CONTUSION
La contusion doit s'entendre des effets du choc direct ou trammii par les milieux durs de V organisme. Si les téguments sont intacts et le foy» traumatique fermé, il y a contusion proprement dite ; si les téguments sont déchirés, il y a plaie contuse. On voit que, si la différence clinique est d'importance capitale, il n'y a pourtant là qu'un mode pathogénique commun ; aussi étudierons-nous dans un même chapitre les contusions avec ou sans plaie.
Agents de la contusion. — Je n'ai pas à énumérer ici la variété innombrable des corps contondants. Pour qu'ils puissent produire tout
ir effet, un point d'appui est nécessaire : le squelette, les fortes apofTOses, un muscle durci par la contraction, sont appelés d'ordinaire à ler ce rôle. Il arrive que certaines contusions se produisent de dedans dehors, dans les luxations, dans certaines fractures à grand chevaiiement; le segment osseux déplacé sert alors d'agent vulnérant, le point ippui est à la peau qui résiste, ou plus souvent en dehors du corps, sur Bol, etc.
La direction même de Faction traumatique est à relever : la contusion rpendiculaire crée sur place des lésions autrement profondes que la Illusion oblique ou tangentielle^ qui, de son côté, provoque des désoreSt souvent très étendus et de caractère spécial (grands décollements, ■nchements traumatiques, etc.).
Tel est le choc direct, H se transmet à distance par la voie du système seux, d'où les contusions indirectes, les fractures indirectes, toutes les ûons qui figuraient autrefois sous la dénomination générale de contremp$. On sait quel a été le rôle de la théorie du contre-coup dans l'histoire » fractures du crâne ; s'il est, et depuis longtemps, bien établi, que 1<^ lécanisme de l'irradiation explique le plus grand nombre des fractures e la base, consécutives à des chocs de la voûte, les fractures indépen> antes de la base n'en ont pas moins une authenticité aujourd'hui bien lèiiiontrée. Or, elles ne s'expliquent guère, en réalité, que par la transaîssîon vibratoire, et la rupture, à distance, des points faibles (*)? N'est- « pas le même mécanisme, qui intervient dans les fractures indirectes. k h suite d'une chute d'un lieu élevé, sur les deux pieds, on peut obserm Ton ou l'autre terme de la série suivante : fracture par écrasement h caleanéum, fracture de jambe, fracture du corps du fémur, fractui'e du col, fracture du bassin, fracture de la colonne vertébrale, fracture de la bue du crâne. Tous ces traumatismes lointains ne sont que les résultats du choc trmiêmisy et les lésions ainsi produites siègent toujours aux point» (le moindre résistance, aux lieux d'élection.
lécanisme. Effets immédiats de la contusion. — Quel que soit le àège, les lésions du choc présentent toujours un certain nombre do traits communs, et les deux principaux sont les suivants :
i* Les ruptures vasculaires;
V L'attrition locale, plus ou moins profonde, de l'organe oontus.
Or les caractères exacts de ces lésions, comme leur mécanisme, doivent mer, suivant l'état des organes, que nous classons à ce point de vue, de h Eicoo suivante :
1' Organes inous ;
2* Organes durs;
5' Organes creux.
u' VoT. Bfrcch et KLrMPKE, C<>n5iH«'»'alioM». n proiiu" il'uno fraclure ins >lilo du crâne. Frto- ^|>ir contre-coup. Uevue de c/tir., 1SX7, p. Xô.
l** Organes mous: — Ce terme suppose naturellement toute uneséik do degrés.
La contusion des membres, autrement dit de la peau, du tissa cdbhiire sous-cutané, des muscles et des tendons, est celle qui, d'obsernIiBi journalière, se prête le mieux aussi à une étude analytique.
Ce qu'il était intéressant de connaître et de flxer, c'étaient les premiai termes, les lésions élémentaires de la contusion. M. Gûssenbauer (*) i institué, pour élucider la question, une série d'expériences très iotoasantés, et qui, cadrant bien avec ce qu'on constate chez rhomme, k perdent, avec le temps, rien de leur valeur. Si la contusion est légèn, les lésions se bornent à des déchirures du tissu cellulaire lâche qui an»* loppe les petits vaisseaux, et à quelques ruptures vasculaires disséminiei Sous un choc plus intense, les solutions de continuité s'étendent jusqi) la substance intercellulaire des tissus; les faisceaux musculaires, pr exemple, sont coudés, rompus, fragmentés; mais, d'ordinaire, les lésioai n'intéressent pas les éléments cellulaires eux-mêmes, qui restent intads, et conservent leur forme et leurs propriétés. Après avoir soumis, pendiol cinq minutes, aux chocs répétés d'un instrument de bois, un segmenta parties molles, appliquées sur un plan rigide, de bois ou de pierre, ooj trouvait le tissu musculaire réduit en bouillie; mais les fibres conservaient encore leur double striation, leur forme élémentaire et leurs rnrtions normales.
