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HÉRÉDITÉ DES TROUBLES DE LA NUTRITION, DES DUTHÈSES

tions 8i lentes i se résoudre, une constitution chimique spéciale des tissus d des humeurs ; nous savons bien peu de chose sur ce point. Beneke a tmfé que dans le tissu osseux non malade d'un sujet scrofuleux il y mil 64,4 pour iOO d'eau au lieu de 13,6 pour 100 que contient le tissu ooeox d'autres individus du même âge ; il y a donc diminution proportionnelle de la partie calcaire, de la matière azotée et de la graisse.

Mais ce n'est pas seulement dans la composition chimique, statique des tisBOS qu'il faut chercher la caractéristique de la scrofule, c'est plutôt dans leioode de la nutrition. Il faudrait savoir combien 1 kilogramme de scroiskwL élabore de matière en vingt-quatre heures, consomme d'oxygène, eihale d'acide carbonique, excrète d'urée, d'acide urique, d'acide phosfimcpie et de chlorures, comparativement à un même poids d'homme sain, il budrait connaître les variations journalières de la température, etc.

Noos ne savons pas exactement pourquoi certains enfants ont une prédisposition singulière à contracter tant d'affections catarrhales ou inflam- Diioîres banales, quoique infectieuses ; mais nous savons que cela est, dnoas appelons cette prédisposition une diathèse, c'est-à-dire un trouble de h nutrition qui prépare, provoque ou entretient des maladies simples m spécifiques à sièges divers, de processus différents, à évolution et à ijmptômes variés. Cette disposition morbide s'accuse d'abord par des BMÀfications dans le volume et le développement de certains tissus mal dninés, au sein desquels s'attarde une lymphe stagnante dans des vaislenx lymphatiques paresseux, ultérieurement par une modification vitale detoates les cellules et chimique de toutes les humems.

Les scrofuleux payent un lourd tribut à la tuberculose ; beaucoup des cobuto ayant les attributs que je viens de dire sont un jour atteints de lésions tuberculeuses, osseuses, articulaires, ganglionnaires ou viscérales. Ua ne prouve pas du tout qu'ils soient nés avec le germe de la tubercilose; des médecins ont admis que la scrofule infantile était une tubcrcilose atténuée, trait d'union entre la phtisie des ascendants et les maladies nettement tuberculeuses qui peuvent s'observer dans l'adolescence M l'âge adulte chez les individus simplement scrofuleux pendant Tenboee : cette hypothèse a contre elle l'absence de bacilles dans les sécrétioDsdes inflammations banales des scrofuleux, l'absence de cette réaction Bodnlaire des tissus qui caractérise les lésions bacillaires. Mais nous smns que la phtisie guette toutes les débilités, que le bacille tuberculeux bisonne autour de nous, prêt à s'insinuer dans l'organisme aflaibli si fKkfue porte d'entrée lui est ouverte : or ces inflammations catarrhales, eo desquamant les muqueuses, ces inflammations cutanées ulcéreuses, en déondant le derme, ouvrent à chaque instant des brèches dans le système dilnisif de l'organisme, et comme avec cela les humeurs et les tissus des tcrolnleux paraissent favorables par leur composition chimique à la cultare des bacilles tuberculeux, il est bien facile d'expliquer que la tuber cdose envahisse si souvent les scrofuleux, sans qu'on soit obligé d'/iccepler que la scrofule est une tuberculose latente*

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Or, parmi les causes de ce trouble de nutrition que nous appelons db thèse scrofuleuse, au premier rang il y a d'abord V hérédité directe oi détournée. Un scrofuleux engendrant un scrofuleux, cela n'est pasdiS cile à comprendre ; des cellules ayant une activité Vitale d'un taux deter miné chez les générateurs donnent naissance chez l'engendré à des cet Iules d'un taux vital semblable. Mais les tuberculeux engendrent amti de scrofuleux; on voit encore une mère atteinte d'écrouelles avoir une flii phtisique et d'autres enfants qui n'ont que la série des affections bunla dites scrofuleuses. Un père arthritique peut engendrer des enfants aer» fuleux.

