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(•) Eipârieneet monlnal l'Importance de la
(*) [Taprte H. Jiequo chei le chien.
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I'*J Cilnll (luwllqae (om potaati i6S9graninieïdeni*li*re« Hulei de lipliii[ repris daQ« 100 cenlim*lr<« CQbfïilciu.
te foie n'arrête pas seulement les alcaloïdes, il leur fait 8ubir de profondes modifications. Cette assertion, que nous avons essayé d'établir nir des faits expérimentaux, vient d'être confirmée pnr M. Verhoogen et pir M. kutliar. Les expériences de M. Verhoogen sont tout à bit reuurquables; cet auteur triture le foie d'une grenouille avec de l'hyoscjamlDi' ot vint i^ue cet alcaloïde perd son pouvoir mydriatique; poursuivant
Tôtude du phénomène, il démontre que la modification ne relève pas d'iuie action cellulaire; elle est produite par le suc du foie qui exerce une Téritable digestion analogue à celle que produit un ferment; cette action disparait quand on chauffe le suc hépatique à 70 degrés.
M. Kotliar a employé un autre procédé : il s'est servi de chiens auxquels on avait pratiqué la fistule d'Eck, c'est-à-dire l'abouchement de la veine porte dans la veine cave. Ses expériences, qui ont démontré que le foie arrête et transforme l'atropine, confirment donc, par une nouvelle méthode, les résultats que nous avions obtenus antérieurement.
Recherchant la corrélation qui existe entre les diverses fonctions du foie, nous avons été conduit à poser la loi suivante : un foie qui ne contient pas encore ou ne contient plus de glycogène, est incapable d'agir sur les substances toxiques qu'il doit arrêter ou transformer.
C'est ainsi que le foie du fœtus ne commence à modifier les poisons que lorsque la fonction glycogénique est développée. Chez les animaux soumis à l'inanition, chez ceux dont le glycogène a disparu par suite de la ligature du canal cholédoque, de la section des pneumogastriques au niveau du cou, de Tempoisonnement par le phosphore, le foie laisse passer la presque totalité des alcaloïdes qui lui arrivent. Réciproquement, si Ton stimule le foie, par exemple, en injectant de l'éther dans une branche de la veine porte, on voit s'exalter son rôle protecteur.
On sait les applications qu'on peut faire de ces résultats. Les variations de la toxicité urinaire au cours des affections hépatiques constituent une confirmation clinique des faits expérimentaux que nous avons rapportés.
n ne faudrait pas conclure cependant que le foie fût seul capable de détruire les poisons. Nous avons déjà montré, à propos des auto-intoxications, la part qui revenait au corps thyroïde et aux capsules surrénales dans la défense de l'organisme. Il est probable qu'un grand nombre d'organes ou de tissus doivent neutraliser les matières nocives ; la rate notamment devrait être étudiée à ce point de vue; on sait seulement qu'elle peut emmagasiner le fer, et qu'elle exerce une certaine action sur les toxalbumines microbiennes. Cependant il se démontre de plus en plus que toutes ces influences n'équivalent pas à l'action du foie, dont la suprématie est assurée par sa situation spéciale, sa richesse vasculaire, son volume, son activité fonctionnelle.
Élimination des poisons par turine. — Les substances qui circulent dans le sang et qui n'ont pas été fixées par les tissus, tendent à être éli minées par les divers émonctoires.
Nous avons déjà parlé du passage de certains poisons dans la bile. Mais, dans ce cas, le rôle du foie est secondaire; car la bile est un liquide partiellement récrémentitiel et une partie des substances qu'elle élimint peut rentrer dans l'organisme.
Tout autre est la sécrétion urinaire, qui entraine au dehors les poisont de l'alimentation et de la désassimilation ainsi que la plupart des toxi4 ques 'accidentels, notamment les alcaloïdest
Los substances peuvent être rejetées par la voie rénale sans avoir iiè modifiées, ou après avoir subi, dans l'organisme, des transformations pins ou moins profondes. Malheureusement, il est souvent ^iflicile de détenniner en quel endroit elles subissent leurs métamorphoses, et pourtant, k question a un grand intérêt, puisque son étude nous fait pénétrer dan le processus intime de la nutrition.
