‹ Traité de pathologie générale v. 1 (volume 2)Chapitre 170 sur 185 · MÉDICATIONS · texte numérisé non relu

MÉDICATIONS

Les niédiejilions sont, d'après llayeni (*), les actions thérapeut"m;i{< suscitées dans h» hnl de l'euiplir les indications tirées d(»s élénhMil> ((»:•.slilulil's des maladies, c'est-à-dire des éléments morbides proprenienl dils nu eounuuns. La doctrine des éléments morbides et, par suite, des im'iliealions (orrélalives peut nous permettre, en attendant la déeouverli» <los

(*) A. FoLRMKH, Les (irrfdrnts jKirnKijjthiiitifpirs, ISlK.

(-} Havem. Dos paiiJ«'s iiu-dinitiuiis. Leçons de llvéï'apeutitfitr. l'aris. 188",

moyens spécifiques, de faire découler nos indications d'une étude approfondie de h physiologie morbide.

Les médications s'edorcent de lutter contre les éléments morbides communs^ les éléments constitutifs de la maladie, tels que Tadynamie, la lièvre, la phloi^ose, la douleur, la dyspnée, l'infection. Souvent ils sont unis, coud)inés, associés et nécessitent l'emploi de moyens thérapeutiques à action mulli[»le. C'est ainsi que telle ou telle médication doit simultanément combattre la lièvre, soutenir le cunn*, augmenter la diurèse.

llayem admet sept modes ou procédés d'action théra|)eutique : Inaction psychique; T action locale; 5" révulsion; i* action médicamenteuse portimt plus particulièrement ses elfets sm- un éléuuMit anatomi(|ue; h" action germicide; 0* action trophique ry^'/ir ? y/ /r (régime, gynmasticpie, hydrothérapie) et locale (électricité, massage); 7" actions chirurgicales opératoires (telles <pie saignée, transfusion du sang, injection intra-vasculaire).

Nous ne |)ouvons passer en revue ici tontes les médications. Après avoir accordé <piel(|ues pages aux plus im|)orUuites (rentre elles, les médications stilénique, antipyrétique, analgésique, antiphtogistique, antidyspnéique, choisies connue exenq)le, nous insisterons surtout sur les médications les plus générales, par suite ressortissant [)lus expressément à cet article : les Médications de r infection et des t routâtes de la nutrition.

Méiucation stiik.mquk. — Elle est destinée h combattre Vadynamie qui |)eut accompagner les états infectieux. Cette adynamie peut être générale ou localisée. Dans ce dernier cas, elle intéresse tantôt rap|>areil cérébrospinal (ataxo-adynamie) , tantôt rap|)areil cardio-vasculaire [adynamie cardiaque). Lorsque l'adynamie survient insidieusement, évolue ra|>idement et sidère Torganisme, elle constitue habituellement rex|)ression synq)tomatique de la malignité. Deux princi|)aux éléments entrent en jeu, ce sont : 1° V hyperpyrexie invorpiée par liiebermeister et les médecins allemands; 2" \ infection générale de l organisme à laquelle se rattache Ilayem ijui fait observer avec raison (jue Tadynamie domine ass(»z souvent la scène pathologique alors (juc la fièvre est modérée.

En conséquence, les principales indications consisteront : 1" à faciliter l'élimination des produits morbides en activant les sécrétions et surtout les excrétions; 2" à réveiller l'activité cellulaire au moyen des stimulants et des excitants ; .V à modérer Taltération de la nutrition des éléments anatomiques.

Un des grands moyens d'action de cette médication sthénique est de soutenir les forces des malades et de diminuer les déperditions de l'organisme. Ces |)rincipes, qui renversèrent la doctrine de Broussais, furent surtout mis en pratique par Chomel, Trousseau et Pidoux et, en [)articulier, |)ar (Jravcs, «pii voulait que Ion inscrivit comme épigraphe sur son (LMivre la phrase suivante : c II nourrissait les fièvres ».

[GiLBERT ot BOiNST}

886 THÉRAPEUTIQOE GÉNÉRALE.

Les traitements préventifs à Tiodure de potassium seront faits de préférence au printemps et à l'automne.

Le traitement mixte est encore indiqué dans la syphilis héréditaire tardive, ainsi que dans les accidents para-syphilitiques (*), tels que le tabès, la paralysie générale. Dans ces derniers cas, il vaut mieux insister sur le mercure.

Goutte. — Le colchique est considéré comme un spécifique de la goutte. On connaît tous les inconvénients et même tous les dangers auxquels expose la suppression brusque d'un accès de goutte aiguë au n)oyon de cette substance. A partir du douzième jour, vous pourrez, dit Ruichard, abréger, à l'aide du colchique, un accès de goutte : c'est le seul emploi légitime qui puisse être fait de ce précieux médicament dans le traitement de la goutte. 11 donne 10 à 12 grammes de vin de colchique dans une potion à prendre trois jours de suite. Le colchique est encore employé sous forme de teinture, d'alcoqlature à la dose de 1 à î2 grammes par jour; il doit être supprimé dès (pie la diarrhée, les vomissements, des sueurs profuses et une diurèse abondante apparaissent.

Soulier insiste sur la contre-indication du colchique dans la période intercalaire; mais il estime que ce médicament fait tomber la lièvre arthritique et disparaître tous les phénomènes locaux de rinHanimation goutteuse. Le colchique n'empêche pas la précipitation intra-arliculaire des urates. Son mode d'action n'est pas connu. Graves supposai* qu'il s'opposait à la formation d'acide uri(pie dans le sang.

Rhumatisme ARTicui.AinE aigu. — Le salicylale de soude a une action spécifique contre le rhumatisme articulaire aigu, surtout au début. Son mode d'action est encore incomplètement élucidé. Il ne peut être rapporté ni à des effets analgésiques, ni à une action vaso-constrictive. Il n'esl pas prouvé, ainsi (\\\v li» voulait Vul|)ian, que le salicylate (h soude inodilie directement les éléments anatomiques (Millaunués au niveau des arlienlîitioiis atteinte ^ de rhumatisine. Peut-être sa déeoni|)osili(m en acide salicylicpie [)erinel-(dle à ce dernier corps de modifier la virulence de Tarent infectieux du rlunnatisnie. C'est l'opinion qu'adoptent Notlinat^el et Rossliadi.

MKt)l(:ATIO.\S

Les médications sont, d'après llayein (*), les actions thérapeutiiiurs suseité(»s dans le but de remplir les indications tirées des éléments « i>:îslilutifs des maladies, c'esl-à-dire des éléments morbides pro|)renH'iil dils ou eonununs. La doctrine des élénuMits morbides et, par suite, des innlieations eorrélativ(»s peut nous permettre, en attendant la découverte des

;*) A. KoiRMUR, l.r.'i (irrifh'nls //arnsyphililif/urs, IStli.

;*) Havkm, Des gramics médicaliuiis. Leçons de thérapeuti(/ne. Paris, 18S7.

moyenH spécifiques, de faire découler nos indications d'une étude approfondie de la physiologie morbide.

Les médications s'efforcent de lutter contre les éléments morbides communs, les éléments constitutifs de la maladie, tels que Tadynamie, la fièvre, la phlo^^^osc, la douleur, la dyspnée, Tinfection. Souvent ils sont unis, cond)inés, associés et nécessitent l'emploi de moyens thérapeutiques à action nmlti[)le. C'est ainsi (|ue telle ou telle médication doit simultanément combattre la fièvre, soutenir le cunn-, auf^uienter la diurèse.

Ilayem admet sept modes ou procédés d'action thérapeutique : V action psychique; T action locale; ,V révulsion; i* acfinn médicamenteuse port4uU plus particulièrenuMit ses effets sur un élément anatomi(|ue: W action germicide; 0" action trophique (jénérale [vîi^xmc, <rynmastique, hydrothérapie) et locale (électricité, massa^^^e); 7* actions chirurgicales opératoires (telles <pie sai«;née, transfusion du snn«^s injection intra-vasculaire).

Nous ne pouvons passer en revue ici toutes les médications. Après avoir accordé quelques pages auv plus iuq)ortantes d'entre elh^s, les médications stliénique, antipyrétique, analgésique, antiphlogistique, antidyspnéique, choisies connue exemple, iu)us insisterons smtout sur les médications les plus «rénémles, [)ar suite ressortissant plus expressément ù cet artichî : les Médications de f infection et des troubles de la nutrition.

Méiucation sTiiiî.MQUK. — Kllc cst destinée à comhaltie Vadynamie qui peut accompaj^'uer les états infectieux, dette adyuamie p(uit être générale ou localisée. Dans ce dernier cas, elle intéresse tantôt l'appareil cérébrospinal (ataxo-adynamie) , tantôt ra|)|)areil cardio-vasculaire (adyuamie cardiaque). Lorsque l'adynamic survient insidieusement, évolue rapidement et sidère l'or^^anisme, elle constitue habituellement rex|)ression syuq)lomali(pie de la malignité. Deux princi|)aux éléments entrent en jeu, ce sont : 1*" V hyperpyrexie invoquée» par Ijiebermeister et les médecins allemands; 2* \ infection générale de l'organisme à laquelle se rattiiche Ilayem qui fait observer avec raison (pie l'adynamie domine assez souvent la scène pathologique alors que la lièvre est modérée.

En conséquence, les principales indications consisteront : 1" à faciliter l'élimination des produits morbides en activant les sécrétions et surtout les excrétions; 2° à réveiller l'activité cellulaire au moyen des stimulants cl des excitants; 3" à modérer l'altération de la nutrition des éléments anatomiques.

Un des grands moyens d'action de cette médication sthénique est de soutenir les forces des malades et de diminuer les déperditions de l'organisme. Ces principes, qui renversèrent la doctrine de Droussais, furent surtout mis en pratique par Chomel, Trousseau et Pidoux et, en particulier, |)ar (Jraves, qui voulait que l'on inscrivît comme épigraphe sur son œuvre la phrase suivante : « Il nourrissait les fièvres ».

[GiLBERT et BOiNST]

888 THÉRAPEUTIQUE GfLIÉRALE.

Cette médication sthénique a à sa disposition trois principaux moyens thérapeutiques :

1' La diététique (aliments liquides, surtout du lait; bouillon dé^^raiss*'* avec des jaunes d'œufs, thé de bœuf, jus de viande, bouillon américain, poudre de viande, viande râpée) ;

2"* Les agents médicamenteux. Citons en premier lieu Y alcool qui stimule surtout l'activité fonctionnelle des éléments anatomiques, du système nerveux et agit remarquablement dans les formes adynamiques des maladies aiguës, ainsi que Tout montré les premiers, Carmichacl, Graves, Stokes, Beutly, Todd. Ce dernier auteur a résumé ainsi son opinion à ce sujet : « L'alcool est le meilleur moyen de soutenir les forces vitales et il doit ses propriétés à son action excitante sur le système nerveux ainsi qu'à son oxydation rapide dans l'économie >. C'est la médication par excellence de Tadynamîe, à condition que dans nos climats on ne dépasse pas la dose de 50 à 80 grammes d'alcool pur par vingt-quatre heures. Parmi les médicaments stimulants, il faut signaler les essences (alcoolé de cannelle, de menthe, de mélisse, élixir de Garus), les ammoniacaux (acétate d'ammoniaque, esprit de Mindérerus), Véther sous forme de liqueur d'Hoffmann ou en injections hypodermiques, qui ont l'inconvénient d'être douloureuses et de provoquer parfois des névrites (Hayem), les stimulants fixes ou toniques (quinquina, amers, noix vomique), l'éther phosphorique, les glycérophosphates, la lécithine. Farrhénal, etc.

3*" Dans la médication sthénique entrent encore : 1" la révulsion hydrothérapiqno, les lotions vinaigrées, le drap mouillé suivi de frictions énergiques, les grands bains de 25 à 30 degrés avec affusion d'eau froide sur la tête ; 2"" les ventouses sèches sur le thorax quand il existe de la congestion pulmonaire.

Vadynamie cardiaque est un clément morbide qui prend une importance considérable vers la fin des maladies infectieuses. Si elle est trop prononcée, elle constitue une contre-indication aux bains froids. Ainsi, en 1878, dans un des hôpitaux de Paris où les typhiques d'un service éLiient plongés dans de l'eau à 5 ou 6 degrés, plusieurs d'rnlre eux, lorienient adynamiques. moururent avec des phénomènes syncopaux.

Les lotions froides, les révulsifs cutanés, les injections sous-cutanées de séniin artificiel, d'éther, etc., rendront des services dans les cas d'adynamie cardiaque.

La di}jjitale(*) combat moins bien les phénomènes cardiaques des maladies infectieuses, de la (lèvre typhoïde en particulier, que l'alcool, réther, la théobromine, la spartéinc et surtout la caféine qui est à la

(*) Vi>y. It'S rapports de Lander Brunton et Grocco. Sur l'action physiolugiqiic et thérapeuliquo. «io. la (liy:ilale ol «le s<'s |)rin(ipr's actifs (Section de pharmacologie), et celui de Yin Arnrii. Sur Irt.if actuel de nm «onnaissances sur les |)rincipe>< actifs de la digitale (Section de uiali.'fr mcilirnle). Congrf'H international de rnâdecine. Paris, août 1890.

LES TRAITEMENTS SPÉClFlUIiES ET LES MÉDICATIONS. 889

fois un tonique cardiaque et général, possède une action diurétique marquée et relève le système nerveux.

On pourra encore recourir aux injections sous-cutanées d'huile camphrée C'I.hi) pour 100, 'i*""* par jour), d'éther, de sparléine, aux préparations de musc qui, d'après Stricker, auraient des propriétés cardiosthéniques.

Quanta Topium, il agit insuffisamment sur la contraction cardiaque; aussi doit-il être surtout donné pour arrêter les selles trop abondantes dans les cas de collapsus algide.

Uadynamie cérébrale ou les phénomènes ataxiques des maladies infectieuses seront utilehient traités par la révulsion hydrothérapique qui consiste à asperger les malades d'eau froide pendant (|u'un aide les frictionne. Ces alfusions recommandées par Currie, Gianini, Trousseau, déconge^tionnent les centres nerveux, régularisent l'action nerveuse, entraînent une diminution passagère de la température, déterminent vers la périphérie un mouvement fluxionnaire susceptible d'empêcher les localisations sur les organes profonds de certaines maladies à manifestations externes (fièvres éruptives, rhumatisme). Dans ce dernier cas, il ne faut pas oublier que l'acide salicylique favorise le délire.

Parmi les agents médicamenteux, nous citerons le musc que Ton donne dans une potion à la dose de 0,50 à 1 gramme, l'opium sous forme d'extrait thébaïque, le bromure de potassium, le chloral. Loin d'exciter le délire, l'alcool le calme habituellement (Ilayem). Les aliénistes estiment qu'il est nuisible dans le délire chronique des alcooliques.

Médication antipyrétiouk. — La première indication consiste à combattre l'infection et la formation de matières pyrétogènes. 11 faut donc essayer d'agir sur la cause première dont dépend la fièvre. II sera encore utile de faciliter la combustion, la destruction, l'élimination de ces matières pyrétogènes et d'influencer l'action qu'elles ont sur le système nerveux. Pour atteindre ce second but, il sera nécessaire de soutenir le système nerveux affaibli et d'augmenter ainsi la régulation thermique, puis d'accroitre la résistance des éléments anatomiques qui modérera la consomption fébrile.

