CHAPITRE m
Les a<^(Mits ihérapeuliijiios peuvent être distingués en trois eaté<i;orics, seloîi (piils relèvent de Tordre psychique, physupie ou chim'upw.
De persévérants efforts ont conquis aux agents psychiqurs uiui eeitaine |)laee en thérapeutique aujourd'hui. Ces agents n'étaient pas d'aillomsahsohnnent négligés aux sièch^s passés, et l'un de nous, réeeunnent, signalait eoinuie relevant de leur domaine la fameuse poudre de sympathie, (pii au xvn' siècle jouit d'une si grande vogue en France. Cependant c'est seulement dans ces dernières années que la suyyestion a été élevée il la hnuteur d'une méthode régulière de traitenu'nt.
La physiothérapie occupe une place beaucoup plus grande (|ue la j)sychothérapie, et cette |)lace grandit encore chatpie jour. \/aérothérapie, la phytothérapie, V hydrothérapie, V électrothérapie, la kinésithérapie et la massolhérapie représentent de [)uissants levi(»rs thérapeutiques entre des mains expérimentées. Avet! la diététique, ils fonnent la base du traitement dun certain nombre de maladies. A cause d'eux, on peut désormais parler d'une thérapeutique uon médicamenteuse. Nous aurons plus loin l'occasion d'y revenir avec quehpies détails.
Les agents chimiques sont empruntés au monde inorganique et au monde organisé,
La plu|)art des métalloïdes et des métaux sont usités en théi'a|)eutique. Certains, connue le fer, y pénétrèrent dès l'extrême antitjuité; d'antres, an début de l'ère chrétienne, connue Varsenic préconisé par Dioscoride ; quelques-uns s'y llrent une place seulement au Moyen Age, ci>nnne le mercure, ou à la Kenaissance, connue \ antimoine; enfin, certains n'y furent admis que dans les derniers siècles on même dans le dernier. An ylv"" siècle aussi est dû Tcssor des eaux minérales, facilité ()ar l'invention du chemin de 1er.
Les médicaments que la thérapeutiqui» emprunte au monde organisé onl une triple provenance : animale, végétale, l)actérienne ,
Les divers<'s méthodes bactériologiques sont iV\ date récente, connue la bactériologie elle-même, qu'elles reposent sur rinoculation de.> microbes eux-mêmes ou de leurs toxines, on qu'elles rejmsent sur l'inornlalion des organes des animaux traités ou de leur sérum, connue dans la médullothérapie antirabique de Past(»ur ou la sérothérapie antidiphtérique de Hehring-Roux.
VjU ce qui concerne les végétaux, la recherche enq)irique des Anciens s'(»st exercée, pour ainsi dire, sur les propriétés de chacun d'entre eux, et
[OtLBERT ot BOIJVrr ]
%-iff TRfRAKXTftiiE »X>£JUL£.
il f^t xf'riVêiAfffHrui :»nq#rfnant i\*i^, «bn* t^ o^oditiKis- il jît -?o*
H à OiIIti «IVlaklir. iin (it-ri plii:^ Uni. s>n «rticMi «^nlLaipi^. •#rî<:»' i U rhifrii*-. 1^* |irifi*"ifKr» .irtif*. pfir>, A-* pbnU^ ^mft»j^^*^, ««nt f»«i tr- ^^<p0r^<» d#^ ;iiitre« prinrifi*^ indifli^renl* oii n«>i!Îf>: wT^«^ i »-n»* »ii-"*-i- •!•-> rr>qi^ afKM»liim#:nt iriconnu« #«1 pu •'fHCorp preodiv pbo^ 'bn- l .ir^fiil thi^ra[i^'iitif|ii#'. yu'il ikhi* suffise Je rilpr ici dÎTer* aleal>î«l»*7? 'IVff-t* tr»r^ di^paral^^* : la morphine, b cftcaïnr, Y atropine, b rnft^îne. b qninin^. b jpelletiérinei kr> «n^nds aneâthé^ique» : \^ chloroforme, Véth^^, 1^ chlorure d'élhylei qiipique* hypnolii|ut>5 : I4? ckloraL le tuifonaii ivrlain.« ariti.<»^|itiqiie:« : le phénoL les naphtols, VioJo formez un jrul;:»" i(iqijtf% antipyrétiquf* : rana/jF^^iW: le >pécifique du rfauaisiti>ni«^ artieti* bîre aigu, l'acide nalicylique.
Efifîru le« animaux les plu» divers offrent leurs gbndes et leurs tt>>u> â b thérapeutique. I^rs des premières publications de Brown-N^>|uin]. i^omrit du pas«fé, rtn avait pu cminr à b découverte d'un n4»uvedu monde pharmacologique. Il n'en était rien, et si, de Bn>wfi-N:^piard. (»d peut dire, qu'il a présidé à b renaiênance de Copothérapie, im n*" peut dire qu'il l'ait cnV*e. I>e tout temps, les ti>sus des animaux ont été utilisés en thérafieutique, et il en fut ainsi dès l'extrême Antiquité. D'aliord asseï réputés, ils virent progressivement leur faveur s'accroître encore, pendant le Moyi*n Age etb Renaissance, et ils semblent avoir atteint l'apo^^t^ de leur renommée â b fin du xvf siècle et au commencenu^nt du wn"^. Au xviif siècle, l'opothérapie subit un rapide discrédit «^ au \i\' elle avait dispani pres^pie entièrement lorsifuc Rrown-Sécjuard parut.
Nous consacrerons ici quelc|ues pages à l'étude des nouvelles méthodes théni|KMitiqnes qu'a fait naître l'iiitHMlnction en médecine d'agents noiiw'MW d(? ti-ïiileiiMMit, r'f'sl-à-iJire de la hactéHothérapie. \t\ sérothérapie et Vopofhrrapie.
LA BACTÉRIOTHÉRAIME
C(;lt(' iiiélluHk i\r. tniilniient, iiiuigiiiée par Cantmi. est basée sur les pio[»rirt(''S ;int;igotiis(('s de c(>rtains iiiicrohcs sur d'autr<»s. Elle n'en e>l en((»n' ([ii'à la [»éri(Mle d'essai. Los noiuhivuses tentiitives qui ont vW faites soiif résiiiiiérs dans le tableau suivant {^) :
Cam\.m n:iCt(M'iiini teniio (ionlro It? liaeillo tuh«M*culeu\.
Kmmki'.h.ii (.«MTiis (!<• rérysi|n«!i'. ... — le bacille chnrlMmiu'Ui.
I*KSA (JiKiaïuNo . . Varriri — la co(|uelucli<.>.
.M\rni\( , K\iikiNK. . finsijM'Ii' — la syphilis.
Vi.NKiTA, Hki.laskka. HacItM'iiim Icnno — le lupus.
r.-itioii p. 241
') SiMin.n. 7/7////' lie théra/ff'Hlif^uc, L I, p. 10. — Voir HotrcLT. Bnct(*rioUiôrapi(\ Afitli- Mil-* lin r;ijuMili«pn's «le la l«'\urr dr hirn-. Ihill. <jén. de iluh'tipeutitjur, 18ÎHK l. (i\I\,
DrBiase.
User
BOI.NKT (V)
FlALKORSKY . .
^ Levure de Imîtc, une cuil } lerée :i café par lieure .
Levure de bière.
Rougeole .
Terc. . . .
Bagi^sky . .
SOLLK . . .
ScHiMMER Ërysipèi
Érysip<»Ie (lontre la malaria.
la scarlatine.
la diphtérie.
la dian'hée putride.
la diaiThée typhique.
le cancer {intus et extra).
le muguet.
la diplitéiie.
la diarrhée des jwys
chauds, la dysenterie, la diarrhée typhi(|ue.
le trachome chmnique.
rectn)|)ion.
le pannus crassus.
le staphylocoque pyogène
doré, le hacillc typhique.
le pneumocoque de Fried-
lander.
le bacille cholérique, la bactérie blanche tle la
diarrhée «»stivale de
l'enfance, la tuberculose, l'orchite.
répididymite blennon-a-
gique.
l'eczéma, la chéloïde cicatricielle.
tiARRK Bacille fluorescent puant
Microbe de la putréfaction. .
Bacterium laclis aerogenes d'Escherich ou iKicterium aceticam de ]{aginsky . .
ÉrysipMc
Bouchard, (Iiiarrin,
(il'ir.NARD ....
KiTASATO
Bossano
PAWLOWSkI ....
Presser
Bacille pyocyanique .
Bacille cholérique . .
MicrolM» malarique. .
BacilliLS piixligiosus .
PneumociK-cus . . .
Slaphylococcus aurcus Bacille pyocyanique .
— le charl»on.
^ — la bacléridie charbon- ) neuse.
— le tétanos.
— le charlton.
— le bacille typhique.
Los premiers essais d'atténuation des vinis par l'action réciproque des microbes d'espèces différentes datent des expériences de Pasteur, qui rendait des poides rcfractaires au charbon en leur inoculant des cultures de chcdéra des poules. C(»s donné(»s furent appliquées à la thérîipeutique par Fehieisen, Nedsen, Cantani, Padone, Primrose, Wells, Ileer.
En 188!), l'un de nous(*) a ex|W»rimenlé : 1** l'action de la levure brute sur le bacille du charbon (pii n'a pas été influencé; 2" sur le bacille ty^phicpie dont la morphologie a été modifiée. Des animaux ont résisté à rinjection de ces cultures mixtes. Le bacille pyocyanique, traité par des
(*) IUhnkf, /?!///. gt'u. (le fhérap.. I8!H), t. 11, p. 2il.
(•) Voir CoiiiE, La ieviirr de bière. llactêriolct^MC, pharinacologii.'. tliêra|M'uliquc. Paris, iuip. Lahure, lOOi, p. 2i.
iOILBBRT et BOINET I
8'28 TIIÉUAPEITIQUE GÉNÉRALE.
levures n'a rien perdu de sa virulence. Nous avons fait des applie^itions thérapeutiques de ces levures de bière dès 1888; elles ont donné dps résultats favorables dans la diarrhée des typhiques. Cette action s'explique par le fait que la levure atténue la virulence du bacille typhique et favorise le développement des formes microbiennes les moins activer. Le muguet a été traité avanUigeusement au moyen d'applications locales de levure. Ce jnédicament a diminué le nombre de selles dans la diarrhée du Tonkin. Brocq a vulgarisé Faction de la levure de bière dans la furonculose. Ses effets ont été vantés dans la gastro-entérite infantile. Tathrepsie, Tentérite infectieuse, la dysenterie (Thiercelin), dans le diabète (Baylac, Cassaet) et même dans la leucorrhée (Landau).
On peut citer comme exemple de toxinothérapie l'utilisation des propriétés antiigonistes des toxines provenant du bacille pyocyanique vis-àvis du bacille typhique (Rumpf). Signalons encore la loxibactériothérapie qui consiste à traiter le lupus, les tuberculoses cut4inées. par exemple, au moyen soit de produits solubles, soit de cultures atténiu'es du streptocoque de l'érysipèle. Coley s'est servi de cultui*es stérilisée? de streptocoques mélangées à du bacillus prodigiosus dans le traitement du cancer. Des cas de sarcomes ont été améliorés à la suite de rinjeclion de ces cidlures mixtes. Elles agissent, sans doute, en excitant Tactivilé réactionnelle de l'organisme.
Enfin, Emmerich et Lœw (') ont étudié le rôle des ferments bactériolytiques dans l'immunité acquise et dans la guérison des maladies infectieuses. Ils désignent, par exemple, sous le nom de pyocyatwae les enzymes qui, produits d'abord par le bacille pyocyanique, le dissolvent ensuite. Celte substance détruit d'autant plus rapidement et plus complètement la bactéridie charbonneuse que la solution de ce ferment est plus concentrée. Les lapins auxquels on a inoculé le charbon guérissent à !a suite d'une injection de pyocynnose. L'immunité contre l'infect ion charbonneuse peut être conférée irinVhnmifno-prolé'uline de pyocyaiiose in^ à la fixation d(; ce ferment sur une alhuminoïde du sang d'origine leiuocyti(|ue. La pyocyanose dissout les bacilles d'Eberth, de Loelller, du choléni. de la peste, du rouget du |)(uc, le staphylocoque doré. Non seulement elle exerce une action bactéricide sur le bacille de la diphtérie, mais élit* possède encor(* un pouvoir destructif intense à l'égard de la toxine si^ crétée par ce microbe.
LA SÉHOTIIÉI^APIE
La skuotukraime comprend des sérurns immunisatcurs, pvêventiff^ (tétanos) et des sérums ntratinirs (diphtérie, peste). On a encore rattaché à cette méthode les injections de solutés salins dits scrums arli-
[^] Kmmkiucii cl L«K\v, Zrilsrh. f. Hi/fj. n. Infectionskr., XXXI, I.
ficiels on inorganiques^ de solutés gélatineux et de sérum de lait,
Skrim amîtêtamque. — Le sérum antitétanique est surtout préventif {^), Il a d'autant plus de chances de succès qu'il est injecté plus tôt. Son application hAtive sera utilement combinée à la désinfection, Téradication, le curetta^e, la cautérisation et même à Fahlation de la plaie contaminée par le bacille du tétanos. On sait, en effet, que ce microbe rest(» localisé et n'agit guère cpie par ses produits de sécrétion, dont l'activité est exagérée par leur mélange avec le pus. En supprimant d'emblée le loyer, on peut espérer enrayer ou atténuer Tintoxication tétanicpiei*).
Dans les cas de tétanos chirurgical aigu, Tinjection sous-cutanée de ce sérum ne fournit pas, en général, de résidtats. Les princi|>es actifs ne peuverit pas atteindre à temps le bulbe déjà iuq)ressionné par la toxine tétanique. Alin d'agir plus j)romptement, MM. Roux et BorrcI Ç), se bastint sur des résultats expérimentaux favorables observés sur le cobaye, ont injecté directement dans le cerveau humain, et, autant que possible, dans le troisième ventricule, du sérum antitét^inique, c[ui arrive ainsi plus rapidement jusqu'au bulbe. Cette pratique très logique n'a pas encore donné tous les résultats qu'elle permettait d'espérer. Non seulement agissiez, dit Landouzy, mais agissez vite : la haie, toujours permise en matière de sérothérapie, s'impose en matière de prévention du tétanos.
Le sérum anlitétxmique n*a eu de propriétés réellement curatives que dans les cas déclarés de tétanos à marche subaiguë. L'un de nous en a publié deux observations. Il importe de faire observer, à ce propos, qu'une série de cas, qui sont considérés connue du tétanos a friqore, ne sont souvent (pie des manifestations cliniques d'une localisation soit du pneumoco(pu\ du microbe de la grippe, soit de leurs toxines sur les centres nerveux. Il n'est pas rare aussi (pie des spasmes nerveux traumati(pies soient considérés à tort comme du tétanos vrai. Les remarques prt'»cédentes ont été faites par Rorrel, dans une série de ciis qui lui ont été présenl(''s dans les lu)pitaiix de Paris.
