‹ Traité de pathologie générale v. 1 (volume 3)Chapitre 27 sur 152 · PAE · texte numérisé non relu

PAE

H. ROGER P.-J. CADIOT

Agiigé i la FtculU d« Paris. Professeur A l'École d'Alfort

Objet cl difisioD de la pathologie comparée. — Évolution des lésions traumatiques. — Complications des plaies. — Maladies infectieuses communes à Thonmie et aux animaux, htoxiations. — Diathèses. — Affections des appareils et des tissus. — Résumé.

Objet et diTision de la pathologie comparée. — La pathologie comparée, enyisageant les troubles morbides dans toute la série des êtres, devrait partir des individus inférieurs, unicellulaires, et remonter peu à peu jusqu'aux types les plus élevés; étudiant simultanément ce qui se pisse chez les végétaux et chez les animaux, elle arriverait à discerner ce qui est commun à toutes les cellules vivantes, ce qui est propre à quelques-unes d'entre elles. La pathologie des éléments primordiaux, dont les résultats auraient une portée générale, servirait d'introduction à la pathologie des tissus et des viscères ; on verrait ainsi quelles sont les variations qui surviennent dans les parties similaires chez les différents iodiWdus; on serait conduit à étudier successivement la résistance de tous les êtres vivants à une même cause pathogène et à comparer les réactions des organes et des tissus homologues.

Dne telle étude, qui aurait un intérêt philosophique considérable, ne peut être entreprise à l'heure actuelle ; on possède trop peu de documents pour tenter une semblable synthèse; il faut se borner à faire de l'analyse; c'est ce qui nous a conduits à diviser le sujet en deux parties : la première sera consacrée aux maladies de l'homme et des animaux supérieurs; b seconde envisagera les réactions morbides chez les végétaux ; nous bisserons de côté les maladies des animaux inférieurs, non que leur étude ioit négligeable, mais les quelques notions que nous possédons sont encore bien incomplètes et les résultats obtenus, soit en recherchant la phagocytose chez les Invertébrés, soit en étudiant les maladies des Insectes (Vers à soie. Abeilles), des Mollusques et des Crustacés, seront exposés à propos des infections, des intoxications, des tumeurs.

Ainsi délimité, le sujet que nous abordons est encore bien vaste et bh)n difficile. Trop souvent les auteurs de médecine vétérinaire se sont con-

PATHOLOGIE CUMI'AKÉE Ht L'HOailE ET DES ANBIAUX.

tentés d*adapler h t'élude des animaux les descriptions de la path(ilo| humaine ; un même terme s'est trouvé appli(|ué à des processus fort 4 parâtes ; la chorée du chien, la fièvre typhinde, l'Influen/^ et la goun du cheval, n'ont aucun rapport avec les alTeclions de l'homme désignéi sous ces mêmes noms; il an résulte des confusions continuelles if rendent malaisée toute comparaison.

Cependant l'étude de la pathologie comparée, poursuivie avec aoînp^ quelques auteurs ('), a déjà conduit k des notions générales fort împg tantes. Tandis que les animaux sauvages, rarement frappés par les ' tiuns ou les intoxications, sont surtout sujets aux lésious tniumati(|Q et au surmenage que leur impose la nécessité d'attraper leur proie de fuir devant leurs ennemis, les animaux domestiqués sont expoi aux mêmes causes pathogènes que l'homme; le travail auquel ils i assujettis, la vie dans des espaces clos, la nourriture insurTisante ou appropriée ('), la contamination des aliments, de l'eau ou de l'air divers agents toxiques ou infectieux, le contact avec les animaux ou i les hommes, expliquent sufTisamment leur plus grande morbidité; e parmi les animaux domestiques tous ne sont pas également atteints: I maladies sont d'autant plus n<imlireus(-s que l'être est plus élevé, c'i à-dire plus cnmplexe, et qu'il appartient à une race plus cultivée, c'< à-dire moins résistante.

