‹ Traité de pathologie générale v. 1 (volume 2)Chapitre 166 sur 185 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Les ajfcnts thérapeuliqiios peuvent être disliiigiiés en trois eatégorics, seloîî qu'ils relèvent de Vovdiv psychique , physique ou chimique.

De |)ei'sévérants efforts ont ccuujuis aux agents psychiques une certaine place en tiiérapeuticjue aujourd'hui. Ces agents n'étaient pas d'ailleurs ahstdunient négligés aux siècles passés, et Tun de nous, réceuunent, signalait comme relevant de leur domaine la fameuse poudre de sympathie, tpii au xvn*' siècle jouit d'une si grande vogue en France. Cependant c'est seulement dans ces dernièn^s années cpie la suyyestion a été élevée h la liiudeur d'une méthode régulière de traitement.

La physiothérapie occupe une place heaucoup plus grande que la psychothérapie, et cette place grandit encore chatpie jour. V aérothérapie , la photothérapie, ï hydrothérapie, V électrothérapie, la kinesitliérapie et la massothérapie représentent de puissants leviers thérapeutiques entre des mains expérinuMitées. Avec la diététique, ils forment la hase du traitenuMit d'un certain nomhre de maladies. A cause d'eux, on peut désormais parler d'une thérapeutique non médicamenteuse. Nous aurons plus loin l'occasion d'y revenir avec quelques détails.

Les ayents chimiques sont euq)runtés au monde inorganique et au monde organisé,

La pliq)art des métalloïdes et des métaux sont usités en thérapeutique. Certains, connue le fer, y pénétrèrent dès l'extrême antiquité; d'autres, au déhut de Tère chrétieruie, connue Varsenic préconisé par Dioscoride; quelques-uns s'y lirent mu» place seulement au Moyen Age, connue le mercure, ou à la Kenaissance, connue ï antimoine \ enfin, certains n'y furent admis (pie dans les derniers siècles ou même dans le dernier. An xix'' siècle aussi est dû l'essor des eaux minérales, facilité ()ar l'invention du chemin de fer.

Les médicaments que la thérapeutique emprunte au monde organisé ont une triple provenance : animale, végétale, bactérienne.

Les diverses méthodes bactériologiques sont de date récente, connue la hactériologie elle-ménu', qu'elles reposent sur l'inocidation des niicrohes eux-ménu»s ou de leurs toxines, ou (pi'elles reposent sur l'inoculation des organes des animaux traités ou de leur sérum, connue dans la méduUothérapie antirabique de Pasteur ou la sérothérapie antidiphtérique de Hehring-Houx.

En ce qui concerne l(»s végétaux, la recherche enq)irique des Anciens s'est exercée, pour ainsi dire, sur les propriétés de chacun d'entre eux, et

iGILBERT et BOiNET}

(Iccouverle tient souvent au Iiîisanl, et la vérité nous force bien à reconnaître leur réelle erficacilé, tandis que les méthodes inspirées |)ar les doctrines médicales surannées ou les remèdes de provenance théorique ne résistent souvent pas à Tépreuve d'une saine pratique. Donc, reinpirisiiu' scientifique ne mérite pas le uïal (pj'on en a dit. C'est de rinjj:ralilnde que de le confondre avec la vulgaire médecine em|)iriqne. Ces considci'ation> ont été bien résumées par Raglivi. « La mé<lecine, disiiit-il, est rdie des temps; ceux (pii prétendent que rexpériencc et la niisou niiit opposées Tune à l'autre me paraissent divaguer, tant les i-alicuialistes (pic les ei!q)iri(pies. L'empirisme savant, fruit de la méthode et non du hasard, dirigé, secondé par l'intelligence, s'élève aux plus hautes vérités par l'observation attentive et persévérante des phénomènes sensibles, tn tel enq)irisme a obtenu de tout tenqis l'approbation des hommes éclairés. H faut bien que la raison liuit vantée par les médecins se soumette à l'empirisme, cm* les secours (pie nous promet la théorie enflent d'abord notre espérance et puis nous laissent dans la |)erplexité. *

La thérapeutique empirique ne s'occupe pas des systèmes ; elle utilise les traditions sur les effets des médicaments; elle garde ceux qui ont fait leurs preuves et permet aux autres méthodes de les utiliser pour remplir telle on telle indication; à elle se rattache la thérapeutique dite statistique, (|ui se base sur des chiffres pour évaluer la valeur des iTinèdes ou desuu'dications; elle donne Topinion moyenne qui prime momentanément ou (pii reste sujette à revision.

Ce ne sont pas, ajoute Bouchard ('), des thérapeutiques dillërentcs que Ton doive opposer Tune à l'autre; vo sont des méthodes variétés d'une même science et d'un mémo art, capables de se prêter appui. L'avenir appartient à la thérapeutique pathogénique, dont les indic^itions seront réalisées par la thérapeuticpie physiologique avec le contrôle de la lliéntpeulicpie slatislitpie. Pour toutes ces méthodes thérapeuti(|n(»s, le poiul dr départ c'est la science des maladies. Au contraire, la théra|)eiiti(pie rinj irique a pour fondement la connaissance des médicaments. C'est un méthode de nécessité. On en a abusé. l/absence«de doctrines a fait Wii'Ager les indications et l'on a ahouli à cette formule : il n'y a pas tie médications, il n'y a que des médicaments. Il inq)orte, dit Honchard, de iviidiv à la théra|>euti(pie sa dignité, de ne plus la confonde» avec la matière médicale, et de remettre en honniMU' la science des indications.

'') HiJUCiiAiu», Inlrofhictinn <iii.r nnurraii.i' rlrnirnh de Ihôrapcutitfue dr Tiothunqfl fi Hossbach [toc. cit. .

LES AGENTS THÉRAPEUTKiUES. 8t25

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