En résumé, dans les cas suspects, on doit injecter d'cMublée une assez grande (piantilé de sérum antitétanique et il ne faut |)as hésiter à recourir à rinj(!ction inlra-cérébrale dès que les symptômes du tétanos s(»nt conlirmés. Dans ces cas, il est néci^ssaire d'agir vite, et n(ms connaissons un exenqde d'insuccès du à la teuqiorisaticm des opérateurs.
Les inoculations intra-cérébrales sont b(^aucoiq) plus actives. Chez le cobaye, la toxicité de la tuberculine est 180 fois plus grande en injection
f' Noy. Ilrruf nitff/ur. Sur 1rs iMoprirtcs l»;u'h'Mi«'niu's «los humeurs. Auu. de tlnst. Panfrur, ISSl). p. Vm.
(- Voir lUnNKT, TniiliMiuMil du («'laiios. in Traité de thérnpeiittffue appliquée de Hohni, l'axicnlf V. l8!Kî. Comptes rendus de la Soeiétê de liiolotjicj I81>7, p. 1)74, Paris, et Marset fie médirai, ISî»S, p. Ut'l.
^1 Uoi \ ri HouitKr. Tétanos rrrrhral et immunité eonire te tétanos. (lonjrrès iiiternatidiial .le MailiMl, 1^2 avril ISî)8, et Ann. de l'Inst. l'asteur, l«U8, p. 225.
lOiLBERT et BOINBT ]
»âO THÉRAPEmul E G£\É&1LE.
întra-cêrêhralo qu'en înjwlioii sôus-cuUiuV. Les mêmes n^;s4iltat> •«! *ie t>liteniisparRoii\ et IV»rreL <4«it avec b tovine du lêtanos. >ait ji^ b ivcphîiie |H>iir le lapin.
Les pi\>|>riêtés antitêUiniqiies des cenlrvs oerreux «jot t-tê t^odirts |ar Wasseniiaïuu Marie «S: mais leur efticac-itê n'esl pas suffibanU- piirHr» utiHs4v dans la thérapeutique du tètanit^. r.«* bit soqn^eod d'auta&l mnii» qiK" les nvhc^rx'hes de VaîUard i * i imt montré que le s^t-mni duo aoîml vaiviiH' c^mtrv le ti-lini*s eonstitiK- un milieu de mlture dadis bqwJt'lf^ liacille eialN^re un p ûsun dime :7aiKle actiiitr et oe perd |us s*c« {«[«i.^ patbi»::èiie.
Les méthod«^ em|4ity^es |«>ur immuniser l«s animani; *<mi T»>mâ^n!%t^. Behriiuz et kilasato k4ï\ injeeté du Icatillf tétanique lîranl i« <1^ h*ûu< attéiiiHvs par TadditHim de trichlonuv d'i*:«de: TiziiL^ii et Cft!Uczi •«! i^Krine des piiiT^Hts et des chîeos ta leur iiA<iiiant des |«etite^ «iitse^ de cultures téUniques : Vaillard s'e<l sen i «1^ eultnres fihnèirs ti ^iamSn>> a 6iJ degrés pt*odant une beuie : Brieiier. lkilA>ali>.<. Wjt<ée7iDaam. * ci: murspc que les cultures, biles dans de l'eitrait de thimos. fvn^ieot Lritr t*«ôHk: Vaillard. Gvv\ <^\ immunise a«»sî des aaîiuHX en Itmr irjjecucl des cultures jddilMuW«s d'eau îodée.
AduelleBwnt, on <4ilîeflil riiiunuaisai2><j des <liev^an\ f^*aTnt«at 4 sérum antiléiMiitfu^ m \tur iiK«ralujt s-^i: de très i^tes di<«?o de x-xim pure •• - vMt dr 11 toÙDr ciuufftïy i 9'Cy éi 7m «dejiTy-s^ si<î *^/ai et b U>iiDe uMiaiw^.e a^ec uifi >£4-jtk« K^d^v- if\î**tyr i»<|wle A* •xrhi& . Tjïitard. Ro«i\, ]WcArd «ot pa aLasi zif^clirT a k cbe^jJ ±>« a Ti**) ryocîn»ètres euti^f^ Ai- \*!*iiat tetao^fiae tiUtM^t^. \«rard a iztsÀsse sar Titilik préventive de ^e serBUL s«r les jfùaEiavx H s«r rïiw&cKit« «iu tnàkmoA c^iTBtif du tHiiy^ c^^ibTay.
J:*.-V* \*— ^" -■ TT':*<.* • ». i [ ;';?'r-lLr^! • "v**- ' .'.•'.^ > '^^^iîH. ; W -' i •■: -
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V .I.-. 1.--ÎI -n- -'. •- n'in-»-- - aii:i ;a:i-mi— ■•— ■•u:*■'^ n — -i:: n- mitns; -* •
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1 li..»-- *o. .
LES AGENTS TIIERAPEITIQIES. 831
mètres cubes de sérurii antitétanique à tout hiessé souillé par de la terre ou suspect de devenir tétani(|ue. Dans les pays cliauds, où Tun de nous a été frappé par la plus courte durée de T incubation du tétanos* ces doses doivent èlre doublées. Il est préférable de faire l'injection dans l'épaisseur iles masses nuisculaires de la fesse, où la |x'^nétration est plus rapide. Le lendemain et le surlendemain, il est prudent de prati(|uer une nouvelle injection. Si le téUmos se déclare, l'injection inlran'érébrale reste le seul moyen de sauver le malade.
Du reste, les résultats observés par Nocard ont démontré cpie Tinjection préventive du sérum antité(ani(pie a empécbé le développement du tétanos cliez o75 animaux tmités, tandis (|ue Ton a observé, pendant ce temps, bh cas de tétanos chez des animau.v n'ayant pas reyu d'injection préventive.
CVsl avec raison (jue ces injections de sérum antitétanique ont été prescrites dans l'armée française.
Sérum AKTiDiriiTÉiUQUK. — Le sérum Bebrinj^-Roux a un(» valeur thérapeutique «pii n'est plus discutable. La plupart des accidents mortels imputés à la sérothéi*apie sont sujets à caution. Le plus souvent, on a mis sur le compte de cette méthode les complications d'origine diphtérique. Les observations de Moizard, de Sylvestre, deVariol, de Guinon, d'Aussct, il'Alioldi, ne sauraient porter atteinte à la >'alcur thérapeutique de ce «érum. Analysimt 7 cas analogues. Sylvestre a montré que les accidents étaient inq)utables à une streptococcie concomitante. La mort si brusque ei si retentissante du fils du professeur Lmgerhans, tué, dit-il, par le ^érum (le Behring, (pie l'on avait injecte préventivement, a été Tobjet d'une rigoureuse encpiéte scientifique, dont les résultats ont été favorables ù la sérothérapie.
Du reste, cette méthode fait tomber la mortalité de 60 à 2i pour 100 (Landouzy). Cette proportion est encore moins élevée si Ton a soin d'injecter rapidement et au début le sérum antidiphtérique et de l'associer, dans les cas voulus, au sérum antislreptococcique. Il est préférable, dit Landouzy. de ne pas attendre les résultats de l'examen l>actériologique et <lc faire l'injection au plus toi. D'après Behring, la mortalité diphtérique n'est, à Berlin, que de 15 pour 100. Elle n'atteint que 10 pour 100 dans nne st:itisti(|ue de Sevestre. D'après Richardière, 1778 cas de diphtérie ont donné 280 morts, soit 15,7 pour 100. En retranchant de la statistique les enfants morts moins de vingt-quatre heures après leur entrée h l'hôpital, c'est-à dire, en réalité, les enfants non traités, la mort<dité se trouve réduite a 205, soit 11,5 pour 100. Sur 1115 cas de diphtérie sans opération, la mortalité n'a été que de 5,5. Par contre, la mortalité des <!roups opérés reste élevée. Elle est de 97 pour 100. Sur 207 257 cas de diphtérie traités par la sérothérapie?, on a noté 5.1 577 morts, soit une mortalité de It) pour 100; elle étoit autrefois de 56 p<mr 100. Le sérum 41 d(mc sauvé la vie à 80000 malades.
La sérothérapie diminue encore les chances de contamination en atté-
lOILBSRT H BOINET.}
iGi TOÉRAPElTHiCE G£.\ÉRALE.
niianl h f^irul^nre et en re^lrei^numt la duré*? de b difJitém 'Larmhuis .
Pour préférer le^^nim antidiphlifrique. fm injerte, {♦? premî»-r j«»fir. »q f'heval un r|uart decenlimêlreailnf de luxine»'» aiiditiiHifir^ t^ fi.j'i^ir'i^ tmiii dans la pro|>ortion de I lU. Plu> lard, «m lait s lirr-* Ur> injr»-lif«fîde doses plus «rleTr-es de toxine atténiK-e par iJe> în*H^uiati«*n< de *i>n^ pmjrressi veinent iToiss.inles d«.* to\ine pure. I/nnimal peut, a un in«*f»Ti' donné. receToir impunément ih^) centimètres cubes île t«>\îi*e en ol-seule fois et sans inconvénient.
Il est alors immunisa* et peut ainsi fournir un sérum d«»tié .]♦* pnpriétés préventives et curatives i*».
Fanjdiorsky et .Haksutoff immunisent des chevaux en «pi.iranle jtiur^. en commençant par leur injtnrter du S4'*nim imtitoxiqiie. puis dt-< i|<H^ pro<:ressivemenl croiss^mtes et massives de toxine diphtérii|ue. M.irlin remonte la virulence du liacille diphtérique par smu pissa^ze en s?» s «jt* colUxIion que l'on inclut dans le |»éritoine de lapins. iMs ti*xiE:t> <Ii\ fois plus actives n'ont permis d'obtenir que des sénmis dru\ foi> |»lu> énergiques.
Le si'rnnn de l'institut Pasteur est transparent: il faut le rej«-tt-r s'il e>î louche. Desséché dans le vide, ce sénim laisse ime sul^stance qu»* r«>n reiliâsout dans H à H) fois son volume d'eau 'itérilisée au moment de «^in application. Aronsohn a is4>lé une [N>udre blanche jouiss;mt d»'S proprit t» s actives du sérum. Roux préfère employer le sénmi sans lui fairi' sul»ir aucune moflification. t> sérum a;rit moins sur le bacille de Lœfller qiw» sur les pha;;ocytes. dont il augmente l'activité cellulaire et diminiH rimpressionnabilité à Taction nocive du micndw? et de ses pois4»ns.
En résumé, dès que Ion soupçonne la diphtérie, il est CMi>eillé d'injecter d'emblée 10 à iO centimètres cubes de séniin. suiv.int l'àire du siij<*l : piii-i dr traiter l;i diplitérir. déiiiontnv bni'lérioli»i:i»|nonn-? t. jur rinjeclioii f|iiolidienne on bJHjnolidiMinf de celle dt»>«' ju-^iiu*;» rv t\v*' If [*aii><4*> iiiiMiibnuies se déliichmt. l>ans les cas j^r.ivc^. ni>ns injistnib 40 rentifuètirs cubes d'eniblér. it Ir plus tnt pussibli*.
A rélraïii^er. les slatï'-li<|ni*s (!♦* Monti mJc Virniifi. Hrubiier. I*ai:iii<ki. Kiili'iibiir»: uli* IUtIIiii. Ili^'^rs nie >e\\-Vorki. Hevilinl mIo iicih-vi'., .hili-' Hobert Mb- Madrid». Mya HJf H(»ron<rK liaw. hi\rv «Aii.b'l'-i n'-. j»ri»!ivenl ri*\ri'il«*rirr di* la s. rotliéi-apir aiitidipbtériqiie.
iNiidaiil \t' jHciiiirr smirsln* di* |cSOr>, la mortalité jar diplifriio ji diiiiiiiiié de Or> pour 100 iMoiiodK
Le sêiiirii anlidi|>lilériqii<' a ainélinrv Voz-ène lUdfanlr et ibdia ViMlma
I>ari<iinr vinirlaine de eas de pneumoinr izrave. les iiiieetions re|>rlet'^
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de 40 à 80 cenlimèlres cubes de sérum, d'après la méthode de Talamon, nous a donné des résultats satisfaisants.
Le traitement du croup sera complété par le tubage. Imaginé par Boucluit, perfectionné par O'Dwyer, simplilié par Bayeux, le tubage doit être préféré en principe. Les indications de la trachéotomie, en pareil cas, deviennent de plus en plus rares. Les tubes courts de Bayeux et leur extraction par énucléation constituent un réel progrès. Le maintien d'un fd, dans la crainte de voir glisser le tube, n'est pas nécessaire. Au bout de trois jours en général, on peut enlever le tube. On maintient le petit malade dans une atmosphère chaude et humide de vapeurs antiseptiques et balsamiques. Les lavages quotidiens de la bouche et de la gorge sont fort utiles.
Parfois le tube est avalé. C'est un incident sans gravité, car, souvent, le tube est évacué le lendemain.
L'intubation doit être faite avec patience et douceur. Elle peut être gênée par le spasme de la glotte, par Tœdème de la glotte et des replis aryténo-épiglottiqucs, par Tobstruction immédiate du tube qui se remplit de fausses membranes, par l'apparition d'un accès convulsif ou par une syncope. La crainte des broncho-pneumonies par déglutition est très exagérée. Il faut faire choix d'un tube assez gros pour qu'il ne risque pas de glisser dans le larynx. Si cet accident survient, il faut pratiquer une trachéotomie aussi bas que possible.
En résumé, l'intubation est un procédé de choix et doit être préférée à la trachéotomie qui est un procédé de nécessité. Du reste, Landouzy enseigne depuis longtemps que les trachéotomisés sont des candidats à la tuberculose et meurent dans un âge peu avancé. Tel est aussi l'avis de Jules Simon.
La sérothérapie a amélioré les résultats fournis par le tubage : elle a fait descendre la mortalité à 28,9 pour 100 (Williams, Welch). A l'hôpital des Enfants-Malades, M. le D' Sevestre n'a eu qu'une mortalité de 13,5 pour 100. Enfin, plus on acquiert l'expérience du tubage, moins on est effrayé par la crainte du refoulement des membranes, qui est rare, en réalité, si l'intubation est faite assez tôt. il faut avouer néanmoins que la trachéotomie exige une surveillance moins rigoureuse de l'opéré qui n'est pas exposé aux dangers d'asphyxie que peut faire courir l'obstruction ou le rejet du tube. Enfin, si le tubage échoue, on doit recourir à la trachéotomie qui, en pareil cas, ne donne que peu de succès. Le petit opéré succombe souvent à une bronchite pseudo-membraneuse et à une broncho-pneumonie. Landouzy résume ainsi la conduite à suivre : « Dans le traitement du croup, choisir V intubaiioriy subir contraint et foj-cé la trachéotomie ». Signalons encore Tinlluence favorable du chauffage du sérum antidiphtérique sur les accidents post-sérothérapiques (Spronck). Sérum a>tipesteux (*). — Essais d'inoculations. — Voulant utiliser
(') Netter, Le microbe de la peste. Arch. de méd. expirim., janvier 1900, p. 117, avec bibliographie très complète.
