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TROUBLES DES RÉFLEXES PALPÉBRAUX

Les mouvements réflexes des paupières sont de difi'érentes natures, mais ils rentrent tous, en dernière analyse, dans les réflexes de défense ou de protection.

On peut distinguer le réflexe de clignement, le réflexe d'occlusion qui est provoqué lorsqu'on approche un objet de l'œil, le réflexe d'occlusion produit par l'éblouissement et le réflexe d'occlusion produit par tout contact avec les cils, la peau des paupières, la conjonctive ou la cornée. Pour être complet, nous devons encore signaler le réflexe d'occlusion lié au sommeil et celui d'ouverlure lié au réveil. L'étude de ces réflexes dans la pathologie nerveuse est encore à faire et nous ne nous occuperons que dos réflexes de clignement et d'occlusion qui, seuls, prêtent à quelques considérations pathologiques.

Réflexe du clignement. — Lorsqu'on observe une personne dont les yeux sont ouverts et fixent un objet rapproché ou éloigné, on constate qu'il se produit, à des intervalles réguliers, une contraction légère et rapide de l'orbiculaire, qui a pour efiet de provoquer une occlusion des plus fugaces de la fente palpébrale. La rapidité du mouvement et le peu de durée de l'occlusion fait que l'acte visuel n'en est pour ainsi dire pas interrompu et qu'il faut une attention toute spéciale pour se rendre compte sur soi-même du moment où se produit le clignement. La fréquence du clignement est variable : on peut admettre, dans les conditions normales, qu'il se produit une à deux fois par minute, mais la fréquence du clignement est influencée par divers facteurs, notamment par la fatigue rétinienne, par la fatigue de l'accommodation et de la convergence et enfin par l'état de congestion de la conjonctive. Pour ce qui

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est de ce dernier facteur, il suffit d'observer les différences (|ui se produisent dans la fréquence du clignement, suivant que Tœil est exposé à la lumière du jour ou aux rayons caloriques d'une lumière artificielle. Dune manière générale, on peut dire que, plus Tœil est fatigué, plus fréquent est le clignement (Katz).

L'étude du clignement au point de vue sémiologique n'a pas encore été faite d'une manière approfondie et l'on ne trouve guère dans la littérature que des indications sur les cas où le regard est fixe et où le clignement ne se produit pas, ou à de longs intervalles : c'est, notamment, le cas dans la paralysie agitante et dans le goitre exophtalmique.

Réflexe d'occlusion. — Lorsqu'un corps quelconque s'approche avec rapidité de l'œil, on observe un réflexe d'occlusion palpébrale habituellement combiné avec un mouvement de retrait de la tète. Ce réflexe est distinct de celui qui est produit par le contact des cils; aussi, lorsqu'on le recherche, faut-il éviter d'amener l'objet ou le doigt au contact de la paupière. Ce réflexe est intimement lié à la perception visuelle, et sa recherche peut être importante dans les cas de simulation dainaurose.

Voici un artifice qui en rend la recherche très aisée : il consiste à placer entre le malade et l'observateur une glace sans tain et à projeter dans la direction de l'œil une flèche de papier ou une plume. Si l'œil a une perception visuelle, le réflexe d'occlusion se produira certainement.

C'est, notamment, dans les cas à^amaurose hystérique que la recherche de ce réflexe peut avoir de l'intérêt. La simulation se laissera sûrement dépister par l'étude de ce réflexe.

TROUBLES TROPIIIQUES PALPÉBRAIX

Nous envisagerons successivement les troubles trophiques portant sur la peau des paupières, puis les troubles trophiques intéressant tous les tissus qui constituent le voile pnipébral.

Tlrenbles trophiques portant sur la totalité de la paupière. — Parmi les arrêts de développement qui constituent, à proprement parler, de véritables troubles trophiques, il faut signaler ceux (fui se produisent à la suite de lésions cérébrales infantiles ou de lésions du globe oculaire. Lorsque le globe oculaire, par suite d'une aflection intra-utérine (habituellement syphiliti(|ue), subit une désorganisation profonde, <m constate non seulement du côté des paupières, mais encore de l'orbite, un arrêt de développement très marqué et qui donne au visage une dissymétrie très manifeste. Le fonctionnement des paupières est normal et semblable à celui du coté sain, mais les organes sont plus petits. Très souvent la fonction visuelle s'est développée, mais on note un moindre

[r. BRUN a< V. MOBAX ]

développement du globe oculaire d'un côté, et une réfraction très fortement hypermétropique.

Les paralysies faciales périphériques datant de Fenfancc entraînent après elles, lors([uc la lésion même a été très profonde, un arrêt de développement des paupières. 11 en est de même de certaines lésions encéphaliques qui, survenant au cours du développement fœtal, produisent un arrêt de développement du côté opposé, qui porte autant sur la face que sur les membres et qui peut très bien intéresser les paupières, dont le jeu s'exécute néanmoins régulièrement.

Troubles trophiques cutanés. — Les troubles trophiques cutanés s'observent dans le 3ona ophtalmique; les lésions vésiculeuses peuvent être considérées comme des troubles trophiques dépendant de Faltération nerveuse.

Les taches pigmentaires des paupières s'observent fréquemment au cours de la grossesse. On peut les voir se développer, comme d'ailleurs le vitiligo chronique, dans faliénation mentale, le tabès, le goitre exophtalmique.

La chute des cils, la canitie ciliaire ont été observées au cours de certains états névropathiques, le goitre exophtalmique^ par exemple.

Faut-il ranger dans les troubles trophiques la lésion curieuse que l'on a décrite sous le nom de blepharochalazis ou d'angiomégalie qui se rapproche de raflfection que J.-B. Charcot et Souques ont désignée du nom d(» géromorphisme cutané et qui est caractérisée par une altération telle do la peau que celle-ci a revêtu l'apparence exacte de celle des vieillards : peau sèche, ridée, flas((ue, pendante, mobile, paraissant trop large pour les parties qu'elle recouvre.

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