Il y a ensuite Vatavisme : des parents phtisiques ont engendré de scrofuleux, qui engendrent des phtisiques. C'était le triomphe de en qui ne voient dans la scrofule que la tuberculose et acceptent lliérédil du bacille.

n y a l'ensemble des conditions qui président à la procréation de Ta fant et influent sur la constitution de ses tissus, comme sur leur fatar activité nutritive. Un père trop vieux, malade, syphilitique, une mer malade^ ayant pendant sa grossesse des hémorrhagies, des vomissemnl incoercibles, engendrent souvent des scrofuleux. Rabl('), sur 1000 caid scrofule, relève les facteurs étiologiques suivants : scrofulose des parenl (79), tuberculose des parents (446), logements humides (356),mauvm conditions hygiéniques plus complexes (26), maladies infectieuc aiguës (69), vaccination (14), décrépitude du père (7), proches parentés(4]

La descendance des alcooliques. — L'observation clinique a thd qu'il peut exister chez les enfants des alcooliques, soit un besoin inoé d boire de l'alcool, soit des troubles purement fonctionnels du système nef veux, soit des altérations organiques des centres nerveux. Le godtde boissons alcooliques sommeille, comme tant d'aptitudes héréditaires, jv qu'au jour où une occasion le rend manifeste. C'est quelquefois de tri bonne heure, pendant l'enfance, si l'individu grandit dans un milieu a règne l'abus de l'alcool; c'est habituellement plus tard, entre 15 et 25 an chez les garçons. Dans certaines circonstances, les filles sentent lofi s'éveiller impérieusement en elles d'abord le plaisir, puis le besoin i boire.

L'interrogatoire des malades alcooliques permet fréquemment d'a( prendre que leurs parents étaient déjà des buveurs. Lancereaux admet f une tendance instinctive chez certaines races à faire abus de l'alcooi

['") Rabl, Étiologie de la scrofulose. Bullet. de la Soc. deâ méd, de Vienne, I8S7. '*) Lakcereaux, CUniqucê de l'HôleUDieu*

tendance est bien naturellement l'effet de l'hérédité. Il s'appuie sur statistique composée de 813 observations recueillies par lui-même tsard dans les hôpitaux, de i868 à 1875. Le fait principal qui aie de cette statistique, c'est que Paris et Flle-de-France forment le ngent le plus fort. On pourrait lui objecter qu'il est assez naturel que les hôpitaux de Paris, où sont soignés en majorité des habitants de la aie et des départements les plus voisins, les alcooliques soient en rite comme toutes les autres espèces de malades. Mais, après Paris et de-France, les provinces qui fournissent le plus fort contingent de ors sont la Normandie, la Picardie et la Bretagne, puis la Lorraine et hampagne. Au contraire, le centre de la France et en particulier le msin n'ont pas donné un seul cas à la statistique, c bien que ces coni aient fourni à cette époque de construction et de transformation le grand nombre des ouvriers de la capitale ».

lors que la transmission héréditaire d'autres passions, comme le iioage ou le goût du jeu, est admise sans difficulté, il est encore plus e d'accepter que la passion de l'alcool puisse être héréditaire, puisque \ savons que l'alcool altère matériellement les éléments du système eux des parents.

a troubles dynamiques du système nerveux qui ont été relevés chez lescendants d'alcooliques peuvent porter sur toutes les fonctions. I sensibilité morale est affectée; sur leur visage se lit souvent un air tristesse; ils sont sujets à rire ou à pleurer sans motifs, ou pour des ifs insignifiants.