Les mêmes considérations peuvent s'appliquer à l'histoire des lésïi congénitales, des dégénérescences de race, des diatlièses, des aOectîai héréditaires. Les individus qui naissent avec une tare sont destinés i pâ dans les cas de sélection naturelle; ils peuvent survivre, au coni s'il s'agit d'animaux domestiques; aussi l'hérédité morhide cxiste-lra chez eux comme chez l'homme. Nous avons donc un grand intérâf connaître les maladies des êtres qui nous entourent; leur étude împoi également au médecin qui y trouve des éclaircissements pour ta palh logie humaine, à l'hygiéniste qui y puise des indications pour la propt laiie, à l' expérimentateur qui en tire des idées pour ses recherches.

Les lésions traumatiques et leurs conséquences. — Les di rents tissus peuvent présenter des lésions d'ordre traumtilique ou à altérations consécutives k la fatigue : c'est ainsi qu'on observe des mjl sites et des ténosites, à la suite des travaux exagérés; on rencontre, en les jeunes animaux, des rétractions tendineuses avec déviation des rajoo

('] Lincmi, llêling;!» <le [«tlHilogip iinnpai^ et da léntoiogie. Paru. 1878. — AH. pi uwn ccmr>B£E, Bicl. mcyelop. dn4e. méd , 3* >^e. t. XXI, p. 601, l?85.

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[•) ]/a fiuïes de* mfiiBgH-iM succomljeiil souvent i une carlipiic qui DMirrilure eiduiivctnrnt campMéo de viaudc; dtiu les conditions udurellcs. I«ir conduit ■ iliirarer lei enlnïllo des herbirorca, où ila puisent lei tlimcala TégûUtui ii Itur uutrilion.

LES LÉSIONS TRAUMATIUUES ET LEURS CONSÉIJLENCES, 87

qui cèdent aux moyens orthopédiques ou nécessilenl la ténotomie. les bjdarlhroscs, les tiydropisîes dos synoviales tendineuses sont com- DumescheE les auïioaux moteurs; un y trouve parfois, en deliors de toute tuberculose, des grains ri/îfornies.

les contusions peuvent amener des épanchements de sérosité et d'huile, surloul fréquents chei les grands animaux aux régions qui supportent les iait\a\s. Les plaies de la' trachée, de l'ars, de l'aine, peuvent s'accom- [Migncr d'un emphysème ti-auraatique, parfois fort étend». L'emphysème dit qioiilané, qui survient sans cause appréciable chez les bétos bovines, oceape d'ordinaire b région dorso-lombaire.

L'êrolution des lésions traumatiques est Identique chez tous les ani- Duui ; la réparation se fait par des processus analogues. Contrairement inné opinion accréditée, les fractures guérissent aussi bien chez te vheval et cbei le chien que chez l'homme ; la seule difliculté est d'obtenir l'immobilisation.

Les complications des plaies sont semblables, mais diD'èrcnt par leur fréquence. Il est rare d'observer des réactions nerveuses graves ; la synwipe ne se produit que d'une fafon exceptionnelle, le choc tniuiuatique Dc Hinienl pas souvent. Les hémorrhagies se rencontrent surtout chez Ik animaux atteints d'alTections dyscrasïques ; chez les chiens leucémiques, la moindre plaie, accidentelle ou opératoire, peut donner lieu à des pertes de sang parfois considérables et difficiles à arrêter.

Suppuration, pyohémies et septicémies. — De toutes les complicatiuae Innimatiques, les plus importantes sont de nature infectieuse. LœtUcpsie est difficile à réaliser chez les animaux; aussi observe-t-on prcH)!» toujours des fièvres traumatiques, souvent de la suppuration, parfois des pyohémies, des septicémies, de la gangrène gazeuse ou septicimie gangreneuse, du tétanos.

