopique ne devra pas être négligé dans ces cas.
L'examen des mouvements respiratoires, l'observation des oscillations du diaphragme en particulier, permettent souvent des déductions cliniques de la plus haute valeur.
Sur un thorax normal, le cœur apparaît couune une ombre noire animée de battements. On étudiera avec l'écran les changements de volume, les déplacements accidentels ou passagers, les anomalies du même organe, les épanchements péricardiques; on pourra voir Taorte distendue, reconnaître de bonne heure les anévrysmes; on percevra les battements de l'artère, souvent indice d'insuflisance de Forifiee aortique.
Le médiastin, caché par la colonne vertébrale, est d'ordinaire invisible. Dans certains cas pathologiques il deviendra apparent et Tombre qu'il profile sur l'écran pourra être étudiée ; on a vu son déplacement dans les grands épanchements pleuraux, sa rétraction à la suite de la sclérose pulmonaire.
On reconnaîtra les tumeurs du médiastin, les hypertrophies ganglionnaires et le diagnostic de Tadénopalhic trachéo-bronchique sei*a chez Tenfant singuliiTcment facilité.
L'exploration des organes abdominaux a fourni des indications moins précieuses. S'il est possible d'avoir des photographies du bassin, la radioscopie ni même la photographie n'ont pu être utilisées pour le diagnostic des tumeurs. 0
Des expériences entreprises sur le degré de transparence des différentes variétés de calculs ont donné quelques résultats intéressants : les calculs biliaires riches en cholestérine, les calculs urinaires constitués par l'acide urique sont très transparents : tandis que les calculs formés de phosphate anunoniaco-magnésien opposent une certaine résistance. Les concrétions ont été reconnues sur des reins calculeux extraits de la cavité après la mort. Swaim, Laurie et John T. Léon, Buxbaum, de Brun, auraient même pu obtenir sur le vivant des photographies de calculs du rein ou de la vessie.
Ijï radiographie et la radioscopie n'ont encore apporté au diagnostic obstétrical i\y\o des renseignements trop incertains pour être utilisés dans
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le diajjjnoslic de la grossesse; au tonirairc, pour ce qui a trait aux nialforniatious du bassin, la nouvelle méthode, entre les mains de MM. Pinard et Varnier, a donné des résultats tout à fait remarquables.
D'après le court résumé qui précède, on voit que la découverte de Rôntgen a enrichi la médecine proprement dite, la chirurgie, Tobstétri(pie, d'une méthode particulièrement féconde dans ses applications au diagnostic des maladies. Les résultats acquis sont déjà considérables, ceux qu'il est permis d'entrevoir dans un avenir assez peu éloigné étendront encore dans de vastes limites le domaine de ce moyen d'exploration. On peut dire que, grâce aux rayons X, la science du diagnostic a fait un grand progrès et qu'aujourd'hui il n'est plus permis aux médecins de négliger fusage des nouvelles radiations. 11 ne faudrait pas cependant se laisser aller à un enthousiasme exagéré et croire que les moyens, antérieurement employés en médecine, doivent être relégués au second plan partout où les rayons X sont utilisables. Ces moyens conservent toute leur valeur. Pas plus que la connaissance et la recherche du bacille de Koch, la radioscopie ne supprimera l'auscultation. C'est justement par l'emploi simultané des nombreux procédés mis à sa disposition, par le contrôle réciproque des difl'érenles méthodes d'examen, que le clinicien arrivera de plus en plus à la connaissance exacte des maladies et que le diagnostic gagnera de jour en jour en précision.
A ces résultats directement en rapport avec une partie essentielle de l'art de guérir, il faut encore ajouter ceux qui ont été acquis, grâce aux rayons X, dans d'autres domaines et qui peuvent indirectement servir aux progrès de la médecine. Tels sont les renseignements fournis en anatomie, en anatomie comparée, en anatomie pathologique, en physiologie normale, en biologie, renseignements que nous ne pouvons qu'indi(|uer ici, mais dont on saisira l'inqiortance.
Dès les débuts de la découverte des radiations nouvelles, on avait conçu l'espoir d'utiliser leur action dans un but thérapeutique et de profiter de leur force de pénétration pour agir sur les affections les plus profondes. Jusqu'à présent les faits n'ont guère paru répondre aux espérances premières.
Il est certain cependant que les tissus exposés aux effluves qui se dégagent des ampoules radiogènes sont impressionnés plus ou moins activement suivant des conditions encore mal connues. Cette action peut aller jusqu'à produire de véritables lésions, et les accidents survenus au début des applications radiographiques ont été nombreux. L'érythème des parties exposées, une dermatite plus ou moins intense avec vésiculation et même formation d'escarre, ont été signalés. On a vu la chute des poils, des cheveux, des ongles, se produire chez des malades ayant subi une exposition prolongée aux rayons X, ou chez les opérateurs qui, pendant de longues séances, sont soumis à l'action des radiations invisibles.
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Il était légitime de tenter d'utiliser cette action pour la cure des maladies. Des expériences ont été instituées pour établir Tinfluence que peuvent exercer les rayons X, soit sur les différentes espèces de microbes pathogènes, soit sur les tissus infectés par ces mêmes agents.
Jusqu'à présent les résultats ont été ou nuls ou contradictoires et il n'est pas possible h l'heure actuelle de trancher la question de savoir si la découverte de Rôntgen pourra servir en quelque mesure que ce soit à la guérison des malades.
HYGÏÈNE ET THÉRAPEUTIQUE
PATnOLOGIE GÉNÉRALE. — VI. 47
Par NETTER
Professeur ajrrétfé à la Faculté de médecine. — Médecin de l'tii'tpilal Trousseau Membre du Comité consultatif d'hygiène publique de France