HÉRÉDITÉ DES TROUBLES DE LA NUTRITION, DES DIATHËSES
Hérédité de l'arthritisme, — L'hérédité des maladies i proclîiniée par Bazin, défendue par N.-G. de Mussy, a été r îumiiTf par la stalisticjue clinique dans les hçons de M. sur le ralentissement de la nutrition. Le trouble nutritif qui tient soi dépendance les maladies du groupe arthritique, et que M. Landouz;i| posé d'appeler !a diathèse brad^trophique, peut être, est souvent lil di taire.
Ces maladies dîtes arthritiques sont les lithiases rénale et btià l'obésité, ie diabète, l'asthme, la goutte, le rhumatisme articuUirtl ou chronique, les hémorrhoïdes, certains pczéinas, certaines aém ' Quand on interroge les malades atteints de l'une de c«s maladies, «n statG presque toujours que leurs ascendants souffraient soit de la d maladie, soit d'une ou plusieurs autres du m^me groupe; ce sontto ces mêmes maladies qu'on trouve chez les collati-raux et chez lesda dants. 11 s'agit donc bien là de maladies familiales. • Ce qui estb^ taire, ce n'est pas la maladie, c'est la disposition morbide, c'est llJ thèse, c'est en d'autres termes, le trouble général de la nutrition qa le même chez les ascendants et chez les descendants, et qui, chnitll et chez les autres, peut aboutir au rhumatisme, au diabète, à l'obéflli la goutte, à la lithiase biliaii'e, à l'une ou à plusieurs de ces maladiai relie la même altération nutritive, qui dérivent d'un tronc commun (Il constituent une même famille morbide. >
En prenant isolément chacune des maladies de ce groupe, ■ cette loi aisément. Ainsi pour la lithiase biliaire, 51 obsertaliouH citait M. Bouchard en 1870-1880 en faisaient foi; elles décelai»)! qnt vérité la hthiase biliaire est une des maladies qui s'observent le plirtii ment (5 |)0ur 100), chez les asceadants des individus qui souffrent il«fl ques hépatiques. Mais chez les parents des lithiasiques hépïtiqwl relève le rhumatisme articulaire 45 fois sur 100. le diabète iO.lo site 55, la goutte 50, le rhumatîsmearticulaire chronique 20, l'aslta la gravelle 15, les névralgies 10, la migraine 5, l'erzéma 5. Eupiâ dans la littérature médicale, M. Bouchard rappelait d'ailleurs que b m' des relations de la lithiase biliaire avec les maladies dites artbritii|'il été proclamée par un grand nombre de cliniciens. Dans les siècles pi dents, frère Came, Bianchi, Horgagni, Baglivi, Selle, Vater, Fat avaient constaté la coexistence fréquente des deux lithiases rénale etl tique, si bien qu'on en était arrivé à admettre une diathèse calculeuse
Vobésité est héréditaire : les tables dressées par Chamben. M. Bouchard, et qu'on trouve dans la thèse de Worthington, le pmnil d'après la statistique de M. Bouchard, chez 46 obèses sur 100, on poQ retrouver rnbésité chez les ascendants. Mais en outre on trouve, c
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ascendants de 85 obèses, le rhumatisme 33 fois, la goutte 28, l'asthme 24, h graTelle i4y le diabète 14, une affection cardiaque 12, la migraine
10 fois, etc.
On sait depuis longtemps que le diabète est héréditaire (Rondelet, Morton, Isenflamm, Scegen, Bouchard). Ce dernier a trouvé le chiffre de 35 pour 100, Griesinger ne le trouvait que 3 fois sur 125 cas. Mais, pour apprécier exactement le rôle de l'hérédité, il ne faut pas limiter ses investigations à la recherche du diabète chez les ascendants ; il faut tenir égalaient compte des maladies qui relèvent du même type anomal de la nutrition. Or dans les 75 observations personnelles de Bouchard, ramenées au pourcentage, on trouve que chez les ascendants des diabétiques existaient : le rhumatisme 54 fois sur 100, l'obésité 36 pour 100, le diabète 85 pour 100, la gravelle21 pour 100, la goutte 18 pour 100, l'asthme
11 pour 100, l'eczéma 11 pour 100, la migraine et la lithiase biliaire 7 pour 100.
