‹ Traité de pathologie générale v. 1 (volume 3)Chapitre 40 sur 152 · SUITES DES LÉSIONS. U · texte numérisé non relu

SUITES DES LÉSIONS. U

les tiges et les feuilles, ne donnent pas de boulons. Il en est en général de même chez Fanémone blanche, attaquée par VjEcidium leucospermum. Parfois pourtant l'excès de vigueur de l'appareil végétatif provoque l'apparition d'un bourgeon supplémentaire qui, moins robuste que la pousse normale, porte une fleur. Par analogie avec ce qui se passe chez les animaux, ces phénomènes ont reçu le nom de castration parasitaire.

Influence favorable des lésions locales sur l'état général. — L'organisation normale de la plante est en harmonie avec certaines conditions de milieu, auxquelles est adaptée l'espèce dont elle Fait partie. Cette harmonie est rompue dès que la plante rencontre des influences insolites dans l'atmosphère, dans le sol, dans l'intimité de ses tissus. Il peut se faire alors qu'une lésion, en altérant les propriétés normales du corps, rétablisse l'équilibre et soit salutaire à l'individu. La gravité d'une lésion varie (?onc suivant des circonstances étrangères au corps vivant lui-même. Nous eh avons vu des exemples dans les opérations horticoles; nous en trouverons de plus remarquables dans la nature.

Pendant les étés très secs, l'excrétion de la miellée, exagérée par faction des pucerons, recouvre les feuilles d'arbre d'un enduit imperméable qui supprime les échanges gazeux. Cet accident, comme le fait observer Hy('), est avantageux à la plante, car il restreint la transpiration, à une époque où toute perte d'eau compromettrait la vie des arbres. VHeterodera radicicola^ en transformant les vaisseaux en réservoirs d'eau, amène la pourriture des racines dans les serres ou dans les contrées humides. Dans les sables du Sahara, l'excès d'hydratation des tissus est juste suffisante pour sauver la plante de la dessiccation. A El-Oued, les aubei^nes et les tomates ne mûrissent leurs fruits que si les racines sont envahies par l'anguillule. Les arbres forestiers, les plantes des tourbières De peuvent assimiler les substances contenues dans Thumus, que si leurs racines sont déformées par des champignons qui en transforment les principes. Les fleurs du Thesium humifusuniy supprimées par le Puccinia Desvauxiiy apparaissent quand le 7t/6^cti/ma/?er«/cma ralentit l'activité du premier parasite et diminue l'hypertrophie du support. L'anémone jaune, qui porte à la fois VjEcidium punctatum et le Plasmopara pygmsea, développe mieux ses fleurs que si elle est attaquée par l'un ou l'autre de ces champignons, l'excitation causée par le premier balançant la dépression provoquée par le second. Les algues, essentiellement aquatiques, végètent dans les milieux secs, quand elles sont enlacées et déformées par les champignons dans cette association que l'on nomme un lidien.

(*) Ht, Mémaim de la Société nationale (VaifricuUure^ iciencet et arts d'Angert^ 180i.

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