Autre fait : si l'on prélève un fragment de muscle écrasé, et qu'on le transplante, avec les précautions nécessaires, sous la peau d'un aninal, il se conduit comme une greffe ordinaire, empruntée à un organe entière ment sain. Ces notions sont importantes au point de vue du mécanine de réparation des tissus.
Si la contusion est légère, les lésions restent disséminées; à un degiv plus grave, il se forme un foyer de contusion^ de forme et de contour variable, entouré d'une zone plus ou moins écrasée, et contenant du sang, ou, plus rarement, un exsudât d'autre nature. Les dispositions de certains tissus se prêtent, mieux que d'autres, à la production de larges foyers, de vastes épanchcments : ce sont les tissus en nappe qui glissent les uns sur les autres et se <c décollent i> aisément; ailleurs il n'y aura pasdesng collecté, mais des attritions graves des parenchymes.
11 y a à distinguer, sous ce rapport : A. Les tissu» friables ou très num; B. Les tissus compacts.
A. Les centres nerveux, et surtout Tencéphale, représentent le premier groupe. Sous le choc d'un fragment enfoncé, ou le heurt d'un contrecoup, le cerveau ne se rompt pas, ne se fissure pas ; il s'écrase, il s'affaisse, il se réduit en bouillie sur place : au moins est-ce là le fait ordinaire. Le$ lésions varient suivant l'intensité de la contusion : piqueté sanguin, foyer de contusion.
;*) (iL;>sENi;ALi F!, Dic liaumalischc Verlol/j.igc.i. DeuUche Chirurgie^ Licf. XV, p. 01
pe hémisphérique {fig. 22), qui d'or-
Voi» BergmaniiC) a 8i|ïiialc des fenlcs nii fissurca du wrvcaii, parlant |>uînt contus. Ces lissiires Mont plus rréqiioiites an bulbe.
B. Si let ligsiiK mous s'écrasent, les tissus compacts se fissurent, au
>ms par lo fait des Iniumalisines d'inlensiié moyenne. Des ledieirhcs
mbreuses en témoignent.
Au foie, les eflels de la contusion ont été parfailement déterminés par
(expériences de M. Terrillon (*) et par l'examen des faits cliniques. Si capsule de Glisson est restée intacte, on lii trouve soulevée par de
iitB épauchcments sanguins de coupe hémisphérique {fig. 22), qui d'or-
oaire sîê|;cnl surtout à la face
lêrieure ; d'autres foyers sanguins,
I volume d'une léte d'épingle à
■lui d'une noisette, sont semés
MU l'épaisseur du pai-enchjme i
«I là le premier degré des lésioi Si la capsule est rompue, comme
.arriTC le plus souvent, on con-
Ule, et cela de préférence à la face
OOTexe et au lobe droit (*) : des "àuisoa, lotac'le (Territlon, ilHilt irpélim. rur
nquelures multiples et peu pro- ''iThX"" ''''' *"'"' "' '^'"■"''"" ondes; dcsfissures d'ordinaire an-
Jn>-poslérieures, ou irradiées autour d'un pint central, longues parfois le 10 à 15 centimètres; des /entes de 4 à 5 centimètres de profondeur. tWds déchiquetés et évasés. Souvent, et le fait a été relevé phisieurs bûdans les observations humaines, une veine dénudée traverse le fossé ripAsse d'une berge à l'autre (').
An rein, les faits constatés sont tout semblables, et les travaux de ]hlt(*), de Grawitz(*) et de Tuflier{*) parlent à peu près dans le même
l') T«T. BiMvm, Die Lehre Ton dcr KopfTerieliungen. Deultehe Chirurgie. Lier. XXX, p. 413. i*: TeuiliA-i, Étude eip^rimeiitilc lur la coatnsion du tme. Archivée de Pliyiiologie, 18T5.
''I Dn oraim «al-M Ii eoncluùon qui reisori dci olncrTiliuni liumainta. Lddwig Hinn [Die Vata der Lebcr und Gillcnblase. Inaug. Diit. Hrinchcn. 187'2) a trouva les \h\oai â fois )hifré<|Denle9 ■ U hce conrcic: il a nulf 51 ruptures du lolie droit, 10 du IdIip muche, H le b partie miNliane (nij. tuui Roimix, Drs lésions traumoliqucs du foie, Thènc agrfg. tlîl). — 1j OHitustoD eipi'riiDentale >e traduit au contraire, ic plus souvent, par des K'siiuia kt^Klnret oo liuurts) de la Tire connvc, et ceci s'cipliqnc i pir te rcdrcMemcnt de U cour- Wrionnale de cette hce, ijui tend brusi|ucineut l'enveloppe et une partie variable du tissu wjacnt et lei Tait déchirer. Quelquerois la face conveic no présente rmlle tni'c de traumatise, lion que U face oppMiic eit paracmi-o de lis»ure« » (TiOTillun, loe. eit.). — Ile fait, k atasaoK An I jiions du luic i par conluùon > est knn ifùtre toujoura lo mi'mr. : l'ilc* ■Bidnrt a»Ki aourent au choc direct, à la pri-ssiuii inunfiIialPinrnt tran-iMiise par ta parai ^imiao-fuslate refuuli-'e; ailleurs, la palhi^jéiiie i-st, à proprement parler, ccllu du l'iilre- '^ '■ le bord postrrieur de l'arganc, rcroaté en arrière, vient heurter Ici cùles ou le racliii ; Wliai n tiare supérieure a'arrvlie au niveau dea iniertiona du ligament sulpcoseur. Nous *■» à revenir plui tard sur eea divers modes |ialliogénii|ue>.