PATHOLOGIfi GilféRALE. — YI. 55
IQÏLBEKT et BOIJfrT]
854 THÉRAPEUTIOUK GÉNÉRALE.
rimmunisation conférée par une première atteinte, Vespremi, en 1755. proposa cKinoculer la peste pour obtenir une maladie atténuée comroe dans l'inoculation variolique. En 1781, Samoïlowitz conseillait de se servir du pus d'un bubon arrivé à maturité et, par conséquent, moins virulent. Sur 14 galériens inoculés par Sola, à Tanger, en 1818, 0 présentèrent des symptômes de peste légère à partir du troisième jour. Tous guérirent.
Yersin et ses collaborateurs, Calmette, Borrel et Roux, ont obtt^nu un sérum antipesteux en inoculant des bacilles atténués, des bacilles vivants des bacilles morts, des toxines.
Le lapin est immunisé après avoir reçu trois injections intra-veineuses de cultures stérilisées à la température de 58 degrés. Son sang exerce alors une action curative sur les animaux inoculés.
L'immunisation du cheval qui peut fournir des quantités suffisantes de sérum, dure un an à un an et demi et exige une cinquantaine d'injections sous-cutanées, puis intra-veineuses, de bacilles morts ou vivants, la méthode des cultures en sacs de collodion, enfermés dans le péritoine de lapins, augmente la virulence du bacille pesteux. Cette race de bacille, renforcée et cultivée dans du bouillon gélatine, produit une forte quantité de toxine. On a remarqué aussi, par contre, que le sérum des chevaux immunisés avec des bacilles morts n'avait qu'une médiocre efficacité. C'est cette circonstance qui explique, en grande partie, les variation? dans les résultats sérothérapiques constatés chez l'homme. Ainsi le premier sérum qui donna à Yersin 24 guérisons sur 26 cas traités à Canton et à Amoy, soit une mortalité de 7,6 pour 100, avait été préparé avec des cultures vivantes du bacille pesteux. A Bombay, où régnait surtout la peste pneumonique contre laquelle le sérum est peu efficace, la mortalité a été de 49 pour 100. Dans une première série, elle était tombée à 55 pour 100, parce que le sérum provenait d'animaux immunisés au moyen de cullures vivantes, tandis que, dans une seconde série, trailêi^ avec du sérum préparé à Nha-Trang, dans des conditions défectueuses, elle s'est élevée à 72 pour 100. A Bombay et à Kutch, Siniond a eu uno mortalité de 52 pour 100; elle a atteint 55 pour 100 à Taniatave. A Porto, elle est descendue à 14,7 pour 100 chez les pestiférés injectés, tandis (jne les malades non traités mouraient dans la pro[)ortion de 6*2,5 pour 100. L'é[)idémie de peste dans les Indes était plus grave: elle entraînait 85 pour 100 de décès; elle comprenait un assez grand nombre de cas de peste pneumonique contre la(|uelle les inoculations éUiient inefficaces. Elles ont réussi, a Porlo, dans 5 cas de pneumonie pesteuse Iniilés par des injections intra-veineuses de sérum (Calmette et Sidimbenii. H convient d'injecter, au début des cas de peste, 40 à 80 centimètres cubes de sérum. I/injeclion de doses élevées de sérum est répétée tous les jours et poursuivie pendant les trois jours qui suivent la chute delà température. Lignères (.4/ni. de rinstitul Pasteur, 1901, p. 808) préconise les injections massives intra-veineuses de 60 centimètres cubes de
LES AGENTS THÉR^iPEUTIQUES. 835
sérum Roux et Yersin ; on est d'autant plus sûr du succès qu'on agit plus \ite et avec des doses plus élevées.
Action préventive du scruni antipesteux, — Elle est incontestable. Sur 500 individus vaccinés et vivant en plein foyer pesteux, 5 seulement ont contracté cette alVection (Yersin). La proportion observée par Simond est encore plus faible (9/1160). Ces injections préventives, à la dose de 10 centimètres cubes, sont sans danger, elles présentent une réelle efficacité; il est prudent de les renouveler tous les quinze jours, si Ton vit dans un foyer pesteux. Il n'existe pas de relation absolue entre les pouvoirs immunisant et curateur du sérum antipesteux. Denis et Tarlakowsky augmentent Tefficacité de ce sérum en Tinjectant localement au niveau des lésions ganglionnaires.
Sérum antitoxique. — Il est moins efficace que le sérum anti-infectieux obtenu en imnumisant les animaux avec les bacilles pesteux morts ou vivants (Roux).
Lustig et Galeotti ont retiré des cultures une substance vaccinante, au moyen d'une solution de potasse au 100''. L'injection de cette substance vaccinante au cbeval donne au sérum de cet animal des propriétés curatives contre la peste. Son efficacité sur le singe a été établie, à Bombay, par Galeotti et Malenchini. Sur 50 pestiférés traités par cette métbode, 20 guérirent. Dans la suite, la mortalité a été de 42,5 pour 100, après ces injections de sérum. Plus tard le sérum de Lustig a donné une mortalité de 68,3 pour 100 au lieu de 79,5 pour 100 chez les malades non traités. Il n'a pas été employé à titre préventif.
Vaccin de llaffkine, — H est fourni par des cultures sur bouillon Agées d'un mois et chauffées à 70 degrés pendant une heure. Il est inoculé a la dose de 5 centimètres cubes chez Tadulte sous la peau du bras. Il détermine, pendant douze heures, des symptômes locaux et généraux qui rappellent ceux de la peste. Une seconde inoculation est prati(piée au bout de huit jours. Ce vaccin confère une immunité active (*) dont la durée est plus longue que celle du sérum. Il a été employé sur plus de 100000 personnes et adonné de bons résultats. Ainsi i\ Ilubli, 1 sujet sur 7,8 parmi les non vaccinés est meut de la peste, tandis que la proportion a été de 1 sur 8,11 chez les sujets vaccinés. Aussi, cette vaccination a réduit la proportion des décès par peste de 52,59 pour 100 h 5,82: elle aurait pu tombera 1 sur 1500.
Ce vaccin diminue la réceptivité vis-à-vis de la peste et amoindrit la gravité des atteintes. Ainsi à Dharwar, tandis que la mortalité générale par la peste était de 97), 5 pour 100, elle descendait à 29,4 pour 100 chez les vaccinés, et à 20,." pour 100 chez les pestiférés vaccinés à deux reprises. La Commission allemande, les autorités de Tlnde ont émis un avis très favorable à l'emploi du vaccin de llaiïkine.
(*) WcRTz et BoincEs, Rccliorclios expérimenlal(»s sur rimmunlté conférée par le vaccin de llatrkinc. An/i. de médecine cjcpérimenlalc et d'anat. path.^ mars 1902. n" 2.
iOILBERT et BOINET]
Cette vaccination n'atténue pas la gravité des formes pneumoniques. Ce vaccin inoculé à des pestiférés n'a eu aucun effet curatif, mais la peste est moins grave chez les vaccinés.
Les avantages de ce vaccin sont nombreux : il est facile à obtenir, il peut être produit en très grande quantité, en très peu de temps, il agit à faibles doses et produit une immunité plus longue que le sérum antipesteux. On ne saurait trop insister sur la nécessité des revaccinations antipesteuses.
Cependant Calmette et Salimbeni reprochent à ce vaccin de ne pas donner une immunité aussi rapide que le sérum des animaux immunisés et de favoriser l'infection pesteuse pendant les quelques jours qui précèdent l'apparition de l'immunité. Dans une localité déjà infectée il serait prudent, disent-ils, de commencer par une injection de sénun antipesteux et de ne faire l'injection de vaccin que (|uarante-huit heures plus tard ou de n'injecter le vaccin qu'à deux reprises avec intervalles de dix à douze jours, en commençant par une petite quantité.
Cependant les faits observés h Byculla montrent que ces objections sont surtout théoriques. Enfin, il est possible que la méthode dos immunisations mixtes rende insuffisante la réaction que l'organisme doit prt*senter pour obtenir une immunisation active.
Séiîum A>TisTnEPTococciQUE. — La streptococcie se manifeste par de nombreuses formes symptomatiques : érysipèle, infections puerpérales, angines, broncho-pneumonies, complications de la scarlatine, de la fièvre typhoïde. L'association du streptocoque au bacille de Lœffler augnienle fortement la gravité de la diphtérie. Aussi le traitement préventif et curatif de la streptococcie présente-t-il la plus grande importance.
Les variations de virulence du streptocoque rendent difficile rimniiinisation contre ce microbe. Marmorek(') est parvenu à donner aux streptocoques cultivés dans un mélange de deux parties de sérum humain pour une de bouillon de viande de bonif peptonisé à i pour 100, une hypervirulence excessive, constante, définitive : c'est ainsi qu'un cent milliardièuie de centimètre cube de ces cultures en série suffit à tuer un lapin. Dos doses d'abord faibles, puis progressivement croissantes de ces cultures hypervirulentes sont inoculées au cheval, à l'àne. Il faut six mois pour immuniser un (;heval ; à ce moment, le sérum jouit de propriétés curativos (Marmorek). Le traitement exclusif de V érysipèle par la sérothérapie a donné une proportion de guéris()ns(|uia varié entre 1,2 et 4,82 pour 100 suivant la valeur antitoxicpie du sérum. Dans le service de Chantemesse. la mortiililé a été intermédiaire (5, 22 pour 100). La gravité et la durée de rérysipèle sont moindres. Les adénopathies secondaires et les rechutes diminuent de fréquence et d'intensité. La dose moyenne de sérum à injecter dans les cas d'érysipèle est de 50 centimètres cubes. Il échoue.
') Mahmorkk, La toxine slrcplococcijjuc ciruiiitédcs streptocoques pathogènes chez llieranie. Âuualcs de i Institut Pasteur, IDOti.
lorsque rérysipôlateux a une tare viscérale, cardiaque ou rénale, ou une maladie concomitante (diabète, alcoolisme). Nous pourrions en citer des exemples personnels, Béclère vient de publier un cas dans lequel '250 centimètres cubes de sérum antistreptococcique furent impuissants à empêcher la marche d'un érysipèle et ne s'opposèrent pas à une triple récidive. Rendu déclarait récemment à la Société médicale des hôpitaux ([ue le sérum antistreptococcique est inefficace, pour ne. pas dire nuisible même, dans les infections nettement streptococciques, et il estime qu'il ne faut pas l'employer dans les infections polymicrobiennes telles que celles qui compliquent la grippe. L'infection puerpérale et les septicémies postopératoires sont heureusement influencées par le sérum antistreptococcique. Trop confiant dans le succès de sa médication, Marmorek proscrit dans les cas d'infection puerpérale les injections intra-utérines, les injections antiseptiques, le curettage, Técouvillonnage. C'est se priver, sans raison valable, de moyens simples capables de diminuer les sources d'infection. Cet exclusivisme de Marmorek est d'autant moins parUigé par la majorité des médecins que le sérum antistreptococcique n'a pas toujours une efficacité incontestable. De plus, avant l'emploi de la sérothérapie, le professeur Pinard avait réduit la mortalité par la septicémie puerpérale à 0,18 pour 100 au moyen de la seule antisepsie. Une des grandes causes d'échec du sérum de Marmorek est qu'il agit surtout contre un streptocoque donné et qu'il n'influence que médiocrement les streptococcies dues aux variétés si multiples de ce microbe. En résumé, dit Charpentier (*), la mortalité de la fièvre puerpérale traitée parle sérum a été de 42,56 pour 100 et de 35,29 pour 100 en défalquant les cas soignés in extremis. Pinard reconnaît à ce sérum une action préventive incontestable qui ne doit cependant pas faire négliger tous les soins de la plus rigoureuse antisepsie. Ce rôle préventif a été utilisé par Boucheron chez les cataractes atteints de diabète.
Le sérum de Marmorek (*) peut encore être fort utile dans les diphtéries avec association de streptocoques, pourvu qu'il soit injecté hâtivement. Il donne aussi de bons résultats dans les angines et les broncho-pneumonies à streptocoques. D'après Baginsky, le sérum de Marmorek a fait tomber la mortalité des enfants atteints de scarlatine de 24 à 14 pour 100. D'après Josias, remploi du sérum n'a modifié ni la fréquence, ni la gravité des complications ordinaires de la scarlatine. Dans certaines broncho-pneumonies grippales, ces injections de sérum antistreptococcique ont eu une réelle efficacité. Claisse en a signalé les 'bons eifets dans un cas de bronchite chronique pseudo-membraneuse. Dans les cas graves de variole confluente, trois injections de 10 centimètres cubes de ce sérum amen-
(*) CHARPËNriER, Happorl à la quatriômo session do la Sociêlc obslétricale. Paris, 1896.
(*'; BoRbKT, Contribution à l'ôlinle du st'ruin antistreptococcique. Anu. de rinsl. Pastnir. 1897, p. 177. — Kruwki, Cor. lii. f.Sdureii. Aerzte. IJasel, 1001, XXXI, 797. — Dcbet. Leçons de clinique chirurgicale. Paris, Maloinc, 1900, YIII. 84-188. — Waltox. Laiicct. London, 1900, II, 11-32.
[GILBERT «I BOlNBTy
838 THÉRAPEUTIQUE GÉ.NÉRUE.
dorent les symptômes seplicémiques, hâtèrent rinvolution des pustules varioliques et évitèrent le développement des abcès de la convalescence (Lindsay).
Charrin et Roger communiquèrent le 23 février 1895 deux cas de fièvre puerpérale traités par le sérum antistreptococcique; à Tinverse de Marmorek qui^ exalte la virulence de ses cultures, Charrin et Roger la diminuent au moyen de la chaleur. Aussi leur sérum a-t-il une énergie moins grande et doit-if être employé à des doses plus élevées. Il n'a donné que des résultats médiocres dans Térysipèle, les angines.
Enfin Denys et Leclef ont obtenu un sérum actif en injectant souvent et à doses croissantes de la toxine et des cultures vivantes de streptocoques; ils ont rapporté deux guérisons sur trois cas de péritonite opératoire traités par Tinjection de 60 à 100 centimètres cubes de leur sérum .
De plus, il importe de constater Tinnocuité de ce sérum qui ne détermine pas de lésions rénales (Charrin et Roger), d'hyperlherniie momentanée, d'exanthèmes, d'arthralgies, de myalgies.
En résumé, dit Landouzy, ce sérum agit sur la maladie par son rùle d'agent thérapeutique spécifique, antimicrobien et antitoxique; il agit sur le malade par Teffet ([u'il exerce sur les activités phagocytaires(*).