Le principal moyen d'action sur la thermogenèse est le bain froid, préconisé par liippocrate, Galien, Musa, Jackson, Currie, Récamier, Bartals et Jiirgensen (de Kiel), et vulgarisé par Liebermeister, Hrand et l'École lyonnaise. La température du bain doit osciller entre 15 et '20 degrés. Sa durée ne devra pas dépasser dix à quinze minutes et sera subordonnée à l'apparition de frissons avec grelottement et claquement des dents. La température générale du corps ne s'abaisse en général qu'après le bain et le moment dapparition de cette chute thermique est en ra|>port avec le degré de réfrigération. Aussi Liebermeister préfère-t-il des bains à 15 degrés, courts mais suffisamment renouvelés. En effet, la perle de calorique est plus considérable pendant les cin(j premières minutes et deux bains do dix minutes diminuent davantage la teiitpéra-

iOILBERT et BOINET ]

ture qu'un seul de vingt minutes. Enfin, le renouvellement des bains toutes les trois heures est nécessaire pour obtenir un abaissement utile et suffisamment répété do la température. On sait encore que raction réfrigérante est plus prononcée et plus durable, quand la température baisse naturellement, c'est-à-ilire vers le soir. Currie administrait de préférence les bains de six à neuf heures du soir. Du reste, Ziemssen cl Immermann, Leichlenstern, Liebermeister, ont trouvé que ces bains produisaient leur maxinunn d'eiïet à sept heures du soir ou dans la nuit. Jûrgensen donne jusqu'à 12 bains dans les vingt-quatre heures. Mîiis 5 à 6, bien administrés, suflisenl. Ziemssen a recommandé le bain à r>5 degrés progressivement refroidi à 20 degrés et d'une durée de vinjjt à trente minutes. Il équivaut à un bain froid à 20 degrés, de dix minutes de durée.

Les a ff usions froides sont plus désagréables que les bains froids; elles abaissent moins la température et ne peuvent être prolongées au delà de cinq minutes. Hrand les combine avec le bain.

U enveloppement froid dans le drap mouillé, le grand maillot luunide, est supérieur aux afl'usions froides et mieux supporté. D'apivs Winterriitz, quatre enveloppements successifs ont la même action réfrigérante qu'un bain de dix minutes à 20 degrés.

Ziemssen et Immermann représentent par la formule suivante la valeur antithermique des afTusions froides A, des enveloppements E, des bains progressivement refroidis P, et des bains froids F.

Ilippocrate connaissait les bons effets diîs Imins tempérés. On peut les donner à la température de 52 à 7)5" C; ils n'ont pas les inconvénients du bain froid; ils peuvent éhe prolongés pendant une heure et sont ulilrs aux malades trop faibles pour supporter une halnéation plus éner«,Mque. Si la t(Mnpéralure l'eclale ne dépasse pas 7)\),\), les bains tempérés i 28 degrés sont préféiables, suitoul chez les enfants et les personius nerveuses.

Le bain (Vaiv vanlé par J. S. llahn au \\\f siècle, puis |)ar Kaczarowski, l'application de vessies de glace (Franz. Riegel), le matelas d'enu (jlacée (Leube), la couverture réfrixjcrante (l)uniontpallier), les lavements froids fréqnennnon! renouvelés (Follz), sont des moyens autithermiques plus ou moins drlaissés actuellement.

Celte méthode réfrigéranle est indiipiée dans la lièvre typhoïde, le typhus, les lièvres éniptives, et (mi particulier la (ièvre scarlatine à forme hyperthermique, le rhumatisnu* cérébral, certaines pneumonies el broncho-pneumonies. Les hémorragies, l'adynamie cardiaque, lecollapsus. sont les principales contre-indications de leur emploi. Celte médication n'abrège pas la durée de la maladie, mais elle a l'avantage de diminuer |e nombre et la gravité des complications. Le mode d'action de la rêfri-

LES TRAITEMENTS SPÉCIFlQliES ET LES MÉDICATIONS. 891

gération a été diversement interprété. Le froid soustrait simplement du calorique (Liebermeistcr). II diminue surtout les oxydations qui accompagnent rabaissement tliermique et modère le processus nutritif proliahlement par Tintermédiaire du système nerveux (Ilayem) dont il régularise et augmente Faction.

On n'utilise plus guère, on pareil C4is, la saicnke dont on abusait jadi dans l'espoir, soit de substituer au sang (putride) enlevé par la pblébotomie un sang plus pur (médecins du xvin*^ siècle), soit de combattre directement Tirritation et le processus fébrile (Broussais).

Enlin, il est indiqué encore de favoriser la |)roduction des crises par lesipielles l'organisme essaie de se débarrasser des produits nocifs. La médication sudoriHque, le jaborandi, ont surtout été employés dans ce but, sans grand avantage, du reste.

Médicaments antipyrétiques, — L'une des premières places appartient aux sels de quinine (pii diminuent le nombre des pulsations (Kri(piet), la pression sanguine. A forte dose, ils arrêtent le cœur en diastole et déterminent une dilatation vasculaire par paralysie des nerfs vascidaires et du centre vaso-moteur (Schroffjunior), une augmentation de la fibrine, une dimimition des globules (Briquet), une rétention d'oxygène dans les globules (Manassein), la perte de la contractilité des leucocytes (Binz) et un îurêt de la diapédèse (pii n'a pns été constatée par Ilayem. La (piinine reLirde toutes les oxydations, elle porte particulièrement son action sur Tencéphale, elle peut déterminer du délire qui est tantôt bruyant, tantôt calme et même une paralysie incomplète des deux mend)res inférieurs. L'un de nous en a vu des exemples, au Tonkin, à la suite de nombreuses injections sous-cutanées de ce médicament. Elle excite les libres lisses, surtout celles de l'utérus, diminue le volume de la rate chez les paludéens. Elle n'agit qu'à fortes doses sur l'abaissement de la température chez les fébricitants (pii la supportent, d'ailleurs, fort bien. Cette diminution thermique atteint son maximum douze heures après rabsor|)tion de la quinine (ju'il est préférable de donner le soir. Les enfants supportent bien des doses élevées. Il est suptîrllu de raj)peler son action spécifique dans la fièvre intermittente. C'est une substîuice toxicpie pour les niicroorganismes et Bouchard la range dans les antizymoti(pies.

Les agents employés comme anlipyréti(pies sont extrêmement nombreux. Nous ne mentionnerons que ceux qui sont habituellement employés.

Vacille salicylique et h» salicylate de soude sont rapidenumt absorbés par l'estomac, ils passent au bout de huit minutes dans b^s urines. La durée de leur élimination est variable; elle peut servir à apprécier, comme nous Tavons fait dans une série d'expériences, la perméabilité rénale. Le salicylate de soude est deux fois moins actif que l'acide salicylique. Ces médicaments ont sur le systèiui» nerveux une action analogue à celle de la quinine. Ils n'agissent pas notablement sur le pouls, mais, à fortes doses, ils déterminent des accidents cardiaques, du collapsus ; à

[OILBCHT H BOINET]

doses moyennes ils augmentent la sueur et les sécrétions et exagèrent l'élimination, par les urines, de Turée et de Taeide urique. De plus, iU diminuent la température plutôt chez les féhricitanls que chez le< hommes sains. Le salicylatc exerce sur le rhumatisme articulaire aipu une action presque spécifique (Stricker). L'acide salicylique abaisse bien b température dans la fièvre typhoïde: le maximum de son action e>[ observé au bout de deux à trois heures, elle est peu durable. Les altérations rénales conlrc-indiquent l'emploi de ces médicaments.

Les lavements phéniqnés ne sont plus guère employés dans le traitement de la fièvre typhoïde; ils ont plus d'inconvénients que d'avantages.

La résorcine provoque un abaissement thermique très marqué, niais trop passager; de plus, elle entraîne des phénomènes cérébraux fâcheux. La kairine, la thalline sont tombées dans l'oubli. Ce sont, du reste, des poisons du sang.

Vantipyrine a l'avantage de produire des effets antithermiques sans présenter les inconvénients précédemment signalés. Son action presque élective dans la tuberculose a été établie par Dujardin-Bcaumetz, Dareniberg, Iliichard. Ce médicament échoue dans la fièvre intermittente. Il wl toxique à la dose de ^*^60 par kilogramme d'animal. Il détermine parfois une éruption érythémateuse, une sorte de rash. La durée de l'action antithermique de l'antipyrine est sensiblement égale à celle de la quinine.

La digitale abaisse la température et le pouls (Traube, llirtz). C'est un médicament antipyrétique infidèle. Elle expose à des phénomènes d'intolérance, lorsque la dose dépasse 1 gramme. Elle est surtout utile dans la pneumonie.

Du reste, tous ces agents antipyrétiques seront associés avec avantage.

Les indications de la méthode antipyrétique(*) sont multiples et varient un peu suivant que les maladies ont une évolution rapide ou lente. Ilans le premier cas, on administrera la quinine contre la fièvre interniilttMilt*: la salicylate de soude dans le rhumatisme et on n'appliquera la méJicatinn antipyréti([ue que si l'hyperpyrexie est marquée. On combinera, s'il y a lieu, la médication réfrigérante aux antipyrétiques (quinine ou anlipyriiie). Enfin, les bains tièdes, la quinine, l'antipyrine, suflisent dans les maladies à évoluti(m lente, ne s'accompagnant que d'une fièvre modérée.

Mkdication aintiphlogistique. — Elle est destinée à combattre rintlaiiimaticm qui est si souvent liée à l'infection; aussi cette médication estclle souvent combinée à la méthode désinfectante qui tend à l'absorber (le plus en plus et à juste titre, puisque en détruisant le microbe on fait généralement cesser rinllamniation.

On a renoncé à juguler les phlegmasies aiguës, comme la pneumonie: mais si on ne peut en abréger la durée, il est néanmoins possible d'atté-

(* Nu'MxNN, Sur rbvpcrllH^rniir cl la métiioation anlilliermiquc. Kjeiied. Sainl-PétersMr;, 1901. Vill, 77-81.

nuer retendue et la gravité des lésions et de modérer Tintensitc des symptômes. La médication antiphlogistiqne s'adresse aux divers éléments du processus inriauuuatoire : la douleur, la fluxion ou congestion, Texsudation dont elle gêne la formation ou facilite la disparition. Les principaux moyens employés sont :

I. La réfrigération locale obtenue par les irrigaticms froides, continues (Josse, Velpeau, A. lîérard, Nélaton, Malgaigne), les applications locales de glace. Le froid agit en provoquant la constriction des vaisseaux, en déterminant une anesthésie locale, en soustrayant du calorique et en gênant la puUulation microbienne. La compression locale a été préconisée par Velpeau. Les pansements isolants rendent aussi des services.

II. Parmi les substances chimiques utilisées par la médication anliphlogistique, un certain nombre appartient h la catégorie des agents désiiifectanls.

III. ViiTilation substitutive mise en honneur par Trousseau et Pidoux agissait fréquemment par le mécanisme de la désinfection.

IV. Une classe d'agents chimiques produit Vastringence, ce qu'on appelait jadis « un état tonique des tissus ». Ces astringents sont nombreux et sont représentés par le tanin et tous les produits végétaux contenant cette substance ou de facide gallique. Le tanin resserre les vaisseaux (Lewin), détermine sur les tissus vivants une sorte de tannage qui les rend plus résistants au processus putride (Ilayem), provoque la coagulation du pus, agit sur les inflammations du tube digestif, peut pénétrer dans la circulation après s'être transformé dans les voies digestives en un tannate alcalin qui est dépourvu d'action sur les matières albuminoïdes. Nous citerons comme autres agents astrictifs, l'acide sulfurique étendu et ses com|>osés, l'alun, les sulfates de fer et de zinc, les sels de plomb, l'acide gallique, la noix de galle, le ratcinhia, le grenadier, le cachou, la bistorte, la tormentille, les roses de Provins, etc.

En outre de l'action antiphlogistiqne locale de l'extrait de capsules surrénales nous mentionnerons :

V. Les agents physiques tels que le fer rouge, le galvano-cautère, les courants faraditpies.

VI. Les procédés mécaniques tels que le repos, la position particulière des parties enflammées, le massage.

A la médication antiphlogistique se rattachent encore :

VII. La provocation d'une inflammation spécifique, soit par le jéquirity, soit par l'inoculation du pus blennorragique.

VIII. Les injections intra-parenchymateuses d'alcool, d'iode, de nitrate d'argent, d'eau salée.

IX. Enlin les moyens locaux, qui déterminent une» action sédative ou résolutive (émollients, cataplasmes, fonuMitations, bains tièdes, applications narcotiques, etc.), ne doivent pas être négligés.

X. Parmi les agents résolutifs, nous indiquerons le sous-acétate de

[GILBERT •< BOINET.}

894 THÉRAPEUTIOIÎE GÉNÉRALE.

plomb, Teau de Goulard, l'alcool camphré, divers baumes, les isolants, b pommade mcrcurielle, Templàtre de Vigo, etc.

XI. La méthode spoliatrice consiste dans la soustraction du sang par la saignée, les sangsues, les ventouses scarifiées.

La sai(j)iée fut d'abord employée pour faire sortir avec le sang b matière morbifique : aussi |)ratiquait-on des saignées coup sur coup (Broiissais, Bouillaud), jusqu'à la disparition des phénomènes morbides. Bouillaud retirait de 2 à 4 kilogrammes de sang, en plusieurs jours. dan> le rhumatisme articulaire aigu.

Les eflets thérapeutiques des saignées se font surtout sentir sur le pouls. Si elles ne modifient guère le nombre des pu!^ations, elles agissent sur la force et la forme du pouls qui devient, dans certains cas, moins dur, plus ample, moins résistant. Lorsque la première saignée dite exploratrice nmena\i ce résulUU, les anciens médecins estimaient qu'ils avaient relevé « les forces opprimées » et qu'ils devaient persister dans Temploi de la lancette. Une large saignée est, souvent, utile dans certaines phle|îmasies thoraciqu(;s s'accompagnant de dyspnée intense. Elle a Tavanlage de diminuer Tafllux sanguin dans le poumon, d'abaisser la pression dans les veines pulmonaires, d'agrandir le champ respiratoire et d'atténuer la dyspnée. Cette saignée déplélivc soulage aussi k douleur thoracique: mais elle n'abaisse que momentanément la température de0*,5 à 1 degré. Elle est contre-indiquée dans les pyrexies; elle ne doit s'adresser qu'ani phlegmasies franches. La saignée n'a pas d'effet abortif et ne jugule p la pneumonie; mais chez un individu vigoureux, non alcoolique, atteint de pneumonie (ibrineuse avec dyspnée intense, elle diminue le point de côté, la fluxion, la gène respiratoire et constitue un bon moyen antieongestif ou dé|)lélif. Elle peut agir très favorablement dans certains easdr néphrite aiguë primitive en diniinuant la tension sanguine et la fluxion lénalc; dans ruMlème aigu du poumon chez les aorliques, les briglitiques. La saignée doit être abandonnée chez l'enfant et le vieillard (*).

Les sangsues présentent encore des avantages. Les grosses soustraient une trentaine de grammes de sang. Elles peuvent être appliquées sur un point (juelconque de la peau et des muipieuses (bouche, col de Tutérus). Elles seront placées sur des lieux d'élection bien spécifiés par Stnikei>. Binz et Mapother : à la racine des membres pour les inflanmiations pn»fondes de ces régions; à la région de Taine dans la syphilis, rappeiidicitf et Torchile; à Tanus dans la congestion du foie, de la vessie, de la prostate et même de l'utérus; au niveau des 7)'\ 4', »V espaces intercostaux gauches dans les péricardites: dans l'espace hyo-thyroïdien pour les maladies du larynx; sur l'apophyse mastoide dans les maladies des yeux; au niv(»au de l'angle de la mâchoire dans les maladies cérébrales et dans celles de la gorge.

