‹ Traité de pathologie générale v. 1 (volume 2)Chapitre 169 sur 185 · TRAITEMENTS SPÉCIFIQUES · texte numérisé non relu

TRAITEMENTS SPÉCIFIQUES

Exception étant faite pour les maladies parasitaires superficielles, peu nombreuses sont les maladies dans lesquelles nous disposons d'agents thérapeutiques capables d'en atteindre la cause par un processus d'ailleurs non défini et susceptibles d'exercer une action pathogénique spécifique. Ces m(»dicamentsdits spécifiques jouissent d'une sorte d'action antidotique spéciale sur certaines maladies, ils peuvent en prévenir le développement ou amener assez souvent leur guérison en atténuant, neutralisant et détruisant l'agent causal. Ce sont les médicaments que Raquin appelait nosocratiques pour bien spécifier leur action directe sur la cause morbide elle-même.

Écartant les maladies justiciables de l'application d'un ^érum ou d'un vaccin, sur lesquelles nous avons insisté particulièrement, nous ne pouvons guère mentionner ici que le paludisme, la syphilis, la goutte et le rhumatisme articulaire aigu qui soient justiciables de ces traitements spécifiques,

Impaludisme. — D'après Laveran « il suffit de mélanger au sang qui renferme des éléments parasitaires une goutte d'une solution, même très faible, d'un sel de quinine, pour voir ces éléments prendre aussitôt leurs formes cadavériques j>. Dans l'organisme, dit-il encore, il est probable que les phagocytes s'emparent plus facilement des hématozoaires, quand ceux-ci ont été tués ou engourdis par les sels de quinine, mais que l'activité des leucocytes n'est pas directement influencée par la médication quinique. Selon Behring, la quinine immobilise les hématozoaires, qui ne résistent guère, parce que ces parasites n'appartiennent pas à la classe des bactéries qui sont beaucoup moins impressionnables que les cellules de l'organisme. La quinine, d'après Nothnagel et Rossbach, fait mourir, les micro-organismes au milieu de phénomènes tout à fait semblables à ceux qui se produisent par suite de l'insuffisance ou du manque complet d'oxygène. D'après Bochefontaine, une solution de chlorhydrate de quinine à 1;800 détruit rapidement les gros infusoires. Une dose de 0^^45 pour 100 du même sel s'oj)pose au développement des bactéries de la putréfaction (Marcus et Pinet). Il faut une solution au 1/50 pour faire périr des bactéries vivantes en plein développement (Jalan de la Croix). L'action toxique de la quinine sur les hématozoaires est, au contraire, considérable.

iOILBERT et BOUTET]

La toxicité de la quinine est assez faible. C'est ainsi qu'en vingt-quatre heures Tun de nous a pu absorber 5 grammes de quinine, au cours d'un accès pernicieux contracté dans le Ilaut-Tonkin, et recevoir trois injections sous-cutanées concentrées de 0**',75 de bromhydrate de quinine. Dans les cas graves de Timpaludisme, il ne faut pas craindre de recourir d'emblée à de très fortes doses, surtout dans les pays chauds. Au Tonkin, Fun de nous n'a guéri les accès paludéens pernicieux qu'en faisant absorber, soit pir la voie stomacale, soit plutôt par la voie sous-cutanée, une très grande quantité de quinine. Le salut est à ce prix. Ilans Ziemann et Iranow préconisent les injections inlra-musculaires qui ont le grand avantage d'être indolores, si elles sont pratiquées dans la fesse au niveau de l'entre-croisement de deux lignes dont Tune, horizontale, passe à deux travers de doigt au-dessus du grand trochanter, tandis que lautre, verticale, marque b limite entre le tiers interne et le reste de la fesse. On introduit, avec une seringue d'une capacité de 2 centimètres cubes, 0''',50 de sel quinique à la fois. Ces injections intra-musculaires de quinine ont une grande action. L'un de nous en a souvent constaté les bons effets dans les fumiez aiguës et graves de Timpaludisme. L'alloquinine est supérieure au chlorhydrate et au bromhydrate de quinine.

