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MORBIDES ORGANIQUES

Les prédispositions morbides héréditaires peuvent être léguées aux enfants soit par leurs aïeux, soit par leurs ascendants immédiats.

Les surnoms, qui dans l'antiquité étaient devenus des noms de famille, étaient tirés souvent d'infirmités héréditaires, généralement des nœvi matemi; — les Pisons, les Cicérons, les Lentulus avaient héréditairement qui un pois, ou une lentille. Dans les temps modernes, la famille des P^)penheim était connue par la persistance, sur le front, d'une marque comparée à des épées en croix (?).

Mais ce qui nous intéresse plus, c'est l'hérédité d'états pathologiques inds, comme l'hémophilie, la folie, la goutte. Nous verrons plus tard, à propos des diathèses, que leurs manifestations se transforment en passant d'une génération à l'autre : < Tel descendant d'un goutteux devient asthmatique, tel autre souiTre de la migraine, d'hémorrhoïdes ou de dyspepsie, tel autre a de l'eczéma chronique; tous ont hérité d'une prédisposition commune, qui, en raison de circonstances indéterminées, a provoqué chez chacun d'eux des manifestations de nature diOérentc v (flallopeau)

Certaines races paraissent particulièrement aptes à contracter certaines maladies. Suivant A. Bordier ('), les nègres sont prédisposés au tétanos, iQtrismus des nouveau-nés, à l'aïnhum, à la maladie du sommeil, à l'éléphantiasis, à la lèpre, à la tuberculose; les Malais, au béribéri. Les Poly- Désiens sont décimés par la phthisie. En Europe, la race anglo-saxonne parait avoir une réceptivité spéciale à la scarlatine, à la suette, au typhus. ( On dit que les Israélites étaient indemnes de la peste. La race juive a réellement une pathologie à elle au point de vue du système nerveux. La maladie c du Juif errant », décrite par Henry Meige (Thèse de Paris, 1893) fous l'inspiration de Gharcot, est une maladie propre à une grande famille ou plus exactement une maladie de race ('). »

Les manifestations d^une maladie générale ou infectieuse semblent se

('} BoftMCR, Géofn^pliic médiGtlc, 1884.

i*i V. LoxoE, Maladies familiales du système nerveux. Thète de Paris, 1895.

localiser particulièrement sur certains organes en vertu d'une prédispoviion héréditaire ou sur une moitié du corps antérieurement atteinte d'une malformation ou d'une lésion nerveuse.

On a noté que la prédisposition aux maladies générales qui s'assodeot le plus souvent aux névropathies (phthisie, goutte, rhumatisme chroDiqnep diabète), est commandée par un état héréditaire ou congénital de dégàiérescence, et l'on trouve souvent des stigmates morphologiques de dégénérescence ou des malformations, la gémellité, chez les tuberculeux ou dam leurs familles (Ricochon, Al. James), dans les familles où sévissent le diabète, l'obésité, le rhumatisme chronique, la goutte.

L'aptitude héréditaire à telle ou telle localisation morbide peut dépendre de la malformation héréditaire de tel ou tel organe : l'atrésie de Taorte, par elemple, expliquerait l'hérédité de la chlorose (Yirchow), du développement précoce de l'athérome, et prédiispose à la tuberculose pulmonaire comme le rétrécissement de l'artère pulmonaire ; elle aggrave le pronostic de certaines maladies infectieuses, comme la fièvre typhoïde; — l'angéiokératome, qui accompagne souvent l'asphyxie locale des extrémités et se manifeste chez les individus sujets aux engelures, est une affection familiale, paraissant due à une faiblesse congénitale des capillaires.

L'aplasie congénitale des artères du rein conditionne la néphrite héréditaire et les néphropathies infantiles (Lancereaux) ; elle accompagne souvent l'infantilisme. L'aplasie artérielle accompagne l'aplasie génitale (Vi^ chow, Frànkel), l'aplasie du système pileux (Bcneke).

Les vices de conformation du thorax, qui diminuent la capacité respiratoire et qui peuvent être hérités, prédisposent à la tuberculose, aux broncho-pneumonies. La pneumonie héréditaire (Alison, Riesell), qui a été considérée comme le résultat d'une contagion à long terme, peut être attribuée plus logiquement à une disposition structurale familiale, jouant le rôle de cause prédisposante.

La méiopragie ou aptitude fonctionnelle restreinte (Potain), par suite de laquelle l'activité d'un organe ne peut suffire qu'à un travail modéré, peut être héritée, comme le taux abaissé de la nutrition en général, et explique aussi les localisations morbides sur les organes fonctionnellement insuffisants.

Un fait observé par Féré prouve que l'influence de l'imagination de la mère peut avoir pour eUct un trouble évolutif de l'embryon, mais que le résultat n'est pas exactement la malformation imaginée pendant la grossesse Une dame voyageant pendant sa grossesse se trouva assise près d'une femme qui portiût sur ses genoux un enfant atteint de bec-delièvre ; elle conçut la crainte de mettre au monde un enfant ainsi mal conformé et sa famille partageait ses craintes. L'enfant dont elle accoucha n'eut pas de bec-de-licvre, mais une large tache vineuse couvrant la région claviculaire et une partie du cou du même côté; plus tard on constata que le thorax se développa mal du côté gauche; il y eut à partir de la menstruation de l'ovarie gauche, des troubles vaso-moteurs (bouffées

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