Sérl-m AMivENiMEUX. — Il cxislc dc graudcs ressemblances chimiques et biologiques entre la toxine du tétanos et la toxine glandulaire des serpents. Leurs morsures sont extrêmement redoutables et peuvent entraîner la mort en quel([ues heures. L'un de nous en a vu des exemples en Extrême-Orient. La statistique de l'Inde donne 65 pour 100 de moi-suros mortelles en quelques heures et évalue à 20 000 le nombre des victimes annuelles. Ce sont surtout le cobra et le naja qui causent le plus de décès. L'isothéra[)ie a été utilisée pour obtenir l'inununisation contre ces morsures de serpents. Roux, Phisalix, Kaul'inan ont vu, à Arbois, un individu jouissant d'une immunité contre les morsures de vipères: à chat|ue saison, il se fait mordre une ou deux fois pour conserver cette iuniiunisalion, cette mithridatisation. Certains Indiens, appelés les Curatlos de CulehraSj acquièrent la même inmiunité en s'inoculant plusieui^i f<»is avec les dents de crotales et cm trouvera dans les Archives de lAnthn)pologie criminelle la praticjuc des indigènes de la Guyane qui utilisent, pour ac(juérir l'immunité, le foie, le fiel et les poches à venin sèches au soleil, pulvérisés et appliqués sur les incisions faites avec une dent de serpent venimeux. Cette sorte de vaccination serait transmissible aux enfants et cette immunité serait héréditaire pendant plusieurs générations. Les Psylles, au dire de Lucain, jouissaient d'une conqdète innnunité à ret égard. Leur salive avait sans doute des propriétés analogues; car ils suçaiiMit les plaies provo(|uées, chez leurs ainis, par les morsures de
(*) Voir : Tavel in Kuumbkin, Irhcr Slvcptococccmcrumthfrapir. Cor, Ul. f. Sclnrrti. Aerzle. Basel, 1901, XXXI, '230-'244; vX Moseu [Se'niin antiscarlatinruj^ , Assc-mblir îles naluralislt's cl médecins allemands tenue à Carlsbad, septembre 1ÎH)'2.
serpents et neutralisaient avec leur salive les produits venimeux qui pouvaient rester dans la plaie. Tout dernièrement Cahnette et Wehrmann ( *) ont insisté sur Faction très énergique que la ptyaline a sur le venin. D'autres sécrétions, la bile en particulier (Calmette) (*), atténuent la virulence de ces venins.
Elle a été étudiée en France par Calmette, Phisaliv et Bertrand; en Angleterre, par Fraser. Déjà Gautier, en 1881, avait extrait du venin des trigonocéphales et des najas deux alcaloïdes nouveaux, la nàgine et Yëlaphine, possédant les propriétés des ptomaïnes; plus tard, il concluait que la partie essentiellement active de ce venin est azotée, non cristallisable et non alcaloïdique et que le venin ne diffère de notre salive que par Fintensité de ses effets bien plus que par sa nature intime. Puis Weir- Mitchell et Reicherl (de Philadelphie), ont trouvé que seule la partie liquide de la sécrétion glandulaire était active et qu'elle renfermait de la globuline et de Falbumine. Les réactions chimiques portent à admettre que le principe actif des venins est de nature albuminoîde. C'est une nucléine. Calmette (') pense que les venins présentent des affinités étroites avec les diastases et les toxines, soit microbiennes, soit végétales, c'està-dire avec les enzymes. L'immunité des individus réfractaires au venin de serpents tient à l'hérédité et les Psylles faisaient mordre leurs enfants par les serpents de façon à s'assurer de la pureté de leur provenance. Klle peut résulter aussi d'une sorte d'opothérapie reptilienne empirique et les Eisorrys (*) mangent des serpents entiers pour acquérir cette immunité. L'un de nous a vu en Extrême-Orient des charmeurs de serpents se livrant à la même pratique. D'après Calmette, le venin parait surtout exercer son action sur les centres bulbaires et ne pas modifier directement la régularité des contractions du cœur. Contrairement à l'opinion de Lacerda et Fayrer, Calmette croit que le sang d'un animai tué par le venin de serpent n'est pas toxique (^).
Le venin de serpents est extrêmement diffusible, aussi l'application, même rapide, des moyens locaux est-elle généralement inutile.
On peut obtenir l'immunisation soit au moyen des toxines atténuées, soit en introduisant des doses progressivement croissantes de venin. Cette atténuation de venin de vipère peut être produite par un chauffage à 98 degrés pendant dix minutes (Calmette). Le venin de cobra exige une température de 80 degrés (Phisalix et Bertrand) (®). La lumière détruit assez rapidement la virulence des venins. Les courants de haute fréquence
(») Wkhhîianx, Ann. de l'Inst, Paf<tcm\ 1808. p. 510.
{*] Cai.mktte, Immunisation contre les vonius. Ann. de l'Inst. Pasteur^ 1806, p. 675; 1897, p. 214; 1898, p. 3r>.
(') Calmette, Le venin des serpents. Société d'éditions scicnlifiqucs. Paris, 18ÎH).
(*) James IUciiakiisox, Le Maroc à lépcKiue actuelle. Le Tour du Monde, 1860, 1*' semestre, p. 222 et 223.
(') Voir AicuÉ et Yaillaxt-IIovics, Altérations du sang produites par les serpents venimeux. Arch. de méd. expêrim., mars 1W2.
(<*) Phisalix et REiiTKANn, Académie des. sciences, 5 février 1894, et Société de biologie^ 10 février 1894.
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840 THÉRAPEUTIQUE GËNËRALE.
la diminuent (*). Marmier a contesté ces dcgiiers résultats. Le seul agent chimique qui ait une certaine action utile sur le venin est le chlorure d'or (Calmette). Après avoir interrompu la circulation veineuse entre la morsure et le cœur, on injecte dans la plaie et à sa périphérie 8 à 10 centimètres cubes d'une solution de chlorure d'or à i pour 100. Dans un second mémoire, Calmette recommande Thypochlorite de soude et surtout le chlorure de chaux. Phisalix et Bertrand font observer que le chlorure de chaux n'a qu'une action purement locale ; \\ détruit sur place le Tenin et s'oppose à son absorption en mortifiant les tissus.
L'un de nous a fait des recherches encore inédites sur Faction antitoxique du permanganate de potasse. Les deux glandes à venin d'une grosse vipère à cornes, conservées dans la glycérine depuis trois mois, sont triturées avant l'expérience dans 10 centimètres cubes dVau distillée. La première moitié de cette solution est injectée, en deux fois, à trente-cinq minutes d'intervalle, dans le tissu cellulaire sous-cutané du flanc d'un cobaye pesant 165 grammes.
Vingt minutes après l'inoculation de la dernière dose, Fanimal lait quelques bonds, a un commencement de paraplégie, présente une forte dyspnée. Quatre minutes plus tard, la respiration est rapide, irréjîulière; les convulsions augmentent surtout dans les membres antérieurs, la paraplégie devient complète ; étendu sur le côté l'animal ne peut se relever. Au bout de sept minutes, quelques petits mouvements convulsifs se produisent; la respiration se ralentit énormément, devient rare, difficile; le ventre est très ballonné, la sensibilité cornéenne est trèsdimi nuée. Il meurt quarante minutes après l'injection de la seconde partie du poison. Le cœur continue à battre régulièrement pendant plusieurs minutes. Ce venin n'est pas un poison cardiaque; il parait exercer surtout son action sur les centres bulbo-médullaires qui sont, du reste, con^^cslionnés.
Un cobaye, do la même portée (|ue le précédent, ne pesant que 150 grammes, reçoit sous la peau du flanc la même quantité dv venin: elle est additionnée de 20 centigrammes de permanganate de potasse. Au moment où le premier cobaye mourait, le second ne présentait cprun peu de torpeur, qu'un \c\iQv assoupissement, sans paraplégie. Il n'a succcmibé qu'au bout de vingt-quatre heures, avec des troubles paréliques et des frissons.
On peut donc conclure que cette addition de permanganate de potasse a notablement atténué les effets et diminué la virulence de ce venin de vipère cornue. Cependant le permanganate ne parvient |)as à empêcher renvenimntion; mais il a l'avantage d'en ralentir l'action et, par conséquent, d'augmenter les chances de succès de la sérothérapie antivenimeuse (*).
*] pHiSAi.ix, S<wiëlé de butlnqir. "20 février 1S9G.
I*) C.Ai.METTK, Kliuli' ('X|)ôrirn(*nlal(* «lu venin de naja tripu<lians, el exposé ci'unu métluMr \t neulralisalion de ce venin dans l'organisme. Ann. dr l'Inst. Pasteur, mars IHDÎ.
LES AGELNTS THÉRAPEUTIQUES. 841
Non seulement le scruni des animaux immunisés est capable d'a<;ir sur les venins /n vitro, mais il est encore préventif et thérapeutique et peut agir indifféremment sur tous les venins de serpents et même sur le venin des scorpions.
Fraser, qui a confirmé les expériences de Calmette, a isolé, par dessiccation du sérum des animaux immunisés, une substance solide, pulvérulente, un antivenin qui jouit des mêmes propriétés curatives. Il existe dans le sérum des serpents qui renferme des substances antitoxiques immunisantes. Calmette (*) a remarqué que le pouvoir toxique du sang de Tophidien ne varie guère suivant le serpent qui la fourni, tandis que les venins présentent, au contraire, entre eux de grandes différences de toxicité.
Pour obtenir un sérum antivenimeux en quantité suffisante, on immunise un cheval avec des doses progressivement croissantes de venin mélangé à une quantité graduellement décroissante d'liyi)ochlorite de chaux à 1/60*. Ces injections sont renouvelées tous les quatre à cinq jours pendant six mois et on emploie successivement les venins appartenant à plusieurs espèces de serpents. Le sérum du cheval immunisé doit avoir une activité d'au moins 1/iOOOO*'. Il est éprouvé de la même manière que les sérums antidiphtérique et antitétanique. L'injection de ce sérum faite par Lépinay à un Annamite mordu par un naja a donné d'excellents résultats.
Après avoir lavé la plaie, au-dessus de laquelle on a placé un lien constricteur, avec une solution récente d'hj-pochlorite de chaux (dilué à i gramme pour 00 grammes d'eau bouillie) ou de permanganate de potasse, il faut injecter le plus tùt possible dans le tissu cellulaire souscutané, au niveau du flanc, de 10 «n !Î0 centimètres cubes de sérum antivenimeux suivant l'intensité du venin et la date de la morsure. Peut-être dans les cas graves serait-il utile de faire des injections intra-musculaires. Puis, Calmette recommande d'injecter autour de la morsure et dans son trajet 8 à 10 centimètres cid)es de la solution d'hypochlorite de chau!!^. Une solution concentrée de permanganate de potasse pourrait aussi détruire sur place le venin qui n'aurait pas encore été absorbé. Enfi^n, dans son instruction pour l'emploi du sérum antivenimeux, Calmette conseille de n'administrer au malade ni alcool, ni ammoniaque, et de ne jamais cautériser le membre mordu soit au fer rouge, soit avec des substances chimiques. D'après Gautier, les venins des serpents ressemblent aux toxines microbiennes « par le côté important de l'accoutumance et de la vaccinabilité, par la complexité de leur constitution, leur résistance aux agents chimiques divers ».
Sérums divers (*). — L'incertitude de leur action thérapeutique nous permet d'être bref. Des tentatives de sérothérapie ont été faites contre la
(*) (Ialmettk, .4/1)1. de l'Inxt. Pasteur, cl Sociétà dt' biologie^ 13 janvier 1894. I*) Ijimm»uzt. Les sérothérapies. Pans, 1808, p. 275. — Hocx, Sur k's sérums antiloxiqiies, Afin, de Vlust. Pasteur, 1804, p. 722. — Rogeh, Les maladies infectieuses. Paris, 1002.
iOILBEFT et BOINET}
81^ THÉRAPEITIQIE GÉNÉRALE.
septicémie du slaphylrjcoccug pyosepticus (Richet el Héricourti. le hf/jcholéra i M<4ehnikoff, Sclander», le rouget de» porcs ( Metchnîkoff. Einmerieh el Mastbaumi, la septicémie aviaire < MetchnîkofT. Pfeiffer, Behiins el Ni-ssem. le charbon symplomatique ( Duenschmann K la pyocynnobaciilose, la protéobacillose ide NittisK la maladie des chiens iRo*^t et Cadiol», la ciavelée iDuclert, Pourquier». Nous nous contenterons de mentionner les essais de sérothérapie contre la lèpre (Carras<]uiIlaL le rhumatisme polyarliculaire aigu (Weissi, le choléra infantile iReinacliK la coqueluche iKcldiliidês), la «car/a/iiie iKelaïtidès, Ro^er, Mosen, la rougeole i Weisliecker), la variole (Béclère, Chambon et Saint-Wes Menard^, lastaphylococcie (Viquerat, Kose, Capman) (Vu \e typhus récurrent (Gabritchewsky), \e typhus exanthématique {Legr^in, Raynaud». Dans la plupart des cas, c'est le sanj; des convalescents qui a fourni le sérum utilisé contre la même maladie. Il contient, en effet, des substances immunisantes douées, parfois, de propriétés curatives suffisantes. Les principes de la sérothérapie ont été appliqués à V infection colibacHlaire (Césaris Demel et Orlandi, Salvati el Gaetano). Albarran el Mosnyont obtenu quelques bons résultats dans l'infection urinaire due au colibacille au moyen d'injections de sérum provenant d'animaux vaccinés par des inoculations alternantes de lillrals et de cultures virulentes. Mal;;Té les recherches de Strauss, Finger, Babès, la vaccination antimorreu$e n'est pas encore utilisable. La même remarque s'applique à la sérothérapie antirabique étudiée par Babès, Tizzoni et au sérum destiné à guérir la pneumococcie (Mosny, Foa el Carbone, Emmerich el Fawisky, Arkharoff, BunzI-Federn, Panne). Des pneumoniques ont été améliorés par les injections de sérum provenant d'animaux immunisés (Klemperer, Foa, Janson, de Renzi). Audéoud prétend avoir abrégé la durée de la pneumonie en injectant du sérum de pneumonique convalescent. Rii:hi aurait guéri, en trois jours, un cas de méningite aiguë dans lequel le sang renfermait du pneumoc()f|ae, au moyen d'une injection de sérum fourni par un convalescent de méningite pneumococcique.
La sérothérapie anticharhonneuse, sur hupiellc Behring, llankin. Ogata, BoMV et Metchnikolf, Zacharolî, Kmmerich, Sclavo, Marchoux. Pane et Tra|)ani ont publié de très intéressants travaux, n'est pas encore applicable au Irailement de la pustule maligne chez l'honnue.
De nombreuses recherches ont été faites dans le but de trouver un sérum efUcace, curateur et préventif, contre la fièvre typhoïde.
Les expériences de Brieger, Fra?nkel, Sanarclli, Chanteniesse et WidaK Kitasato, Billcr, Bruschettini, Beunier v{ Peiper, Flinck, PfeitTer et K«»lle, montrent la possibilité de vacciner les animaux contre la fièvre tvphoide et d'obtenir un sérum possédant des propriétés préventives et curatrices. Klem[)erer et Lévy ont traité avec succès cinq dolhiénentériques au moven
(*) Nkisskr cl Weciisderg, Icbor dos Slaplivlolox'ii. Zstchr. f. Ilijg., Infections Hrnnkh., Leipzig. 11K)I. \XXVI, '2în>-541).
du sérum de chiens qui avaient reçu, dans le péritoine, des cultures virulentes non modifiées. En 1896, Chantemesse s'est servi uniquement de sérum de cheval immunisé pour traiter trois typhiques; la température a haissé progressivement tous les jours et, chez l'un deux, la première injection a été suivie de la disparition du délire. Lœfder et Abel ont iuHnunisé des chèvres contre le bacille typhiquc et le colibacille; Demel et Orlandi vantent, dans les cas d'infection éberthienne, l'emploi du sérum d'animaux vaccinés contre le bacterium termo.