Nous n'avons pas vu, pondant dix-huit mois de séjour au Tonkin, de cas de fièvre ictéro-hématurique attribuée par Tommaseili à la quinine. Les cas d'hémoglobinurie que nous avons observés n'étaient dus ni à Tabus, ni à l'usage de ce médicament.

La voie stomacale est infidèle. Les vomissements surviennent avec une assez gi'ande fréquence dans les accès pernicieux; il faut préférer la voie hypodermique, de préférence, intra-musculairc et au besoin l'injection intra-veineuse préconisée par Baccelli (*), si la gravité du cas l'exige. Lors(|u'on a séjourné dans les régions tropicales où Fimpaludisme fait de si grands ravages, on arrive rapidement à manier la quinine à dose plus intensive et on remarque qu'à ce moment les injections sous-cutanées et surtout intra-musculaires de quinine sauvent des |)aliidéens que le traitement pusillanime du début aurait laissé succomber.

Dans les cas simples, il faut recourir aux évacuants (vomitifs ou purgatifs), doiuier 0^',50 à 1 gramme de quinine six heures avant le retour probable de l'accès et immédiatement après.

Les examens hislologiques de Laveran et les résultats que nous avons

{*) Baccklli, Les préparations quiiiiqiics et les injections veineuses à la clinique imMirtlr Je Rome, informa mcdica, juillet et août 1899.

Chlorhydrate île quinine \ gramme

CJilorurc de sodium 0«%75

Eau distillée 10 pramme*.

On injecte, très lenlemenl, de (K% iO à 1 pramme de quinine dans un des \\c\\{< ranioiu\ vj'ineux «lu pli du bras. 50 cas de formas pernicieuses traités par celle méthode ont ton* isrucn tandis quavec les injtMrtions sous-culanées le liera des malades sont morts.

observés montrent que l'on doit administrer la quinine suivant la méthode des traitements successifs. En elTet, on ne trouve guère d'éléments para-, sit^iires dans le sang des inalades (|ui prennent depuis huit jours du sulfate de quinine à la dose de 0«%G0 à 0«^80.

Si, après trois ou quatre doses de quinine, on cesse la médication, les hématozoaires ne tardent pas à reparaître dans le sang et à provoquer une rechute (Laveran). Cet auteur conseille de donner la quinine de la façon suivante :

Les V\ T et ,T jours : 0*%80 à 1 gramme par jour de chlorhydrate de quinine.

Les 4*", 5*, ff et 7*" jours : pas de quinine.

(L'un de nous a obtenu au Tonkin de meilleurs résultats en continuant systématiquement et d'une façon continue les premières doses.) " Les 8% 9* et KV jours : 0«',60 à 0«^80 de chlorhydrate de quinine.

Du 11*" au 14*" jour : pas de quinine.

Les 1,V et 16' jours : 0«',60 à 0«%80 de chlorhydrate de (piinine.

Du 17* au 20*" jour : pas de quinine.

Les 2r et 22*^ jours : 0«S60 à 0«%80 de chlorhydrate de quinine.

Nous ne conseillerions jamais de recourir, dans les pays chauds et jjonr des cas graves, au mode d'application de la quinine recommandé par Treille (Académie des sciences, 19 mai 1890).

Dans les fièvres continues palustres, la (piinine doit être administrée à fortes doses et d'une manière ininterrompue; elle doit être continuée pendant plusieurs jours après la fin de la lièvre; elle ne donne pas toujours de bons résultxits et Tun de nous a perdu presque tous les Annamites du poste de Song-Uoa (llaut-Tonkin) qui étaient atteints de fièvre des bois, fièvre continue [)alustre (caractérisée par une fièvre rémittente avec exacerbations vespérales, épistaxis abondantes, ictère [)r()noncé, augmentation énorme du foie et de la rate, langue sèche, fuligineuse, délire, adynamie). Du reste, la fréquence et la gravité de ces formes d'impaludisme dans cette région l'avaient fait appeler par les indigènes la vallée de la mort,

La quinine nous a |)rocuré plus de succès dans les accès hémoglobimiriques qui se développent de préférence chez les Européens résidant de|)nis un certiiin temps dans les pays tropicaux.