Li suppuration, fréquente chez le cheval, encore assez commune chez lemoulon et le porc, est plus rare chez le chien, le chat, le bœuf et ■urfoul chez les oiseaux. Dans tous les cas, elle est due aux mêmes agents pyu^ènes que chez l'homme, comme ie monti'ent les chiR'res suivants :

ifbcoccus lureiu,

iminifères. Oiseaux.

tm et all)us.

■ pyogenes

Di et «(reptuGoci:us.

Keneocois lelrageaus

B. pTOg^DM r<BlidDs

B. pjoejutevt

('] Eaiukui. Sl>tÎ9liKherBGllragiurKennlni99HiTËiteruiigsi;rr<.'i;ui'bi;iMenscbeii und Thicrcii. - - "tfOr BakterieUBie, Bd. VII, p. «3, IMBO.

Il résulte donc de nos recherches que, dans les suppurations du cheval et du chien, on rencontre plus souvent les staphylocoques que les strqn tocoques et que le staphylocoque blanc est plus fréquent que le doré.

Comme chez l'homme, on trouve souvent plusieurs espèces bactériennes réunies dans un même foyer. Conmie chez lui aussi, on peut observer, sous l'influence de ces mêmes microbes pyogènes, des infections plus ou moins graves, notanmient des septicémies et des pyohémies. C'est surtout chez le cheval et le chien qu'on rencontre des septicémies à marche rapide relevant du streptocoque.

Le streptocoque joue aussi le principal rôle dans les infections puerpérales. La fièvre vitulaire peut se présenter sous deux formes diOerentes : dans l'une il s'agit d'une vraie septicémie, survenant généralement le troisième jour après le part et due à une délivrance incomplète, à l'emploi d'instruments sales, à la contagion ; la mortalité, très élevée, atteint de 50 à 70 pour 100. Dans l'autre forme, désignée sous le nom de fièvre vitulaire paralytique et qui s'observe surtout chez la vache, plus rarement chez le chien ou la truie, il s'agit, semble-t-il, d'une intoxication ; de même, en pathologie humaine, la fièvre puerpérale généralement liée au streptocoque, relève, dans quelques cas, d'une imprégnation de l'organisme par les matières solubles que les saprophytes ont sécrétées dans les caillots utérins.

Les infections septico-pyohémiques peuvent atteindre le fœtus sans que la mère soit contaminée ; c'est le cas, semble-t-il, pour l'affection qu'on a décrite sous le nom d^avortement épizootique des vaches. Plus souvent les accidents débutent chez les nouveau-nés ; les veaux, les poulains, les agneaux peuvent être atteints de polyarthrites pyohémiques^ longtemps confondues avec le rhumatisme articulaire aigu; la maladie, qui sévit souvent sous forme enzootique, a pour point de départ la suppuration des vaisseaux ombilicaux, et relève soit d'une association microbienne (Uffreduzzi), soit du streptocoque (Nocard, de Saint-Germain).

En dehors de la puerpéralité, on peut observer, chez le cheval surtout, Vinfection purulente à la suite des grandes plaies suppurantes, particulièrement de celles qui sont entretenues par la nécrose des os ou des tendons, n s'agit en général d'une infection streptococcique.

Ce sont aussi des streptocoques que l'on trouve dans quelques lésions suppuratives de la mamelle. Dans une forme de la mammite des vaches laitières^ MM. Nocard et Mollercau ont rencontré un streptocope particulier qui se transmet par les mains du trayeur. C'est au contraire à une variété de staphylocoque (Nocard) qu'il faut attribuer la mammite gan' greneuse des brebis, encore désignée sous le nom d'araignée.

Ainsi le streptocoque semble un agent important des lésions suppuratives ou pyohémiques; il se présente avec des caractères un peu variables, de telle sorte qu'il est impossible de décider actuellement s'il s'agit de races différentes d'une même espèce ou de plusieurs espèces distinctes. La question est d'autant plus difficile à trancher qu'on ne peut pas encore

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