En 1892, Stern, Chantemesse et-Widal avaient déjà constaté que le sérum d'anciens typhiques possédait un certain pouvoir curateur. Walger a traité avec succès 4 cas de fièvre typhoïde en employant le sérum sanguin de typhique convalescent. L'un de nous avait utilisé cette ménuî méthode en 1895, sans résultat bien appréciable. Pour obtenir une action réellement thérapeutique, il conviendrait d'injecter des doses bien plus considérables de sérum de convalescent. Un nouveau sérum antityphique vient d'être préconisé par M. Chantemesse (*). 11 agirait à la façon d'un excitant phagocytaire; il serait préventif, anti-infectieux et antitoxique, il a fait tomber la mortalité à fi pour 100. Les essais sérothéi*apiques de Sanarelli contre la fièvre jaune, de Gabritchewsky contre la fièvre récurrente sont assez encoiu'ageants.
La vaccination anlicholêrique a été pratiquée, en 1885, par Ferran, puis |)ar Haffkine (1892) qui, en 1895, a pu inoculer 42 179 |)ersonnes, sans aucun accident. Le pourcentage des atteintes cholériques est de 59 pour les non inoculés, de 1 pour les inoculés; le pourcentage des décès atteint 15,21 pom* les premiers et se réduit à 0,71 pour les seconds. Haffkine associe la sérothérapie à la vaccination pour éviter l'infection choléri(|ue pendant le temps nécessaire à l'iumumisation du sujet.
Parmi les tentiilives de sérothérapie anticholérique , nous indiquerons celles de Freymuth, qui a traité trois cholériques par des injections de sérum provenant de convalescents de cette maladie. Les résultats sont incertains. Les iuununisations expérimenlales obtenues par Pawlowsky et Buchstab, Rainsom, Rehring, Metchnikoff, Roux et Ïaurelli-Salimbeni n'ont |)as permis d'obtenir un sérum curateur du choléra humain.
L'immunité des animaux domestiques vis-à-vis de la syphilis devait donner l'idée d'utiliser leur sérum contre la syphilis. C'est le |)oint de départ des recherches thérapeutiques de Uichet et Iléricourt, de Tommasoli, Mazza, Kollemann, Augagneur. Le sérum syphilitique, à la période tertiaire, a été injecté sans succès par PellizîU'i à des malades porteurs d'un chancre ou de syphilides secondaires. Gilbert et Fournier ont ti*aitc leurs malades soit avec du sérum de syphiliti(|ues avancés, soit avec du sérum fourni par des animaux auxquels ils avaient tantôt injecté à doses fortes et réitérées du sang de syphilitiques, tantôt inséré sous la peau à
I *; Voir Chantemesse, Sérolhcrapie ilc la (ièvrc tvphoïdc. Société médicale des hôpitaux de Paris, 15 nov. IIK)1.
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diverses reprises des chancres syphilitiques. Les résultats qu*ils ontobt^ous sur 17 malades ont été variables mais cependant, dans Fenscmble, fatorables. Les mêmes réflexions peuvent s'appliquer aux recherches de Neumann, Richet et Héricourt, Barling, Triboulet, Blum et Mouchet, Bulé. La conchîsion à laquelle ces divers auteurs sont arrivés est la suivante : la sérothérapie agit dans les cas de syphilis tertiaire néoplasiqoe rebelle au traitement ordinaire, elle reste sans effet dans la syphilis secondaire et primaire. Le sérum d'àne est préférable à celui du chien, parce qu'il n'est que rarement suivi de réaction.
La thérapeutique spécifuiue de la tuberculose est assez complexe. Emmerich a employé Yhétérosérothérapie en injectant aux tuberculeui du sérum d'animaux immunisés contre la streptococcie. Koch, avec $a fameuse lymphe, dont l'un de nous fut un des premiers à signaler les dangers, avait recours à la toxinothérapie. Richet et Héricourt, en 1889, traitaient des lapins tuberculeux par des injections intra-péritonéales de sang de chien. Rertin et Picq, Bernheim, Lépine se servirent du sang de chèvre. L'injection d'extraits d'organes (rate), prélevés sur ces animaui. ne réussit pas mieux.
On essaya alors d'immuniser des animaux soit avec le bacille deli tuberculose humaine, soit avec le bacille de la tuberculose aviairo, soit avec la culture stérilisée ou les produits solubles des bacilles(*). Les recherches de l'un de nous (Congrès de médecine de Lyon, octobre 1894, et Société de biologie, 6 juillet 1895), de Behring, de Xiemann, de Babèset Proca, ont montré que le sérum des animaux, soumis à des doses croissantes de tuberculine, était capable d'enrayer la marche de la tuberculose ou tout au moins de la ralentir. Les mêmes faits ont été constatés par Bernheim avec des cultures filtrées du bacille de Koch, ainsi que par Maffuci et di Vesta avec des cultures chauffées «t 100 degrés. Ibhès et Proca ont employé alternativement des cultures de tuberculose aviairo et humaine pour immuniser leurs animaux. Roger inocula à des poulos des cultures de bacilles tuberculeux humains et des extraits d'or^^ane> de cobayes tuberculeux. Le 12 août 1895, c'est-à-dire dix mois après, l'un de nous, Maragliano, de Gènes, a communiqué au congrès de Bordeaux les résultats obtenus avec un sérum obtenu en injectant à des animaux : 1" des cidtures de bacille tuberculeux chauffées à 100 dejL'n's. stérilisées et filtrées, dont le principe actif consiste principalement en une substance analogue à la tuberculine de Koch, c'est-à-dire à l'extrait jîlvn'riné de ces cultures; 2° des cultures non chauffées, filtrées au Cliamberland et concentrées dans le vide. Les premières renferment des protéines, les secondes des toxalbumines. Les animaux sont immunisés avec un mélange de trois parties des premiers produits et une partie dos seconds. Un centimètre cube du sérum obtenu possède 1000 unités antitoxiques. Le professeur Landouzy {loc, cit., p. 555) fait ses réserves sur
(*) Voir E. WtiGEnx, les tubcrciilines. Thcsr de Lyon, 1001-100"2.
raction tlirrapciitique antituberculeuse du sérum italien; il estime qu'il s'agit plutôt d'une médication antidotique, antituherculineuse, surtout eflicace contre la toxinémie tuberculineuseet non contre Tinfection tuberculeuse elle-même. La spécificité antimicrobienne ne parait pas, dit-il, être TalTaire de ce sérum. En outre, (îilbert, de Genève, a obtenu la résorption en deux à trois semaines d'épanchements pleurétiques tuberculeux en pratiquant h 21 malades des injections sous-cuUmées de liquide pleural provenant de pleurésie a fvigore et renfermant une substance voisine de la tuberculine de Kocb.
Enfin, liroca et Charrin se sont servis du sérum de chien, rendu tuberculeux, pour traiter des tuberculoses chirurgicales, en particulier celles de la peau; ils ont obtenu ainsi la guérison de lupus et d'ulcérations tuberculeuses. Roger et llallopeau ont employé des cultures atténuées de streptocoques, ainsi qu'un mélange de cultures streptococciques et de cultures stérilisées de bacillus prodigiosus. Sur 7 malades, 1 a guéri, 2 ont été améliorés, 4 sont restés dans le même état. Ce sont surtout les lupus à tubercules végétants, fongueux, avec ulcérations étendues et profondes, qui ont été le plus favorablement influencés par ces toxines : elles agissent non sur le microbe, mais sur l'organisme, en augmentant sa puissance réactionnelle et la phagocytose. C'est, du reste, le mode d'action que l'on attribue aussi aux sérothérapies antisyphilitique et antituberculeuse, lorsqu'elles hâtent la cicatrisation des gonunes ulcérées, des formes tertiaires néoplasiformes. En somme, dit Landouzy, la séro- Ihémpie représente une des meilleures médications que nous sachions mettre au service de la natura medicatrix. Peut-être pourra-t-on utiliser Faction antimicrobienne du sérum des animaux traités avec l'arsenic et la créosote (*). Du reste, le sérum recueilli après l'administration assez prolongée de substances aidant à la guérison de la tuberculose favoriset-il l'agglutination du bacille tuberculeux |)ar le procédé Arloing-Courmont? Il est possible que les résultats thérapeutiques obtenus par l'un de nous, en 1894, avec le sérum d'animaux tuberculinés, tiennent en partie à ces modifications organiques. Ce sont des recherches que nous poursuivons actuellement.
C'est sans doute en stimulant les réactions organiques et la phagocytose «jue les injections de cultures de streptocoques vivantes ou stérilisées ont pu améliorer des tumeurs malignes et, en particulier, des sarcomes (Lassar, Spronch, Coley, Friedrich, Kocher, Répin). C'est par le même mécanisme que doit agir la sérothérapie anticancéreuse, préconisée par Richet(*) et Héricourt, abandonnée aujourd'hui et sur laquelle on trouvera des renseignements dans les publications de l'un de nous (Congrès de
(*) \ViEXER, Compte» rendun de la Soc. bioL Paris, 1900, UI, 1075-1075.
{*) D'après une slatislii|uc réccnlc du professeur Ch. Richct, les eflets du sérum anticancéreux sont excellents mais passagers, si bien qu'au bout de deux mois le mal reprend son cours, sans grandes modifications, opK's avoir m)tablement rétrogradé. (Voir la tliêîjc de Bkretta dans les travaux de laboratoire du professeur Kictiet, t. IV.)
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médecine de Bordeaux» aoiU 1895, et Traite de thérapeutique appliquée de Robin ; fascicule VU, page 152). Yon Dungern a proposé, dernièrement, de combattre les néoplasies épithéliales, notamment le cancer, au moTeo d'un sérum anti-épithélial, doué de propriétés celluHcides spécifique!?, qni immobilise et tue les cellules à cils vibratiles, par exemple.
Sérums inorganiques. — Leur analogie d action physiologique avec le sérum sanguin naturel fait rattacher abusivement leur étude à celle de la sérothérapie proprement dite. Les sérums artificiels les plus employés sont ceux de Hayem, Crocq, Leclerc, Cantani, Chéron, Luton. La solution contenant 7 grammes de chlorure de sodium pour 1000 grammes d'eau bouillie constitue un liquide physiologique non toxique et incapable de modifier sensiblement les éléments figurés du sang. L'organisme ne conserve, au maximum, que le dixième de son poids d'eau injectée (Daslreel Love). Ces solutions peuvent être injectées à petites doses, de 10 à 100 grammes, dans le tissu cellulaire sous-cutané (sérotliérapie mimma). Elles sont utiles aux enfants atteints de diarrhée grave, datrophie, d'épuisement par misère ou mauvaise alimentation, de gastro-entérite; aux malades affaiblis, épuisés, déprimés, asthéniques, neurastliéniques, cachectiques, surmenés, ayant de la tendance h la lipotliymie, aux convalescents. Elles excitent les activités cellulaires, les fonctions viscérales, en particulier la diurèse, apportent des modifications organiques, dynamiques et fonctionnelles. Elles jouent le rôle d'une étincelle dynamogênisante (Landouzy). Elles sont encore employées en lavements, en injections intestinales protondes ci même en injections ititrapéritonéales (foniki).
Les doses massives de sérum artificiel ont, en outre, la propriété de solubiliser les produits toxiques, de rendre la dépuration organique plus active; elles sont injectées soit sous la peau (hypodcrmoclyse, laNajie interne de l'organisme) (Cant<nii), soit dans les veines. On emploie alors de fortes doses {sérothérapie maxima). D'après Bosc et Vcdel, les elTols de ces injections massives appliquées au traitement d'un certain nomlm' de maladies infectieuses (fièvre typhoïde, typhus, grippe, fièvres éruptives, pneumonie, septicémies médicales, chirurgicales, obstétricales) produisent : 1° comme effets immédiats {période de réaction), un frisson, un accès de fièvre, une accélération du pouls, de la respiration, uni' élévation de la pression sanguine, puis de la chaleur et des sueurs suivits d'un stade de descente et dune phase posl-réactionnelle; 2° et comme effets éloi(piés (sur l'évolution de la maladie), une réaction intense et une stimulation heureuse des diverses fonctions et du système nerveux, de la diurèse avec augmentation des fonctions éliniinalrices, raugmenlation du chillVe de l'urée. En somme, ce traitement prolonge souvent la vie. en diluant les toxines et en augmentant l'énergie cardiaque et réliniination rénale.
Indications, — Les injections salines intra'Veineuses(^) ont été prati-
(*) IIaylm. Leçons sur les mtiUi lies du sang. Paris, 1000.
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quécs, en premier lieu, par Ilermann et Jahnichen, pendant l'épidémie de choléra de 18ô0-183'2. Plus tard, Laltxi, médecin écossais, injecta d'un seul coup dans les veines trois litres de sérum et renoiivela ces injections massives trois à quatre fois dans les vingt-quatre heures. La dose s'éleva à 10''*,650 en cinquante-trois heures. Magendie (it trois ossais infructueux. Hayem reprit cette méthode, lorsque le choléra apparut en France, vers juillet 188i: il introduisait dans les veines deux litres et répétait ces injections trois à quatre fois par vingt-quatre heures. Ces injections ont été utilisées dans Y anémie ad vacuum, dans l'anémie aiguë post-hémorragique, dans le hut de renq)lir les vaisseaux et de faire remonter la tension sanguine. Les expériences de Kroneker et Sander, JolyetetLafont, Hayem, DaslreetLoye, Hosc et Vedel,Carrion et IIallion(*) ont montré les effets physiologiques des injections intra-veineuses sur la circulation, la respiration, les sécrétions, la thermogencse, la résistance de l'organisme à ces lavages du sang et des tissus. Ils agissent non seulement par hydmtation, comme dans le collapsus cholérique, mais encore en facilitant Télimination des toxines dans les états septicémiques, dans les pyohémies, dans Yinfection purulente, dans Vurémie, Yéclampsie, les auto-intoxications, V empoisonnement acide du sang, le coma diabétique. Dans ces derniers cas, on associe au chlorure de sodium le hicarbonate de soude ou on n'emploie exclusivement que ce dernier sel.
Injections alcalines. — Klles peuvent être rapprochées des injections salines. Stadelmann combattait l'intoxication acide, à laquelle il rapportait le coma diabétique, par des injections intra-veineuses de sérum artificiel additionnées de bicarbonate de soude dans la proportion de 5 pour 100. Lépine injecte, en pareil cas, des quantités plus considérables de ce dernier sel (10 en moyenne et même 25, 54 grauunes) et en fait aussi ingérer de fortes doses. La guérison est exceptionnelle. L'un de nous a traité, sans succès, le coma diabétique par la saignée suivie d'une iiijection de sérum artificiel contenant une assez forte proportion de bicarbonate de soude. Knfm, Roque, Devic et Ilugounencq ont remanpiéque la toxicité du sérum sanguin, recueilli en plein coma diabéticpie, devenait six fois moins considérable si on lui rend son alcalinité normale par l'addition de bicarbonate de soude.