a sensibilité à la douleur est au niveau des extrémités des membres étriquement modifiée, tantôt par exagération, tantôt par diminution, 'eicitabilité réflexe est particulièrement exagérée, et elle explique ^tinence urinaire, par suite de laquelle des descendants de buveurs rent à peine tolérer quelques gouttes d'urine dans leur vessie. Elle I compte aussi de l'apparition de désordres moteurs convulsifs, hystémes ou épilcptiqucs, à l'occasion de causes d'excitation très légères. ont souvent des descendants de buveurs qui seront atteints de convuls réflexes pendant leur enfance, parce qu'ils auront quelques vers ttioaux, une simple indigestion ou un prurit cutané de nature eczémae.

s diverses modalités de l'hystérie, crises convulsives, accès de toux modiques, vomissements incoercibles, se rencontrent plus fréqucmtcbez les jeunes filles et même chez les jeunes garçons au moment de uberté, quand les parents leur ont transmis l'excitabilité réflexe lérée développée chez eux par le poison (alcool ou absinthe) dont ils aient. Les terreurs nocturnes, résultant de cauchemars ou d'hallucinasàToccasion d\in réveil accidentel, ont été observées souvent chez enlants d alcooliques ou d'absiiilhiques.

es troubles et les autres stigmates sensitifs, sensoriels et psychiques ^hystérie, qui se développent chez les buveurs et que l'on a englobés

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sous la rubrique d'hystérie toxique , — mieux vaudrait dire bystérie par intoxication, — peuvent être transmis aux enfants de ces buveurs et le manifester chez eux avant même qu'ils se soient encore intoxiqués personnellement.

Comme troubles dynamiques des facultés mentales, on a noté on arrêt dans le développement normal de l'intelligence; après avoir donné pendant leurs premières années, par leur précocité, l'illusion d'un esprit fi( ils trompent peu après les espérances; tel qui tenait la tète de sa dasie descend graduellement au dernier rang. Ils manquent surtout d'équilibre dans leurs facultés, de volonté, de persistance et d'attention; on les voit légers, changeants, distraits, hargneux et souvent emportés. On en toï enfin qui n'ont évidemment aucun sens moral, et qui aboutissent au crime à un âge encore si peu avancé que la justice hésite à leur appliquer ki pénalités ordinaires. Le nombre croissant des assassins à peine soiiii de l'adolescence et même de l'enfance, qui éclate avec évidence i li simple lecture des journaux, parait bien lié, d'après les statistiques, n nombre croissant des alcooliques, non pas seulement parce que l'akool pousse l'alcoolique au crime, mais parce que l'alcoolique engendre des dépravés.

On trouve chez les enfants des alcooliques des altérations anatomiqnei des centres nerveux. Elles existent parfois déjà chez le fœtus. En rendant impossible le développement de tout ou partie du cerveau, elles aboutis* sent à diverses malformations de l'encéphale, qui peut se trouver réduit i une petite masse de substance nerveuse, rappelant si peu l'encéphale normal qu'on a appelé anencéplialie ce genre de malformation.

Lancercaux rattache aux excès alcooliques des générateurs l'Aydrocéphalicy dans quelques cas du moins, eihporencéphalie; cette malformation, qui consiste en une destruction de la substance cérébrale, aboa« tissant à faire communiquer la surface de l'hémisphère avec le ventricule, est probablement la conséquence d'un ramollissement par lésioi artérielle. On sait combien l'alcool altère les parois vasculaires. D es assez naturel que l'alcoolique transmette à sa descendance de mauvaû vaisseaux.

Quand les désordres anatomiqucs ne se manifestent chez les enfants de alcooliques qu'à la fin de la vie intra-utérine ou dans les première années, les organes ne sont pas détruits, mais ils n'atteignent pas leu complet développement. Ainsi sont engendrées des atrophies partielles, I plus souvent unilatérales, des hémisphères cérébraux (agénésies, de Bras* chet). Ces atrophies par arrêt de développement se traduisent par te symptômes de la sclérose (épilepsie et hémiplégie avec atrophie du sque lette des membres pamlysés); elles s'accompagnent d'ordinaire d'une déformation plus ou moins marquée de la tête.