Le diabète est d'une singulière fréquence chez les Israélites; chez eux aussi sont fréquentes les autres maladies qui dépendent du ralentissement de la nutrition. Les conditions qui produisent cette viciation des actes nutritifs, vie sédentaire du négoce et de la banque, insuffisance d'air, de lumière et d'exercice, souvent goût de la bonne chère et faculté de le satisfaire, accumulent leurs effets par suite de l'hérédité : c Citadins, ils sont fils et petits-fils de citadins. Enfin ces influences héréditaires défavordbles ne sont pas corrigées chez eux comme pour le reste de la popuktion, par la fréquence des croisements entre gens de la ville et gens de h campagne. Ds se marient exclusivement entre eux et, du côté paternel comme du côté maternel, le jeune Israélite reçoit en naissant des influences héréditaires accumulées, qu'il développera à son tour et qui aboutiront aux maladies qu'engendre la nutrition ralentie et en particulier au diabète (*). »
Parmi les maladies qu'on rencontre souvent chez les ascendants des diabétiques, il faut signaler les maladies nerveuses. Les rapports héréditaires du diabète avec l'aliénation mentale ont été mis en lumière par Seegen, Zimmer, Schmidtz, Westphall. L'existence de l'épilepsic dans la fiunille des diabétiques a été également notée par Langiewicz, Griesinger, Lockart Clarke. Ces connexions héréditaires s'expliquent par Tinfluence qu'exerce sur les actes nutritifs le système ner^^eux dont les désordres héréditaires ou acquis peuvent rendre plus ralenties les phases de la matière. € L'hérédité de la gravelle est admise par tout le monde; ici encore fl faut entendre non pas l'hérédité de la maladie, mais l'hérédité de la disposition morbide », et « il me semble, ajoute M. Bouchard, faisant allusion au passage des Essais de Montaigne que nous avons cité au début de cette étude, découvrir déjà cette distinction dans les réflexions naïves et profondes d'un homme qui peut compter parmi les plus illustres graveleux. »
*) BocmARo, larrons sur les malarliost |iar ralentÎMcment de la nutrition. Paris, 1882.
On dit que la goutte est une maladie héréditaire. Assurément on trome souvent la goutte chez les ascendants d'un goutteux ; mais souvent aan on rencontre chez eux bien d'autres maladies : et il s'agit de détermioer la fréquence relative de chacune de ces maladies, la goutte comprise. — Certains auteurs ont dit qu'elle était toujours héréditaire; quetoojom on peut découvrir la goutte chez quelque ascendant du ffoutteox. Bnno (de Wiesbaden) l'a trouvée héréditaire dans tous les cas ; inais probablement il accepte comme goutte des manifestations réputées goutteum (goutte larvée), comme l'asthme et la gravelle. Monneret est presque vm afOrmatif. Gairdner admet l'hérédité de la goutte 90 fois sur 100. Les chiffres suivants, beaucoup moins élevés, paraissent par leur cowxit' dance plus près de la réalité : Scudamore, 44 pour 100; Pâtissier, lors d'une enquête faite par l'Académie, 43 pour 100; Bouchard, 44 pour 100.