Chez les animaux, le lavage du sang au moyen de sérum artificiel n'empêche pas l'intoxication par le charbon, la morve, la maladie pyocyanique (Dastre et Loye); il n'est efficaci; dans les empoisonnements par la strychnine que s'il est prati(pié avant l'apparition de phénomènes nerveux; il retarde l'évolution de l'infection coli-bacillaire et en atténue les symptômes généraux (Bosc et Vedel); il n'a pas donné de résultats
(*) Halliox, Les stTums arlilicicls. Journ. de mtUt. de Paris, 1901, 2-5, XUI, 1*2(>-131. — Crinox, Revue de» médicaments nouveaux et de quelques médications nouvelles. Parié, Rucir, 1901, 8* éclil, iii-S, 4*28. — Viual, Dos sêruins cii tliérapculique. Les séniius urganùjues. Progrès méd. Paris, 1901, ." s., XIII, 241-2 i5. — Coldilit, Quelques rénoxions sur les scrumi en tliérap. Progrès méd., 5UÔ-307.
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heureux dans un cas de collapsus typhoïdique et d'infection pueq)érale (Ilayem).
Cette sérothérapie artificielle a remplacé actuellement la tran$fu$m du smig, qui fut pratiquée, en 1667, par Emmercz, dans le but de combattre la viciation des humeurs et de remplacer un sang vicié par un sang normal. On employa 270 grammes de sang d'agneau. L'un denou» a vu, à Bordeaux, un pellagreux mourir immédiatement après l'injection intra-veineuse de 150 grammes de sang du même animal, faite au moyen d'un appareil muni d'un treillis en (il d'or empêchant le passage des caillots dans le torrent circulatoire. On pourrait augmenter les effets thérapeutiques du sérum artificiel en l'additionnant de globules rou|,'es purs, en suspension. Les expériences d'Hédon (Arch. de mêd. expér,, mai 1902) montrent, en effet, que les globules ainsi transfusés paraissent survivre un lenips assez long dans le corps de l'animal transfusé et ne se détruire que graduellement.
Les injections massives (\) agissent non seulement sur les infections, les toxi-infections, les empoisonnements aigus volontaires, accidentels ou criminels, les intoxications, mais elles sont utiles lorsque la résistance organique est amoindrie (anémie, diarrhée), ou lorsque la tension vasculaire est diminuée. Elles sont indiquées dans les septicémies traumatiques, opératoires, puerpérales, médicales, et dans une série d'autres états infectieux tels que pyélonéphrite infectieuse, pneumonie infectieuse ou adynamique, infection streptococcique. Dans l'urémie, Huchard recommande les trois lavages (lavages de l'estomac, lavages de l'intestin, injections sous-cutanées d'eau salée). Elles ont rendu des ser>ices dansTempoisonnement par l'oxyde de carbone, dans les brûlures étendues. Ces injections hypermassives sont favorables aux infectés ; mais elles ont surtout des effets remarquables dans Tliypotension vasculaire, dans Ks hémorragies, car ce sérum remplace le liquide qui manque et a \\w action hémostatique dans le collapsus hémorragique résultant de ladipletion vasculaire rapide ou subite qui est consécutive aux blessures, aux opérations, aux accouchements, aux affections médicales hémorragiques, dans la dépression et le collapsus nerveux provoqué par un shock Iraunialique opératoire, anesthésique, ou par une commotion cérébrale. Petit (Soc. biol., 1901) vante l'utilité du sérum de cheval déjiosé dans le péritoine an cours des opérations abdominales.
Les lavages du sang ou hêmatocat/iarsie {?, Delbet) se recommandent par leur action sur l'élévation de la tension vasculaire, sur la coagulation du sang, sur les infections et les intoxications; ils favorisent la diurèse, la diaphorèse, les sécrétions, sans produire une désintoxication véritable dans l'organisme, ils soutiennent les forces, alimentent le malade qui peut ainsi mieux résister.
Le mode d'action de ces injections massives est discuté. On admet
{' lÏAi.LK»', I.cs sérums artifieiels. Arch. de tkérap. Paris, 1001, lY. 55-W. — Colus, Injeclions massives et aseptiques du sérum pliysiolog. Arch. de Uiérap., 21-53.
LES AGENTS THÉHAPEUTIQUES. 849
<lir(?ll<*s excitent l'cndocjirde et les ganglions cardiaques et augmentent ainsi la tonicité du cœur, qu'elles favorisent les phénomènes osmotiques dans les tissus, qu'elles les liydratenl, qu'<»IIes conservent les hématies, qu'elles excitent les centres lliermogènes et l'épithélium rénal. Il en résulte une élimination plus active des toxines diluées (|ui, connue hî dit Fadage : Non exeunt nisi soluta. Une saignée préalable est parfois indiqiiée dans l«»s états infectieux ; elle enlève avec le sang une certaine (|uanlité de matières toxiques et l'injection consécutive d'eau salée solubilise les produits et rend la dépuration org-anique plus active. Cette méthode a été dénommée saignée-transfusion Ç).
La saignée agit favorablement sur les phénomènes graves d'origine jnécanique et toxique. Les injections salines hypodermiques sont indiquées dans les intoxications et les infections, dans les hémorragies il'ordre médical, dans le collapsus algide, l'adynamie des lièvres graves. La transfusion saline est encore utile dans les toxémies et les infections. L'état du cœur et des reins est un des principaux éléments du pronostic. On admet que ces injections diminuent la durée de l'infection. Les faits (jue nous avons observés ne confirment pas cette idée. Cependant la marche générale de l'infection est favorablement influencée.
Sérum de Truneseck (*). — C'est une solution, à l'étal concentré, des *iels alcalins contenus normalement dans le sérum sanguin. Elh» contient ])our 100 centimètres cubes : K*So' — 0, iO : x\a*So* — 0,44 iNa'^Cl — 4,92 ; NaMIPhO* — 0,15; Na*CO' — 0,21. Elle renferme donc dix fois plus de sels alcalins que le sérum normal. Ce liquide est transparent, salé, alcalin; sa teneur en sels est de 6,12 pour 100 et son poids spécifique atteint 1,04. D'après Truneseck, ce sérum élève le taux des sels alcahns dans le sang, augmente l'alcalinité de ce liquide, solubilise le phosphate de chaux qui incruste les parois artérielles, active les combustions organiques, ramène les échanges inlercellulaires à un taux voisin de la iM)rmale et, en conséquence, régularise les fonctions des divers appareils, spécialement celles du cœur et des vaisseaux. Cette méthode, ajoute-t-ii, n'est surtout indiquée que chez les artério-scléreux dont le sang a une faible teneur en sels alcalins, ce dont témoigne habituellement l'hyperacidité de l'urine. Le degré de l'acidité de l'urine sera le grand signe sur le(|uel on se basera pour instituer, reprendre ou suspendre la médication. Ce sérum ne guérit ni la sclérose, ni l'alhérome des artères, il agit spécialement sur la dyspnée, l'asthme cardiaque, sur les paroxysmes dyspnéiqucs ; il est souvent efficace dans le traitement des méiopragies des artérioscléreux et calme certaines douleurs cardiaques. C'est un médicament ionique, dit avec raison P. Merklen ("), surtout applicable à l'asthénie et
('1 ViLLARi), r.ongrès iiiU>rnatioiiaI clo mêileciao. Paris, 1900 (Section de Patlulogic interne). — Uetnaid, Arch. prov. de m éd., IIMK).
•*) Trineskjik, Semaine médicale, *ii avril lOOl.
i'} PiepRE Mkiiki.en, lies indications du sérum de Truneseck cliez Us oiléno-srléreux. Soe. énr'd. des hôp., Paris, 5 juin 100*2, p. ôK).
PATHOLOGIE GÉNÉRALE. — VI. 5i
GILBERT et BOINET ]
à rhypcrcxcitabililé qui, chez les arlério-scléreux, dépendent de rinsuflisiinle irrigation cl des altérations nutritives du système nerveux. Ses principales applications thérapeutiques sont : rartério-sciérose ^^[énérale ou locale, la sclérose cardiaque (asthme cardiaque), rartcrio-sclérose cérébrale avec syuq)tomes de méiopragie (vertiges, trouhh^s visuels, bourdonnements d'oreilles, mal vertigineux (Léop. Lévi)(*), Folile scléreuse. La dose de sérum à injecter sous la peau varie de 1 à 7} centimètres cubes; il est prC*férable, suivant Truneseck, de multiplier le nombre des injections que d'augmenter leur volume.
Skrum GKiATiNK. — Lauccrcaux (*) a conuuunicpié, en 1897, à lAcadémie de médecine, 4 cas de guérison d'anévj^ysmrs traités par des injections sous-cutanées de 100 grammes d'une solution contenant 20 grammes de gélatine par litre de sérum artificiel. Une série de faits cliniques et expérimentiux publiés par Tun de nous C) établit que ces solutions de gélatine sont résorbées, mais avec une certaine lenteur, et qu'elles paraissent augmenter dans une certaine mesure la coagulabilité du âang. Nous ajoutions encore : « Bien (pic ces injections n'aient pas cncon* déterminé ces caillots actifs, tibrineux, durs, fortement adhérents enln* eux et à la paroi, qui caractérisent la guérison définitive des anévrysmes, la méthode de Laiicereaux a donné des améliorations notables et parfois inespérées. Comme ces injections sous-cuUinées de gélatine n'agissent pas sur la paroi anévrysmale, il est toujours utile de compléter leui's effets thérapeutiques en soumettant simultanément ces malades à la médication iodurée. » Se basant sur une statistique de 48 cas, Sorgo conclut que, dans les anévrysmes sacciformes de Taorte, les injections sous-cutanées de gékitine amènent le plus souvent (13 fois sur 18; la coagulation du san*; contenu dans le sac; elles échouent à peu près constamment dans les anévrysmes diffus.
Les travaux de (larnol on! introchiit el consiicré l'emploi de ce sérnni gélatine dans le traitement de diverses hémorragies, (les injections sonscutanées de sérum arrêtent assez souvent les fiêmoptysics, les hétnaUîïirses, les furlrorragles: elles sont utiles dans la^ pleures tes hémorragiques, le purpura hémorragique, Ce sérum rend encore d«» gra ml s services en applications locales (lavements, dans les hémorragies reetales:
'; I, oi*. J.iiM. TrniU'iiHîiil tl<* railcrio-soItTost' rj-réliralc par k* s«'niin iiuii*«raiii<|ii('. (iazrtif hfhtioni. (ir mrd. el flr rliir., 0 'mI. liK)l. p. Î),V2. — Ix' sriiim Av Tniii«'s<*tk. Intruse mni.. i:. janvi.M- lîH^i, I». .V2. Ci, r>71).
* I,.\x< KiiKAi X <'l pAUi.tx.o. TrailtMiUMil (1rs aiu'vrysnu's par 1rs injcr ioii<> Mui>-iutaih"M> (!• plaliiir. linll. (h- IWcad. de iiitui .,^i^l\W\\\ 181)7, 11 oôl.. S, 20 iiov. ISDS. rt Jounini de mrd. intrnir, 1 "^ oïl. ISÎIH. — Voir lliT.iivni), liiill. de l'Arad. de med.. 2.'» «mI. ri 1,*» uo\. |8!»J<.
'\ lloiNKT. Tniilrmriit par l.i inrlhod»' dr I.aii(«'ri'an\ «Inii ancxrysinr «Ir laortr a<4iii- «laiilr, rie. Itenir de mrd.. 1«*.)S. p. 'lOO-M.'). — Voir aussi r,evue de mrd., U) frv.. 10 mai IMÎJ', 10 IVv., 10 juin ISOS. — Journal des pnilirims. jSOî». — A propos liu Iraitrm.MiUlraut*>rNSiiU's (le lactrlr. par Ir» iMJt'clitms sons-*Mitaiirj'S «Ir srriiiii p'Ialim''. ,1/r/i. pi-nr. dr titnl. j'.ni>, 18ÎM». p. 2r»."-*jrM; vo\. aussi p. ôiO-r^it, 41 '2-420. 71i-7r»(>, mriiio aiiiUM*. — CimmjIt.itTiiii lli» laprulijpir sur K; <liajfn(t>lir cl Iraitrmcul «Irs auovrysmrs île l'atuio. Journal dc^ jn nliriru'i. Pari>. lSl)i>.
LES AGENTS THEKAPEUTIQUES. 851
(ainponneinent nasal, dans les épistaxis; laniponncnicnl vaj^inal, dans les hé ni or ratifies, duos à dos fibromes ol à des cancers utérins, ou à la (frossesse) ; enlin, cctlo action hémostatique locale est utilisée avantaj^euseinent dans les héniorraj^ios consécutives aux plaies sous-cutanées, aux ruptures <le varices, aux opérations chirurgicales.
Séiujm i»k lait. — Lerehoullel a fait, en 1899, une connnunication à TAcadéinie de médecine sur la sérothérapie reconstituante par le sérum (le lait (pii aj^nrait surtout par les sels qu'il contient. Il est utile dans Fétat de débilité et de dénutrition jçénérale, dans les cas cranémie, de chlorose, dans la neurasthénie, surtout s'il existe une «grande dépression et un fort amaigrissenu»nt. Additionné de liqueur de Fowler, ce sémui a donné à MM. Gimhert et Lerehoullet des amélioi*ations bien nettes et jH'olon^ées dans les anémies graves et surtout dans les dyscrasies prétuberculeuses. D'après ces auteurs, toutes les maladies caractérisées par une débilité organique profonde sont justiciables de ce sérum qui relève les forces défaillantes et aidt^ ainsi h la défense de Torganisme c<)ntre les agents infectieux. De plus, en ajoutant à ce sérum des médicaments vasomoteurs (strychnine, ergotine et quinine), on a obtenu de bons résultats dans le pemphigus grave, la maladie de Duhring. (le sérum de lait serait aiissi un succédané du cacodylate de soude dans les phtisies pulmonaires dont les lésions ne sont pas encore irrémédiables. Enfin, il conslitue, comme Thuile stérilisée, un excellent véhicule pour les médicaments les plus actifs.
Malgré tous ces éloges, Tusage de ce sérum \w s'est pas répandu dans la pratique habituelle.
VACCLNAno>s rRKVE.NTiVKS. — Lcs iiioculatious de certains sérums thérapeutiques tels (pie ceux de la diphtérie, du tétanos, de la peste, ne confèrent qu'une inununité passagère -Il ne s'agit pas là d'mie innminilé active qui entraîne» des réactions organiques aboutissant à la production de substances protectrices. La sérothérapie se benne à introduire dans l'organisme du sérum bactéricide qui gène l'agent pathogène et du sérum antitoxicpie tpii augmente la résistance des cellules aux toxines, dette injection de sérum fourni par des animaux vaccinés est une excellente mesure proi)hylaclique qui évite, dans une certaine mesure, le développement ultérieur de la diphtérie, du tétanos, de la peste, de ({uelques septicémies, de la fièvre puerpérale.
Chantemesse etWidah'l, en 1(S88, ont conféré avec des substances solubles l'innnunité contre le virus de la lièvre typhoïde. Cette innnu-
•) CiiASTKMEs>K <*l \Vii>\i., Iiiiinulutr coiilnî lo virus de; la (iôvre (yplioîdc confrn'r par los 5iibslaiU'('s îkiliihlr». Ami. de i'Iiisf. Pnstciir, 1888, p. 51; Elude cxpt'Tiinciitalc sur IVxaitalion, l'iinninuisation cl l.i llu''rap<*uliqu«' d;* linfcTtion typhiquo. Ann. de l'Inst. I*fntfeur, ISOti, p. T.V). — Deh-^cii, ('.i>ntril)uti<»ii à l'rludc dr Poriginc des anticorps typliiquos. A»n. dr rinsf. Pofdriir, 189!), p. (W.K — Beskkdka, Élude de i'iraniunitc de rinlection lypliiquc ex|K*riinetitale. Ann. dr l'inal. Va$(eut\ 1001, p. tîOO.