A la dose de 30 centigrammes par jour, la quinine agit à titre préventif et nous connaissons plusieurs personnes cpii ont pu résider impunément dans des foyers paludéens du Tonkin, grâce à cett(* sage précaution.

Le bleu de méthylène (*) donne parfois d'excellents résultats, surtout lorsque l'impaludisme est de date récente; il est moins utile dans les formes chronicpies (»l cachecticpies. Enfin, dans une récente mnnnnnica-

\*) n«»lNKT, Dr i'arlioli llM'r.*i|»nili«|ur du lil«'ii tir iiu'lli\lriu'. Maisrillr iinilir,:!. in.ii ISDi, I». î>7, et liiilletni médical, juin \H\H, p. \)i7}; N<ih; sur la valoiir llicr;i|M'iili«|ur <iu IjIcu il»méthyli-nc» dans l'impaludisnic. litiil. gén. de thérap.. lî» aoùl 181K), p. il)"».

PATHOLOGIE CÉflliKALE. — VI. •*>*>

{GILBERT ot BOINET]

882 THÉRAPEUTIQUE GËNÉRALE.

lion à r Académie de médecine M. Gautier (') a insisté sur la valeur thérapeutique de Tarrhénal (méthylarsinate disodique) dans les accès paludéens. Il considère même ce médicament comme spéciûque. Il nous a rendu de grands services dans notre service des maladies exotiques, surtout s'il est employé en injections sous-cutanées ou intra-musculaireN. M. Laveran préfère encore la quinine dans les cas graves. .Nous sorame> de son avis.

Syphilis. — Syphilis acquise. — Une première méthode, préconisép parRicord, Fournier, etc., consiste à prescrire systématiquement du mercure à toutes les périodes. « Je ne donne pas le iiiercuri', dit Fournier, pour guérir ou préserver le syphilitique des accidents de la période secondaire, qui sont curahles sans mercure et en j^énéral \)?\i graves, mais en prévision de l'avenir. On peut dire, ajoute-t-il, que les syphilis traitées avec méthode, énergie et persévérance, n'ont juis de période tertiaire. » La durée du traitement fait plus que la quantité totale de mercure absorhée. f/est par la méthode des traitements succeisifs que Ton arrive à traiter longtemps les syphilitiques sans créer d'accoutumance. « En aucun cas, dit Fournier, la durée du traitement antisyphilitique ne peut être abaissée au-dessous de trois ou quatre ans, à quelque forme de la maladie qu'on ait alîaire, et si bénigne même que sesoil annoncée la diathèse originellement. » C'est le traitement chronique intermittent de Fournier qui rallie de plus en plus toutes les opinions ('j. « On prescrira, d'après Fournier, le mercure pendant les deux premiers mois, puis on laissera s'écouler un intervalle d'un mois avant de recourir à une seconde série de traitement mercuriel qui durera deux mois: les périodes de repos seront de plus en plus longues, les séries de traitement réduites à six semaines ; de sorte que, en deux années, le malade aura envii'on dix mois de traitement etqualorze mois de repos. L'iodure dep»lijssium sera associé ou substitué au mercure vers la lin de la seconde anruV. à moins d'indications spéciales, vi d(»nné seul dans la troisième année. -

Au (longrès international de dermatologie et de syphiligniphi»' (août 1<SSÎ)), Diday, l'nna, Sigmund, Zeissl, Lmglebert, Andei-sun, Hceck, etc., voulaient que le nK'rcure ne soit administré qu à dr^ [)éri()(les (b'Ierminées de la sy[)liilis.

La pratiqu(î <le Diday se résume ainsi :

1" AvanI le rhanrre : pas de mercure, il est sans utilité.

"r Le chancre existe : le niercnr*' doit être preserit à dose \)\\i> ou moins lorte, jïendani un mois on six semaines en tout. Donné au délmt (lu thaiicre, il nalVaiblil j)as les accidents à venir et n'en retarde l'apiMrilion (pie de six jours au maximum.

