LES LÉSIONS TRAUHATIQUES ET LEURS CONSÉQUENCES
tnm i s'entendre pour les quelques variétés de slreplocoque qu'on rfnconlre cbei l'homme.
ibrsg'il produit souvent de la suppuration, le streptocoque détermine tmnmtàeVérysipéle chet les animaux; on en a pourtant observé des cas cbM le cheval, le bœuf, le chien, et l'on peut facilement reproduire la Buladie chez le lapin ; mais, le plus souvent, les éruptions cutanées d'^parence èrysipélateuse sont dues à des staphylocoques et notamment n sbpbjlocoque blanc.
Parmi les septicémies moins importantes ou moins étudiées, il con- TÏenl ie signaler h fièvre pél^chiale ou anasarque du cheval, assimilée en Aoglplerre au purpura héraonliagique et survenant soit après un Irauutatisme (Siedamii^otxky), soit à la suite d'une autre maladie infec- Ueute; l'agent pathogène en est inconnu. Citons encore diverses atTections (luefiàdes microbes plus ou moins analogues au proteus; la septicémie da lapins, dont on a pu retrouver l'agent chez l'homme (Babes), le choiera des poules, dont le bacille produit une infection généralisée chei la ifiule et le lapin, tandis qu'il ne détermine chez l'homme et le cobaye que des abcès circonscrits. 11 existe chez les Poissons et les Batraciens des wpticémies qui semblent Iransmissibles aux mammifères; le Baciltns kyirophilus fuscus ('), par exemple, est également pathogène pour les puisEotiB, h grenouille, le lapin et le cobaye.
Un grand intérêt s'attache aux maladies causées par le Baciltus coli communis; ce microbe, qui se rencontre dans le tube digestif de presque tous les Mammifères, provoque des infections assez varices dans leur pbfsiunDmte clinique; il peut être pyogène chez toutes les espèces et représente la cause principale des péritonites par perforation, des angiotholilet suppurées, des septicémies d'origine intestinale; on voit fréqDeaunent les lapins succombera une diarrhée abondante; et l'on constate pv Iviamen bactériologique que les accidents sont dus au Baciltus coH, qniienvahi leur organisme.
le tube digestif sert d'habitat à d'autres bactéries pathogènes. Chez le imA. lin trouve le vibrion septit/uc, agent de la septicémie gangre- Kuw ou yanjfrcMcgflseugfi, et le bacille du tétanos. Ces deux microbes •"ïmiliics. répandus en abondance à la surface du sol. envahissent facitwieill tes plaies anfractueuses, souillées par de la terre ou des pous- Hères, trouvant dans les tissus contus et morlifiés un milieu favorable i Ipur développement; la maladie pourra ensuite se propager au moyen lies instruments malpropres; elle pourra se ti'ansmettre à d'autres animaui, moutons, chèvres, plus rarement carnassiers, et même à l'homme. Le tétanos est surtout fréquent dans les pays tropicaux ; à Saint-Domingue, par exemple, il survient communément à la suite des opérations pratiquées
(') SiKiaELU, Ucber cincii iicueii HikToorgoiiismus des Wiuera. Ctnlralbiatt fàr Bakteriole^ie. B- II. S. 193. IKIH. — Riwei, Uds épizootie obserriSe diei des gienuuilli». Bull, de la Soc. dt Biol., 8 juiUel 1803
sur les Equidés ci cause une telle mortalité que le prix des cheyaux hongres est deux fois plus élevé que celui des chevaux entiers.
Le charbon symptomatiquey si bien étudié par MM. Arloing, Comevin et Thomas ('), est une infection analogue à la septicémie gangreneuse; bien que les différences entre les deux agents pathogènes soient secondaires, on tend néanmoins à considérer ces maladies comme différentes et Ton admet que, contrairement à la gangrène gazeuse, le charbon symptomatique ne se transmet pas à l'homme.
n existe encore d'autres maladies, qui rentrent dans le groupe des septicémies et semblent spéciales aux animaux : tels sont le rouget du porc, la peste porcine, la pneumo-entérite, la barbone des buffles, la dysenterie des nouveau-nés, la maladie épidémique des animaux sauvages, etc.
Fièvres éruptives. — L'histoire des fièvres éruptives présente un grand intérêt.