;'; IUginsky, !.••> iridicil. <'l les coiitro-iiKiical. de la faigrnêc. Rapp. Xllf. Congr. int. mrd., sert, (hérap. pharm. méd. Pjiris, IIMU, 'J'25-257. — 1{atk)i, Rapport, olc, ti57-2r»l.

Les ventouses scarifiées Qnt,à la fois, une action déplélivc et révulsive.

XII. La révulsion a pour eiîets thérapeutiques de diuiinuer la douleur, la congestion, rintlammation. Elle a pour origine le principe hippocratique suivant : « Duobus doloribus sinud ohortis, non eodem loco, vehemenlior obscurai allerum ». Galien établit une distinction entre la révulsion et la dérivation ; mais leurs moyens d'action étaient h peu près seud)lal)les; seuls les points d'a|)plication diiteraient. ilunter les confond en une seule méthode.

Les principaux moyens rubéfiants sont : 1° les semences pulvérisées de moutarde noire que Ton emploie sous forme de sinapismes, de caLiplasmes sinapisés, de bains sinapisés généraux ou partiels; ^r Vammoniaque (pii entre dans la composition des liniments révulsifs; 7)" les acides faibles (acide chlorhydri(jue dilué, vinaigre); 4" Iv pinceau électrique; T)" les agents thermiques déterminant soit de la chaliMU' sèche ou rayonnante (sable chaud, éluves sèches, etc.). soit de la chaleur transmise ou humide (bains de vapeur, d'eau chaude); 0* le froid, Teau glacée; 7" les moyens //ic<Y/;i/r/wr.s : aquapuncture, frictions, flagellation, diverses vari^Hés de ventouses (sèches, scarifiées, de Junod).

La révulsion peut être encore obteime au moyen d'agents provoquant une éruption papulcuse. La petite ortie {urtica urens), la processionnaire {bombijx processionea), appartiennent à cette catégorie.

Parmi les agents susceptibles de produire une éruption vésiculeuse se trouvent riuiiie de croton, Tipéca, le Ihapsia, le révulseur de Baiinscheidt, la bryone.

Les vésicantSy tels ([ue Taunnoniaque, les cantharides, Teau bouillante, le nitrate d'argent, l'acide acétique, constituent les révulsifs habituels.

Le vésicatoire à base di; cantharide ordinaire (cantharis vesicatoria) est habituellement utilisé. Il a des quantités d'inconvénients dont les plus fâcheux sont la cystite et la néphrite. On peut les éviter en partie. Malgré la croisade (jui a été préchée contre ce mode de révulsion, il présente des avantages ipii ne sont pas à dédaigner, surtout s'il est utilisé d'une fayon o|)portune. Du reste, on sait (\\\c l'application du collodion cantharide détermine ranéune des portions sous-jacentes de la plèvre et du pouuKm.

liîi révulsion avec formation de phlyctènes peut être encore obtenue à l'aide du marteau de Mayor, de frictions sur la peau huun'difiée avec du nitrate d'argent, d'ai)plications iodées, du badigeon phénicpié de ilayem. Les agents provocpiant la pustulation, comme rein|)làtre de poix de liourgogne stibié, la ponuuade d'Autenrieth a based'émétique, sont d'un usiige peu courant. L'acupuncture, les injections hypodermi(|ues irriUintes ne sont plus guère employées actuellement.

Les cautérisations ignées avec le thermocautère de Paquelin, les congélations superficielles par le chlorure de méthyle sont d'une application courante. Les caustiques chimiques, les cautères, les vésicaloires 8up-

lOILBERT H BOINET.}

896 TUÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE.

pures à Ttiitle d'agents épispastiqucs, le selon, sont à peu près abandonnés.

La révulsion produit des effets cardio-vasculaires, respiratoires, sécrêtoires, thermiques et augmente les échanges nutritifs. L'influence du lieu d'application a une certaine importance. On cherche à obtenir des effeU révulsifs localisés qui se transmettent aussi à distance par un mécanisme analogue à celui du transfert dans les maladies nerveuses.

XIII. La médication antiphlogistique dispose encore des agents hypercriniques qui ont pour but de diminuer la masse totale du sang et la pression sanguine à Taide d'une spoliation séreuse ou hypercrinique. Ils agissent en excitant certaines sécrétions naturelles telles que l'urine, la sueur, la salive, qui soustraient au sang une partie de ses principes liquides ou salins. Hayem divise cette hypercrinie en simple et irritative ou révulsive.

Les hypercriniques simples sont les diurétiques, les sudorifiques, les sialagogues (jaborandi, errhins).

L'hypercrinie irritative ou révulsive s'obtient par les vomitifs et les purgatifs.

L'action vomitive consiste en une dépression cardio-vasculaire et nerveuse et en une excitation des sécrétions, consécutive à la congestion des glandes stomacales, du foie et du pancréas. Vémélique donné à doses élevées et considérables faisait le fond de la méthode dite contra-stimulante. Les continuateurs de Rasori auraient pu porter la dose d'éroétique à 5 et 6 grammes. Il convient de ne pas dépasser 0'',30 dans une potion de 150 grammes par cuillerée à soupe toutes les heures. On obtient ainsi une diminution du nombre des pulsations, un affaiblissement du choc du cœur, une diminution de la dyspnée et de la température. Donné aux doses préconisées par les partisans du contra-stinnilisine (Hrowii, Gallini et Uasori). réniétique peut provo(|uer des accidents multiples tcU que le collapsus. le choléra antinionial. Cependant, il faut reconnaître qur Téinéticpie manifeste surtout son action siu' la congestion des dernitrcs ramifications bronrhi<|ues et sur riiyperéniie du parenchyme pulmonaire: il diminue la lluxion active, facilite l'expectoration, rend des services dans les cas de bronchite eniphyséinateuse et de phlegrnasics thoniciques, sans affaiblissement (In vivwv.

De plus, réniétique provocpie une action hypercrinique et révulsive sur le tube digestif. Il agit aussi à la fa^on des purgatifs qui, tantôt entraînent une» spoliation séreuse comme les purgatifs salins, tantôt acct'lèrent les mouvements péristalticpies. Ces selles diarrhéitpies soustraient au sang des matières aqueuses et salines (»t déterminent son épaississoment : elles favoriseraient ainsi la résorption des épanchements. des produits inflammatoires, etc.

XIV. On rattachait jadis aux conlra-stinudants la méthode altcraulr. Tnmsseau et Pichuix ont l'ail un groupe spécial de ces niédicamcnt> (/'/«- /Y//i/.s qu'ils faisaient intervenir contre l'inflammation et d'autres processus

LKS TRAITEMENTS SPÉCIFIQUES ET LES MÉDICATIONS. Hf)7

morbides. Les plus imporUints sont les mercuriaux ipie Ton emploie soit localement, comme topiques, en frictions mercurielles, soit par la voie buccale. Dans ce second cas, le calomel est doimé à doses fractionnées, de manière à déterminer assez rapidement de la sdivation; h plus fortes doses, il a une action purgative, modifie le sang, le fluidifie même. Trousseau et Pidoux estimaient que ce dernier résultat équivalait h une saignée. 11 faut redouter les accidents du mercurialisme aigu (stomatite, ulcéi'ation des joues, des gencives, du voile du palais, des amygdales, périostite, nécrose du maxillaire, chute des dents, gangrène de la bouche, etc.). Il est probable que lorsque la médication altérante est utile dans les phlegmasies aiguës, elle agit en détniisant les microbes pathogènes et en neutralisant leurs produits de sécrétion : aussi a-t-on alors conseillé d'arriver rapidement à une sorte de satunition mercurielle de l'économie.

Le caloîuel a été prescrit encore dans un certiûn nombre de maladies chroni(iues connut», le rhumatisme articulaire chroni(|ue. Il a été utilisé comme cholagogue dans les affections du foie, il a été donné dans certaines phlegmasies chnmiques du tube digestif comme la dysenterie. 1/un de nous, (|ui était chargé au Tonkin d'un service de 120 dysentériques ou diarrhéiipies, n'a pas obtenu de bons effets avec »*e médicament administré de manières variées.

La méthode altérante comprend aussi les alcalins tpii, à hautes doses, auraient pour but de fluidifier le sang. On a prescrit de 2Uà 40 grammes, par jour, de bicarbonate de soude dans la pneumonie, la diphtérie, le rhumatisme, la goutte, le rhumatisme chronique (Vulpian et Charcot). Cette médication n'agit guère que dans cette dernièi'e aflection ; les urines s'alcalinisent assez rapidement, mais le sang ne subit pas les altérations de la cachexie alcaline.

Le nitrate de potasse, à la dose de 50 à 40 grammes, a été essayé dans le rhumatisme aigu (Brocklesby, 1764), dans la pltMirésie, la pneumonie. A ces doses, c'est une médication certainement dangereuse et d'un maniement difficile (llayem). Le nitrate de soude est préfénible.

En résumé, il n'existe pas de médication antiphlogistique générale abortive. Ni les saignées, ni les méthodes contm-stimulantes ou altérantes n"(mt pu atteindre ce but. Parfois, les processus infectieux primitivement locaux peuvent, an contraire, être arrêtés par la médication désinfectante directe.

\Y. Dans les maladies internes, la médication antiphl«igisti(|ue en est souvent réduite à rein|)lir les indications tirées : 1* de la confiestioti \ t>" de V exsudation ; 5" de la douleur.

I. On combattra la congestion par la saignée, les san«»sues, la révulsion, les antimoniaux a doses nauséeuses (tartre stibié, kermès), les vomitifs, s'il s'agit dune congestiim des voies «ligestiv»^- supérieures ou des ramilications bronchi(|ues, etc.

II. \à\ résorption de \ exsudation liée aux phlegmasies aiguës sera

PAinOLOGlB GÉSÉIULH. — VI. ;,7

iUlhBEHT et BOISET }

l'avorisiuî : I" par les vésicaloires qui devront être proscrits en cas de néphrite, It^s ventouses scarifiées, les ventouses sèches, les hadigeonnages à la teinture d'iode, les applications de pointes de feu; 2"* par les diurétiques, les purf^atifs drastiques, les sudorifiques. Si répancheinent ne se résorbe pas, il faut faire une ponction qui réussira mieux si le début de Finflammation est dijà éloigné. Dans les pleurésies tuberculeuses, la Ihoracentèse doit être retardée autant que possible, carie liquide contient (Ml pareil r^is des substances empêchantes dont il convient de ne |>iis priver le malad(^ (les données sont assez théoriques, car nous avons vu ass(»z souvent que la ponction des pleurésies non tuberculeuses entraîne une diminution <le la température, des sueurs, et hâte la résorption du liquide pleural.

Les injeeti(»ns consécutives de liquides irritants ou modificateurs son! indiquées dans les épanchements dépendant de lésions presque hydropiques comme Thydrocèle.

. Les épanchements purulents doivent être évacués promptement et largement, dans les points les plus déclives.

>Iédicatiol\ A.NALGÉsiQLTi:. — Calmer la douleur est faire œuvre divine, a dit Hippocrate. Cet élément morbide si important est surtout calmé par Vopium. « Sans opium, pas de médecine, » avait-on coutume de dire au siècle dernier. Les usages de la morphine sont trop connus pour que nous insistions. La codéine a une action calmante qui est surtout utilisée dans la médication de la toux. La narcéine jouit des propriétés générales de la morphine sans en avoir les inconvénients. La combinaison des narcotiques (morphine seule, morphine et atropine, chloral chloral et morphine) au chloroforme permet d'obtenir une anesthésie mixte que Ton peut prolonger impunément pendant les longues opémlions. On a vanté îiussi l'emploi combiné du protoxyde d'azote et d( l'élher, du chloroforme ou de lélher avec l'alcool, du chloroforme et do l'éther, du diuiéthyiacétal et du chloroforme, de l'oxygène et du chidlolorme.

La douieui" est encore combattue par les solanêcs viveuses et leurprincipes actifs (belladone et atropine, stramoine et daturine, jus(|uiame v\ liyosciainine, hyoscine, solanine, solanidine), par les venoncularées (aconit et aconiline), par les ombelli fèves (ciguë et conicine), par les Uujaniacées (gelsémium et gelsémine), par les colchicacêes (cévadille. vératrine). La cocaïne administrée intra, en injections sims-cuUmêes, intra-niéningées(*), mérite une mention spéciale. C'est un médicanienl (|ui doit être manié avec les plus grandes précautions.

Parmi les agents de la série aromatique qui possèdent des propriétés

•; Voir à CI sujet : Nicolaf.xkoff, I/îmcî'tlu''<ïic par la coraïiiisalion do la moflle. Thèse fir Von'ff. !.. Woyr, lîKM), iii-8, ii" o?<, el les publications dcr Tckfieh. Sklvru, otc. — Dkleet, !»• iamsllir-ic par injt'cliuus inlra-raclii<lii'imes de cocaïne. Journal des Praticiens. |»ari<, 191»». \IV. ()r>7. — I.K.i Kl-, De raneslliésic par riujeclion lombaire iiitra-ractiiaienno «if coi-aino i: .Iriuaïnc. Presse médicale. I»aris lOOlK II, !2{M>-5(»t>.

LES THAITKMENTS SPÊCIFIOIKS ET LES MÉDICATIONS. Si»<)

sédatives, nous émmiérerons la rptinine, Vanlipyrine, Yacélanilidey la phénacétine, la mêthacéline, VexaUjine, Ces inédieamcnts sont à la fois nervins, antiseptiques et antithermiques. Les dérivés hydratés sont surtout antiseptiques, les amidogénés sont antithermiques, enlin les substances formées par le remplacement d'un atome d'H |)ar une molécule d'un radical (par exemple le méthyle) ont une action analgésique dominante.

La médication de la douleur est complétée par les hypnotiques tels que le chloral, la morphine, Vhyosciamitie, Vhyoscine, la paraldéhyd(\ Vhydrate d'amylène, Xurëlhanc, le sulfonal, Vhypnone, le chloralamide, YuraU le somnaU Vhypnal, le méthylaL le chanvre indien, la cannabinej le jnscidia erythrina, Véthoxycafëine, etc.

La MÉDICATION ANTiDvsPNÉiguK a pour but, soit d'impressionner les centn»s respiratoires par des poisons à action centrale ou vaso-motrice, soit de modifier la teneur du sang en oxygène et en acide carbonique au moyen de substances spéciales.

Les agents de la médication générale antidyspnéique sont les iodures alcalins, qui exercent des effets vasculaires, trophiques, légèrement diurétiques. 11 faut les donnera doses bien calculées pour éviter les accidents (Viodisme aiyu, Viodure de potassium est indiqué dans Taslhme, la dyspnée des emphysémateux, des bronchitiques, des cardiaques; il agit, d'après G. Sée, en liquéfiant les produits du catarrhe bronchi(pie, en développant une hyperémie |U]lmonaire, qui supprimerait la stase du sang veineux en irriguant plus activement le cœur et en relevant et en tonifiant Faction cardiaque. Viodure de sodium, d après Sée, produit les mêmes résultats dans la dyspnée. L'iodure de caféine agit favorablement.