' Akmvm) Gmtik». C.i)nipfrM reiiduK tfr f Amilémic de médvnnr. 11 février 1ÎH^J. y, 1''^. de l'Acdtlrmic drs ficiatrcs, lO H-vri» r IDiVi. p. 5*211 cl BiiUt'tin génénil dr Ihernpctitiqt^t. ItlO'i, p. W.".

(*j !{.\L/.Ki5. Syi)lnlis. Trailc de médecine de tirouardel et Gilbert. — l)c«.*srM. Trailt'ment do la syphilis. Traité de thérapeutique de A. Robin.

LES TRAITEMENTS SPÉCIFIQUES ET LES MÉDiaTIONS. 883

y Si la première poussée est forte : mercure pendant cinq à huit semaines.

4*" Accidents de transition : traitement mixte.

Estimant que le mercure n'exerce aucune action préventive, Langlebert institue le traitement mercuriel au moment où surviennent les prodromes de ia période secondaire, le continue pendant toute la durée de ia première éruption et le cesse dans rintervalle des manifestations syphilitiques. La pratique hâtive et prolongée des injections sous-cutanées de sels mercuriels nous parait préférable (M-

Balzer résume ainsi le traitement de la période secondaire :

PremiiTC année : mercurialisation dès le chancre et à peu près continue pendant la première phase de la période secondaire, c'est-à-dire pendant les six ou huit premiers mois de la syphilis.

Fin de la première année et années sttivanies (deuxième phase de la période secondaire) : mercurialisation intermittente associée à l'iodisation, les périodes de traitement étant séparées |)ar des stades de re|)os de plus en plus grands à mesure que s'avance révolulicm de la sy[)hilis. Il fornuile ainsi le traitement : pendant les derniers mois de la première année et pendant la deuxième année : Kl (70 grannnes) pendant un mois ; Hg (40 à 50 pilules de protoiodure de 5 centigranmies) |)en(lant un mois; interruption du traitement pendant un mois.

Troisième année : Kl pendant un mois; Ilg pendant un mois; interruption pendant deux mois.

Quatrième année : deux mois de traitenuMit alterné de la même manière au printemps et à Tautoinne.

Accidents tertiaires : si Tiodure en est considéré connue le spécifique, le mercure lui est supérieur dans les alï'ections oculaires et dans les allections du système nerveux (tahes, paralysies générales), comme le prouvent les connnunications faites au Congrès de médecine de Toulouse, avril l!)0i.

Il est nécessaire d'instituer un traitement d assaut (Charcot, Fournier, Diday) contre les lésions du système nerveux cpii a|>p<irtiennent généralement aux accidents tertiaires. Une des principales conditions de succès est un diagnostic précoccî (jui i)ermettra de recourir à un traitement énergique avant <[ue les lésions définitives et irrémédiables du système nerveux ne survienn(»nt. Fournier et Diday prescrivent O^'SlO à 0■^l^) de protoiodin-e de mercure, ou mieux S à 10 gi*ammes d'onguent napolitain en frictions et 5 à h grammes et même 8 grammes d'iodure de potassium. Après trois mois de cette médication ininterrompue, Diday alterne le mercure seul et l'iodure isolément, pendant des périodes de vingt a trente jours. Ce traitement alterné devra être continué pendant un an, au minimum.

Certains accidents particulièrement graves, comme les larynyopathies

(*y Voy. Lerkdde, Société de thérn}}rutique de Pansn 12 février ilHW.

laiLBEET et BOINET.}

syphilitiques, les affections du système nerveux, nécessitent Templui précoce et énerj^ique de frictions mercurielles, d'injections sous-cutanées de sels nicrcuriques et d'iodure à haute dose.

Syphilis héréditaire. — Prophylaxie. — Si, pendant la gro$$es$e, la mère est reconnue syphilitique, il faut la soumettre à des friction5 mercurielles faites avec précaution; dans cerLiins cas, elles ont paru prutéj^er l'enfant contre Tinfection.

De plus, la mère seule doit nourrir son enfant, à moins qu'elle ne le confie à une nourrice déjà syphilitique ou qu'elle ne Télève avei* du lait de chèvre ou du lait de vache pasteurisé.