Les sels neutres alcalins ne font que traverser l'organisme, ûi rencontre dans les urines 82 pour 100 de l'iodure ingéré (Ehlers);oDj retrouve les bromures, les chlorates en totalité (Rabuteau, Stokvisiooa partie (Binz, Mering), les nitrates, les carbonates alcalins; pourtant ob admet que certains de ces sels se transforment partiellement : les bronmiti et les iodures de potassium se décomposeraient et donneraient des bnh mures et des iodures de sodium, tandis qu'il se produirait en même temps du chlorure de potassium; si le fait est réel, il expliquerait la difTéreDce d'action des iodures et des bromures, suivant que l'iode ou le brome est uni au sodium ou au potassium; dans ce dernier cas, ils se trouvent, à on moment, à l'état naissant et exercent alors une action spécifique.
Parmi les substances minérales qui passent dans l'urine, il convient de citer le lithium, le magnésium, l'arsenic, le cadmium, le molybdène, le tungstène, le cobalt, le nickel, le bismuth, le cuivre, le plomb, le me^ cure, le fer. Le mercure n'apparaît qu'après un temps assez long : Kron* feld a montré que, en injectant de l'huile grise sous la peau, on ne retrouvait le métal qu'au bout d'une à quatre heures; le passage se faisait plu rapidement si la quantité était introduite par plusieurs points diflérents. Mais il faut un temps considérable pour que tout le métal soit chassé de l'organisme; on en trouve encore 190 jours après son administration: l'élimination présente de grandes variations diurnes ; elle subit des augmentations, et des diminutions passagères, parfois des pauses complètes pendant un ou plusieurs jours, sans qu'on puisse saisir la cause de ces changements (Oberlânder). Le plomb passe aussi en petite quantité dans l'urine : dans les cas d'intoxication expérimentale, on en trouve bien plus dans la bile (Prévost et Binet). On peut du reste hâter son éliminition en donnant au malade de l'iodure de potassium, comme l'ont bien montré les recherches de M. Pouchet.
Parmi les poisons organiques nous signalerons l'acide cyanhydriqne, qui s'élimine tel qu'il a été introduit; le cyanure de potassium se décompose dans l'estomac sous l'influence de l'acide chlorhydrique et donne do chlorure de potassium et de l'acide cyanhydrique. Au contraire, les fenocyanures ne se modifient pas; on en retrouve 1/5 dans l'urine, le reste passant dans les matières fécales ('). Dans les ferro et les ferricyanures« le radical cyanique est si bien rivé au fer, que ces corps ne sont pas toxiques. Les cyanates ne sont pas plus dangereux; ils se transforment en ca^ bonates dans l'organisme.
(*) BniniFAU, Du passage de quelques médicamenU dans les urines. Thèse de Parité 1^>
ÉLimNATION DES POISONS. 889
On a longuement discuté sur Télimination de l'alcool. D'après Subotine et Voit, on ne trouve en vingt-quatre heures que 16 pour 100 de alcool ingéré : Télimination se fait surtout parles poumons, qui rejettent • pour 100 en cinq heures, puis par les reins, qui n'en rejettent que I pour 100 ; on en trouverait des traces au niveau de la peau. Les résultats ont du reste assez variables; car l'alcool s'élimine plus ou moins, suivant » circonstances : par exemple, il est rejeté bien plus rapidement sur les lontagnes et à une haute température. Quant aux modifications que alcool doit subir, elles sont mal connues : contrairement à Liebig, on 'admet plus guère qu'il s'oxyde, et Ton nie généralement sa transformaon partielle en aldéhyde et en acide acétique; aussi tend-on de plus Q plus à admettre qu'il traverse simplement l'économie; ce n'est pas un liment, c'est un simple anesthésique.
Les alcaloïdes s'éliminent surtout par la voie rénale, le plus souvent ans avoir subi de changement, parfois après s'être oxydés. C'est la quinine |ui a le plus servi aux recherches expérimentales : mais les chimistes 'ont pu s'entendre; les uns prétendent qu'elle s'élimine telle quelle, les Qtres admettant qu'elle s'échappe à l'état de quinidine ou d'une sublance physiologiquement inactive, rhydroxylquinine(Kemer). Ce qui est irtain, c'est qu'une partie seulement se retrouve dans les excrétions, une jtre reste dans l'organisme, se transformant peut-être en leucomaïne, ir, après son injection, on voit augmenter la quinoïdine animale (Bence* )nes et Dupré). Quoi qu'il en soit, l'urine contient de la quinine dix linutes après son introduction ; l'élimination atteint son maximum vers { sixième heure ; au bout de douze heures, la moitié de la quantité introuite est éliminée, mais l'excrétion continue encore pendant trois, quatre u cinq jours, de sorte que 70 à 80 pour 100 de l'alcaloïde sont ainsi ejetés (Byasson).
