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CHAPITRE IV

Action de l'organisnie sur les poisons. — Rôle protecleur du foie. — Élimination i)f< poisons par l'urine, la sueur et les autres sécrétions. — Élimination des 5ub>boc^ volatiles par la voie pulmonaire. — Accmnulation des poisons dans Torganisme.

Nous avons déjà montré qu'avant de pénétrer dans le sang, les poisons subissaient souvent de profondes modifications. C'est ce qui a lieu surtout au niveau de l'estomac; les sels d'argent, de plomb se décomposent aa contact des chlorunes et le métal s'unit au chlore. Un grand nombre d autre< sels métalliques changent d'espèce ou peuvent se déposer à l'état de roitil réduit. Ces transformations sont tantôt favorables à l'organisme, tantôt défavorables; si quelques poisons sont précipités et restent insolubU'>. d'autres, au contraire, se dissolvent soit au contact des acides de l'estomac, comme le calomel et les alcaloïdes, soit au contact des matières grasse^. comme le phosphore.

Qu'ils aient ou non été modifiés, les poisons pénètrent par les lymphatiques et les veines et, transportés par le sang, arrivent au niveau de$ capillaires; c'est là que se passent les actes véritablement importants de l'intoxication. Ces actes sont de deux ordres : une action des poisons sur l'organisme, sorte d'attaque portée contre ses fonctions et ultérieurement contre sa structure ; en même temps une défense de l'organisme qui s'efTom' de neutraliser, de transformer et d'éliminer la substance nocive.

A plusieurs reprises, nous avons parlé des moyens de protection dont Torganisme dispose ; il faut maintenant étudier la question de plus près.

Déjà, dans le sang, certains poisons peuvent être annihilés; le plasma et les globules blancs jouent un rôle protecteur fort important.

L'alcalinité du sang et des liquides interstitiels neutralise certains corps; les acides organiques, par exemple, se transforment ainsi en sels neutres presque pas toxiques. Dans d'autres circonstances, il se produit des oxyda-

ACTION DU FOIE SUR LES POISONS. 88i

dons, bien qu'on ne puisse dire si elles ont lieu dans le sang lui-même Ml dans les tissus. Enfin, depuis quelque temps, on commence à connaître le rôle important que joue le sérum sanguin dans la destruction de certains poisons. L'idée n'est pas nouvelle. Rabuteau avait supposé que la résistance lu cobaye à l'action de l'atropine tenait à la haute alcalinité de son sang ]ui dédoublerait l'alcaloïde en deux corps inactifs, l'acide tropique et la Topine. ILeckel supposa également que l'atropine se transformait dans le lang des Herbivores. Ce n'étaient là que des hypothèses ingénieuses. La lémonstration de l'action antitoxique du sang a été donnée par les bactéiologistes: elle fut établie d'abord pour les animaux vaccinés, dont le sang cquérait la propriété de détruire les toxines microbiennes; cette découerte fondamentale, due à Behring et Kitasato, conduisit Ehrlich à donner De démonstration analogue pour l'abrine et la ricine ; ces deux substances »nt neutralisées par le sérum des animaux qu'on a rendus réfractaires à ar action. Et ce n'est pas seulement chez les vaccinés que le sang est xinicide; il peut l'être également chez les animaux doués d'une immuté naturelle ; MM. Phisalix et Contejean ont démontré que le sang de la lamandre terrestre, animal réfractaire au curare, abolissait Faction de i poison. Yoilà donc un nouveau point de contact entre le mode de x)tection de l'organisme contre les toxines microbiennes et les poisons îs végétaux supérieurs.