Quant à Fenfant, il sera traité préventivement par la mercurialisation. soit indirecte, obtenue en donnant du mercure à la nouirice ou<à l'animal qui fournit du lait, soit directe au moyen de :

I. Vingestion (une ou deux cuillerées à café par jour de liqueur de Van Swieten, 1 à 5 centigrammes de calomel ou de protoiodurc de mercure).

II. Des frictions (1 à 2 grammes d'onguent napolitain sur les reins ou sur les flancs, 2 à 3 grammes de sublimé pour des bains de i() litn^ d\Mu).

III. \y injections, dans la fesse, de préparations insolubles (I à T» centigrammes d'oxyde jaune de mercure, de calomel).

1/iodurc de potassium sera donné à la dose de 20 à 50 cenligraniiues. suivant Tàge de fenfant.

Quant aux accidents de la syphilis héréditaire tardive, ils si'nmt traités par la médication mixte. Le mercure est préférable, s'il existe di^ complications ocidaires.

Le mercure peut être administré :

P Par la voie stninarnlr : A. Pilules de Dupuytren, de Riconl, h\v\h'anglaises, de Sédillol, de tannale de mercure, de peptonale de iiitTriiiv. de salicylate de mercure. — D. Préparations liquides (liquenr Ac Vnn Swieten, siro|) de (lihert, décoction ou tisane de Ziltmaïui); les diw> ordinaires sont, |)ar jour, de 10 centigrammes de proloiodnre.de lannaU de mercure; de T) centigrannnes de sublimé, pour Hionnue;

2" \\\v frictions ruianées : A. Avec 4 grammes i] onguent mtftolihini pur ou associé au baume du Pérou, pour éviter la fermentation de la pnparalion (Vidal). — H. Avec des pounuades à base de calomel. — il. Anh des savons mercuriels. Quinquaud recommandait des emplâtres hylrargyriques; Peroni et Jullien conseillent des applications, ù la surfticedt'b peau, de traumaticine additionnée de calomel dans la proportion «le i'» j)Our Ih;

T)" Par Imius uiercuricls : A. Simples. — IL Électriques iliârtnerci'.ir des fumigatiitus uwrcurielles, surtcMit dans b's lésions rebelle> «!•' Li |»eau et des mucpieuses (Baizer), par des étoiles mercurialisêes iMeri:»t :

\' Par des injections hypodermiques de préparations mcnuritil'^ solubles au sublimé (fonnule de Lewin, de Liégeois); au sublimé a>HHit

à des solutions de pcptonc (fonmile. de Martineau, Delperh); à du sérum artificiel (foriinilc de Chéron); au cyanure de mercure (Doyon, Abadie); au bi'iodnre de mercure mélangé à une solution de» peptone (formule de Yvon/rerrillon), dissous dans Tluiile (formule de Panas); cwisvccinimide de mercure^ très recommandé par Jullien; au benzoatc de mercure, etc. ;

5° Par d(;s injections de sels mercuriels insolubles : calomel (formule de Baizer), oxyde jaune de mercure^ ihymoUacHate de mercure et salicylale de mercure dans dix fois leur poids d'huile de vaseline ; sozoiodol de mercure (fonnule de Schwimmer et Endiitz); huile grise (fonimles de Lang, Balzcr, Vij^ier, Gay et Brousse);

G" Baccelli a recommandé dans les syphilis gi-aves, syphilis céi'éhrales et autres, des injections intra-veineuses de sublimé. Abadie injecte tous les deux jours, d'un seul coup, 1 centifçramme de cyanure de Hg dissous dans 1 centimètre cube de sérum. Dinkler a signalé des coagulations intra-veineuses à la suite de ces injections.

Le mode d'action des préparations mercurielles, dans le traitement de la syphilis, est encore obscur. Hayem estime que le mercure agit, en rendant probablement le 'sang, et surtout les tissus impropres à la pullulation du germe spécifique. Peut-être le mercure exerce-t-il à la fois son action sur l'organisme et sur le virus syphilitique (J. Rollet). Enfin, la lenteur de l'action mercuriclle pamit indiquer qu'il n'impressionne pas exclusivement l'agent pathogène de la syphilis, comme le fait la quinine à l'égard de l'hématozoaire de Laveran.