On est moins bien renseigné sur la morphine. Aussitôt après son introuction dans l'organisme, même par injection intra-veineuse, la morphine isparait du sang et se dépose dans les centres nerveux et le foie; son limination se fait vite, en un temps qui varie de douze à quarante-huit eures. Pour Lamal, elle se transformerait en oxymorphine et s'élimierait sous cette forme ; Stolnikov^ pense qu'elle est rendue inactive par iilfo-conjugaison ; le corps ainsi produit passe dans l'urine, où il serait ifficile de l'isoler. On comprend donc que certains auteurs aient nié son limination par le rein ; Voit, par exemple, examinant à ce point de vue urine d'un homme qui prenait tous les jours 1 ou 2 grammes de morhine, ne put y déceler cet alcaloïde; il en retrouva de grandes quantités ^ns les matières fécales, où tous les auteurs qui l'ont recherché en ont ignalé la présence.
L'urine sert de voie de sortie à un grand nombre d'alcaloïdes ou de [lycosides comme la vératrine, l'atropine, la strychnine, le curare, la aféine ; en même temps elle renferme souvent des substances anomales, ur l'étude desquelles nous reviendrons; car leur présence fait connaître
quelques-unes des modifications que les poisons imposent à la nutrition de l'organisme.
Enfin le rein rejette encore, sans qu'elles aient subi de transfomuitioii. les matières colorantes (alizarine, hématoxyline, carmin, chlorophytW) d les matières odorantes (Talériane, ail, safran, castoréum). Parfois cependnt la matière éliminée diffère de la substance introduite : c'est ce qui a Imw pour la térébenthine et la santonine. Dans ce dernier cas, il se produit un corps mal défini, la xanthopsine, qui donne aux urines une colontioo jaune yerdàtre, devenant rouge pourpre par adjonction d'un alcali.
Toutes les substances dont nous avons parlé jusqu'ici ne font que Inverser l'organisme ou n'y subissent que des changements d'importance secondaire. Nous devons dire quelques mots des corps qui éprouvent de» transformations importantes.
Parmi les substances minérales, les acides se salifient, les sels s'oxydent, d'autres se réduisent. Souvent des corps appartenant à des familles voisines se comportent tout différemment : le soufre, les sulfures, les hyposulfites, s'oxydent et s'éliminent sous forme de sulfates (Wûhler. Kletzinski) ; les sels de sélénium et de tellure se réduisent et se dégageot à l'état d'hydrogène sélénié ou tellure donnant à l'haleine une o^ insupportable (Rabuteau). Les iodates et les bromates forment des indurés et des bromures, tandis que les chlorates ne se modifient pas; mais les hypochlorites se transforment en chlorures (Kletzinski) et le perdilonue de fer en protochlorure (Rabuteau). Enfin, les hypophosphites et les phosphites forment des phosphates.
Les sels alcalins à acide organique suivent presque tous la même loi: une petite partie s'élimine à l'état de sels ammoniacaux neutres (Salkowski), le reste se transforme en carbonates (Wohler, Rabuteau) ; ainsi se comportent les cyanates, acétates, tartratcs, citrates, formiates, valérianates, quinates, méconates, aconitates, succinates. Les acides gras ?obtib ;« dédoublent, au moins partiellement en acide carbonique et en eaa; ilen est de même, semble-t-il, pour la glycérine.
Les sels ammoniacaux se transforment en partie ou en totalité en urée: nous avons déjà montré le mécanisme de cette transformation en parbnt de l'action du foie, et nous avons fait voir qu'elle ne pouvait s'effectuer que sur les carbonates ou les sels à acide organique. Cependant quand on fuit ingérer du chlorhydrate d'ammoniaque, une petite partie seulement s'élimine sous cet état, le reste se transforme en urée : la contradiction n'est qu'apparente; dans le cas d'ingestion, le sel ammoniacal trouve dans l'intestin des sels alcalins qui déplacent l'ammoniaque. Les amides acides et les ammoniaques composées se comportent de même et s'éliminait à l'état d'urée ; les cyanamides à l'état d'uramides. La créatine donne de b créatinine; les ferricyanures, des terrocpnures (Wohler).