Dans les cas de dyspnée à action centrale, il convient de donner Véther et le chloroforme pendant Taccès; le chloral (îst utile dans Tasthme vrai, soit au moment des crises, soit |)Our les prévenir. On a donné avec avantage, comme dépresseui-s du pouvoir excito-moleiir de la moelle, la grindelia robusla, la pyridine, le quehracho, la lobélie. On peut encore employer les cyaniques, qui influencent surtout le centre respiratoire: les inhalations d'o.ryyène qui, en augmentant la teneur du sang en oxyhémoglobine, diminuent Texcitabilité des centres respiratoires el Tasphyxie d'origine dyspnéiipie. C'est en calmant l'excitabilité des nerr> sensitifs (jue les dyspnées d'ordre réflexe sont atténuées par Vopium, la morphine, ïatropine, la cocaïne, les inhalations d'acide carbonique, les principes actifs de la ciguë, Vhyosciamine, le datura, etc. Enfin, les nilriles d'amyle, de sodium et la nitroglycérine exercent sur les centres res|>iratoires une action vaso-motrice de nature à calmer la dyspnée. L'arsenic convient aux états dyspnéiques chroniques. La digitale est for» utile dans les dyspnées cardiaipies ou pulmonaires en activant la circulation pulmonaire. Les expectorants, tels que Tipéca, la gomme ammoniaque, diminuent la dyspnée en désobstruant les conduits aériens. La rëvulsion est indiquée pendant les accès dyspnéiques. l^ aëroiliérapie

laiLBERT et BOINET ]

900 TIIÉRAPEITIQI E (;f:.\KRALK.

donne parfois des résultats chez les eniphyscMnateux. La cure hydrominérale procure aussi des avantages marqués.

Médication ANTrsEPTiQUE. — D'après Behring, il existe deux groupes de maladies infectieuses. Le premier comprend les infections toxiques dues h la pénétration dans l'organisme de poisons bactériens préformés: dans le second, on peut ranger les infections parasitaires. Cet auteur désigne même, sous le nom de toxines infectieuses, tous les poisons vrais, qu'ils soient d'origine animale (venins) ou végétale (phalline. abrine, ricine), lorsqu'ils se comportent comme les toxines infectieuses microbiennes au point de vue chimique, ioxicologique, biologique. Celte définition ne se rapporte qu'aux précipités cristallisés (tétanine de Brioger), et pas aux alcaloïdes, ni aux ptomaïnes. Rejetant avec raison la classification des médicaments employés contre les maladies infectieuses en immunisants et curatifs^ Behring les divise suivant leur mode d action :

( symptomatiques, MfW.aments. . ( isopathiquos.

( éltologtques . . . ] '^ ^ spécificjuo'*

f désinfecta ni s . . 5 * î ...* ^ ( non spécifiques.

Les médicaments symptomatiqties n'agissent (jue sur les symplonies: ils font partie de la pharmacopée ; ce sont les plus employés.

Les médicaments étiologiqnes visent la cause morbifique (la substance infectieuse); tantôt ils ont des rapports de parenté ou une identité avec l'élément morbigcne [médicaments isopathiques) et agissent s<ul directement, soit par l'intermédiaire de la cellule vivante; tantôt ils sont destinés à neutraliser la substance infectieuse (médicaments désinfectants). La thérapeutique isopalhiqve a une grande importance : elle met à notre disposition les vaccins, les sérunis préventifs ou curateurs (pii constituent une médication spécifique de certaines maladies infectieuses, dont nous avons déjà indiqué l'origine, les principes et les applications prati([ues. Elle complétera le traitement de l'infection primitive ou secondaire considérée soit comme affection initiale, soit cinnme complication d'états morbides antérieurs.

La Ihérapeulique générale de f infection a été <léjà étudiée, dans !•' tome H, par M. Charrin, (|ui a passé successivement en revue : 1*^ la ///<rnpcutique naturelle et les défenses de V organismes 2** les vaccinalions, \es vaccins figurés et les vaccins solubles; o** la thé râpent iqw curative, les toxines, la bactériothérapie; i"" la sérothérapie en ^jénrnil et Yimmunité naturelle et acquise.

Pour éviter les redites, nous serons obligés d'abréger l'élude de as données générales sur les(pielles on trouvera encore de nombreuses imlications dans le traité de thérapeutique des maladies infectieuses dr Bouchard, le livre de Lindouzy('). un important mémoire de Behrin^i »'l le traité des maladies infectieuses de Boger.

'; Lwitm /.\. Lr.s Si'rotliêiffjtirn. Paris, 1SÎ)S

Los di'couverles de Pasteur ont préparé la réforinc en mtHleeine; elles ont démontré expérimentalement le pourquoi des maladies; elles ont fait connaître des agents thérapeutiques empruntés au rè|j:ne animal et aux a«i:ents microbiens (virus atténués, vaccins); elles ont perfectionné la médecine et la thérapeutique pathogéniques. L'antisepsie chirurgicale (Lister) a fait disparaître la septicémie, la gangrène, la pourriture «rhopilal, qui étaient tellement fréquentes, à un moment donné, que les plus grands chirurgiens disaient que toute incision était une porte ouverte à la mort. Avec l'antisepsie obstétricale (Tarnier), la mortalité des femmes en couches dans les maternités est tombée de 9,7) à 1,1 pour 100. D'après Pinard et Wallich (*), la mortiilité totale des accouchées hospitalisées a été de 0,52 pour 100, et la mortalité par septicémie de 0,18 pour 100 dans Tannée 1894. Enfin, les doctrines pastoriennes ont donné naissance aux traitements préventifs de la rag(», à la sérothérapie préventive du tétanos, à la sérothérapie curative de la diphtérie,' de la peste, etc.

Généralités. — La médication antiseptique s'adresse non seulement aux manifestations aiguës de Tinfection, mais elle évite et écarte encore les allections chronicpies qui surviennent, lorsque la cause infectieuse r(»sle |)erinanente.

I. La |)remière indicaticm doit consister h sup|>rimer d'emblée le point de départ de Tinfection. Ce principe a une grande portée dans le traitement du tétanos, de la pustule maligne par exemple; il est journellement appliqué en chirurgie : quand on draine des abcès, on enlève les produits tuberculeux ou cancéreux, on donne issue aux collections purulentes qui se forment dans les séreus(»s, etc. Aussi, en pareil cas, la temporisation est-elle parfois fiitale aux malades. C'est pour cela que les médecins «levraieiit savoir pratiquer toutes les opérations d'urgence. Ainsi, comme le disait fort justement Bouchard (*) : « Les principaux progrès accomplis en thérapeutique sont relatifs à la thérapeutique locale, laquelle le |)lus souvent vise des maladies infectieuses locales ou localisées, parfois aiguës, souvent chronicpies. »

II. A la réalisation de ces desiderata s'ajoute l'antisepsie générale tpii permet d'inlluencer le nombre des microbes en ralentissant leur pullulalion, de modifier la nutrition de ces microorganismes, d'atténuer ou de supprimer leur virulence.

Du reste, ratténualion des maladies infectieuses s'est opérée par suite des progrès do la civilisation; on i)eut citer comme exemple la syphilis et la lèpre. Par contre, l'absence de défrichement exalte la virulence du poison palustre, et l'un de ncms a vu au Tonkin des agglomérations d'hommes décimées quelques jours après avoir essayé de labourer un sol inculte depuis de nombreuses années. Nous n'insisterons pas sur des

■*) PiXAiin l'I Wvi.Licn. Trailrmrnf dr i'nifrctioH pitrrpt^rair, 18tM), p. 5. (*) Bouchard. Thrrajtrtifit/nr tirs mninflirs infect ieime*t IH89, p. II. t?l Ilt'vuo critique sur les anliscptiqucs. Ami. dr ilust. l*fiHlt'Ui\, 188U, p. 071.

iOILBERT et BOINET}

902 THÉRAPEUTIOtE GÉNÉRALE.

exemples analo<(ues observés dans la campagne romaine, en Algérie H même dans le delta du Rhône.

III. L'antisepsie appliquée rigoureusement et à temps influe sur \v nombre des microbes cl sur la gravité des maladies. Les recherches ilt* Charrin ont montré les différences de résultats suivant les doses de cultiin^ pyocyaniques inoculées. C'est ainsi que le nombre des bacilles pyonnni- ((ues inoculés ou la quantité de pyocyanine injectée a une action sur la durée de la maladie, sur l'intensité des symptômes (fièvre, albuminurie).

IV. 11 existe aussi une série de variations dans les phénomènes morbides, suivant le mode d'inoculation et la morphologie des microbes injectés. On sait que les agents qui chmigent la forme des microbes s'opposent souvent à leur pullulation. On connaît aussi l'influence des antiseptiques, du naphtol, en particulier, sur la chromogénie du pyocyaniqui* et du vert fluorescent. Le prodigiosus perd sa fonction chromogêru' quand il est privé d'oxygène (Roger, Wernich).

Enfin, la vindence peut être atténuée par les procédés de Pasteur. Chauveau, Arloing. Elle est, en effet, mobile et changeante; elle est la résultante de propriétés diverses.

V. Les microbes peuvent, en effet, causer des désordres dans l'organisme, soit par des actions mécani(|ues (nécroses par embolies), soit pat des actions traumatiques, soit en entrant en concurrence vitale avec le;; éléments anatomiques, soit en produisant des intoxications. C'est surtoul Tauto-intoxication par putridité intestinale qui joue un rôle importani bien mis en relief par Bouchard, et qui crée des maladies, depuis Teui barras gastri(|ue et la simple indigestion jusqu'à Fintoxication putride i plus grave. Du reste, la part qui revient aux poisons solubles sécrétés pa les microbes est établie par les recherches de Toussainlr, Cliauvcau, Pas teur, par la transmission au lapin des symptômes du éludera à la siiil d'injection intraveineuse d'urines de choléri(|ues (Bouchard), par I découverte de la typhotoxine (Brieger), par les symptômes d'intoxicatit» provocjnés par les injeclions des cultures pyocyaniques (Charrin). On tïbservé aussi la transmission des synqHômes de la maladie pyocyaniqii au lapin par Tinjection de l'urine d'animaux atteints de la même maladit On connaît les recherches de Bouchard sur l.i présence dans les urines d pt)is(>ns ral)ri(|ués par les microbes an cours des maladies infectieuse (choléra, tétanos, pneumonie), ainsi que les expériences de Roux et Chani herland avec la culture stérilisée du vibrion septique.

Les ferments solubles provenant des microbes agisst^nt non seulemoii sur les cellules du voisinage, mais encore, à dislance, |)ar l'interniédiair de la circulation. Il se produit, d'autre part, une réaction vitale de I cellule animale et de l'organisme (Uilier contre les poisons fabriqués pa les microbes. Il en résulte des lésions locales qui persistent après l guérison de la maladie. « Condjien de maladies du cieur, des gros vais seaux, (les centres nerveux, des reins, qui reconnaissent pour cause, ili Houcliin-J, une pneumonie, une scarlatine, une variole, une diphtérie

une lièvre typhoïde, qui semblent sommeiller pendant lonjj^tcuips, mais qui marchent graduellement et aboutissent au bout de vinjjjt ou trente ans aux accidents les plus graves. Surveillez le microbe, ajoute-t-il, mais n'oubliez pas l'organisme et ses réactions. Glorifiez les progrès récents, mais soyez assurés cpie tout ne date pas d'hier et qu'il y a encore une médecine. I^a connaissance des réactions de l'organisme contre les causes morbifiques est encore aujourd'hui, comme au temps d'Hippocrate, l'essence même de la médecine. »

VI. La thérapeutique générale doit toujours favoriser la rtraction et augmenter les moyens de défense de l'organisme contre les microbes et leurs produits. La virulence n'est pas la maladie. A côté de la réaction locale des cellules contre les microbes, il fiuit considérer la réaction générale de l'organisme. Il existe à l'état normal des substances bactéricides qui ont la propriété de gêner, d'entraver le développement des microbes, d'en troubler les fonctions et de les atténuer. Cette augmentation de résistance de l'organisme est aussi accrue par les substances antitoxiques qui, en imprégnant les cellules, leur permettent de se laisser moins influencer par les toxines, il en résulte que ces modifications humorales ont le double avantage d'accroître le rôle protecteur des cellules et d'affaiblir le microbe qui doit encore subir les assauts de la phagocytose, des leucocjies, des cellules fixes des tissus, des clasmatocytes (cliimiotaxie positive). Parmi ses modes de défense se place en première ligne l'impénétrabilité de Tépiderme et des épithéliums à Tétat sain. Bouchard a insisté sur la prédisposition créée à certaines infections par un mauvais fonctionnement de l'estomac. La dilatation de l'estomac influe sur le développement de la fièvre typhoïde.

VU. On a essayé d'augmenter le rôle phagocytaire des leucocytes dans la destruction des microbes au moyen des abcès de fixation consécutifs à des injections sous-cutanées d'essence de térébenthine. Si ce procédé thérapeutique est de nature à accroître le nombre des leucocytes, il n'a pas eu une influence marquée sur l'évolution des broncho-pneumonies contre lesquelles il était employé. Les ganglions lymphatiques arrêtent les microbes et l'on connaît la part dévolue dans le phagocytisme aux poumons, à la rate, à la moelle des os, au corps thyroïde, aux amygdales, aux cellules endothéliales des vaisseaux.

Vlll. Il existe, après la pénétration des microbes dans le sang, une période de recueillement, pour employer l'expression de M. Bouchard, pendant laquelle ils soutiennent une lutte intra-cellulaire. La thérapeutique générale a pour but de fixer les conditions destinées à rendre victorieuse la cellule humaine; car, dans les conditions actuelles, elle n'a que peu de prise sur le microbe. S'il est plus énergique, s'il se multiplie, l'infection continue. Mais l'intoxication de tout l'organisme a été produite longtemps avant que le microbe pathogène ait infecté le sang. C'est uni» indication importante que doit remplir encore la thérapeutique générale. En effet, la thérapeutique des maladies infectieuses ne (*onsiste \ms sim-

[GILBERT et BOINET}

904 TlIÉRAPECTrQUE GÉNÉRALE.

ploinent à iiior le microbe à Taide d'un (iiitiseptitiue. Elle y arrive dan> quelques circonslances exceptionnelles, lorsque le fer rouge ou un caustique quelconque peut détruire directement l'agent infectieux encon» localisé (pustule maligne, charbon, chancre phagédénique, etc.).

Souvent, nous venons non seulement en aide à l'économie em^hie par les microbes, mais nous pouvons diminuer leur vitalité et amoindrir leur virulence.

I^. La décroissance des maladies infectieuses tient moins à Fallénuation des virus qu'à une augmentation de Timmunité des hoiumps explicable surtout par Tliérédité. Par la vaccination, on utilise, |K)ur ain$i dire, la maladie contre elle-même. On applique ainsi à la thérapeutique le» procédés de la guérison spontanée. Le médecin ne détruit les microlies que lorsqu'ils sont localisés dans un tissu accessible. Le plus souvent, dit Bouchard, Torganisme à lui seul immobilise les agents infectieux {microhisine latent) et les détruit sans notre secours. Les moyens hygiéniques sufiisent pju-fois à faire perdre la prédisposition morbide. (On peut citera Tappui de ce fait l'immunité acquise par les moutons français transport(*s cri Algérie.) Ils empêchent Forganisme de contracter des maladies, kt tuberculose en particulier: ils contribuent même à la guérison. C'est le principe des sanatoria. Aussi la thérapeutique générale doit-elle écarter toutes les conditions défavorables, telles que la privation d'air pur. Tabsence de soleil, rinsuflisance alimentaire, etc., donner des agenU capables de modifier la nutrition, comme l'ai'senic. les iodures, et fournir les spécifiques (mercure, quinine, salicylate de soude) qui seuls sont considérés comme réellement curateurs.

