TROUBLES DE LA MOTILITÉ
à la constance de Texpression concordante et à la simulation dans les cas d'expression discordante (*).
Sikorski(*) admet que la démence se traduit d'abord parle défaut d'élévation de la paupière inférieure, puis par le défaut d'élévation de la paupière supérieure et enfin par la parésie du facial inférieur, parésie qui détermine rallongement de la face; mais en dehors de la démence, il est certain que chez un grand nombre d'individus le mouvement d'élévation delà paupière est toujours en défaut. La dissolution de l'expression faciale commence par les mouvements les plus faibles. C'est pour cela que dans lous les cas de dépression, les déviations congénitales ou acquises s'accentuent.
Chez les paralytiques généraux on observe souvent des mouvements choréiques ou athétosiques, du grincement des dents, des rigidités, de la tétanie. Les imbéciles et surtout les idiots ont une grande tendance à répéter les mêmes mouvements stéréotypés: mouvements de succion, de mâchonnements, salutations, etc.
Les eCfets de la dépression de la force musculaire se font sentir sur les organes de la parole par des altérations de l'articulation et de la voix (Morselli). La parole est monotone et lente chez les mélancoliques, leur Toix s'affaiblit aussi bien en hauteur qu'en intensité; souvent le timbre lui-même est modifié. Dans la stupeur la voix est voilée et éteinte. Même dans les états d'exaltation la voix présente une raucité particulière.
Le mutisme est le plus souvent dû à des craintes imaginaires; mais dans la stupidité, il est dû à l'inertie.
Ce n'est pas seulement l'expression verbale et mimique qui traduit extérieurement l'état psychique des aliénés. L'écriture présente encore des traits caractéristiques (*): en dehors des idées délirantes qu'ils expriment, les écrits des aliénés offrent des particularités graphiques importantes. Lêcrilure des maniaques est hardie, rapide; leurs lettres ont des dimensions exagérées et inégales, sont ornées de fioritures d'un développement inusité, à côté d'irrégularités, de déviations des lignes ; il arrive souvent qu'ils ne terminent pas les mots. L'écriture des mélancoliques est au contraire lourde et hésitante; leurs lettres se rapetissent, montrant qu'ils cherchent à se donner le moins de mouvement possible. Les idées prédominantes s'inscrivent avec des caractères spéciaux ou d'un volume démesuré ; leur fixité se dévoile par le soin particulier avec lequel les mots qui les représentent sont tracés et soulignés. Les mégalomanes emploient volontiers les majuscules. On a remarqué les lignes plongeantes des persécutés, et les lignes ascendantes des ambitieux Quelquefois les représentations visuelles s'objectivent par des illustrations qui ne sont
*1 p. FARAdCcr, Coufn'b. à Vélude de la physionomie chez lea aliénés. Tlirst* 18î)8.
;*] SfKoitsKi, Des indices physionomiques de la démence apathique, ^ouv. Iconographie de la Salpélrière, 1893, p. 177.'
l'i SMGL4S, Des troubles du langage chez les aliénés, 1892. — E. Mesley. Étude graphologique sur les variations de récriture des aliénés. Thèse 18ÎH»,
ICB. rÉBÉ.j
2a LES TROUBLES DE LIXTELLÏGENXE.
que des réproductions d'images obsédantes. Marcé cite un monomane religieux qui mêlait son écriture de croix, de petits calvaires.
Dans la folie à double forme, caractérisée par des périodes diversement alternantes d'excitation et de dépression, on voit Técriture se modi* fier avec les différentes périodes, de sorte que la correspondance de Taiiéné permet à elle seulede se renseigner suri état où il si» trouve. Dans quelques cas c'est non seulement le volume des lettres qui sert d'indice, mais surtout la direction des lignes qui sont ascendantes dans les périodes d'exaltation et descendantes dans les périodes de dépression. Dans beaucoup de cas, les modifications de l'écriture peuvent faire reconnaître qu'un accès est sur le point de guérir ou qu'une rechute est imminente. . L'hésitation, l'anxiété se traduisent par une écriture à reprises où on voit souvent des points placés où il n'en faut pas, tout comme dans l'oppression résultant de troubles primitifs de la respiration. On voit que dans la folie du doute, l'hésitation devient quelquefois telle, qu'elle se traduit par des troubles moteurs simulant la crampe des écrivains (*).
Les gestes désordonnés et les mouvements spasmodiqucs sfmt fré- (juents chez les maniaques et dans tous les états d'excitation. Le tremblement se manifeste dans l'alcoolisme, dans la paralysie générale, dans les états de dépression, dans l'anxiété.
Les spasmes localisés ne sont pas rares chez les maniaques et chez les mélancoliques. Les convulsions, les attaques épileptiformes avec perte de. connaissance se rencontrent chez les paralytiques généraux, chez les syphilitiques, les alcooliques, chez les saturnins, dans les démences organiques.
Les muscles lisses prennent aussi part à l'expression de l'excitabilité réflexe. L'horripilation passagère de la colère ou de la peur s'établit quelquefois d'une manière durable chez les maniaques. Cependant l'aspect hérissé de la chevelure ne doit pas être attribué exclusivement à l'action des muscles érecteurs des poils; les troubles de nutrition des cheveux qui sont secs et durs concourent aussi pour leur part 5 cette modification.
La contraction idio-musculaire de Schiff, qui objective l'énervation des muscles par la fatigue et constitue une véritable réaction de dégénérescence (*) est fréquente chez les aliénés ; elle s'exagère à la suite des décharges nerveuses (').
(*) Si-!gi.as, Un cas de folie du doute simulant la crampe des écrivains. Bull, et Me m. de la Soc. méd, des hôp., 1890, p. 291.
(*) J. JoTEYKO, Recherches sur la fatigue névro-musculaire et sur l'excitabilité électrique des muscles et des nerfs. Travaux du Laboratoire de VInslitut Solvay, 1901, l. IV, p. 50.
(') Ch. Véttt. Les Épilepsies et les Épileptiques, 1890, p. 184.