L'acide cinnamique s'élimine sous forme d'acide benioîque : l'acide bcnzoïque, sous forme d'acide hippurique, l'acide tanique à l'état d'acide gallique; Tacide galliquc et l'acide pyrogallique s'éliminent oi partie
ÉLIMINATTON DES POISONS. 891
sans transformation, en partie à Tétat de pyrogallol et de pyrocatéchine.
Le phénol se sulfoconjugue, particulièrement dans le foie et le rein, et donne des phényl-sulfates et des phényl-glykuronates ; en même temps, il se forme de Thydrochinone brunissant à Tair; le benzol se transformant en phénol, donne les mêmes produits d^ élimination. Quant au saloh il se dédouble au niveau du duodénum en acide phénique, dont nous connaissons les modifications, et en acide salicylique : celui-ci, sous quelque forme qu'il ait été ingéré, passe dans Turine, ne donnant au plus qu'une petite quantité de pyrocatéchine qui confère à ce liquide une couleur foncée (Méhu).
On n'est pas encore fixé sur les transformations du chloroforme; la plupart des auteurs, contrairement à Maréchal et à Baudrimont, n'admettent pas qu'il s'élimine en nature ; il se comporterait comme le chloral et donnerait dans l'urine une substance réduisant la liqueur de Fehling, l'acide urochloralique. Quant au chloral, arrivé dans le sang, il se transforme partiellement en chloroforme et s'élimine aussi à l'état d'acide urochloralique.
A la suite de l'ingestion d'un grand nombre de corps, on trouve dans l'urine des substances qui réduisent le réactif cupro-potassique : il s'agit tantôt d'acide glykuronique, comme après l'introduction du camphre; tantôt d'une substance non définie, comme cela se voit après l'administration de glycérine, ou de térébenthine.
La fréquence des accidents consécutifs à l'iodoforme donne un certain intérêt à l'étude des modifications que subit ce corps ; d'après Èamack, de l'iode serait mis en liberté et agirait combiné à l'état d'iodure organique.
Les quelques exemples que nous venons de rapporter suffisent à établir les difficultés qu'on rencontre quand on veut étudier l'élimination des substances toxiques; les transformations nombreuses que subissent les poisons, les réductions, les oxydations, les dédoublements, les combinaisons nouvelles qu'ils peuvent affecter, rendent les recherches très pénibles et les interprétations très délicates.
U n'en reste pas moins établi que la plupart des poisons s'éliminent par la voie rénale. Aussi a-t-on espéré favoriser leur sortie en lavant l'organisme, c'est-à-dire en injectant de grandes quantités d'eau salée dans les veines. MM. Dastre et Loye ont expérimenté cette méthode sur les animaux; quelques auteurs ont obtenu chez l'homme des résultats assez encourageants.
Élimination des poisons par les sécrétions sudorales. — L'urine et la bile ne sont pas les seules voies d'élimination des poisons. La sécrétion sudorale joue, sous ce rapport, un rôle très important. Bergeronet Lemattre ont publié sur ce sujet un remarquable mémoire, dont nous reproduisons les conclusions : c Les arsénites et arséniates de potasse ou de soude s'éliminent en nature; l'arséniate de fer se dédouble, le fer s'élimine par le rein et l'arsenic est décelé dans la sueur à l'état d'arséniate alcalin. Le
proto-iodure de mercure s'élimine à Tétat de bi-iodure; oo retnmre dans la sueur des traces de mercure et Tiode est décelé dans la salÎTe H l'urine à Tétat d'iodure alcalin. Le bichlorure de mercure se retrouve sous le même état dans la sueur et dans l'urine : l'iodure de potassium ne se retrouve jamais dans la sueur ('). » Cette dernière assertion n'est pas toujours exacte : parfois on a trouvé dans la sueur de l'iodure et même df l'iode. On y a décelé encore de l'antimoine (Spring), du phosphore qui pourrait faire une atmosphère lumineuse autour du malade. Enfin certain> métaux peuvent se déposer dans la peau : tels sont le fer et le plomb (Lavraud), ce dernier s'élimine ensuite par la sueur (Dumoulin).
Bien des substances de nature organique ont été retrouvées dans b sueur : en voici une liste dont les éléments sont empruntés aux ouvrages classiques de Spring(') et de Beaunis(') et à l'article de F. Franck (*).