X. Elle aura encore recours aux antiseptiques. Ce sont, dit Bouchard, des agents qui impressionnent la vie, la multiplication, le fonctionnement des microbes, en agissiuit directement sur eux et non indirectement pr iitodification de l'organisme. Il est évident qu'au point de vue théra|M'utique ces substances doivent agir sur le microbe à des doses (|ui m soient pas nuisibles à riiomme. Lorsque l antisepsie est locale, elle vieiil exercer une action plus directe, plus énergique et plus profonde. Telli Vil Tanlisepsie chirurgicale. Elle peut utiliser la chaleur, et Aubert ;i montré (ju'nne température de 40 degrés parvient à détruire la virnlenc» du chancre mou. Il ne faut plus compter sur l'action favorable qui Ivmnierich, Pawlowsky, Zagari, avaient attribuée à riiyperthermie due i l'introduction du streptocoque dans les cas d'infection charbonneuse. INous n'insislerons pas sur lantisepsie évacuatrice qui consiste à délwrnsseï' rorganisuiedesmiciobes, soit par incision (abcès, empyèuu', etc.). soit |)ar lavages ou injections, soit par rem|)loi des vomitifs, lavements ef purgatifs. Enfin, la chirurgie tend à substituer dans la mesure <lu possible l'asepsie simple à l'antisepsie, (hj sait, en effet, (pie les antiseptiques à faibles doses diminuent la résistance des tissus et favorisent ainsi le développement des microbes.

H est inutile d'insister sur les avantages fournis par le^^ irrigations

LES TRAITEMENTS SPfXrFIQUES ET LES MÉI)ICAT[ONS. 905

ilîuis les plaies anfmctiHîuses, (hins les séreuses, dans le vagin et rutérus, dans le <çros infestin et restoniac. L'antisepsie de la peau est le premier acte de l'intervention ehirur<ricale. On a renoncé à la pratique de Lister, (|ui essayait, au moyen de pulvérisations phéniquées, d'écarter les microbes (lu champ opératoire. La rareté des attouchements des plaies, la stérilisation des instruments et des objets du pansement complètent les précautions antiseptiques. Il est indiqué de pratiquer avec un soin excessif l'antisepsie particulière des réservoirs ou des conduits qui peuvent déverser leurs sécrétions contaminées et nocives sur les plaies voisines du vagin, du rectum. C'est pour éviter les dangers de cette contamination (pie M. Tripier a proposé, dans certains cas, la colotomie préalable.

Il y a lieu aussi de rechercher Yanlisepsie intestinale directe chez les accouchées, chez les malades qui vont subir une opération sur l'abdomen. On sait, en effet, que h^s microbes du contenu intestinal peuvent transsuder à travers les parois d'un intestin (pii ne présente aucune solution de C(mtinuité. Ainsi, dans la sérosité d'un sac herniaire, on trouve des microbes, sans ulcération de l'anse intestinale. En résumé, l'antisepsie exige : 1** que les liquides destinés aux lavages soient bouillis, stérilisés ou rendus aseptiques par l'addition de substances diverses (bichlorure, biiodure de mercure, acide phénique, naphtol) ; 2^ que l'écoulement de la sérosité post-opératoire soit facilité par le drainage et par une h^gère compression.

Si la plaie est contamin(';e, l'emploi des antiseptiques à doses suflisantes est indispensable. Ils doivent agir sur les microbes et sur leurs ferments solubles. On fournit à l'organisme un adjuvant utile (^n le débarrassant de ces produits, soit en augmentant l'activité du foie vX des oxydations interstitiell(»s, soit en facilitant leur élimination par les divers émonctoires (poumons, intestin, peau, reins). Mais il ne faut pas oublier, dit Bouchard, qu'il y a place dans la th(Tapeutique générale des maladies infecti(3us(»s pour une thérapeutique physiologi(pie ([ui vise non pas le microbe, mais l'orgimisme. Il faut se souvenir aussi qu'alors que le microbe est mort la maladie n'est pas (inie, et bien des maliidies chroniques du cœur, des centres nerveux, du système artériel, des reins, ne sont (pie les s(»quelles dt»s maladies infectieuses. Du reste, Charrin a reproduit expérimentalenuMit ces basions avec les produits solubles du bacille pyocyani(pie.

Dans la thérapeutique des maladies infectieuses, dit liouchard, l'antisepsie [U'oprement dite, c'est-à-dire la lutte contre le microbe, n'est tpi'un des éléments du problème à résoudre, il faut s'occuper toujours de l'bonune avant, pendant et après la maladie.

Des antiseptiques, — A propos de cha(pie antiseptique, il est nécessaire de connaître : son pouvoir antisepticpie et scui pouvoir toxique. Kn prati(pie. on ne doit |kis chercher que le milieu vivant devienne absolument stérile, mais il suffit de le rendre impropre à la pullulation (*t à la vie du microbe. Heureusement pour la thérapeuti(pu', dit

iOlLBEBT et B0INET:\

Bouchard, les microbes pathogènes sont en général les phis sensibles à l'action des antiseptiques. A propos de chaque microbe pathogène, il faut déterminer Tcquivalent antiseptique de la substance qu'on essaye v\ mettre en parallèle Téquivalent toxique C), A ce propos, il sera indispensable de préciser successivement la dose qui retarde la germination dos microbes, celle qui l'empêche d'une manière absolue, la dose qui ralentit leur développement, celle qui l'arrête complètement, la dose cpii stérilise les microbes tout en les laissant vivre, enfin la dose qui tue.

Outre ces équivalents toxiques qui varient suivant les espèces aninialt*s, les âges et les individus, il faut rechercher les équivalents thérapeutiques qui correspondent aux doses provoquant les premiers sjTiiptônies physiologicpies, les premiers troubles fonctionnels. Les injections intra-veineuscs permettent seules d'expérimenter avec toute la précision désirable la toxicité des substances; l'absorption est plus rapide que par les voies digestives. sons-cutanées. Il faut établir une grande distinction entre les injections faites dans les veines périphériques et dans le système porte: car les matières perdent une partie de leur toxicité en traversant le foie. Il «^t nécessaire de pousser l'injection assez rapidement, avec une \-ilessi' constante (1 centimètre cube en deux secondes), de ne pas se servir d'une solution trop diluée pour éviter d'injecter une trop grande quantité de liquide, d'employer l'eau et mieux le sérmn artificiel comme dissolvant, et de tenir compte de la toxicité des divers alcools et de la glycérine servant de véhicules à ces produits antisepti(pies.

De la valeur antiseptique et toxique des corps, on peut déduire leur valeur thérapeutique. L'examen comparatif des pouvoirs antiseptique et toxique de cinq médicaments (bichlorure de mercure, naphtol a, naphlol ^. créosote, acide phénique) permet de conclure, dit Bouchard, que le plus puissant des antiseptiques est celui dont la valeur thérapeutique est la plus faible. Le plus énergique antiseptique, le bichlorure <le mercure, est l'un des plus mauvais médicaments, puisqu'il est le plus toxique. Par lontre, dit Bouchard, le naphtol est plus nuisible pour la cellule végéUilr parasitaire que pour la cellule animale. Certaines essences, déjà enq)loyée> par les Égyptiens dans les embaumements et étudiées par Chamberlainl d'après leur action sur la bactéridie charbonneuse, ont un pouvoir antiseptique marqué, parfois comparable à celui des siîIs mercuriels, supc'rieur à celui du naphlol. Il n'y a pas de parallélisme entre la toxicité d'un mélange de substances antiseptiques et la puissance antisepticpie de le mélange. La différence est souvent à Tavantage du pouvoir antiseptique (*).

Dans le choix à faire parmi les antiseptiques, il faut tenir compte du genre d'antisepsie que Ton recherche (antisepsie générale ou en surface».

/) BoiciiAHD. /or. rit. (ioinploxitc ilc l'iHude ties anU>C|)li<|ues, p. *2ir>, ol I.»: (iF.M>nE, Trait-' piaiiqur dr l'anfisr/isic.

*) IJdif.HAun, (.oiigrcs de Coprnfuigue, t8S4.

id, dans ce dernier cas, de Félt^ndue des surfaces d'absorption ; de leur diction irritante qui varie suivant les diverses régions de la peau, de leur pouvoir nécrosique, etc.

Thérapeutique appliquée. — L'application de ces données générales doit être faite à Fantisepsie des différents organes et appareils.

Vantisepsie de la peau a été pratiquée dès la plus haute antiquité, <*omme le montrent les prescriptions de Moïse; il faut éviter les antiseptiques qui provoquent, au bout de peu de temps, la desquamation. Le naphtol donne de bons résultats contre le psoriasis versicolor, le pityriasis orbiculaire, Finterfrigo, Feczéma sec, à la dose de 40 grammes pour 200 litres d'eau; il évite, dans le cours de la fièvre typhoïde, la <^ontagion des furoncles et de Fecthyma. Cette antisepsie de la peau permet encore d'éviter les affections qui peuvent se propager par les «xcoriations, insignifiantes en apparence, comme la tourniole, le panaris, les phlegmons, Férysipèle, l'infection purulente et même le tétanos.

L'antisepsie des organes génitaux a aussi une grande importance. Dans les cas d'atrésie du prépuce, on devra faire des injections et des lavages avec des solutions de permanganate de potasse, d'acide borique, de naphtol, de nitrate d'argent, et recourir, au besoin, à la circoncision. Le vagin, dont la flore microbienne est si variée, réclame une antisepsie rigoureuse. Elle doit précéder Fantisepsie, plus importante encore, de l'utérus, ([ui devient indispensable à la suite des opérations, des accouchements. Tarnier a bien fixé les règles de cette antisepsie obstétricale, qui a donné des résultats vraiment remarquables. Dans les eus <l'infection intra-utérine, les injections répétées, employées au début, peuvent amener la chute de la température et le retour à la santé. Lors- <ju'il existe des débris placentaires infectés, un curettage prudent est de règle. Si l'infection tend à se généraliser, Fhystérectomie complète (') est la dernière chance de salut, car elle supprime le foyer d'infection. Les recherches suivantes et inédites, faites par l'un de nous, prouvent que les éléments infectieux restent localisés pendant un certain temps dans la muqueuse utérine et dans les parties adjacentes du plan musculaire. On peut ainsi enlever ce foyer d'infection avant que ces produits infectieux se soient généralisés. Deux observations personnelles sont intéressantes à ce point de vue. Dans la première, l'examen bactériologique a montré que la mu(|ueuse utérine contenait de nombreux bacilles <.*ourts, des chaînettes de streptocoques décolorés par le Gram, tandis <|ue les ensemencements faits dans les mêmes milieux avec le produit 4lu raclage de la partie profonde de l'utérus et avec le mucus contenu dans les trompes sont restés stériles.

La conclusion est nette : dans la première période de l'infection puer-

(') ToFFiER, De riiysU'rcclomic ilaiiî» riiifcction puerpérale ai^ë. Gazelle dex UApitaïut, 1899, p. 788, 795. — !x)Xgcet, De riiystérecloniie dans la seplicémic puerpérale. Seninitie 4jijnécologique^ 8 août 1899, p. 219. — Voy. IV' Congrès internat, d'obstétrique. Home, scplcnibre 190ti.

[GILBERT et BOÎNETri

908 THÉRAPELTIQUE GÉNÉRALE.

pérale, rinvasion inicrobicnno reste localisée pendant un certain loni|>> dans la muqueuse utérine et le plan musculaire adjacent. Dans la seconde, qui correspondrait à un cas d'infection puerpérale plus avancée, consécutivr à un accouchement datant de douze jours, s*accompagnant d'ictère gênéralisé, de plaques gangreneuses sur le sein droit, de plaques énlhémateuses étendues sur la cuisse gauche et sur l'abdomen, de larges phlyitèncs sur la cuisse droite, l'examen du sang permit de constater àe> cocci donnant sur l'agar des colonies blanches très pures et de longs bacilles rectilignes. La sérosité des phlyctènes colorée en jaune par le^ pigments biliaires contenait des |)etits cocci très fins et très petits, ainn que quelques rares bacilles.

Pinard et Varnier ont institué, en pareil cas. avec un certain succès, une irrigation continue qui fait passer en vingt-quatre heures, dan? la cavité utérine, 600 litres de liquide antiseptique à 58 degrés.

Quand l'infection puerpérale résiste a ce lavage continu et à des injections de sémm anti-streptococcique, l'hystérectomie vaginale est alors indiquée : cette opération peut, en enlevant le foyer infectieux, au}îmenler les chances de guérison, si toutefois une infection plus ou tro|» généralisée ne s'est pas encore produite.

Le sublimé, à la dose de 0,25 pour 1000, est un assez b«»n désinfectant; le biiodure, en solution à 0,50 pour 1000, dissous à l'aide d'une égale quantité d'iodure de potassium, est recommandais e. Charpentier préconise le sulfate de cuivre. A Tinstigation de Bouchard, PinanI a essayé le naphtol, qui a le double avantage d'être peu toxi(|ue et suffisamment antiseptique et d'offrir douze fois moins de danger d'intoxication que le sublimé.

Antisepsie des organes unnaires. — L'antisepsie abortive de l'nrèihn écliouo une fois sur deux ou trois. Elle peut être obtenue au moyen dune solution (le nitrate d'arj^ent, de protargol, de permanganate de |M)I;î>si'. Pour l'antisepsie emative, on utilise les substances précédentes ii dose^ moins élevées (nitrate d'argent 0,05 pour 100, chlorure de zinc i).0*J |)our idO, sulfate de zinc 0,10 [nmv 100, acide borique 7} \Hn\v 1(M). acide salicyliqiie et sulfate de quinine en solutions saturées, eau na|>ht(iliV :i0,2el0,'i pour 100).

II faut surtout éviter l'infection vésicalcyt\u\ se produit très facilenieiil. La multiplication des germes infectieux dans l'urine se fait avec une gniiidr rapidité, et une bactérie peut donner naissance à des milliards de niim)organisnies en vingt-quatre heures. Certains agents infectieux, connue le niicrococcus iiren\ piMivent |)rovo(pier des accidents rapides et gnive<. remonter dans les inetères et, sans l'addition d'une cause de slagiKition nrinaire, provotpier la néphrile infectieuse ascendante.

Il ne l'aiit jamais oublie^ que le principal mode d'infection vésiciil» consiste dans l'emploi «l'inslruments insuflisaunnenl désinfectés et que Inut catliétérisine doit être procédé et accoujpagné des plus grandt's pncautions aiitisepti(|!U»s.

LES TRAITEMENTS SPÉCIFIQUES ET LES MÉDICATIONS. 90î)

La cystite infectieuse sera cuiiibattne par les instillations de nitrate (Vargent à I pour 100 (Mercier), par les injections d'acide boricpie à i pour 100, de naphtol a la dose de 0,'2 à 1 pour 1000 d'eau additionnée de j^Iycérine et d'alcool (Guyon).

Dans tous ces cas et surtout lorsque Finfection microbienne a atteint les calices et les reins, lantisepsie interne sera obtenue avec du salol, des baumes (santal, copahu, cubcbe, térébenthine), de l'acide benzoïque, des benzoates, de Tacide borique, des borates à Tintérieur.