Garrod avait dit aussi que, dans la moitié des cas, la goutte existe dia les ascendants ou les collatéraux des goutteux, c La goutte se transmel surtout par le père, puisqu'elle est plus fréquente chez l'hoaune ; elle m se transmet pas également chez tous les enfants ; dans quelques familki anglaises c'est le plus souvent l'aîné qui est atteint ; Hutchinson préten que ce sont au contraire les derniers enfants. On a dit que les premier enfants avaient été épargnés, parce que la goutte n'avait pas enc<H« pn chez les parents lors de leur conception. C'est au moins douteux. Ce qi se rapprocherait plus de la vérité, c'est que, la vieillesse étant caraet^ risée par la lenteur des mutations nutritives, les enfants des vieillard peuvent hériter de ce vice de la nutrition porté à son summum chei le parents, par le fait de la goutte et par le fait de l'âge. »
Quant aux maladies qu'on rencontre le plus souvent chez les ascendani et collatéraux des goutteux, c'est, d'après le pourcentage sur les 33 cas d la statistique Bouchard, la goutte 44 pour 100, l'obésité 44 pour 100» I rhumatisme 25 pour 100, l'asthme 19 pour 100, le diabète, la gravelk l'eczéma, 12,5 pour 100, la lithiase biliaire (chez la mère seule), hémoi rhoïdes et névralgies 6 pour 100, Dans 12 pour 100 seulement des cas o n'a pas relevé de cause héréditaire.
L'hérédité goutteuse est bien souvent larvée, c Ainsi, dit Noi G. de Mussy (*), quand on examine avec attention les faits dans lesqud on prétend que la goutte saute une génération, on reconnaît le plus soi vent que cette interruption dans la transmission n'est qu'apparente; I goutte, au lieu de se transmettre sous sa forme articulaire, peut revèti une de ces nombreuses transformations qui naissent de la même racin diathésique et qui la font méconnaître. La fille d'un goutteux pei n'avoir pas d'arthrite, mais elle a des coliques hépatiques, de la gravelk de l'asthme, des migraines, des névropathies opiniâtres; son fils et arthritique. On reconnaît sous sa forme typique la maladie de l'aïeul <
(*) G DE MussT, De U Ditthèse arthritique. Clinique médicale, t. I, 1S74.
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OD la lui attribue; on oublie cet anneau intermédiaire, dans la chaîne de llmdité, qui en établit la continuité. »
On trouve avec une très remarquable fréquence dans les antécédents herniaires des maladies par ralentissement de la nutrition un certain nombre d'affections qui, dans le langage médical habituel» sont qualifiées rkumatiimales : riiumatisme musculaire, rhumatisme articulaire aigu et rhumatinne articulaire chronique, qu'il faut distinguer du rhumatisme oooeux, sorte de tropho-névrose. Or sur 100 malades atteints de lithiase biliaire, on trouve 39 fois le rhumatisme dans la famille; sur 100 obèses, 39 fois; sur 100 diabétiques, 54 fois; sur 100 goutteux, 25 fois.
La palyarthrUe aiguë fébrile semble bien se comporter comme une maladie infectieuse, mais pourtant, dans Tétiologie du rhumatisme articulaire aigu, l'hérédité parait en cause 32 fois sur 100 cas, d'après Pje^ith, et 34 fois sur 100 d'après Beneke. Il ne répugne pas d'admettre que cette infection n'a prise que sur certains terrains, le terrain bndytrophique étant le terrain de choix.
D'autre part, le rhumatisme chronique partiel, oligo ou monoarticolaire, des grandes jointures et les nodosités d'Heberden ont des relations nécessaires avec d'autres maladies qui sont de la famille des maladies rhumatismales, les migraines, la névralgie faciale, la sciatique, le hmbago et des relations fréquentes avec la goutte, le diabète, l'obésité, la lithiase biliaire, lasthme, l'eczéma. Pour ces diverses raisons, M. Boudard a rattaché les rhumatismes au groupe des maladies qui résultent fm retard de la nutrition, tout en .établissant que les maladies rhumatismales forment comme une famille morbide dans la tribu des maladies par mtrition retardante.
Enfin la migraine est héréditaire. Les migraineuses engendrent des migraineux. Hais le père d'un enfant migraineux peut voir se développer tardivement chez lui la migraine. Il y a donc une disposition générale qui existe i un tel degré qu'elle est transmissible héréditairement, et cela de kngnes années avant l'apparition de la maladie à laquelle doit aboutir «tte prédisposition. Cette prédisposition se traduit d'ailleurs par d'autres maladies, et ces maladies, que l'on observe chez les parents des migraioeox, ce sont encore l'asthme, la goutte, la gravclle, la lithiase, l'obésité, le diabète, le rhumatisme aigu, les rhumatismes chroniques, les névralgies, les hémorrhoîdes, les dermatoses.