Ipéca, serpentaire, angélique, salsepareille, gaïac, camphre, étbers. quelques huiles essentielles, opium, alcool (0,14 pour 100 4'après Binz), acide benzoïque (en partie, à l'état d'acide hippurique), acide sucdnique, acide lactique, quinine. On y rencontre encore de petites quantités d'alcool, mais, contrairement à ce qu'on aurait pu penser, la pilocarpine ne s efamine pas par cette voie.
Après les détails que nous avons donnés en parlant des auto-intoxicatioDs il est inutile de revenir sur le rôle de la peau, comme émonctoire im poisons constamment formés dans l'organisme; on se rappelle quec*estî la suppression de cette fonction protectrice qu'on attribue la plupart des accidents causés par les lésions étendues du tégument cutané, par les brûlures et le vernissage.
Élimination des poisons par la sécrétion lacrymale et par le W/.— La sueur se rapproche de l'urine, parce que les substances qui y passent ne peuvent guère rentrer dans l'organisme; il en est de même pour la larmes et le lait.
Quelques poisons, comme la quinine, peuvent se retrouver dans U sécrétion lacrymale; MM. Dubois et yignon(') ont constaté ce fait curieoi que les phénylènes-diamines s'accumulent dans les glandes lacrymales et peuvent y être détruites en partie ; il y a là un rôle protecteur que les auteurs comparent à celui du foie.
Nous n'avons pas besoin d'étudier la sécrétion lactée; nous enavon^ suffisamment parlé précédemment. 11 suffit de signaler l'évacuation passible par le mucus bronchique de certains poisons comme la quinine.
Passage des poisons dans les sécrétions gastro-intestinales. — Rinni
(*] BBBGiRoif et Lexattre, De l'éliminatîoo des médianientf ptr la meiir. ArdL gétiêr. de méd., 1864, t. n, p. 175-184.
(*) Spring, Traité de sémiologie, t. H, p. 171,
(>) Beaunis, Traité de physiologie. Paris, 2* éd., 1881, p. 825.
(^) F. Frahck, Art. Soiua. Dictionnaire encycL dèi se, méd,, 9* série, t. XŒ, p. '^ Paris, 1884.
Dubois et VieROif, Étade préliminaire de ftction plijsiolog:i<pie de la pera» el de la méiiphéoylène-diamine. Arch. de phytiol,^ 1888, 11, p. fô5.
ËLIMEVATIOX DES POISONS. 895
les sécrétions, qui se déversent le long du tube digestif, nous trouvons d'abord la salive, qui peut contenir un grand nombre de substances toxiques : L'iodure de potassium y apparaît quelques minutes après Tingestion ; Fiodure de fer, contrairement aux autres préparations martiales, s'y retrouve également; on y rencontre aussi les chlorates, la quinine, la strychnine, Taconitine et peut-être des traces de morphine. Byasson, qui a étudié avec soin l'élimination du mercure, a constaté qu'après ingestion de 0''',02 de sublimé, on pouvait déceler le mercure dans l'urine au bout de deux heures, dans la salive au bout de quatre heures ; la sueur en contient un peu, les matières fécales une grande quantité, 72 pour 100 de la dose introduite, d'après M. Hayem.
Un intérêt considérable s'attache à l'étude des substances qui passent dans l'estomac, puisqu'au moyen d'un lavage on peut les entraîner au dehors. Plusieurs composés métalliques s'éliminent de cette façon; l'iode, le brome, le fluor se retrouvent dans la sécrétion gastrique a l'état d'acides iodhydrique, bromhydrique, fluorhydrique ; le mercure et le manganèse sous fonne de composés albumineux. D'après Binet, on peut y déceler la quinine, la strychnine, la lithine, les chlorates; les acides salicylique et gallique, le chloral, l'atropine n'y passent pas ou y passent à l'état de traces.
L'acide arsénieux, injecté sous la peau du lapin, se retrouve également dans l'estomac où il provoque des altérations de la muqueuse qui peuvent aboutir à l'ulcération; on évite ce dernier accident en neutralisant le suc gastrique par des alcalins (Filehne).
C'est surtout l'élimination de la morphine qui présente de l'intérêt : en une heure, il passe dans l'estomac de 30 à 50 pour 100 de la morphine injectée sous la peau (Alt.). On conçoit donc que le lavage de l'estomac puisse donner de bons résultats, même quand le poison a été introduit par une autre voie que le tube digestif.