L'antisepsie de la bouche, du pharynx, de Veafomac, de V intestin, a une grande importance thérapeutique.

La Ipouche contient, en effet, un »;i'and nombre d'espèces bactériennes. Vignal en a isolé vingt. Certaines sont pathogènes et peuvent servir, comme le pneumocoque, le bacille de la diphtérie, de point de départ à une infection secondaire plus étendue. Dans certiiines affections, comuK^ la rougeole, les micro-organisnu^s de la bouche peuvent ac<]uérir une certaine virulence et provoquer du noma. Chez deux de nos petits malades, cette complication a été la cause principale de la mort. L'antisepsie buccale est capitale dans la lièvre typhoïde, la stomatite ulcéromembraneuse, le scorbut, la diphtérie, etc. Elle permet d'éviter la gingivite expulsive chez les diabétiques et chez les arthritiques. Elle met à l'abri de la carie dentuire. L'un de nous a été frappé de la beauté et de l'état de conservation des dents chez les peuplades primitives de l'Afrique orientale et de l'Asie, cpii ne font entrer dans leur alimentation qu'un(» très petite quantité de viande. Du reste, ce» naturels prennent un soin tout particulier de leur dentition. Les Somalis frottent journellement et pendant longtemps leurs dents avec rextrémité d'une branche végétale; les Annamites laquent leurs dents et mâchent du bétel dans la composition duquel entrent des substances antiseptiques et astringentes. Le mastic de Chio est en honneur dans le Levant comme substance masticatoire.

L'antisepsie buccale évitera encore les parotidites et les amygdalites infectie!!se8, «|ifi aUf^ignent parfois un haut degré de gravité.

L'enq)loi du sérum antidiphtérique a diminué riuq)ortance des antiseptiques que l'on employait contre les fausses membranes. Cependant l'usage de gargarismes antiseptiques donne de bons résult^its; il favorise l'élimination des fausses membranes et détruit ou amoindrit la virulence des micro-organismt^s surajoutés.

Vantisepsie (tu tube digestif i*A la première concpiête dans les essais de désinfection du milieu intérieur (Bouchard). Elle est fort utile dans la dyspepsie, la dilat^ition de Testomac, l'indigestion; indispensable dans les ulcérations cancéreuses ou autres de l'estomac, dans les maladies ulcéreuses de l'intestin, dans la lièvre typhoïde, la dysenterie, les ulcérations tuberculeuses, dans les gangrènes de la muqueuse intestinale d'origine embolique, dans l'obstruction simple, dans les ulcérations toxi(|ues du gros intestin, dans la typhlite, l'entérite mendiraneuse, la constipa-

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010 TJIÉRAPEITIQLE GÉNÉRALE.

lion habituelle. Cette antisepsie doit précéder les opérations que l'm pratique sur le rectum. Elle est également indiquée dans les maladies qui risquent de faire pénétrer du pus dans les voies digestives (fraclurcs compliquées du maxillaire, cancer de la langue, gommes et abcès du pharynx, ulcération de Tœsophage, nécrose et cancer du larjux, gangririr pulmonaire, bronchites fétides, pleurésies suppurées et kystes du (m s'ouvranl dans les voies digestives). Elle doit encore être employée contn^ Tauto-intoxication qui est favorisée par les maladies du foie et des reins. Elle est utile dans la fièvre, Tasphyxie chronique, Turémie, Talbuminurie dyspeptique; elle produit de bons résultats dans les alTections de la peau (acné et furonculose, urticaire, liées aux fermentations du tube di|îestif. certains eczémas), elle améliore cerUiines variétés de rhumatisme déformant, les céphalées habituelles des dyspeptiques.

On réalise ïantisepsie stomacale par les vomitifs, les purjnitifs, li' lavage avec de Teau boriquée, le naphtol ^ associé ou non au salicybte dr bismuth, une solution de 4 grammes d acide chlorhydrique du comnierre |>ar litre d'eau (Bouchard), le calomel, le sulfure noir de mercure, le sulfure de carbone en solution aqueuse (Dujardin-Beaumetz), le cliarkm végétal à haute dose.

On lutte contre les fermentations intestinales par la diététique (lait, etc.), les purgatifs salins, les purgatifs qui ont une action aniiseptique (calomel), les antiseptiques intestinaux, à doses fractionnées el capables de gêner le développement des microbes (salol, bétol, soib nitrate et salicylate de bismuth, naphtol et surtout benzonaphtol(Gill)erti In tableau de M. Bouchard (loc. cit.) résume la valeur réelle de chaque antiseptique intestinal, qui doit posséder les propriétés suivantes : êln insoluble et n'être absorbé que graduellement le long de son parcours être en poudre ténue pour multiplier les surfaces de cont^ict, être admi nistré à doses fractionnées et souvent répétées.

D'après Gilbert, le régime lacté ferait tomber le cliinVe des uiiirolK'

(les ïvver^ à 1/71" du chitlVe normal; le benzonaphlol réduirait ces «,uMinr

<le 50 pour 100 ; la purgation saline réaliserait une désinfection court»

mais presque complète, du tube digestif : l asepsie intestinale ne son

j)as un vain mot.

Antisepsie des voies aériennes. — Le larynx peut être infecté |>i»r l« microbes provenant de l'air inspiré, contenus dans les aliments ou \m vaut s'introduire dans les voies aériennes pendant le vomissement. (' dernier mode d'infection est fréquent chez les paralytiques généraux «|iii ;i la dernière |)ériode, conservent assez longtemps les alinu^nts (l;m> 1 pharynx sans arriver à les déglutir. Le larynx est encore le siège de fau»» membranes diphtériques, de tid)ercnl(»se parfois initiale; mais le pin >nuvenl celle dernière infection est secondaire et consécutive au |xi>sj^' des crachats. Signalons encore une c(unplication gnive de la lièvr typhoïde : \v laiyngo-lyphus (pii s'accompagne assez souvent de nécroN des parlies molles et cartilagineuses. On essaiera de réaliser l'anlisopsii

LES TRAITKMKNTS SPKCIFIOUKS ET LES MÉDICATIONS. 911

(lu larynx par des attoiichenienls directs, par des frottements avec des tampons imbibés d'acide phénique, de créosote, d'acide lactique. Ce dernier médicament est surtout employé dans la phtisie laryngée. Les pulvérisations, les vaporisations avec du naphtol, du menthol, des substances antiseptiques, rendront aussi quelques services.

L'antisepsie des bronches et des poumons peiit être en partie obtenue par les injections intra-tracbéales (menthol et diverses substances balsamiques et antiseptiques): par les pulvérisations, les vaporisations, les humages de divers produits (créosote, essence de térébenthine, d'eucalyptus, acide sulfhydrique, acide (luorhydrique, mercure-méthyle, biiodure de mercure en solution dans l'eau à la faveur d'un iodure alcalin (RueIT et Miquel), borate de soude, benzoate de soude, acide phénique* napbtol p, ozone, etc.). On a observé des résultats avantageux dans la bronchite fétide, dans la gangrène pulmonaire. Mais la tuberculose n'a guère été améliorée par ces moyens locaux qui, dit Bouchard, cessent d'avoir la moindre action h 1/10'' de millimètre au-dessous de la surface touchée par la substance antiseptique. Les injections interstitielles dans l'épaisseur du poumon doivent être abandonnées.

Antisepne des cavités séreuses. — Bouchard conseille aussi de laisser dans la plèvre, après Tempyème, un antiseptique insoluble, finement pulvérisé et fréquemment renouvelé; de pratiquer des injections d'élher iodoformé dans les articulations malades à la suite d'une blennorragie ou h l'occasion d'un pseudo-rhumatisme infectieux. Il a pu éviter l'empyème en injectant du napbtol dans deux cas de pleurésie purulente dont le contenu ne fut pas évacué.

Dans les cas d'épancheunMîts du péricarde, des bourses séreuses, de la tunique vaginale, on appliquera les m^mes règles. L'évacuation du liquide purulent ou infecté sera suivi de lavages antiseptiques.

Si le péritoine contient du pus ou des agents infectieux venant de lintestin ou de l'utérus, il fout le nettoyer avec des substances antiseptiques; si la péritonite est limitée, il faut simplement immobiliser avec 0,10 et même 0,20 centigrammes d'extrait thébaïque l'intestin dont les mouvements disséminent les germes pathogènes, ne donner que quelques boissons glacées ou mieux les reuq)lacer par de petits fragments de glace. Les injections de morphine mélangée h l'atropine sont aussi fort utiles dans les cas de péritonite. Cette innnobilisation de l'intestin est indispensable dans les perforatioais intestinales. L'antisepsie intestinale est encore indiquée dans toutes les obstructions, avant toutes les opérations chirurgicales ou obstétricales et même dans l'accouchement siuqile.

L'antisepsie générale est possible; on peut, dit Bouchard, tuer le microbe sans tuer le malade; mais le plus souvent on diminue le nombre et la virulence des agents infectieux. La plupart des spécifiques sont des antiseptiques (mercure, quinine, etc.). La recherche du meilleur antiseptique applicable à chacun d(\s agents pathogènes est l'œuvre la plus urgente qui s'inq)ose au teuq)s présent.

[GILBERT et BOINET\

Médication des troubles de la nutrition. — Ils peuvent résulter Av riiinéilé, de rhcrédilé, des ingesta, des troubles des gitinds apparpils. ilf l'action nerveuse centrale et périphérique. Ils sont divisés, sui^-ant leur durée, en diathèses, aptitudes, opportunités morbides. La thérapeutiqm* généi-aleC) de ces troubles de la nutrition comprend, en premier lien, la diététique, c'est-à-dire Tart de diriger Taliinentation, qui était for! en honneur dans l'ancienne Grèce (Asclépiade, I^jihagore, Hip|)ocrate, Chnsippe, Praxagore) et cpii était étudiée avec soin par Erasistrate, Celse, Arétée, Oribase, Alexandre de Tralles, la médecine arabe, récolcdeSiilerne, etc.

La diététique varie suivant la diathèse, arthritique ou scrofuleuse. contre laquelle elle est dirigée. De plus, les indications changeront selon la nature du terrain organi(pie : le termin arthritique est surminêraliîié, riche en chlorures aux dépens de la soude (»t de la magnésie bviKM-aciile. Le terrain scrofuleux, au contraire, est déminéralisé, |)auvre cii chlorures aux dépens de la chaux et de la potasse hj-po-acide: suivant les ca>, on aura recours à la suralimentation, à la cure de réfjénêration, à h cure de réduction^ cura famis des anciens, au régime lacté, au régime arabique, au régime de reconstitution, au régime d'entretien définitif.

La nutrition peut encore être modifiée |)ar l'intermédiaire du système nerveux, qui peut être mis enjeu, soit I, par des incitations cen/mK soit II, par des incitations périplwriques.

I. Les premières peuvent être provoquées : |Kir les médicameuh. Si les troubles de la nutrition consistent en une accélération des whaiijies. il convient de les modérer par des aliments d'éiiargne, de l'arsenic, de hi valériîme, du bromure ; s'ils tiennent, au contraire, à un ralentissement du processus nutritif, les sels de Vichy, de Carisbad, Tiodure de |K)tassiuiu ou <Ie sodium à Tniblcs doses, les stimidants cutanés, le massa^^e, les frielions sèclios sont nettement indi(piés. On peut encore eiter connue imdicaments susceptibles d'enl rainer ces incitations nerveuses l'rntniles : h strychnine, la quinine, l'ergot, rénu'tine, la pilocarpine, la iligitale. h saignée. On diminiuMîi ra<'idilé de rartbritisme |)ar les abalins; l'air.!linité himiorale, dit Dnclanx, active les oxydations, Tacidité les diniinur. l/bypoaei(lilé sera, an contraire, augmentée par le tannin, les phénol, et en particulier la créosote, les amers, les acides minéraux, et |iriinipalement Tacide pbosphoriqne. On a espéré ainsi mettre le terrain tulKiculenx dans des conditions capables de lui donner la résistance du >ol arlliriticpie vis-à-vis du bacille» de Koeh et de ses toxines.

Pour laciliter le rejet des matières inconq)lètement oxydé«îs, on d«»nneia des dissolvants de l'acide nriqne (lithine, pipérazine). di?s sul)st;iiin'- Tacilitant les oxydations (benzoate de sonde). On a vanté tout réeeiiiiiniil

•) liottjii Mil), Maladies par ralrndsscmeHi de ta iiiidilion. ri (lottrs tic ^nillioloijic d ■'" thérapeitlH/ue f/éiiéraleg à la Faculté de Paris. IS8i. — |.k (jkndrk, TlnrajMiitîqiH* ;:nii i m <l«'s trouhles (le la imlrili<m. Traité de médecine, l. f. p. "JOi, — hcJAHrMx-ÎJn» mktz, / '•- /fiène alimentaire, ISS7. — (i. Si^k. Itn réijime alintentaire, IXST.

LES TKAITEME.VrS SPÉCIFIQUES ET LES MÉIHCATIU.NS. 915

les jiropriélés oxydantes des sels de vanadium, qui se manifestent sur les hases organiques et nièuie sur les alcaloïdes, les toxines, les ptomalnes. On a recommandé ces médicaments dans les maladies par ralentissement de la nutrition, telles que la goutte, la gravelle, Tarthritisme, le diabète; ils exciteraient l'activité des cellules de Torganisme. Ils ont été surtout employés contre la phtisie. Cependant Tun de nous n'en a pas retiré les avantages attribués à ces substances qui, dans certains cas, ont nettement favorisé la production ou le retour d'iiémoptysies.

Le cacodylale de soude est un médicament nouveau dans lequel Tarsenic a perdu sa Ciiusticité et presque toute sa toxicité, puisqu'on a pu en donner 1 gramme, en vingt-quatre heures, par la voie stomacale: cette quantité correspond à 47 centigraunnes d'arsenic. La médication cacodylique est la médication <le choix lorsque Tarsenic doit être administré à haute dose et pendant longtemps. Le cacodylate de soude, dit le pro fesseur Renaut, est un modérateur nervin et un agent d'épargne. Employé en injections rectales ou sous-cutanées, il est utile dans la tuberculose curable, le diabète, la chlorose, l'anémie, la scrofule, les affections cutanées, les états cachectiques, les diathèses. D'après Gautier, il fait tomber lentement, mais régulièrement, la fièvre chez les tuberculeux. La médication cacodylique, ajoute A. Robin, est une médication excitatrice de la nutrition et de l'hématose. wSous son influence, le nombre des globules rouges augmente par poussées ; aussi y a-t-il avantage h ne donner le cacodylate de soude par la -voie stomacale que deux jours consécutifs avec une interruption dun jour. De cette façon, il est bien toléré et son action sur l'accroissement globulaire est aussi effective. La médication cacodylique favorise l'assimilation ou plutôt lutte contre la désassimilation énergique; elle convient aux cas de diabète dans lesquels l'intensité des oxydations intestinales est trop grande; elle fait baisser brusquement et d'une façon notable le sucre, l'urée et l'acétone (*).