La rougeole semble tout à fait spéciale à l'homme; la scarlatine^ d'après Klein, existerait chez la vache et serait due à un streptocoque qui se trouverait dans le lait et servirait à transmettre l'infection; ces faits, malgré leur intérêt, commandent la plus grande réserve.
Mais c'est surtout sur les maladies varioliformes que les auteurs ont discuté (•).
n en est une qui est commune aux animaux et à l'homme, ou plutôt qui est transmissible à ce dernier, c'est la vaccine. A peine est-il besoin de rappeler que le horse-pox du cheval s'inocule à la vache, que le cow-pox s'inocule à l'homme et qu'ensuite il peut faire retour à la vache et au cheval. Quant aux relations qui existent entre la vaccine et la variole humaine, il est bien difficile de se prononcer actuellement; à la suite des travaux de Etemod et Haccius et de Fischer, les unicistes ont paru triompher; les recherches de Pourquier, de Juhel-Rénoy etDupuy tendent au contraire à nous ramener aux idées dualistes soutenues depuis longtemps par M. Chauveau. S'il peut rester des doutes légitimes sur cette question, il n'en existe pas pour les autres infections qu'on a voulu rapprocher de la variole humaine; on s'accorde de plus en plus à y voir des maladies distinctes, dételle sorte qu'il faut admettre aujourd'hui, dans le genre variole, les espèces suivantes :
La variole humaine^ inoculable au cheval, au bœuf, au porc, au mouton, à la chèvre et au chien.
La variole équine et bovine (horse-pox et cow-pox), inoculable à l'homme (vaccine), au jeune chien, au porc et parfois au lapin.
La variole porcine, inoculable à l'homme et à la chèvre (Gerlach) et à laquelle on a attribué une origine tantôt humaine, tantôt ovine.
(') ARLonio, Gofi!fETtM et Thomas, Le charbon symptomatique. Paris, 1887, 3* éd. (') Boulet, Les progrès en médecine par rexpérimentation. Paris, 1882. Pourquier et Ducahp, Sot la question de l'identité de la Taocine et de la Tariole. Semaim médicale^ 1893, p. 476.
MPfflfiRIB ET AFFECTIONS PSEUDO-MEMBRANEUSES. IH
La davelée spéciale aux Ovidés, mais qui peut se transmettre par contage oo par inoculation, au bœuf, au cheval, au porc et même à l'homme (Schmidi), tandis qu'elle épargne la chèvre.
La variole de la chèffre^ qui est très rare et ne dUnocule pas au mouton.
La maladie des chiens^ dont l'agent n'est pas connu, et qui consiste en une phlegmasie catarrhale des voies respiratoires et de la muqueuse ocu* laire avec ou sans éruption cutanée; elle se complique fréquemment de pneumonie, d'inflammations viscérales, de méningite cérébrale ou spinale, de myélite et d'encéphalite; ce qui lui donne un grand intérêt, c'est qu'elle laisse souvent, à sa suite, des affections nerveuses chroniques, notamment des parésies et des tics.
La maladie des chats semble identique à la précédente et frappe égale-* ment les jeunes sujets.
On a voulu identifier la gourme du cheval à la variole de l'homme (Viboi^, Toggia, Trasbot); c'est en réalité une nudadie spéciale due à un strqitocoque que Schûtz a découvert; caractérisée au début par une phl^masie des voies respiratoires, elle donne souvent des abcès multiples qui parfois finissent par entraîner la mort. Au cours de la gourme, on peut observer des éruptions ortiées, qui ont été confondues avec le horse-pox.
Reste la fièvre aphteuse^ qui frappe les Bovidés, les moutons, les chiens, les porcs, et peut se transmettre à l'homme, comme l'avaient déjà établi les recherches de Michel Sagar (1765). Ce résultat trouve une confirmation dans la coexistence fréquente d'épidémies et d'épizooties, dans lïooculation accidentelle chez les bouchers et les garçons de ferme, et surtout dans les nombreux cas dus à l'usage du lait, qui n'est pas virulent par lui-même, mais le devient par son mélange avec le liquide des pustules développées sur les trayons.