Si l'atrophie porte sur les deux hémisphères, le crâne est petit (mtcrocéphalie), le développement de tout le corps est incomplet; l'enfant marche difficilement, ou bien il est paraplégique, souvent imbécile on

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idiot. Certaines fonnes de paralysie infantile sont donc des manifestations de l'hérédité alcoolique.

Vépilepsie résulterait souvent de l'alcoolisme des parents; du moins la statistique suivante, recueillie il y a plus de vingt ans par notre collègue M. Martin, dans le service des épilcptiques à la Salpétrière, dirigé alors par Delasiauve, semble démonstrative à ce point de vue.

Sur 83 enfants ou adolescents examinés, 60 fois les parents ctiient alcooliques, 23 fois seulement Tivrognerie ne fut pas constatée.

Dans les 60 familles auxquelles appartenaient les individus de la première série, le nombre des enfants était de 301 , dont 132 étaient morts au moment de Fobscrvation ; sur les 169 survivants, il y avait 60 épilcptiques, 48 enfants avaient eu des convulsions dès leur jeune âge, et 64 feulement pouvaient être considérés comme bien portants. Les 23 individus de la seconde série appartenaient à 23 familles, dont le nombre total des descendants était de 106 parmi lesquels 27 étaient morts. Or, sur les 79 survivants, 23 étaient épileptiques, 10 avaient eu des convulsions en bas âge, 46 paraissaient se bien porter. Un grand nombre de ces eafants étaient paralytiques et mal conformés.

Les épileptiques, qui ont dans leur famille des antécédents alcooliques, taraient, suivant Lancereaux, une conformation spéciale. Petits d'ordinaire, incomplètement développés, ils ont le crâne et la partie supérieure de la face asymétrique; quelquefois toute une moitié du corps est atrolUée. La tète est petite, le visage triste. Leur première enfance a été accidentée par des convulsions. A l'époque de la puberté, surtout quand Il soudure des os du crâne se fait prématurément, surviennent des atta(]aes d'épilepsie dont une frayeur est, la première fois, la cause occasionnelle. Généralement précédées d'auras, ces attaques ne diffèrent de l'épilepsie dite essentielle par aucun caractère, et peuvent être incurables comme celle-ci. L'attaque convulsive peut être remplacée par des vertiges, des étourdissemcnts, par des hallucinations nocturnes terrifiantes. L'hérédité alcoolique peut ne se traduire (jue par une faiblesse congé' nitale. Magnus Uuss avait déjà signalé la diminution de la force physique, rabaissement de la taille, la stérilité relative et l'accroissement de la mortalité, comme des effets de l'abus de l'eau-de-vie en Suède.

Dans les pays de vignobles où, par suite des maladies de la vigne, les eaux-de-vie se sont peu à peu substituées au vin, les officiers de recrutement constatent d'année en année la diminution de la taille. Rotureau note que dans l'arrondissement de Domtront, celui du département de rOme où se commettent le plus d'excès d'alcool, sous forme d'eau-de-vie de poiré particulièrement, la Uiille s'est plus abaissée que dans les autres irrondissements ; quelques cantons n'ont pu fournir aucun conscrit ayant la taille réglementaire.

Morel avait déjà montré que les individus (|ui se livrent à l'alcoolisme dès leur jeunesse restent de petite taille et n'acquièrent jamais un développement muscubire normal. Les descendants de buveui's sont dans le

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cas. Frêles, avec une poitrine êiroîte et apluUe, n'ajant qa'm système pileux peu accusé, ils ptirtent le sceau de Vinfantilianie.

Comme on trouve ces caractères dans la descendance des hiberadeui, Lancereaux, qui a insista sur la fréquence de la tuberciiiose cJw 1» buveurs, se demande si ce ne sont pas surtout les descendants dcslulwculeux alcooliques qui offrent le cachet de l'infantilisme,

Une conséquence de l'alTaiblissement pro^^cssif de la lignée desikoAliqucs, c'est qu'elle est vouée à l'iiopuissaiice et â la stérilité et ne tari» pas à disparaître (')■

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