On peut exercer une excellente action indirecte sur les troubles de la imtrition en influençant le système nerveux central par des incitations psychiques ('). Elles ne sont pas à négliger et il est superflu d'insister sur le rôle que l'action morale du médecin, la confiance, les encouragements, le contentement, le calme, la quiétude, la certitude de guérir, les distractions, les voyages, les jouissances artistiques, etc., peuvent avoir sur la guérison de certaines maladies. Il faut, connue dit Pindare dans ses Mythiques, o charmer la douleur par des paroles douces et consolantes ». I est de notion courante que la tristesse favorise le développement de la lithiase biliaire et qu'une émotion vive ou un chagrin profond peut être la cause occasionnelle du diabète, surtout chez des individus prédisposés. On sait l'importance du traitement psychique dans les accidents hysté-

(*; Uécoiiiincnl, Gautier a iiiofilrc la supériorité «le larrluMial (inéthylarsôaiatc bij^oiliquc), (|ui a Tavanlagc d'vAn* mieux toléré par restoniac et de provoipier moins de troubles digestifs.

(« CmjcQ, La psychothérapie. Hev. méd., Paris, 1001, X, 152-155, 182-185, 105-107. — HurTEusAiiH, Psychische Tlierapie. Deutsche Klin. Wicn und Berlin, 1001. Lief, II, I, 125-144.

[OJLBEJtr 0t Boijvrr ]

riques cl de la recherche de l'idée qui .1 présidé à ces iiianifestatioib. Lorsque cette idée dominante est retrouvée, on peut alors a«çir sur la genèse des associations cérébrales soit à l'état de veille, soit dans le sommeil hypnotique. Mais il ne faut jamais oublier que Thypnose doit être réservée pour les cas graves et ne doit pas être faite sans le consentement du sujet et devant témoin, s'il s'agit d'une femme. Enfui, la suggestion à l'état de veille donne encore de bons résultats.

II. Déplus, les troubles de la nutrition peuvent être modifiés par dos incitations nerveuses périphériques , qui s'exercent soit sur des surfaces de sensibilité obtuse, telles que la muqueuse intestinale ( purgatifs], la muqueuse des voies respiratoires (fumée de papier nitré), soit au moyen de stimulations cutanées, qui sont mises enjeu par les agents tliérap^uitiques physiques suivants : excitation de la peau par les flagellations, lis frictions, la révulsion (sinapisme, teinture d'iode, térébenthine, vésicatoire, pointes de feu, marteau de Mayor, moxa), l'électricité, Thydn»thérapie, la lumière, le changement d'altitude ou de climat, les eaux minérales, etc.

Les agents physiques (') sont les dynamophores naturels de tout ce qui vit; ils constituent autant de stimulants physiologiques nécessain*s à l'entretien de la vie (Guimbail); ils permettent de remplir les indications suivantes résumées dans les aphorismes bien connus du pmfesseur Landouzy : « Robustifier le terrain bacillisable; mettre Torganisnie en état de fournir à ses rations de défense (activité phagocytaire:, d'entretien, de développement et de travail; — activer la fonction respiratoire pour élever le coefficient d'oxydation; — activer la nutrition. » En outre, ces agents physiques permettent d'obtenir Texcitation tonique de Taxe nerveux, ils calment l'irritabilité de la cellule ou de la dynamogénie, suivant les cas, gnke au phénomène do rinlerférence nerveuse: enfin, ils jouent un certîiin rùle antiseptique en favorisant la pli;ij:o. cytose, en agissant sur la pression sanguine et sur les émonctoires. en sollicitant la fonction cellulaire, un des principaux moyens de défense (le l'organisme malade.

Êleclrothérapie, — Elle détermine des actions variables cpii nnt él«' njjpliquées au traitement des maladies de l'appareil locomoteur, aux srcrétions glandulaires et h la thérapeutique splanchnique. Ce snnt l«' rniirant variable, Valteimatif de haute et de basse fré([uence. qui >oii( surtout employés pour obtenir ces efléts vaso-moteurs directs ou réllexc^ •t. j)ar suite, des phénomènes d'hyperémie ou de drainage, de dérivalion : 1 r'pier). Le courant faradicpie est indiqué lorsqu'on veut provocpier soi! le T'Ilexe musculaire, soit une révulsion par irritation directe.

L'éleclrotlîérapie appliquée sous forme de courant continu exerce iiii«'

f) GuiMDAiL, La thérapeuti(jue par 1rs agents physiques. l*ari>. llMM). — I.ap.at. Tmili inalique d'éleclricité médieale. Paris, IUiefl\ lîMU. — (ioi.nsciiFiDiit ot Jacob. llan(flwr!i t1e> Inj^ikalischen Thérapie. Lcipsig, 1002.

LKS TRAITEMENTS SPÉCIFIQUES ET LES MÉDICATIONS. î>i:»

action moléculaire trophique; les applications «générales de Ténergie électrique parviennent encore à modifier favorablement les processus généraux trophiques, à relever le taux général des oxydations, à diminuer la déperdition urinaire de Tacide phosphorique, à ralentir le processus de ^lénutrition exagérée des organes riches en phosphore, à faciliter l'assimilation des phosphates alimentaires, la circulation, etc.

Les courants polyphasés ont l'avantage de posséder une grande puissance de pénétration à travers les tissus vivants; d'après Guimbail, ce sont les courants de choix contre l'asthénie des fibres nmsculaires de la vie organique; ils diminuent la réflectivité générale de l'organisme, calment les douleurs vagues, Thyperesthésie, améliorent la neurasthénie, et leur application systématique sur les segments médullaires a])propriés a donné quelques résultats dans les cas de troubles génitaux, de dysménorrhée, de paralysie infantile, spinale aiguë de l'adulte, labio-glossolaryngée.

Les courants alternatifs de haute fréquence à décharge oscillante, qui accélèrent les combustions organiques (d'Arsonval, Bergonié), rendent dans les cas de ralentissement et de déviation de la nutrition des services qui ont été exagérés, comme l'un de nous Ta indiqué dans une communication à la Société de Biologie (juillet 1898); Guimbail arrive aux mêmes conclusions. Cependant Apostoli considère les hautes fréquences comme le médicament de la cellule et comme un modificateur très puissant de la nutrition générale; à ces divers titres, elles doivent être employées contre certains troubles d(» la nutrition (diabète, albuminurie, phosphaturie, quelques manifestations de la goutte, diathèse arthritique). D'après d'Arsonval et Charrin, les toxines sont atténuées par le passage des hautes fréquences; elles deviennent imnmnisantes et vaccinatrices et augmentent ainsi la résistance des animaux ou des insectes. Ces données sont confirmées par les expériences de Marmier, Bonome et Viala, Dubois, Phisalix. Guimbail recommande ces courants contre les dyspepsies intestinales, les effets nocifs du coli-bacille, la toxémie slercorale et l'autointoxication qui en résulte. Foveau de Courmelles vante l'action d*» l'alternatif à haute tension en gynécologie. En applications locales dans les maladies de la peau et des muqueuses, d'origine parasitaire ou bactérienne (telles que le molluscum, le lupus, la pelade, l'eczéma, le psoriasis), il produit de bons résultats jOudin) soit par son action parasiticide, soit par des modifications vaso-motrices de la circulation. Les courants de haute fré(|uence n'ont été cpie d'une médiocre utilité dans les cas de liihiascs rénale ou biliaire, d'hystérie, de neurasthénie. On a signalé encore leurs bons effets dans la névrite périphérique d'origine traumatique, dans le chancre mou (Coignet), dans la fissure à l'anus, les hémorroïdes. (Doumer). Enfin, les |)ropriétés analgésiques et spasmo-frénatrices de ces courants ont facilité la réduction d'une luxation de l'épaule (Sudnik) et trouveront probablement de nouvelles applications thérapeutiques.

[GILBrRT ût BOINET}

^[{j THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE.

L'agent électrique appliqué localement sous forme de courants fani- (liques et, mieux, de courant galvanique, peut exercer une action révulsive et sédative. La faradisation au pinceau calme les douleurs, les névralgies, la colique de plomb. Les coliques hépatiques sont soulagées au moyen de la faradisation épigastrique avec des tam|>ons humides. Dune manière générale, les courants faibles élèvent rexcitabilité. tandis que les courants intenses la calment. La direction du courant .1 une moins grande importance que Faction polaire. Il est lion de traiter directement les points dits de pression, les points névralgiques, hes courants faibles sont utiles dans les névralgies et les douleurs syiiiptomatiques d'une aiïection centi*ale, ainsi que dans les phénomènes d1iyperexcitabilité motrice (crampes des écrivains, contractures dites essentielles, tics douloureux). Les convulsions toniques et cloniques bénéfîcient de la faradisation des muscles antagonistes (Duchenne), de la galvankttion discontinue, parfois de la galvanisation continue avec courant faible des nuiscles rigides.

Uélech'isation statique diminue les douleurs des hystéri(|ues et des ueui^asthéniques. Le souffle électrique a des effets sédatifs dans les névralgies. L'action trophi(|ue de Félectricité trouve son hidication dans les maladies du système nerveux avec lésions matérielles, dans les maladies des nerfs et des muscles, dans les affections subaiguës et chroniques des umqueuses, de l'appareil lymphatique, dans les maladies des articulations, de la peau, etc. Hayem, à qui nous empruntons ces détails, conseille dr faire passer un courant continu d'intensité suffisante à travers la région malade, sans s'inquiéter du sens du courant. La galvanisation cervicale du grand sympathique a été pratiquée dans Thémiplégie d'origine centrale, les névralgies du trijumeau, les paralysies et contractures des muscles (\o la face, h\ névro-rétinite et ratrophie des nerfs optiques, dan^ In maladie de Haseclow, Tépilepsie.

La franlîlinisatioii a pour but d'atteindre l'axe cérébro-spinal en excitant les nerfs centripètes et les muscles; elle donne un couniiit de haute tension, sans ((uantité, variableon permanent; elle produit des efi'els tliérapeuti(|nes généraux (jui peuvent se diviser en sédatifs, excitants, liDpInques. Le bain électro-statique est le traitenn^nt par excellence «le l'hystérie, des névroses; il calme l'élément douloureux et diminue l'insoiuniiî dans la niunasthénie, dont la pression artérielle est exagérée (Guiinbail). Le bain négatif est plus sédatif et a des effets anti-spasnnn (li(|ues plus accusés. D'après Apostoli, la franklinisation est surtout utilr lorscpie riustérie est associée à la neurasthénie; elle améliore aussi la plupart (le< neinopathies, la chorée, la paralysie agitante, le vertigt» épilepti(pie, les contractures et les s|)asnies des libres striées et des fd)n's lisses, les névralgies, la gastralgie hystérique, l'anémie et la dysjH'psie (l'ordre névropathicpie, la seiatique, les douleurs dentaires. L'eflluvalioM >lati(pie a modifié favorablement la derniatite iodoformée, l'acné milia ponctuée, pustuleuse, losacée, le zona, l'eczéma (Doumer), le psoria

lo prurit et, en particulier, le prurit vulvaire, Tiuipéti^o, l<»s ulcères chrouicpies de la jambe. Le couraut franklinien borne sim excitation à chaque muscle ; il est très utile dans les paralysies; il peut être appliqué, en pareil cas, sous forme de souffle, effluvation, étincelle, chocs, courants induits; il agit non seulement sur les paralysies d'orif^ine orgaui(|ue, mais aussi sur les paralysies hystéri<pies et les îimyosthénies prof(mdes. Signalons encore la faradisation généralisée de Beard et Rockwell, quia été recommandée dans la neurasthénie et les épuisements consécutifs aux longues convalescences.

Les efTets de l'électrisation statique sur la tiMision artérielle expli<|uent son action favorable sur les troubles de la menstruation; ils peuvent même être profitables aux enfants arriérés, anormaux on imbéciles; ils accélèrent doucement et progressivement les phénomènes de la nutrition, et Vigouroux regarde la franklinisation connue le spécifique du ralentissement nutritif et surtout de Farthritisme et de ses manifestations habituelles. D'après Apostoli, Guimbail, elle s'appli<pie mieux aux troubb»^ nutritifs d'origine hystérique, aux états voisins de la cachexie et aux cas d'artério-sclérose irrémédiable dans lescpiels l'abaissement de la tension artérielle par les courants de haute fréquence devient dangereux.

Le courant statique induit, oii courant de Boudet, de Morton, a amélioré certaines dermatoses, plusieurs aflections microbiennes et inflannnatoires des organes génitaux de la fennne (Weil), des contractures tardives chez les hémiplégiques (Régnier) ; il a diminué l'incontinence d'urine, l'atonie, la dilatation habituelle de l'estomac; il augmente aussi Tintensité, la hauteur et le timbre de la voix (Moutier et Granier).

Mentionnons aussi la galvanisation générale de Vâter von Artens, centrale de Bi»ard, paracentrale de Vâter, (|ui ont donné cpielrpies résulUits dans les névroses, les troubles de la nutrition de longue durée avec profonde déchéance organique. La galvanisation générale convient aux affections du système nerveux central; la galvanisation centrale est utile dans les états neurasthénicpies; la faradisation agit surtout sur la peau, les masses uuisculaires et exerce une action tonique sur l'organisme entier.

Le Ipain hydrixHectrique à courant alternatif sinusoïdal a une action analgésique marquée, il |diminue les troubles de la sensibilité d'origine soit nem'opatbique, soit toxique, soit centrale: c'est un sédatif de la douleur surtout dans les affections des organes pelviens chez la fi»mme, dans les névralgies et dans toutes les allections à forme d(udoureus<' , paroxystique ou continue. Suivant les électriciens, ces applic^itions électriques coud)att(»nt avantageusement les troubles mitritifs graves, par ralentissement de la nutrition; les états diathésiques, Farthritisme, le rhumatisme déformant, la goutte chronique, la dyspepsie rebelle, le lymphatisme et leurs nudtiples manifestations cliniques, ainsi que Tanémie, la chlorose, les désordres de la menstruation, l(»s accidents congestifs (pii acconq)agnent les affections des organes pelviens chez la

[GILBERT G* BOÏNET ]

918 THÉRAPELTIQUE GÉ.NÉRALE.

feiiime, rhyperliopliic de la prostate. On a vanté leur efficacilé dans les^ uialadios de lenfance (hystérie, chorée, nervosisme, paralysie infantile, incontinence nocturne d'urine, rachitisme), dans les diverses névroses en «général. L'application du courant alternatif dans le hain modifie très heureusement les maladies de la peau, qu'il s'agisse de toxidcrmie ou do neuro-dermatose et en particulier l'eczéma, l'urticaire, les syphilides, l'herpès, le psoriasis, Tacné et les ulcères variqueux des jambes (Gautier et Larat). 11 est encore fort utile dans la chorée, l'athétosc, les myopathies, l'atrophie localisée ou générale, les paralysies d'origine centrale* la diathèse de contracture chez les hystériques, les tremblements, les spasmes, le relâchement et la paresse des fibres lisses viscérales. Le bain électrique relève la nutrition générale, active lappétit, améliore le sommeil, tend à faire augmenter le poids du corps; il exerce une action tonique sur les centres encéphalo-médullaires épuisés; il améliore la neurasthénie, l'impuissance, soulage le tabétique ; agit favorablement dans les cas de tremblement d'ordre toxique, dans la paralysie agitante, la paralysie infantile, la paralysie faciale. En somme, la multiplicité de ces indications thérapeutiques s'expHque par l'action de ce courant alternatif sinusoïdal sur les nerfs de la sensibilité, les nerfs trophiqiies des réflexes musculaires et le système nerveux central.