Diphtérie et affections pseudo-membraneuses. — Les derniers travaux bactériologiques ont établi que les affections pseudo-membraneuses peuvent être produites par les microbes les plus divers, de telle sorte que, chez l'homme, à côté de la diphtérie due au bacille de Lœfiler, il existe des aflections analogues, au point de vue objectif, qui relèvent d'autres agents et notamment du streptocoque.
Chez les animaux les résultats sont semblables : les bactéries les plus diverses peuvent déterminer des fausses membranes, mais presque jamais on n'y a rencontré le bacille de LœfHer. Quelques auteurs ont soutenu, il est vrai, que la diphtérie aviaire est identique à la diphtérie humaine et ont cité des cas de contagion réciproque ('). Nous ne voudrions pas rejeter absolument les observations publiées, mais aucune ne présente jusqu'ici des garanties suffisantes pour être acceptée d'une façon définitive.
(*) n n'est pis inutile de faire remarquer, à ce propos, que, tous le nom de diphtérie aviaire^ m a réam des lésions fort disparates, dont quelques-unes, caractérisées par des masses casécuscs le foie, ressortissent en réalité à la tuberculose.
En étudiant les fausses membranes des Oiseaux malades, on a rencontré plusieurs espèces de parasites : le plus souvent ce sont des bâtonnets k extrémités arrondies qui ont été découverts par Lœffler chez le pigeon, retrouvés par Eberlein chez la perdrix et qui, d'après MM. Loir et Ducloux (') peuvent produire chez Thomme des lésions pseudo-membraneuses. Ces bacilles s'observent dans les fausses membranes, dans les viscères et dans le sang, ce qui suffirait déjà à les di&erencier du véritable bacille diphtérique; ils s'en distinguent d'ailleurs par les caractères de leur culture et par leur action pathogène; très virulents pour les poules, les pigeons, les dindons, les canards et les lapins, ils sont inoffensifs pour les cobayes et les Bovidés.
D'autres fois on a trouvé des Grégarines ou des Flagellés (Pfeiffer) ; des Cercomonades ont été observées par Rivolta chez la poule, par Zûrn chez le pigeon; dans les cas de diphlérie grégarineuse, le tégument cutané présente souvent des végétations tuberculiformes, qu'on a voulu identifier au Molluscum coniagiosum de l'homme.
11 existe des affections diphtériques chez différents Mammifères, notamment chez les Bovidés. Dammann soutint, dès 1877, que la diphtérie du veau est identique à celle de l'homme, mais il n'apporta aucune preuve à l'appui de son opinion. Plus récemment, Klein a pensé que le chat et la vache peuvent être atteints par le bacille de la diphtérie humaine et servir à propager cette maladie; une pareille assertion ne peut être acceptée sans réserve, car les recherches de LœfQer ont démontré, dans la diphtérie bovine, la présence d'un bacille différent de celui qu'on rencontre habituellement chez l'homme, et les expériences de Yladimirovv (') ont établi que le bacille de la diphtérie humaine n'est guère pathogène pour les Bovidés et ne peut se transmettre par le lait. Aussi» dans l'état actuel de la science, est-on porté à conclure que les diphtéries des Oiseaux, des Bovidés et de Thomme sont dues à des agents différents, et, si l'expérimentation démontre qu'on peut inoculer le bacille de Lœffler à quelques animaux, aucune observation n'établit nettement sa transmissibilité dans les conditions habituelles de la vie.
Infections diverses. — Quelques infections humaines peuvent s'observer exceptionnellement chez les animaux. On a cité des cas de lèpre chez des chats et même chez des perroquets (?) vivant dans les asiles de lépreux ; il parait que, dans certaines contrées où la maladie est très répandue, les poissons des lacs présentent des nodosités lépreuses (?) qui déforment la tête.
Diverses maladies exotiques semblent aussi transmissibles de l'homme aux animaux. La peste décime les rats habitant les maisons des individus
(*) Lon et Ducloux, Contribution à Tétude de U diphtérie aviaire en Tunisie. AnnaUê ds Cltutitut Poêleur. Août 1894.
(') Vladimibow, Du lait dans l'éliologie de la diphtérie. Archivée det $eienceê bioiogiqwif t III, p. 38. Saint-Péter&bourg, 1894. >
INFECTIONS DUfERSES. 93
itieinls de cette infection, et M. Tersin a obtenu des résultats positifs en ÎDoculani à ces Rongeurs des cultures du microbe qu'il a découTert.
