X PRÉFACE
les interpréter et de les comprendre à la lumière des révélations de la Science expérimentale contemporaine.
Je devrais dire que nous commençons h les interpréter et h les comprendre. Nous avons aujourd'hui notre manière de nous rendre compte des faits pathologiques. Nous savons que nous les expliquons mieux aujourd'hui qu'hier; nous sentons qu'on les expliquera mieux demain. Et ce sera toujours ainsi. La Science n'existe pas, elle est in fxeri. Mais nous avons des lueurs qui nous font présager d'où viendront les nouvelles lumières. A cette heure surtout l'horizon est marqué par ces clartés encore confuses. C'est ce qui fait que la doctrine médicale, au moment où ce siècle fmit, n'est pas la synthèse des acquisitions anciennes, mais bien plutôt la détermination d'un point de départ positif d'où l'on s'engage dans une route à direction connue, route dont on prévoit les étapes et où l'on ne se trouve pas étranger, bien qu'elle soit encore inexplorée.
Ce livre a failli paraître, il y a treize ans. C'était après une troisième année d'enseignement; j'avais étudié successivement, comme présidant à la genèse des maladies, le% troubles préalables de la nutrition^ linfeclion^ les réactions nerveuses. Landouzy, qui était devenu un de mes auditeurs assidus et avec qui nous étions dans une telle communion de pensée qu'il nous est arrivé plus d'une fois de nous demander auquel de nous appartenait l'idée que nous exprimions tous deux, Landouzy avait eu l'idée de faire ce que Roger réalise aujourd'hui. J'avais même tracé le plan du livre tel qu'il va se dérouler dans les volumes qui commencent à paraître. Les grandes lignes de la Pathologie générale me semblent donc être ce qu'elles étaient déjà il y a treize ans. Ce sont toujours les quatre grands processus pathogéniques, les trois que j'indiquais tout à l'heure et de plus les réactions cellulaires autonomes, celles que provoquent directement les agents extérieurs. Mais combien la conception de ces modes pathogéniques s'est modiGée dans ces dernières années, au moins pour les troubles de la nutrition et pour l'infection ! On peut même dire que, sur ces points, la science s'est constituée de toutes pièces.
La pathologie autonome de la cellule, celle qui n'emprunte rien au système nerveux ni aux altérations hurfiorales, est pressentie plutôt qu'établie. Dans ce volume même, elle recevra la contribu-