MODIFICATIONS SECRÉTOIRES DE LA CONJONCTIVE
A rélîit normal la suiface conjonctivale est constamment lubréfiée par la sécrétion lacrymale et par la sécrétion propre de la conjonctive.
Dans toute lésion irritative de l'œil ou du trijumeau il y a une hypersécrétion lacrymale et conjonctivale qui se traduit par le larmoiement dont nous avons déjà étudié la sémiologie.
L'état (le sécheresse de la conjonctive s'observe dans un certain nombre
GO!«JONGTl\i: ET SEGMENT ANTÉRIEUR DU GLOBE OCULAIRE 275
d'affections conjonctivales, ou même d'affections générales : on le décrit sous le nom de xérosis conjoncHval. Il ne s'agit pas, à proprement parler, d'une absence de sécrétion conjonctivale ou lacrymale, mais bien plutôt d'une modiflcation partielle ou généralisée de la conjonctive, qui lui donne un aspect luisant, blanchâtre, d'aspect épidermique, et qui semble l'empêcher d'être lubréfiée par les larmes comme le ferait un corps gras : les larmes coulent sur les points malades sans les mouiller, et l'on voit à leur niveau se produire une fme mousse blanchâtre, qui se collecte en partie le long des bords libres de la paupière. La lésion peut s'étendre à la cornée, et lorsque les plaques de xérosis sont étendues à toute la conjonctive, la sécrétion lacrymale peut être très diminuée ou même complètement supprimée. Le siège le plus fréquent des lésions xérotiques, lorsque l'affection est circonscrite, est le triangle de conjonctive bulbaire correspondant à l'ouverture de la fente palpébrale. Lorsque les lésions ont eu une certaine durée ou une certaine intensité, la conjonctive peut s'épaissir légèrement au niveau des points dégénérés.
Les lésions xérotiques de cause locale s'observent dans toutes lésions cicatricielles étendues de la conjonctive, notamment dans les cicatrices de brûlures^ de conjonctivite granuleuse, de pemphigus conjonclivaL On les rencontre encore chaque fois que l'occlusion palpébrale est incomplète comme cela se produit dans Vectropion cicatriciel des paupières, ou dans la lagophtalmie par paralysie faciale.
Le xérosis peut être sous la dépendance d'un état général, et il y a lieu d'établir une distinction entre le xérosis des enfants et celui des adultes.
Chez l'enfant, le xérosis, qui est presque toujours accompagné de lésions ulcératives de la cornée, do kératomalacie, se développe à partir du premier ou du deuxième mois après la naissance ou pendant les deux premières années. Il s'accompagne, en général, de lésions de la muqueuse nasale, ol nous a pani, dans tous les cas que nt>us avons pu observer, sous la dépendance de la syphilis héréditaire, »
Chez l'adulte on a signalé assez fnMjuemnient une relation entre le xérosis et les affections hépatiques. Il est même un syndrome souvent ohsené, mais très mal étudié, caractérisé par l'apparition de quelques |K*tiles plaques de xérosis de la conjonctive bulbaire, et par une héméralopie modérée, pour lequel on incrimine une affection hépatique primitive.
Les lésions xérotiques de la conjonctive s'observent encore dans la fièvre typhoïde, lorsque les malades restent pendant plusieurs jours dans un état demi-comateux. Il en est ainsi aussi dans le choléra où Tappalilion de cet étiit de sécheresse est parfois singulièrement rapide.
[F. BRVM et V. irojujr ]
r276 SÉMIOLOGIE DE L*APPAR£IL VISUEL.