En Amérique et en Sicile, la fièvre jaune aurait été observée chez le dieval et le chien (Beauville, Chicoli) ; quelques auteurs lui assimilent la fièvre du Texas, qui sévit sur les chevaux.
La fièvre récurrente est, comme on sait, transmissible au singe. Steel a observé aux Indes une maladie épizootique du cheval, caractérisée par h présence dans le sang de spirilles qui, par leurs caractères morphologiques et leur inoculabilité, sont semblables à ceux qui se trouvent dans le sang de l'homme.
C'est une opinion encore très répandue en Algérie que, par des rapports contre nature, l'homme transmet la syphilis à l'ânesse, que celle-ci infecte le baudet et celui-ci la jument. Cette prétendue syphilis des Équidés, décrite sous le nom de dourine^ n'a en réalité aucun rapport avec k syphilis humaine. La différence des accidents primitifs, l'absence de lésions comparables aux manifestations tertiaires, l'apparition précoce de h paraplégie, survenant parfois dès le deuxième mois de l'infection, l'inotilité et même le danger du traitement mercuriel, enfin la noninocolabilité de la syphilis au cheval, infirment l'assimilation qu'on a nnilu établir.
Puisque nous parlons des infections génitales, nous devons faire remarquer que la Uennorrhagie n'existe pas chez les animaux ; ce qu'on trouve chez le chien, ce n'est pas une uréthrite, c'est une balanO'posthite^ le plus iODvenl de nature staphylococcique.
La récente épidémie de grippe a appelé l'attention sur la transmissibililé de cette maladie aux animaux. Olivier a cité des cas de contagion diez le chat; Sisley soutient que les épidémies humaines coexistent avec des épizooties équines. Mais la maladie qu'on désigne chez le cheval sous le nom AHnfluenza n'a rien à voir avec notre grippe. L'influenza du dieval, appelée encore fièvre typhoïde, pneumonie typhoïde, fièvre rouge, 6èvre catarrtiale, est une affection contagieuse, qui s'accuse par une 6èvre intense, de la stupéfaction, et se complique parfois de pneumonie, de myocardite, de diarrhée, d'accidents nerveux, de congestion des quatre pieds (fourbure); la mortalité oscille d'ordinaire entre 2 et 5 pour 100. L'autopsie révèle des congestions viscérales et de la tuméfaction, sans nlcération, des plaques de Peyer. Si les différences anatomiques n'ont pas semblé suffisantes pour faire rejeter toute assimilation entre la fièvre typhoïde du cheval et celle de l'homme, les recherches bactériologiques ont tranché définitivement la question ; jamais jusqu'ici on n'a trouvé le bacille d'Eberth chez les animaux, et si, dans un cas, Perroncito a rencontré chez un cheval un bacille analogue, il semble, d'après les renseignements fournis par l'auteur, qu'il s'agissait plutôt d'une forme anomale do Bacillus coli.
En résumé, la fièvre typhoïde de l'homme ne se transmet pas aux animaux; nous en dirons autant du choléra et du typhus exanthématique.
Charbon. — Parmi les maladies infectieuses commmies à Thomme et aux animaux, les plus importantes sont représentées par le charbon, la morve, la rage, la tuberculose (').
La dénomination de charbon s'applique aux différentes manifestations consécutives à l'introduction et au développement d'un microbe spécial, la bactéridie charbonneuse que Rayer et Davaine ont découverte en 1850. Ce qui donne à cette maladie infectieuse un intérêt considérable, c'est qu'elle a suscité d'innombrables recherches expérimentales qui ont presque complètement élucidé son étiologie et sa physiologie pathologique.
L'animal le plus fréquemment atteint est le mouton, chez lequd la maladie est souvent désignée sous le nom dé $ang de rate; toutes les races n'y sont pas également sensibles ; les moutons d'Algérie y sont, comme on sait, réfractaires (Chauveau). La fréquence du charbon dans l'espèce bovine varie suivant les régions; elle est assez notable en Algérie et surtout en Allemagne. Les chevaux ne sont pas épargnés, surtout en Russie; les chevreuils, les daims, les cerfs, sont parfois infectés; les carnassiers sont au contraire assez résistants. Tels sont les résultats concernant le charbon spontané, c'est-à-dire survenu en dehors de toute inoculation; mais dans les laboratoires on peut arriver, par divers artifices, à communiquer l'infection à tous les animaux, y compris les Oiseaux et les Batraciens.