Le rôle des leucocytes dans la défense de l'organisme contre les poisons mbie moins important ou plutôt est moins bien établi ; pour quelques iteurs, par exemple, les leucocytes s'empareraient des peptones et les apécheraient ainsi d'exercer leur action nocive. C'est généralement dans l'intimité des organes que se passent les prinpales modifications des poisons. Mais pour qu'une action protectrice lisse se produire, il faut que l'empoisonnement ait été assez lent pour irmettre la diDusion des substances nocives. Comme le fait remarquer si stement M. Héger, dans l'intoxication rapide par l'oxyde de carbone, le Qg n'est pas oxycarboné dans toute l'économie, il ne l'est pas dans rate et la moelle des os; ces oi'ganes n'ont pas eu le temps d'exercer ir rôle. Il en est exactement de même pour les alcaloïdes : les organes otecteurs n'agissent que si le poison arrive assez lentement et dans un it suffisant de dilution.

De tous les organes qui luttent contre l'intoxication, c'est le foie qui issède le rôle le plus curieux.

Action du foie sur les poisons. — Placé comme une barrière sur trajet des substances qui proviennent de l'intestin, le foie en arrête lelques-unes et leur fait subir d'importantes modifications : divers corps inéraux s'y emmagasinent; les poisons normaux de la digestion s'y insforment; les matières azotées provenant de la désassimilation y •nnent naissance à 'de l'urée ; les alcaloïdes s'y accumulent et s'y modint. Ajoutons que la bile, comme l'ont montré les expériences d'Orfila, . Bernard, Chrzonszczewsky, Heidenhain, Peiper, Mosler, etc., peut

FAHOUMU GÉséfULB. — I. 5G

servir à réliinination d'un grand nombre de substances. Cest ce qs saisira facilement en parcourant le tableau suivant :

Substances. Présence dans la bile.

SalAte de cuivre Cl. Bernard : Pluê que datu Furine,

Moaler : Moim que dam Furine.

Albominate de cuivre . . FelU et Ritter : Plu$ que dans Furine, Sucre de plomb Annuadiat: 1/8 à 1/3 at arrêté par U

foie; dont la bile, quaniitéê trè$ mh

riablee.

Citrate de fer Pagamixzi : Quand F injection cet faite

par une veine méearaique.

Lactate de fer Bouchard : Id.

Calomel CL Bermi.

Mercure Autenrieth et Zeller : Plui que dans le

sang, lort de frieHonê avec un onguent.

Sels de fer, de manganèse, d'antimoine, d'étain, d'argent et de zinc Lussana.

Sels de cadmium Marmé.

Arsenic •'•••• Voiler : Jhû

fnuletiea ^ foie.

Bismuth Brick.

Iode Mclsens : IL

lodure de potaasram Cl. Bernard, Moaler, Lussana, Peiper :

6^8 heurté aprèê Fadminietra-

tion.

Kitrate de potassium Moaler.

Chlorate de potassium. . . Isaraberl.

Ferrocyanure de potassium . Boulej et Colin Peiper.

Sulfocyanure de potassium . . Peiper : Traces.

Salicylate de soude Peiper : 1/2 heure après FinjectUm^

au-^ssus de 0*<^,5.

Sulfindigotate de soude . . . Diakanow, Heidcnhain, Chnonaiczewskj.

Fuchsmc HussoD,Felti et Ritter, Cfaraonszciewskj.

Indigo-carmin , rouge d'aniline Chrzoossciewskj.

Carminatu d'ammoniaque, bleu

de Berlin, bleu d'aniline Chnoonoew

Mat.-colorantcs de la rhubarbe. Heidcnhain.

Acide benzoïque CL Bernard, 1

Acide phénique Peiper : Traces.

Térébenthine Cl. Bernard.

Sucre Cl. Bernard, Moaler.

Albumine Moaler.

Quinine Albertoni et Ciotlo. . Cl. Bernard, !

Jacquet.

Nicotine Jacques.

Strychnine Jacques : Traces.

Gurarine Lussana.

Caféine Straucfa.

Chlorophylle Wertheimer.

Un grand nombre de poisons minéraux, qu^ils s'éliminent ou no la bile, peuvent s'accumuler dans le foie. Il en résulte que, lor» injecte ces substances comparativement par une veine périphérique o

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