On a essayé d'obtenir l'introduction de certains médicaments à travers la peau intacte à Faide du courant de pile (Munk, Ricliardson, Onimus. LauretK Edison a proposé d'employer cette méthode pour dissoudre les tophus de la goutte; il réussite faire passer dans la circulation générale une proportion notable de lithine. Imbert de la Touche a traité le rhumatisme et la goutte par la cataphorèse. En utilisant toute la surface cutanée, Gaertner et Ehrmann sont parvenus à faire absorber dans des bains, contenant 4 grammes de sublimé, une notable quantité de ce sel. Gautier a utilisé sur place les produits de la décomposition électro-chimique de> médicaments; il a traité ainsi des abcès simples, tuberculeux, le lupus, l'actinomycose de la face, Tarthrite fongueuse, le sycosis, etc. Enfin l'action de réleclricité sur les microbes n'a pas encore pu être appliquée avantageusement en thérapeutique.

La (jalvano-canslique chimique, ou diimie-canslie vol/aùpie de Tripier, a été employée dans le traitement des anévrysmes, le goitre, le rétrécissement des voies lacrymales, etc. L'électrolyse avec destruction des tissus a donné des résultats dans les rétrécissements de l'urèthre, du col utérin, dans certaines fistules, dans quelques tumeurs malignes. On trouvera dans les traités spéciaux les données relatives à la cautérisation tabulaire de Tripier, au traitement fjynécologique dWpostoli, à la </«/vanO'tliermie, etc.

La tliêrapeutique physique utilise avec avantage Temploi d'une série de procédés physiques, tels que les mouvements actifs, passifs, la mécanothéra|)ie. Ce traitement physique, dit Goldscheider, agit surtout par des excitations ()ériphéri(pi(;s se propageant par ondes dans diverses

LES THAITtME.NTS SPfXIFlQlIES ET LES MÉDICATIONS. IMl»

(liroclions. Par voie réflexe, elles peuvent, suivant les cas, renforcer ou affaiblir le processus nerveux. Le thermo-massage a une action crinliihition, tandis que la faradisation, les mouvements passifs, le jet d'eau chaude, ont des effets inverses (|ui renforcent la fonction nerveuse.

Hydrothérapie. — Les applications froides provocpicnt, d'après llaycm (*), des effets locaux et surtout des effets éloignés qui entraînent : r* des modifications dans la répartition du sang; !2" l'augmentation de la vitesse du cours du sang et une élévation de la pression sanguine; 5** la fréquence et parfois l'irrégularité des battements cardiacpies; 4*' la production d'une respiration saccadée, irrégulière et même de l'oppression; 5* rabaissement non immédiat de la température. Quant aux effets scaniflaitrs on réactionnels, ils consistent : 1° en phénomènes vasculaires consécutifs aux applications localisées, aux applications généralisées: 2" en phénomènes secondaires relatifs à la pression sanguine, au cunir, à larespiialion; 7)° en phénomènes secondaires se rapportant aux variations de température. Les effets consent tifs aux applications froides peuvent être résumés ainsi: la répartition du sang est modifiée; il se produit une dilatation périphérique et une décong(\slion profonde; la pression sanguine est abaissée lentement et graduellement, le cœur se ralentit, puis reprend graduellement le nombre de ses battements normaux; la températiu'e périphérique s'élève, la température centrale s'abaisse, puis revient à la normale, enfin le système nerveux subit une action rafraîchissante et sthénique.

Les effets tai^difa des applications froides sont multiples : parfois la température s'élève; celte contre-réaction est la règle chez les fébricitants soumis à la balnéation froide. On peut observer aussi une pseudofièvre hydrothérapique, un accroissement de la consommation des matières hydro-carbonées au sein des masses uuisculaires, une oxydation plus active des matières albuminoides, une augmentation de IVxcrétion de Furée, de Tacide urique, des chlorures, une diminution de l'acide urique et des phosphates, un rétablissement de l'équilibre des grandies fonctions, un effet sthénique, ime diminution de la sensibilité au froid, une modification avantageuse des vices de la nutrition générale. Les lavements d'eau froide abaissent la température, ralentissent le pouls, augmentent la tension artérielle, agissent sur la sécrétion biliaire ou augmentent simplement l'excrétion de la bile par suite d'une exciUition rélîexe des contractions de la vésicule biliaire; de Iri leur utilité dans le traitement de Tictère catarrhal.

Les applications chaudes ne déterminent pas des effets inverses. Elles donnent lieu à une vaso-constriction suivie d'une vaso-dilalîition avec anémie profonde: elles augmentent la pression sanguine (pii diminue ensuite, accélèrent les battements du cœur, entraînent la sudation et l'accélération des mouvements respiratoires et la dyspnée de chaleur,

(*] Hayem. Les agonis |.Ii\s'hhu'> ri naliiifU. Levons de ttiérapcutujm'. Paris, lSî»i.

[GILBERT et BOIXET'^

920 tiikhapeitiqh: r.rNÉiîALE.

élèvent la température centi-ale et péripliérique ; elles diininuent lessi'crrlions intestinales et urinaire, arrêtent les hémorragies j>ar contraction réflexe des fibres lisses, calment l'irritabilité nerveuse, provoquent des cflets sédatifs et exagèrent les oxydations respiratoires, la désiissiinilation des matières albuminoîdes, Télimination de Turée.

Les procédés hydrothérapiquesavec percussion sont les douches froides générales et locales connue la douche de pluie, à colonnes, in lames concentriques, en nappe, en cercle, en jet mobile. Parmi les douches loc<iie< on peut citer la douche hépatique, splénicpie, vertébrale, épipastriquc, hypogastrique, le bain de siège à eau courante, la douche des pieds, !<• bain de pied à eau courante et la douche ascendante. Les application> sans percussion sont les afl*usions, lotions, épongements, drap mouillé, maillot humide, piscine, bain froid ou progressivement refroidi, demibain, aflusions réfrigérantes, enveloppement froid, arrosemenl, liains Av siège à eau dormante, serpentins et sacs.

Les applications chaudes sont utilisées sous forme de douches «générales, partielles, locales; de maillot sec, humide et denii-inaillot; Av bains tempérés ou chauds, d'étuve humide, sèche, à la lampe, bains ni caisse; douches de vapeur, écossaise, révulsive, sédative et tonif|m\ alternative; bains russe, romain, turc.

Les indications de Thydrothérapie sont nombreuses. Les médications antipyrétique, sthénique, antiphlogistique, hémostatique, les maladies de la nutrition, du système nerveux, la douleur, peuvent en tirer un m*! avantage. La réfrigération est contre-indiquée dans les maladies du cipnr et des vaisseaux, des reins, la tuberculose, les aflections organiques (').

L'hydrothérapie agit en provoquant des modifications parallèles ol il»* même nature (froid ou chaleur) et en déterminant des phénomènes réactionnels d'excitation. (]elte seconde action est bien plus importanlr que la soustraction ou l'addition de cnloricpie; elle entrahie des réactions de défense qui sont le |)oint de départ d'actions locales et d'actions à distance, soit dans des régions homologues du cor|)s, soit dans do 7.one> éloignées ou c<'ntrales. Celte excitation cutanée doiuie lieu à des réllo\e> qui modifient la circulation et la tliennogenèse. La réaction dnil se lain' spontanénu^nt. Les douches froides, chaudes, tièdes, écossaises, agissent par la sensation el l'excitation qu'elles produisent. Les hy|)otendus, dit Guind):iil. se trouvent toujours mieux d'applications froides, tandis qn<les hypertendus s'acconnnodent bien de l'eau chaude. L'état dr la tension artérielle doit fixer 1(» degré de la tliennalité.

La frujotlwvapic, imaginée parHaoul Pictet, n'est pas employée». Il e>l. en elTet, «langercux de plonger les malades dans le puits fri(jori/ii/t(c.

lj'aerothcrapi(\ les baitts dnir comprimé, activ<»nt légèrement lu nntriti(ni générale, augmentent l<»s forces et l'endïonpoint. accroisseiil

('; Y«»ir aussi : I.fs hkuivciirmiIs mt'cani<jU(»s ol la mf'cnnotht'rapic. — I.a incaicalioii |wr rcîxei'cicc. — llygi«Mie<lo rt-xcrcici' vhoz los onfaiils ri ios jiMun's i^oiis. par Vit wxd Lxgbi^^k. Paris, Félix Alcaii. I81M», lîlc.

LKS TRAITEMENTS SPÉCIFIQL'ES ET LES MÉDICATIONS. \m

la vijiiiiMir dos iiuiscles vi surtout (l(»s iniisclos respiratoires el exercent une action sédative sur le syslèuie nerveux. Par leurs effets mécaniques, les bains d air comprimé diminuent dans les inflanunations aiguës ou chroniques des bronches i'hyperémie pulmonaire, et les sécrétions des um(|ueuses respiratoires, facilitent la résorption des exsudats, principalement des exsudats pleuraux, augmentent la capacité respiratoire dans Temphysème, le catarrhe chronique, la pneumonie chronique et dans certaines formes de phtisie. GrAce à leurs eflels chimiques, ces bains d'air comprimé accroissent l'absorption de Toxygène et sont par conséquent utiles dans les états asphyxiques et dppnéiques : ils stiimdent les oxydations et les échanges et sont ainsi indiqués dans l'obésité, le diabète, Tarthritisme et certaines convalescences. L'alTaiblissement du myocarde, les maladies des reins, du foie, de Fintestin, de la moelle, les alTeclions subaiguës des organes respirjiloires, la lièvre, constituent autant de contre-indiciitions.

La lHmirre{^) a un pouvoir microbicide bien connu; de plus, elle met la cellule animale dans un meilleur ét^it de résistance à Tinfection, ainsi que le j>rouvent les recherches de MM. de Renzi etMasella; elle excite la nutrition cellulaire, la dynamogénie nerveuse, la diffusion de Toxygène dans l'économie. Ce sont les rayons les plus réfiungibles du spectre, qui sont doués 4le l'action antisepti(pie maximum. Kinsen a montré que la concentration des rayons augmente Faction bactéricide de la lumière. Son passage à travers des rideaux, des vitres rouges, peut diminuer la purulence des pustules varioliques, hâter leur dessèchement et éviter les cic<atrices que laisse habituellement cette éruption.

FinsenO a obtenu de bons résultats en concenti'ant sur le lupus les rayons solaires les plus réfrangibles. La lumière bleue qui a traversé une solution de bleu de méthylène ou de sulfate de cuivre auunoniacal, est fortement microbicide. Kuunnelcite plusieurs cas très améliorés par ce modo de traitement. On aurait remarqué que les aliénés avec excitation cérébrale sont calmés par les rayons bleus. La concentration des rayons solaires au moyen d'ime lentille sur les plaies de mauvaise nature, les ulcérations malignes, le lupus, Tophtalmie granuleuse, donne parfois de bons résultats thérapeutiques. Le pouvoir anesthésique cpie possède la lumière dégagée par une lampe à incandescence ou la lumière vollaique soulage et peut guérir certaines névralgies (Von Stein, Ewald). De Renzi

(') Pknsi.m, Aelioii «K* In liiinii>n> s«>iairo sur Irs mirnMnynnismos. 1«rsiiiiié in Annaleit dr l'Iiinl. Pasteur, 1889, p. r>8(>, ol mw \W\iio critique. Ihitt., |«ÎM>, p. 792. — I)n:i.\ux, Ibid.. 1887, p. 88. — HoLx, lOid., 1887, p. 5«2, 4ir).

!*) FiNSKx, La Pliololhérapic (Paris, (larré «t Naud, I8ÎM) . — Lkukddk. I.a Pliotollicrapie ol SOS applications à la tliôrapcuti(|uc des maladies cutanées variulc, lupus, acnc, |H?lado, épilhé- Hume, elc. Bulletin de thérapruliffuc, 1991, p. 1*29]. — (îoyemot. I<a chaleur radiante lumineuse en thérapouticpie. Iaîs appareils Dowsinjç. [liuU. de thf'rap,^ lîHH, p. iWH . — Lortet et Grnocd, Ka lumière agent lliéra|)eutique. Méthode du P' Finsen. l.yon. A. Hey, liH)9, in-8". 484. — pKTKRSEN, Los progrès de la pliotuthêra|)ic par la méthode de Finstm. Vratch. Saint - Pctersboni-g, im»l, XXII. 1570.

[GILBERT et BOINET ]

^n THÉRAPEUTIQUE GÉNÉKALE.

prétend avoir amélioré quatre tuberculeux au moyen d'applicatiriK locales de lumière électrique. L'emploi des rayons X a été reconiinandt' dans le traitement de la tuberculose, du cancer (*). Le bain de lumière rnul des services dans Fanémie, la chlorose, les dyscrasies sanguines d'onJn^ toxique, la débilité générale, Tépuisement nerveux, la dysménorriin-. l'aménorrhée, Tobésité et quelques dermatoses rebelles.

Les climals et les eaux minérales jouent un rôle considérable dans le traitement des maladies chroniques.

Changer de climat, disait Michel Lévy, c'est naître à une nouvelle vir. Il faut tenir compte, dans ce choix, des conditions hygiéniques et méti^irologiques, de la latitude, des trajets des lignes isothermes, isoi'himèno. isothères; de Taltitude, de la situation géographique, de la proximité ou de l'éloignement des côtes, de rinlluence des vents, vents de terre ou de mer, de montagne, de la configuration et de la constitution du sol, tli* l'état de la surface du sol, du degré de végétation, des saisons climaté* riques hivernales ou estivales. On doit aussi s'occuper de ce qu'on appelle les facteurs des climals, qui sont représentés par la c^mstitution dr l'atmosphère, l'humidité absolue et relative des principes chimiques surajoutés, la pression (lignes isobariques), les vents, l'électricité atmosphérique, la température, la chaleur solaire. Sol est remediorum maximum, a dit Pline. Les Méridionaux ajoutent : « Là oii n'entre pas le soleil entre la maladie ». Les lUiliens disent encore : « Toutes les niakidies viennent de l'ombre et se guérissent au soleil ». Le lecteur trouTpra dans les leçons de thérapeutique du P"^ Ilayem toutes les notions et les indications thérapeutiques utiles sur les voyages en mer dans la phtisie, sur les climats de terre, de montagne; sur les stations hivernales, sur les hautes stations, sur les stations montueuses moyennes, sur les stations hivernales et estivales, sur les climals de plaine secs et chauds, sur le> climals hnniicles.

Les eaux minérales peuvent juésenler des qualités spéciales de niintralisation, de lenq)érature, d'onctuosité, etc. Ailleurs, on emploie soit I»' limon minéral, soit le limon vé<;étal. Les eaux minérales sont (lonntV> en bains, douches, inhalations salines, sulfureuses, humage. pulvérisations. L'acide carbonique est utilisé en bains, douches, inhalations.

La cure interne doit tenir compte des divers facteurs suivants : (piantité, température, constitution propre de l'eau ingérée.

Enfin, nous n'insisterons pas sur les indications thérapeutiques sjH'cinlen des eaux : I, sulfurées sodicpies, sulfiuées calciques et sulfhydriqiiéo. sulfurées chlorurées; II, chlorurées sodiques; III, bicarbonatées sodiques: IV, calciques; V, sulfatées sodiques et magnésiennes; VI, fernigineuM*s: VU, arsenicales; VIII, iodo-bronunées; IX, lithinées; \, azotées. (>> particularités nous éloigneraient de notre sujet.

(*; >Vii i.iAMs F. H., Tn'atmcnl of crrlain forin* ol' cancer bv (lie X Ravs. J. Ain. ut. .4*» Chitago, 1001, XXXVII. 088-001.

CONSIDÉRATIONS PERSONNELLKS, INDICATIONS ET CONTIŒ-CSDICATIONS. 9-25

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