[GILBERT et BOINET}
85*2 THÉRAPEUTIQUE «.É.NÉKALE.
nisation contre la fièvre typhoïde a fait Tobjet de recherches récentos. Déjà Pfeiffer et Kolb avaient inoculé dos cultures éherthiennes sur agnr et cliauflëes à 50 degrés, à deux sujets (|ui, au hout de six jours, avaient dans leur sang une substance bactéricide spécitique analogue à celle que contient le séruui des lyphiques convalescents. Le sang de 18 personnes à qui Wright et Semple avaient injecté des cultures de vingt-quatre heures présentait une réaction d'agglutination susceptible de prt»sener Thoinnie de la contamination typhique. AVissokovitch a imuiunis4'> 255 soldats; aucun d'eux n'a eu la lièvre typhoïde, tandis <|ue ." ca^ ont été observés chez les non inoculés. Wright et Leishrnann ont décrit récemment les divers procédés employés pour la préparation du vaccin antitiphoïdicpie. Les Anglais, pendant la guerre du Transvaal, ont essayé de donner à leurs troupes cette imnmnisation antityphique. Les résultats obtenus ont été très médiocres. D'après W'right, les inoculations antityphiques pratiquées en Cliypre et en Kgj'pte ont fait lwi<ser la mortalité et la morbidité par (ièvre typhoïde dans des preportions notables.
On peut encore citer, comme exemple de ces vaccinations préventives, la vavioliHalion, employée, en Chine, dès la plus haute antiqnité. importée en Turquie en 1675, et propagée en Angleterre, en 1721. par i^dy Montagne. Cette variole inoculée a été abandonnée à cau<4* de ses dangers de propagation et de la «rréalion possible de foyei-s épidémiques.
On inocule aussi un virus inoffensif, comme le vaccin (*) ordinairr de Jenner, pour préserver d'une affection grave, la variole.
Enlin, les vaccinations pastoriennes C) que l'on obtient en in<H*nlant des virus atténués, c'est-à-dire modifiés accidentellement ou evpérimenlaloinent, ont donné d'excellents résultats, surtout en inédetinr \ÔU^ rinaire. Ainsi, avec celle vaccination conlre le charbon, la niortaiitr o>l tombée, pour les moutons, de 1(1 à 0,!)i pour KM) et, pour les bovidés, dr oàd.ôipour 100. l'ne immunité analo^mi^ a élé obtenu*» pour la cbveiée. Il est possible (|ue ce principe des vaccinations pasloriennes soil appli(]ué avec succès à la pathologie humaine en employant un ou [>liisieurs des procédés suivants d'atténualion : « conditions dysgénéliqiirs des cultures, diminution de leur viUdilé par les agents phvsiipics ou chimiques, vieillissement, cliaullage, exposilion des cullures au soleil, addition de substances anliseptic|ues, d'oxygène comprimé, inoculalifUiN en série sur certaines espèces animales ».
Varrination antirahique ("). — Elle consiste à produire \m étal
• Bi;<:lkuk, Cjiamrox cl ST-Yv^.^. Éludrs sur rimmuuilé vaccinale. Aiin. dr /'Inst. t^n^lrn. 18HS, p. Sr>7; 189Î), p. 81. — Cai.mettk cl (îdérin, Roclicrehes sur la vaciine cxjM'rinnnfal' Aiinah'.t dr iliisi. Pasteur, 1001, p. 101.
(-) Yov. dans les Aim. de l'insf. Pasteur MtTciiMKOVK. 1807. p. 801 ; 18ÎW, p. 81 : \\k>\,'mx. 180.'), p.' ;0'2.
{^\ (Jamm.kia. Sur les vacciii.iliniis prëvenlives el la rajre. Ann. de i'Ins/. Pasteur. \^^'.
LES AGENTS THÉR.VPEUTIUIES. 855
rélractaire (|ui se développe plus rapidement que la maladie. I/immunité appai-ail assez toi pour empêcher la propagation du virus actif et pour mettre Torganisme eu état de le détruire. H n'existe pas daualogie apparente entre la méthode d'inoculation contre la rage après morsure et les autres modes d'inoculation. L'injection intra-veineuse de virus rabique(*) faite par M. Galtier aux ruminants leur procure l'innnunité contre la rage sans maladie. Elle peut produire ses eflets chez le hœuf en vingttpiatre heures. Dans la méthode de Pasteur contre la rage, le vaccin est introduit en même temps que le virus. Il ne s'agit pas ici d'un virus atténué, mais bien d'un virus renforcé. Pasteur avait reconnu empiri- «piement <|ue, plus on insère de virus, moins on risque de tuer et plus on a chance de conférer l'inununité. Aussi multipliait-il les inoculations et se servait-il d'un virus de lapin, virus à courte incubation, à évolution brève, permettant d'obtenir l'iuHUunité après morsure avant (pie le virus i-abiipie naturel conuuence déjà à évoluer. En 1888, Pasteur croyait que les moelles desséchées de ses lapins renfermaient un virus non atténué, mais raréfié et d'autant moins abondant (\\w ces moelles sont plus anciennes, et il pensait (pu*, si la dessiccation détruit le virus, elle respecte la matière vaccinante. Puisque^ désormais la matière virulente ne sert plus à rien, Houchard se demande avec raison pourquoi on ne se limite pas à la moelle du (piatorzième jour qui, après avoir cessé d'être virulente, est toujours vaccinante. 0"oi qu'il en soit, la vaccination pastorienne conire In rage a fait tomber la mortalité de 10 à 0,28 pour i()0(*). Ce chiffre était même de 0,25, 0,22 pour 100 en 1891 et 1892. A l'Institut Pasteur de Turin, il est descendu eu 1896, à 0,25 pour 100. « En résumé, dit Bouchard, je ne me ferais pas vacciner en vue d'une morsure possible ; mais je n'hésiterais pas à me faire inoculer après morsure. »
L'étude (le la sérothérapie doit être complétée par (pu^hpies c(msidérations sm* la thérapeutique hopalhique, sur Vimmunlti\ sur Y immunisation y )>{\\' \i'?^ rapports entre les antitoxines du sang et les toxines infeetieuses correspondantes, (Mifin sur le mécanisme de la guérison isopathitjue,
TiiKHAPEiTigiJE isoPATiiHiUE. — Sou principe se trouve dans cette phrase d'ilippocrate : Ce qui fait la maladie la guérit aussi. 11 était appli- (pié par Mithridate qui s'accoutumait progressivement aux poisons et (pii enq)loyait, suivant Aristote, le sang des canards aux(piels il faisait ingérer des toxi(pies. Cette uu^lication isopathique a pour base wqualia lequalibus. C'est par ce nuVanisme (pie survient l'inununité, parfois héréditaire, contre les venins.
(*) Krasmitski. lmmuiii.>fllioii nii(iral)i4{iir au iiioynn «Irs injections iiilra-vas^ulairos dn virus rabiquc. Atin. de l'inst. }*aslrur, 2.') juin lîK)2.
(*j Voir VaiTination> anlirahiques, à l'Inslilul Pasleur en 1900 Viai.*. Ànnalts de l'iiixtilut Pasteur, 1901, p. ik'».
[0/i^rjir 0C Boijrrr.]
85^ TIIÉHAPEUTIQLE GÉNÉRALE.
Dans son pooine De bcllo civili, Lucain (an GO après J.-C. ) fait mention d'une peuplade africaine, les Psylles, qui jouissent, vis-à-vis du venin des serpents, d'une imnninité héréditaire, transmissible aux enfants issus de parents de cette tribu. Si l'un des ascendants appartient à une autn* peuplade, l'enfant suecond)e à l'épreuve consistant en une inoculation de venin d'aspic. La salive de ces Psylles immunisés était utilis«'»e |>our guérir les piqûres de serpents. Du reste, Wehrmann (Annales derinsHtut Pasteur, 1808) a montré que la ptyaline contenue dans la salive normale exerce sur le venin ime action antitoxique très remar(|uable. Behring a remanpié, aussi, que la salive des chevaux, fournissant un sérum antitoxique, possède des propriétés antitoxi(|ues manifestes.
Ces faits ont probablement joué un certain rôle dans le développeraent de la thérapeutique isopathique et tendent à expliquer cette phrase célèbre d'Ilippocrate : « Ce qui fait la maladie la guérit aussi ».
Pline raconte que les Psylles et d'autres peuplades africaines traitaient les piqûres très vénéneuses des scorpions par la thérapeutique isopathique. Il dit notamment : llomini iclo putatur esse remedio ipsorum scorpionum cinis potus in vino.
Actuellement, les Ik)chimans, mordus par les serpents, introduisent dans la plaie une poudre préparée avec du venin desséché ou ingèrent une goutte de poison frais.
Immunisation et uimuxité.^ — Les principes actifs des poisons végvtaux, dit Behring, peuvent donner lieu à une certaine immunisation. C'est ainsi cpie Tabrine, composée d'albumose et de globuline, étudiée chimiquement par Sidney Martin (1887), isolée des graines d'Abrus precatorius (Jecpiirity) par Warden et Waddell (1884), offre des propriétés analogues à celles des toxines microbiennes, L'abrine exerce sur le sanjj non défibriné une action anticoagulante et agglutine les hématies dans le sang délibriné (llellion). En ]8îM,Ehrlich innnunise des animaux contre l'abrine et obtient un sérum antiloxique (antiabrine). D'autres substanees toxiques ont été isolées des plantes : la rieine (du Bicinus communis), la robine (du Bobinia pseudoaeaeia), la phalline (de l'Agaricus pballoidost, la erotine (dn Croton tigliinn).
L'état de la cpiestion de Vifnniuniféd été bien exposé parMetebnikolTi'i vi par Behring (lac, cit.). La durée de rinmumité acquise est variable. D'après Behring, Tininumité conférée artilieiellement aux animaux pré-
(•) Mkiciimkofk. .1;»//. flr rinsl. Pasteur, 180i. p. 700; 1881), p. "289; |«)00, p. ilO:). n.vNYs/., Iffifl., I8'J0, p. 581. — Mktciimkofk, l/iiuiiiui)it(; dans les maladies inli': licUM'>. l'an>. tici'ue (jènâr. des srinicrs purrs rf (ipptirpirrs, 1900. Xf, p. 1210. — IU.iiuim;, /.« sénUlfrnpir en thrrapfutitfuc, l!HM. — Yoy. aussi IlucirNKn, l!('b(M* Iininuiiitàl. Wirner uirtl. lilnfter, I90;). WIU, .V)l. — EiiHinii, Toxine et aulitoxinc. Thcrnpir drr Orgrtnrarl. n.'ilin. lUOI. II. 1'.. Ul. 19.". 200, .1 A7//" Congrès intrrn. île mM. Paris, 191M). p. 28. - WvssKUMW.N, Zritsrltrifl ftir Hijg. und Inffctlonshranhh. Leip/i;:, 1901. XXVVII, p. 17r». — Mkhte\>. I{eili%(' ziir Iminuiiilîit. Drulsclw mcd. Wchnsch. Leipzip-Ucrlin, 1901. XXYU, 7*81.
— \iu.(n.'«;, Apcivii sur les llu-orios arliit'Ilos dn rimmuiiiti'. Lijon mcd., 1901. XdVl. )». 501-
— I»Hi:vKii, Sur riirnnuiiisalion à l'aide des t<»xiiies. domptes rendus du A///' Congrès iiiternntionnl (scil. <Uî hacliT.). Paris, 1ÎK)0, p. 45.
LES AGENTS TUÉKAPEUTIQUES. 8:>ir
sonlo deux types : 1" un type histogène, «liins lequel j*iinniunité est due à une uiodifioalion des parties orj^janisées de rorf^anisnic; T un type hêmatogène (ui plutôt liumortgène dans lequel la clause de rinununité tienl à la présence de substances anti toxiques dans les humeurs de Tor- ^nisino. I/inununité humorigène ne se transforme jamais en imnumiié histoj^ène, c'est-à-dire (|ue Fimmunité obtenue par l'incorporation d'antitoxine laisse intiicl l'état des tissus organisés vivants. El pourUuit la mère possédant une innuunité hématogéne peut transmettre l'ininumité à ^es <lescendants par passage de l'antitoxine au moyen du sang chez le fœtus ou du lait chez l'enfant.
Ehrlich désigne sous le nom d'immunité passive celle qui a liié obtenue par l'incorporation d'antitoxine et l'oppose à l'immunité active créée par Finjection de toxine (isopalhie). Behring préfère la terminologie suivante :
1" Imuuuiisation isopathique (active);
'2" hnmunisation autotoxique (passive).
A ce point de vue, il divise les poisons en deux groupes :
I" Poisons Immoraux, qui agissent en provoquant une modification des cellules de l'organisme;
"2" Poisons cellulaires, qui portent directeuient leur action sur les éléuu^nts vivants et organisés de l'organisme.
Liuuuunisation isopathique n'est possible (ju'au moyen des poisons qui possèdent une affinité chimique pour les éléments cellulaires de l'orgaiiisme, capables de reproduction.
Quant aux poisons cellulaires, ils forment deux groupes :
1" Les poisons cellulaires généraux^ tels (jue le sublimé, l'acide phénique, les bactéricides, les désinfectants, qui sont toxicpies pour les cellules animales. (Elles sont six fois plus sensibles à leur action que la bactéridie charbonneuse, par exenq)le.)
T \jQ?> poisons cellulaires spécifiques, connue la toxine tétanique, la strychnine, une série de toxines infectieuses et d'alcaloïdes végétaux qui présentent une affinité spéciale pour certains groupes cellulaires.
Ces données permettent de conclure cpi'une imnmnisation isopathique contre tous les poisons généraux n'a que peu de chances d'être réalisée.
Les poisons cellulaires spécifiques, qui seuls peuvent servir à l'inuminisation isopathique, forment deux groupes, selon qu'ils sont facilement ou difficilement dialysables à travers les membranes animales.
Behring croit que, seuls, les poisons spécifiques qui dialysent difficilement peuvent être utilisés pour Vimnmnisation isojHithique. Il ajoute que toutes les toxines actuellement employées dans ce but sont difficilement dialysables; enfin, tous les procédés destinés à améliorer cette imunmisation isopathique ont, en dernière analyse, pour effet d'augmenter le volume de la molécule toxique» C'est ainsi (ju'agissent le^ corps chimiques, les combinaisons d'iode, de chlore ou de
lOILBERT et BOIlfETl
8ôG TllÉRAPEUTIQLE GÉNÉRALE.
scuifre. Behring et Ransom ont établi qu'avec une dose mortelle de toxine tétanique, atténuée par le Iriclilorure d'iode, la période d'incuhation devient plus longue qu'avec une dose mortelle de toiine tétanique en nature. Ils attribuent ce Tait i\ l'augmentation du volume de b molécule toxique.