C'est au contact des animaux que l'homme contracte le plus souvent le charbon; mais, chez lui, la bactéridie reste généralement cantonnée au point d'inoculation, déterminant une lésion locale souvent curable, la pustule maligne; chez les animaux, au contraire, l'infection se généralise rapidement et la mort est presque fatale. La statistique allemande de 1888 montre que, sur 2457 animaux charbonneux, on ne put sauver que 67 bœufs et 2 porcs.
Le charbon, quia causé de si grands ravages dans certaines contrées, et notamment dans la Beauce, où il a tué jusqu'à 20 pour 100 de la population ovine, amenant par an une perte de 7 à 8 millions de francs, tend k disparaître aujourd'hui grâce à l'usage des vaccinations préventives. Aussi la maladie devient-elle très rare chez l'homme, et l'on peut prévoir le jour où elle finira par s'éteindre.
Morve. — La morve est la maladie du cheval ou plutôt des Êquidés, car l'âne et le mulet y sont encore plus sensibles; la brebis, la chèvre, le mouton, prennent assez facilement cette infection; les Bovidés y sont complètement réfractaires ; le porc et le chien y sont assez résistants ; au contraire le chat et les Rongeurs comme le cobaye, la souris, sont aisément atteints par le microbe. La transmission à l'homme, signalée par Osiander en 1785, Delobère-Blaine en 1803, Hameau en 1811, a été définitivement établie par Elliotson (1833) et par Rayer (1837). La découverte du bacille spécifique (Bouchard, Capitan et Charrin, LœfDer el Schûtz) a fait
(*) RoGEB, MaUdief infectieuses communes à Thomme et aux animaux. Traité de wtéd^ cine, t. I, p. 517-686. Paris, 1S91.
TUBERCllLOSE.
OS
entrer la question dans la voie scientiliquc ; et l'iisngc de la malléine, doiil les propriétés ont été étudiées par Kalning, Preuase et Pearson, Mman, Nocard, en permettant de diagnostiquLT la maladie, font espérer qu'on se rendra encore maître de cette infection, qui diminue graduellement: en t887, il n'y eut en France que 1235 chevaux morveux sur une population de 29085ÙU chevaux, c'est-à-dire une proportion de f sur 2558, et depuis cette époque le nombre des cas s'est encore
Bagr. — Une autre zoonose qui tend également à s'éteindre est reprétm\k par la rage; grâce aux mesures employées, la maladie a presque eomplêtement disparu en Allemagne. En France, les statistiques de l'intUtulPssteur indiquent encore 1500 à 1700 morsures chaque année. Le du«n est l'animal le plus fréquemment atteint; puis viennent le chat, les Cinussiers sauvages, comme le loup, le renard, le chacal. Les llerbinres ne sont pas à l'abri : on a observé d'assez nombreux cas de rage chnIesÉquidés, les Bovidés, même les Ovidés. Chez tous les êtres, honmies etanimaui. la rage peut revêtir deux formes ditTérentes: la forme furieuse et Is forme mue ou paralytique.
Tubefculose. — De toutes les maladies communes a l'homme et aux ankiux, la plus importante est sans contredit la tuberculose; elle sévit «r|iresque tous les Vertébrés et, loin de décroître, comme les infections prfiiiJentea, semble faire chaque jour de plus nombreuses victimes.
Malgré l'opinion inverse qui est souvent reproduite, il semble démontré Jujounl'hui que c'est le même agent qui produit la tuberculose chez tous In animtip, et qu'il n'y a pas de différences spéciiiques entre les bacilles inuDiint, 'bovins ou aviaires. Hais, par suite de leur passage dans des militm différents, ces bacilles subissent certaines modifications sccondiirts, qui en font des races spéciales. D'un autre côté, les modes de r^ioQ propres aux diverses espèces, donnent une physionomie particulière aux (roubles ou aux lésions engondrés chez chacune d'elles.