Ce ne peut être une coïncidence fortuite qui ramène perpétuellement ks mêmes maladies dans les mêmes familles. C'est une loi de pathologie gioérale qui permet d'édifier au-dessus des maladies les diathèses qui engendrent ces maladies. Bazin avait saisi la relation intime qui relie phneors d'entre elles. Charcot a publié des tableaux généalogiques qui montrent la fréquente répétition, l'alternance ou la coexistence de plu- Mrs de ces mêmes maladies dans une même famille. G. de Mussy a ^endu éloquemment ces notions chères depuis longtemps à l'École Bédictie française, et qui, après avoir été obscurcies momentanément,
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ont repris faveur grâce aux travniix de M. Bouchard. Nul n'a mis en nu claire lumière que celut-ci le lien hérétlitaîre qui unit les maladies ikb nutrition à travers plusieurs générations. Ce lien n'e^t pas la transimn en nature d'une même altération humorale, d'une matière pettOl unique. La matière peccante en effet varie suivant chaque maladie u tique : acides organiques, cholestérîne, graisse, sucre, acide oriqueic'l tantôt l'ime, tantôt l'autre de ces substances chimiques qui s'accn dans l'or^^isme.
Mais, si les unes ou les autres s'accumulent, c'est qu'elles sont U incomplètement ou trop lentement détruites. Ce qui se transmet de |j en fib dans les familles arthritiques, c'est l'habitude vicieuse du n ment nutritif qui peut rendre possible la formation ou l'accunn anormales de ces substances ; c'est un certain trouble vital caractérisc[ la destruction trop lente ou incomplète des déchets de la vie cellulain.
Hérédité de la scrofule. — Depuis qu'on a arraché successivri à l'antique scrofule ce qui appartient au parasitisme, à la sj-pbilii, titbercule, on a pu croire qu'il ne lui restait plus rien et (juc la si * ne serait plus qu'un mot, un souvenir historique. C'était une exagérati' semble-t-il; le mot convient encore parfaitement pour désigner l'api spéciale de certains individus à contracter des maladies vulgaire», unes protopathîques, aiguës, les autres deutéropathiques, chroniqu .aucune de ces maladies n'est spécifique par sa cause ; l'enfant scrofiil est seulement plus susceptible aux causes banales de ces maladies, oi drées presque toutes par les microbes vulgaires, pjogénes ou saprupbjtl qui vivent normalement sur les surfaces cutanées et muqueuses ; les troubles digestifs qui provoquent chez lui l'eczéma et l'înipéligd. froid qui amène le coryra et l'angine; toutefois, il faut le recanoaltre, p souvent chez les enfants dits scrofuleux que chez les autres.
Ces diverses maladies n'ont d'abord chez les scrofuleux rien de i\ dans leurs symptômes et leur évolution ; mais, au bout de quelque U on constate que le processus inflammatoire marche moins f dans ses phases régressives; dans les parties jadis enllammées, il Testa* l'empâtement, de la tuméfaction, une hypertrophie ; la réactiun tt'Dif complète, la maladie s'achemine vers un état chronique dans lequd: moindre occasion ramène l'état subaigu, il y a donc au début cbet C tains enfants une disposition durable, qui rend plus facile et plus frè( le développement de maladies tlusionnaires, hyperhémiques, calai * inflammatoires de la peau, des muqueuses nasale et octdairc, [' et bronchique, de l'amygdale. — maladies qui, par leur répétition rt l tendance de plus en plus marquée à la chronicité, engendrent l'bairi dit scrofuleux, l'épaississement des traits du visage, des ailes du net(i la lèvre supérieure, etc. Cette turgescence de la face résulte de la gtoB la circulation lymphati'iue.
Peut-être y a-t-il, chez les individus sujets A ces fréquentes il