Telles sont les principales médications spécifiques dont la découverte revient, en général, à l'empirisme pur. puisque, même actuellement, on ne peut fournir une explication indiscutable des effets curateurs du mercure dans la syphilis.

lodure de potassium. — L'iodure de potassium est conseillé par Diday pendant les accidents prodromiques de la première poussée, contre les accidents de transition, dans la deuxième phase des accidents secondaires. C'est le médicament des accidents tertiaires. C'est le remède essentiellement chronique de la syphilis (Langlebert); il doit être donné dans les périodes de repos de la cure mercurielle ; son rôle s'accroît à partir de la seconde année; il est utile à toutes les périodes de la syphilis, lorsque les lésions revêtent un caractère ulcéreux ou se manifestent par une exsudation plastique. L'iodure ne doit pas être administré avec les protosels de mercure sous peine de déterminer la formation, dans l'économie, d'un d(îutosel beaucoup plus actif.

Dans les cas de lésions nerveuses, de goumies du «voile du palais, la dose d'iodure de potassium doit être portée à 6 et 8 grauunes par jour. C'est un médicamcîut très précieux à cause de scm défaut de toxicité et de la rapidité de son absorption. Le traitement intensif sera habituellement mixte; l'association de l'iodure de potassium à des sels doubles de mercure, connue dans les sirops de Gibert et de Boutigny, ne convient qu'au traitement mixte non intensif.

{OILBEHT 9t BOINET ]

Les traitements préventifs à Tiodiire de potassium seront faits de préférence an printemps et à l'automne.

Le traitement mixte est encore indique dans la syphilis hên'ditaire tardive, ainsi que dans les accidents para-syphilitiques ('}, tels que le tibes, la paralysie générale. Dans ces derniers cas, il vaut mieux insister sur le mercure.

Goutte. — Le colchique est considéré comme un spécifique de la goutte. On connaît tous les inconvénients et même tous les dangers auxquels expose la suppression brusque d'un accès de goutte aiguë au moyen de cette substance. A partir du douzième jour, vous poiurrez, dit Riuchard, abréger, à Taide du colchique, un accès de goutte: c'est le seul emploi légitime (lui puisse être fait de ce précieux luédicainenl djms le traitement de la goutte. Il donne 10 a 12 grammes de vin de colchique dans une potion à prendre trois jours de suite. Le colchique est encore employé sous forme de teinture, d'alcoqlature à la dose de 1 à 2 grammes par jour; il doit être supprimé dés que la diarrhée, les voniissemenU, des sueurs profuses et une diiîrése abondante apparaissent.

Soulier insiste sur la contre-indication du colchique dans la période intercalaire; mais il estime que ce médicament fait tond>er la fièvre arthritique et disparaître tous les phénomènes locaux de rinHaunnation goutteuse. Le colchique ireiiipcche pas la précipitation intra-arliculaire des urdtes. Son mode d'action n'est pas connu. Graves supposai* qu'il s'opposait à la formation d'acide urique dans le sang.

Uhimatisme ARTicL'i.AinE AIGU. — Le salicylate de soude a une action spécifique contre le rhumatisme articulaire aigu, surtout au début. Son mode d'action est encore incomplètement élucidé. Il ne peut être nipporlé ni à des effets analgési([uos, ni à une action vaso-constrictive. Il n'tst jKis j)n)iivé, ainsi (pie !:' voulait Vulpian, que le salicylate d.' soudr ni(ulili(» (lirectcMient les élénieiils analoniicpies cnllannnés au niveau des îulienlîitions atteinte - de rhumatisme. Peut-èlre sa déeoinpnsilion en aeiïle salicyli(|ue |)erinel-ell(î ;'i ee dernier corps de modifier la virulenn' de raiienl inreclieux du rhuniatisnii». C'est l'opinion (pi'adoptent Nothnag(»l et Hossbnc 11.

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