CONDITIONS ÉTIOLOGIQUES DU SURMENAGE MENTAL
Dans la société contemporaine, la fréquence et l'intensité du surmei mental s'accroissent tous les jours. Tout, dans le milieu où nousTifo concourt à fatiguer le cerveau. Et si Ton veut remonter aux origines I plus hautes de ce fait, on se trouve en présence des causes mêmes ont bouleversé Tordre ancien du monde sans qu'un ordre nouveni stable Tait encore remplacé. L'absence d'une hiérarchie qui met à sa place et lui limite sa tache, les progrès de l'individualisme, liberté de parier, de penser et d'agir, enfin la diUusion de Tinstruc ont donné à Tambition humaine une carrière illimitée. Si Fambition un sentiment louable et fécond, elle n'en devient pas moins une des puissantes causes de surmenage mental quand elle n'est pas en ra| avec la valeur intellectuelle et morale. Quelques circonstances agf d'ailleurs ses ellets malfaisants.
Des deux moyens que peut employer une démocratie pour refréwrj l'ambition et créer une hiérarchie, l'élection et le concours, il en au moins un, le concours, qui est une cause d'épuisement cérébral; multiplicité des compétitions ne permet en efiet d'arriver à une sit tion, par le concours, qu'à un âge avancé, ce qui oblige à un efffl prolongé et, en partie, imitile et slérilepour la société.
Une autre conséquence de l'ambition est l'immigration dans les gi villes, favorisée de nos jours par le service militaire obligatoire: celui^l] lait perdre au jeune paysan le goût salubre du travail des champs et fi tachement à la terre, si puissant chez ceux qui ne la quittent j»*i Or, dans les grandes villes, la concurrence vitale est plus ardente dj Tamour du luxe |)lus elTréné; dans les grandes villes, les idées évolutflj avec une surprenante rapidité et il semble qu'il y ait une conspiratioij universelle pour tenir toujours Tatlention en éveil ou pour éraouwïj les ioules; par suite, les éléments de fatigue cérébrale s'y mulliplienlî encore.
Le développement de l'imprimerie joue un grand rôle au point de vu < du surmenage mental. Notre siècle est voué à la lecture. « Dans le principe, dit Mosso, les livres ont eu pour eîTet d'aider la mémoire, et ils furent une belle découverte, car la légende, les chants et rhisloire n'avaient plus besoin d'être transmis avec une réelle dépense de mémoire, de vive voix du père au fils. Mais le but a été dépassé, et aujourd'hui l'écriture et les livres, loin d'être un instrument de repos pour II mémoire, sont une des plus puissantes causes de la fatigue, de rinteffir