C'ett la tuberculose des Bovidés qui offre te plus d'intérêt, parce que m aaimauK sont souvent atteints et sont considérés comme représentant pour l'homme une importante cause de contamination.
U fréquence de la tuberculose bovine varie suivant les races et les |>>,n. Rare dans les contrées polaires, elle sévit dans les régions chaudes, (D Italie particulièrement, oii elle revêt les caractères d'un véritable Réau. En Allemagne, sa fréquence, très variable suivant les endroits, oscille rnlre 2.44 et 60 pour 100 (Sonnenberger); sur les vaches hollandaises, la /■roportion dépasse 50 pour 100. Les animaux tenus en stuhulalion permanente lui payent un plus lourd tribut que ceux soumis au régime des pÂlurages. Même dans les contrées où elle sévit avec le plus d'intensité, la tiilierculose est exceptionnelle chez les animaux jeunes : la proportion moyenne, chez le veau, est inférieure à j pour lOOOO.
La tuberculose bovine peut se traduire par une infection générale, lUcigoant les séreuses et rappelant la granulie humaine. Plus souvent la
maladie se localise aux poumons sous l'aspect de masses volumineuses ypommelière), parfois infiltrées de sels calcaires {phtisie calcaire de Delafond, phtisie perlée , perlière); dans quelques cas tout un lobe est envahi et peut peser 5, 6 et même 10 kilos. La rapidité de Finfiltration calcaire explique la rareté du ramollissement et des cavernes, et donne k la maladie un aspect un peu spécial, qu'on peut observer parfois chez l'homme (Rirstein, Troje) et chez le lapin (Troje). Dans d'autres cas, la tuberculose envahit les viscères abdominaux, le péritoine, assez souvent l'intestin, où elle se traduit par des ulcérations^ les altérations des méninges ne sont pas communes; il est exceptionnel d'observer des loca* lisations osseuses, articulaires ou cutanées.
On a beaucoup discuté sur la fréquence de la tuberculose mammaire; en moins d'un an, Bang en a observé 7 cas à Copenhague. En France, la tuberculose mammaire semble assez rare, et le danger d'une contamination par le lait parait moins redoutable qu'on ne Ta cru à un moment, surtout dans les grandes villes, où les vaches laitières ne séjournent que peu de temps dans les étables.
Dans les cas de tuberculose généralisée, l'animal peut conserver les signes d'un bon état général; mais dans les formes chroniques, dans la forme pulmonaire en particulier, on voit touiours survenir de l'amaigrissement et de l'anémie.
Les observations de tuberculose du cheval ne sont pas très nombreuses. Tantôt les lésions sont limitées aux organes de la cavité abdominale, occupant les viscères et les ganglions; tantôt elles n'existent que dans les poumons; tantôt enfin elles sont généralisées. Les altérations pulmo^ naires se présentent sous des formes multiples : granulie, infiAfation diffuse, tumeurs sphériques qui ont l'aspect de masses sarcomateuses. Les tuberculoses osseuse, musculaire, cutanée, sont à peine signalées. La calcification envahit parfois les lésions viscérales, celles de la rate notamment, mais moins souvent que chez le bœuf. De même que chez l'homme, la contamination peut se faire par les voies respiratoires (pousse des tuberculeux), ou la muqueuse digestive (aliments souillés par des matières tuberculeuses), comme en témoignent les lésions tuberculeuses de l'intestin.
La tuberculose du porc est beaucoup moins fréquente que celle du bœuf, et c'est le plus souvent sur des animaux relativement jeunes qu'on la rencontre. Les statistiques des abattoirs montrent que la proportion des cas de tuberculose du porc varie de 1 pour 100 à 1 pour 1000 suivant les pays. Mais ces chiffres sont probablement au«dessous de la vérité : car les animaux, maigrissant rapidement, sont tués clandestinement, et leur viande est mise en vente. C'est dans les contrées où la tuberculose du bœuf est la plus commune, que l'on rencontre aussi le plus grand nombre de cas de tuberculose porcine. Celle-ci est presque toujours d'origine bovine. Elle débute généralement par l'appareil digestif; on trouve des ulcérations de la muqueuse de l'intestin grêle et du caecum, des lésions des ganglions, du foie» de la rate ; on rencontre encore , dans l'oreille