En résumé, les poisons qui permettent d'obtenir rimmunisation passive dialysent difficilement et ne provoquent des symptômes morbides qu'après une période d'incubation.
Les venins, au contraire, sont facilement dialysables (Weir Mitchell)et ont, par conséquent, une période d'incubation de très courte durée.
D'après Pfeiffer, le pouvoir bactéricide ou la propriété iiactériolytique s'exerce par l'intermédiaire de deux substances. L'une, qui se forme pendant Timmimisation, se trouve dans le sénim et ne devient active que sous l'influence d'une seconde substance, le fermenta très peu stable, qui existe chez Tanimal normal, se détruit rapidement en dehors de Torininisme et serait, d'après Bordet, identique à l'alexine du sénim normal. Les recherches de Moxter sur le sérum spermatocide viennent à l'appui de cette théorie.
Par quel mécanisme se forment dans l'organisme les corps immunisants spécifiques, \q^ antitoxines? Vonv les uns (Buchneri, elles ne seraient que des dérivés des toxines. Ehriich réfute cette interpn»tation par les arguments suivants : l*' H existe une disproportion extraordinaire entre la quantité de toxine incorporée et C(dle de Tantitoxine qui en résulte; 2" l'immunité active est bien différente de l'immunité passive, puisque, dans le premier cas, les tissus produisent de Tantitoxine au fur et à mesure de son élimination. Du reste, la production incessante de l'antitoxine par les cellules de l'organisme est ét<iblie par les expériences do Roux et Vaillard; elle est activée par les stimulants de la fondiim sécrétoire des cellules ainsi que le prouvent les injections de pilocaq^iim faites par Salomonsen et Madsen : 7»'' enlin, l'antitoxine diphtérique ^e trouve dans le san^' d'animaux sains et indemnes de toute atteinle«l<» diphtérie.
Les antitoxines sont donc, d'après Ehriich, des produits normauv di* l'activité cellulaire. Cet auteur pense que des éléments organiques (chaînes latérales ou récepteurs) contiennent un groupe d'atomt'> (fjrcmpe haptophore) qui lixe et emmagasine les toxines. Les cellules, sous celte influence, créent de nouvelles chaînes latérales qui, mises en liberté dnns la masse sanguine, constituent les antitoxines. En \erlude hwv origine même, elles renferment un groupe atomique doué d'aflinilé à l'égard d(» la toxine et susceptible de détourner cette dernière des organes qui sont particulièrcMuent aflVrtés |)ar le poison (Ehriich). Cette interprétation est constituée par les expériences de Wassermann sur l'action antitoxique du système nerveux normal; elle explique la production d'antitoxines en quantité relativement considérable dans rininumisation méthodicpu». Levaditi (Presse médicale, 17 nov. lîM)()) re[>nHluit
LES AGENTS THÉRAPEUTIQUES. 8ri7
les idées d'EhrIich et les résume ainsi : « Ce sont les chaînes dissoutes et libres qui constituent les antitoxines, substances essentiellement caractéristiques de l'immunité et qui possèdent à Tétiit de dissolution la même aftinité spécifique, vis-à-vis des toxines, qu'elles avaient au moment oii elles étaient encore attachées à la cellule ». Une molécule de toxine, de toxone ou de toxoïde, dit Ehrlich, fixe une quantité parfaitement déterminée et invariable d anticorps. La production d'anticorps n'est, en dernière analyse, qu^me sécrétion cellulaire et nécessite Fintervention active des éléments cellulaires. De plus, ajoute Levaditi, les conditions qui, à un moment donné, déterminent la iixation du groupe haptophore, lie sont pas suffisantes à l'activité du groupe toxophore. C'est la combinaison chimique du groupe haptophore avec les récepteurs du protoplasma vivant, qui est la seule condition capable de rendre inutilisables ces récepteurs, de déterminer leur régénération et leur dissolution dans les humeurs, de créer, en un mot, le pouvoir antitoxique qui caractérise l'immunité contre les poisons bactériens.
Roux et Borrel ont soulevé la question de l'immunité générale et de rimmunité régionale en montrant que certains animaux imumnisés qui supportent les toxines respectives introduites par la voie sous-cutanée ou veineuse succombent quand ces poisons sont inoculés directement dans le cerveau. Behring considère pourtant que la poule ou le cobaye immunisés qui succombent à l'injection intra-cérébrale de toxine tétanique, jouissent d'une immunité générale, et il estime qu'un individu est immunisé s'il résiste à l'action de toxines qui, introduites en quantités égales chez un autre sujet, entraînent sa mort.
On connaît l'innocuité de l'introduction par la voie stomacale des venins, des toxines diphtérique, tétimique, de la tuberculine. Les recherches de Ransom (1898) expliquent ces faits en montrant que les toxines sont très stables, qu'elles résistent aux digestions artificielles et que la toxine tétanique, administrée par l'estomac, se retrouve en grande partie dans les matières fécales. En résumé, si l'épithélium est intact, ces toxines passent dans le tube digestif sans être absorbées. Chez les jeunes animaux, la protection oflerte par Tépithélium intestinal est moins efficace.
C'est par l'existence de causes physiques analogues, de Tobstacle apporté par les vaisseaux cérébraux au passage du poison dans les parties sensibles de l'encéphale, que Behring explicpie la résistance du lapin à des quantités considérables de morphine cpiand elles sont introduites par les voies stomacale, sous-cutanée, intra-veineuse. Semblable interprétation peut être appliquée à la poule qui résiste à des doses considérables de toxine tétanique injectées sous la peau, dans le péritoine et dans les veines, et qui présente tous les symptômes du tétanos après une inoculation intra-cérébrale d'une petite quantité de cette toxine.
Behring insiste encore sur Timmunité contre l'antitoxine {AntHoxinimmunitàt). Elle peut être démontrée expérimentalement chez les ani-^
lOlLBERT et BOINETl
858 THKRAPEITIQLE GÉNÉRALE.
maux immunisés par rantitoxine qui possèdent bien une innuuuilc suuv cutanée et sanguine, mais non une immunité cérébrale, comme les lapins, les cobayes, les chiens, (|ui ont été préparés avec la toxine antitctaniqut*. Ces animaux traités par Tantitoxine tétanique succombent au tétanos, quand la toxine tétanique est injectée dans le cerveau. Si on inocule dans le cerveau une grande quantité de toxine, mélangée avec de TantiUmne. le tétanos n'apparaît pas. La cause de la sensibilité du cer\cau à la toxine réside dans ce fait, dit Rehring, que ses vaisseaux ne laissent pas passer Tantitoxine qui circule dans le sang des animaux immunisées par Tantitoxine. En edet, le tétanos ne se produit pas, si, chez les animaux immunisés par l'antitoxine, on blesse accidentellement ou intentionnellement les vaisseaux du cerveau pendant l'injection inti*a-cérébrale de toxine. il serait donc indiqué, ajoute Hebring, de rechercher les moyens de rendre les vaisseaux du cerveau perméables à Tantitoxine sans ouvrir le crâne.
Rapports entre les antitoxines du sang et les toxines infect if um correspondantes. — En 1895, Behring a désigné sous le nom d'anlitoxines du sang (Blutantitoxine) les substances s|^écifiques, contri'poisons, qui se trouvent dans les sérums diphtérique et tétanique.
On admet actuellement que les antitoxines albuminoides du san*; proviennent des cellules, tpii ont subi sous rinduence des toxines diphtérique outétiuiique des modifications dans leur éUit et leur fonctionnement. Cette hypothèse est étayée par les recherches d'Aronsohn (1895), qui ont permis de séparer dans le sang des animaux immunisés des substances albuminoïdes antitoxiques et non antitoxiques. Leur étude chimique est encore peu avancée. C'est leur fonction seule qui permet «le les différencier. 1/aclion antitoxicpie est une fonction tout à fait spécifique des subsLinees albuminoïdes; sn caractéristic|ue est de n'ngir (|ue sur la l<)xine corre'^ pondante.
D'après Behring, les antitoxines sont des antidotes étiologicpies ({ni produisent une désintoxication |)ar action chimique dans ror^aniMiic vivant.
Kn dehors des antitoxines spécilicpies, on ne connaît <pie peu de siilistaiioes<|ui, injectées non sinniltanéinent avec le poison, soient capables de le renche inolVensil*. Parmi ces substances, rhy|)Osullite de soude est eelh' qui a été le mieux étudiée comme contrepoison des combinaisons de lacide cyanhydritpie (Lang, lleymans et Masoin). Il se forme un snifo- «yanate de sodium (|ui n'est pas toxi<pie. Cette action antiloxiqiie de rhyposullit<^ de soude s'enVctue en partie par rintermédiaire des sul»stances albuminoïdes du sang (Pascheles); elle est simplement prévenlJNr: elle manque, lorsipie les symptômes d'intoxication existent déjà. Il s'a;:il donc d'une sinq)le innnunisation antitoxicpie.
Si Ton met en présence la toxine et l'antitoxine tétanique, on voit, dil Behring, cpiil existe une désintoxication rapide in vitro. Les elTets aiilih)\i<pies varient suivant : 1" la durée de l'action: !2*' la températiin".
r>** la nature dos Ii(|uiiles qui ont servi à dissoudre la toxine et Tantitoxine.
lieluiu'^ et Ransom onl eonstaté : 1" que l'action antitoxique est plus intense lorsque le niélan^œ est injecté vingt-quatre ou (|uarante-lniit heures après sa préparation; 2" que la coud)inaison chimique in vitro entre la toxine et Tantitoxine se fait plus conq)lètenient, lorsqu'on met en [)résence des solutions concentrées. D'après Kncur, une toxine dissoute dans une solution de NaCll à 10 pour 100 se laisse fixer par Tantitoxine correspondante, moins énergiquement que lorsqu'elle est dissoute dans Fean distillée. Calmette et Wassermann onl conclu à l'absence de combinaison chimique in vitro en s'appuyant sur les faits suivants : Dans un mélange de toxine et d'antitoxine devenu neutre (venin de cobra et sérum anlivenimeux) ((lalmette), toxine et antitoxine pyocyanique ( Wassermann), on peut faire reparaître Faction toxique en clmuOant le mélange. Les expériences de Martin et Cherry tendent cependant à établir que cette coudiinaison chimique a lieu: elles ont montré en eiïet que : 1" si on dialyse une solution contenant deux subst-ances dont Tune contient des «grosses molécules et l'autre des petites, la seconde seule traverse les membranes animales; 2* la molécule de toxine est beaucou|) |)lus volumineuse que la molécule d'antitoxine. (les auteurs ont, en effet, remarqué qu'en dialysant un mélange de venin et de sérum antivenimeux 50 minutes après sa préparation, le licpiidi» qui traversait les meud)ranes n'était pas toxi(|ue; il était, au contraire, doué de toxicité si la dialyse était instituée aussitôt a|)rès la préparation du mélange.
Behring a enfin remarqué cpie Taddition de substance cérébnle n'augmente pas les ellets de l'antitoxine tétanique sur la toxine correspondante. Dans d'autres cas, l'addition de salive, de substances comme le trichlorure d'iode, de cert<iins acides minéi-aux, ne détermine pas l'accroissement de l'action de l'antitoxine.
Mécanisme de la (fuêrison isopathique. — Elle est éclairée, d'après lîehring, par la découverte dans le sang des antitoxines après les euq)oisonuements par des toxines microbiennes et par la formati(m dans le smg, au cours de certaines maladies infectieuses, connue le choléra, la fièvre typhoïde, de substances (|ui dissolvent ou tuent les bacilles pathogènes de ces deux dernières affections.
L'existence dans l'organisme imnnmisé des substances antitoxiques et antimicrobiennes expli(pie aussi la guérison spontanée des maladies infectieuses et le développement de l'imnnmité par l'incorporation des substances infectieuses.
Comment se forment ces substances et quel est le mécanisme de leur mode d'action spécifique sur les bactéries respectives? Ehrlich a proposé une explication l)asée sur les deux faits suivants. Il a remanpié que les bovidés tuberculeux peuvent guérir à la suite de l'injection de doses |)rogressi veulent croissantes de tuberculine; il a constaté encore que ces animaux une fois guéris |)ossèdent un sérum antitoxique capable de neu-
laiLBEKt et BOINETl
traliser une dose mortelle de toxine tulierculeuse chez le cobaye. L'hypothèse d'Ehrlich se propose de répondre h cette double question : Pourquoi Fantitoxine tuberculeuse ne se forrne-t-eile pis spontanément chez les tuberculeux? Pourquoi faut-il injecter des quantités considénibles dr poison pour amener la formation de Tîmtiloxine? La théorie d^Ehrlich jk'uI être résumée dans les deux propositions suivantes :
I. La toxine tuberculeuse n'est morbilique que pour les individus ilonl les cellules et les tissus vivants renferment une substance capable de m' condiiner chimiquement avec cette toxine.
II. Lorsque la substance, qui lixe la toxine, vient à passer des cellult^ et des tissus vivants dans le sanj^, elle devient Tantitoxine protectrife (préventive) et curalive.
La première proposition ne tarda pas à trouver un appui dans hs recherches de Ransom, Wassermann, sur la neutralisation exercée par la substance nerveuse sur la toxine tétanique.
Ehriich apporte à la seconde proposition quelques éclaircissements complémentaires. Il pense que la cellule, qui neutralise la toxine, subit une perte de substance et forme une nouvelle substance antitoxique en quantité supérieure a celle que la fixation de la toxine a pu détruire. C'est le surplus de la substance antitoxique régénérée qui est éliminé par la cellule et qui |)asse dans le sang. Il sera d*autant plus considérable que les injections de toxines seront plus répétées. C'est pour cette raison, qu'à un moment donné une petite quantité de sang contiendra assez de substances antitoxiques pour exercer une action préventive et curative sur les toxines.
L'immunisation, au moyen des toxines, est, par consé(|uent, d'assez longue durée; elle (»st médiate, puis(juVlle exige le concours souvent répété de la cellule vivante; par contre Timmunisation |)ar les antitoxines est directe, immédiate.
Cette hypothèse cxpli(pie bien la guérison dans la pneumonie. 0ml- (pies objections (mt été formulées. On s'est demandé pourquoi tout«»s lr< maladies infectieuses ne guérissent pas toujoiu's? Khriich ré|)ond qiu'. lorsque l'intoxication est trop intense, la cellule est tuée d'emblée; il ajoute (|ue si l'intoxication se produit plus lentement, connue dans la rage, la tuberculose, la formation de substanciî neutralisante |)ar réj:ên«'ration cellulaire existe bien mais que c'est son passage en quantité Miflisante dans le sang qui fait défaut.
Quant à la guérison de la tuberculose des bovidés ou de la ni^e. à h suite de l'injeclion de toxines, elle peut être interprétée ainsi : ces (ii»>e> de poison excitent la régénération cellulaire et favorisent le passige dniis le sang d'antitoxine en ipiantité snflisante |)our neutraliser le poison qui continue à ùUv formé.
Ce n'est (pie dans une infection à marche lente (|ue ce principe do thérapeuti([ue isopathicpie peut être appli([ué. H serait nuisible dans les cas d'infecti(ms aiguës, puisque l'addition de nouv«dles (piantitês de