La morphine passe aussi en grande quantité dans l'intestin; en injectant sous la peau d'un chien l'%6 de morphine, en deux jours, Tauber a extrait des matières fécales 0^,51 de cet alcaloïde, soit 41,3 pour 100 de la quantité introduite. Mais ce sont surtout les métaux qui se retrouvent dans les sécrétions intestinales; l'or, le nickel, le cobalt, le fer, l'uranium, le manganèse, le platine, le mercure, le baryum, le strontium s'éliminent par cette voie et peuvent, par leur passage, produire des altérations de la muqueuse: telles senties lésions du gros intestin dans l'empoisonnement par le sublimé.
La présence des poisons dans les matières técales suflit à démontrer que Félimination peut se faire par l'intestin ; mais il est bien certain qu'une partie doit être résorbée et rentrer dans la circulation ; il y a là un va-etvient assez curieux entre l'organisme et le tube digestif.
Les sécrétions pathologiques, comme les sécrétions normales, peuvent contenir diverses substances toxiques; on peut déceler de la quinine dans la sérosité des hydropisies, du mercure dans le pus, de l'arsenic dans le liquide des vésicatoires.
Élimination des poisons volatils. — Les poisons volatils trou?eot une Yoie ouverte au niveau des poumons. Un grand nombre d'essences. In acides gras et les alcaloïdes volatils, les alcools, les aldéhydes, les éthers, Tacétone s'éliminent par cet organe. C'est par la que passent égalemeol les hydrogènes sélénié, tellurié et sulfuré : ce dernier gaz est fort toxique quand on le respire; mais sa prompte élimination par les poumons le rend inofTensif quand on Tingère ou quand on l'introduit par la voie rectale. Le phosphore imprègne également l'air expiré et lui donne la propriété de luire dans les ténèbres.
Variations dans r élimination des poisons, — Il existe quelques conditions qui favorisent ou entravent l'élimination des poisons. Celle-ci est d'autant plus rapide que la nutrition est plus active. L'enfant, chez qui l'émonction rénale se fait avec une rapidité étonnante, supporte des doses de salicylate égales à celles qu'on donne à l'adulte. Mais cette actioo du rein ne commence qu'un certain temps après la naissance. C'est ce que démontrent les recherches de M. Porak : pendant la vie intra-aterioe, l'iodure de potassium administrée la mère arrive au fœtus par le placenta et ressort par la porte d'entrée; après la naissance, le rein rejette Fiodure, mais il agit lentement; si l'on donne 0,5 à 1 granmie à la mère, Télinih nation est achevée chez celle-ci en trente-six heures; chez le nouTeaiHK elle dure de quatre à six jours.
Dans la vieillesse, l'élimination des poisons se fait lentement; aussi doit-on être très circonspect et très prudent dans l'administratioD des médicaments chez les gens âgés.
Sous l'influence des maladies, il se produit forcément des changemeub dans l'absorption, la transformation et l'élimination des poisons. Les troubles de la glycogénie hépatique entravent l'action protectrice du foie, les troubles de la sécrétion urinaire rendent plus difficile l'élimination rénale; les altérations de la nutrition modifient les transformations de certaines substances, notamment de celles qui subissent des oxydations, c )mme l'établissent les analyses de Nencki et de Sieber. Sans avoir recours à des recherches chimiques, toujours délicates, M. Bouchard (') a montré que la naphtaline subit, chez certains malades, des modifications tout à fait différentes de celles qu'elle présente chez l'homme sain ; elle donne à l'urine une coloration pourpre, analogue à la teinte du permanganate de potasse. Cette coloration s'observe dans le choléra, dans l'ictère graîe et parfois dans la fièvre typhoïde; elle semble due à un défaut d'action de la glande hépatique et pourrait peut-être servir en clinique à déterminer Tétat fonctionnel du foie.
Bachrach (') a abordé la question, en étudiant l'élimination de l'iodure de potassium, qu'il administrait à des hommes apyrétiques ou fébricitants. Or, il ne trouva pas de différences quand la substance était introduite par
(*) Bouchard, Leçons sur les auto>intoxic«tions dans les mtlidies. Puis, 1887, p. 240. (*) Bachrach, Uebcr Aussclieidung von lodkali und ihulichen Salien durch den Hani. Uerlin, 1878.