Il VoT. Hem. Mirait ^"' ^f^f von cleu traumalischen Lelierrupluren. Yirch. Arek., Bd. CXXI.
P; lui. Deutwhe ïeîlwhrin f. Cliir., BrI. X, 187«.
dïaiBiii. Leber .Nien-nn-rletiunBcn. Arehij, f. klin. Chir. Bd. XXXVIII, 18R9, p. iN.
V] 1mm, TnoiMlismea du rda. Ârch. gin. de médecine, tS88, t. XXII. p. 501 et Bl'T
SSO I.ËS AGENTS KËGAfflWIES.
sens. Disons tout de suite que les expériences ou les autopsies: seules des données utilisables : Grawitz, après Caspei^Liman, produire des ruptures du rein sur le cadavre, sans succès. Poun qu'il manque, en pareil cas, le vitalis turgor, et cette codcI plique à la plupart des i cadavériques en pareille squelette excepté. — le capsule est intacte ou déc la première allemative, ment sanguin revêt la ; chymoses ou de bosses sous- capsvlaires , oo foyers intra-parenchymi siègent surtout à la base midet (Tuffier; voy. fig.
un degré plus avancé, est rompue et le paren sure à une profondeur vi fissures sont le plus sou' versnies et divergent i hîlo ; et cette direction raii,d'aprèsGrawitz, par les espaces intcrlobulaii de la segmentation origin gnne, figurent des lieux < résistance. Quelquefois peut s'étendre à toute 1'^ l'organe, dont un segmei:
" rement détaché('). Je n'i
SSi sister sur la réparation
Fi«. «. - Coope de louLo i'ép*itKiir d'ua rein ment rapide, dc ces lén
contut. - Ed h.ul. on v„it lép.ncl.emenl chymatCUSeS, et SUT Ic pt
éiéiiiL'nis <]u rein. - u réparation qui se produil
I L'panrhemcDl (basdanl vpan l*\ qui Mirgi' uiin> u region sus-pjramidile, lieu „ ^ ''. ■ •
dilectlon des hémoirluKi.'s inlerelillelles. Four la rofe, les euel
(Pi^ptration de Toupel, d'>pr(s uoe pitee de . > # i ■ ■
TufiiVr, t™.m A rtlr«rîi>,Tïii,iigïS). tusions profoudcs, bien
étudiés expérimentalenit
dent ail iiièmc type; Ëdier a pu en recueillir et en analyser
valions ('). Là encore, on observe : 1° des épanchements sang
et 1S89, t. XKllI, p. 335. — Études ex|M}rJinenla1es >ar U chirar^e àa nia. i Jniti de chliwgie (Dnpl» y-Reclus), t. VII. p. «T.
(■) Ainsi en £liit-il du» une obiervilian fort connue de K. IUuiKnir]r [de OmM dechir., 1885, p. SSO.
(*) Vov, plus loin les Sttliont.
(') Edlck. Die Inunulisrlicn Verletnuigen der pirenchïmitOMn l „
Kb, Pinkreu, Nieren) Archiv f. Klin. Cbir., Bd. ÏXXIV, 1887, p. MS.
es et des foyers hématiqurs intra-parcnchymateux, uniques, ou ;; 2* de» riRsiircK 011 des r<-iitos, de largeur et de profondeur . Le plu:) souvent, elles occupent la face concave; elles sont aies ou ctoilécs. quelquefois l'organe est fragmenté et comme hypertrophie et la consiKlance friable de la rate, dans certaines i, prédisposent à pareils désordres; la spléno-mégalîe pbysîosi l'on peut dire, qui accompagne la digestion, suffît déjà à organe plus vulnérable; dans 28 pour 100 des faits qu'il a , Edler relève l'élitt pathologique antérieur de la rate. Aux Indes, 1 constaté 20 fois, dans le courant de deux ans et demi, des spléniques, à l'autopsie. Le système vasculaire peut prendre éveioppement, que. sous le choc, les lacs sanguins intrasplédatent par le uu>canisino que lierons plus tani pour les urga^
e festlctile, nous arrivons à
! variété de parencliymos : la
«t ici d'une résislanre parti-
\ bien supérieure à celle du
ndulaire lui-même, .\ussi ne
e que très rarement, ut sous
l'un traumatisme considérable:
l'après Mouod et Terrilion ('),
! de 50 kilos pour la rompre;
>riiie alors comme un organe
ir éclatement.
ions de la contusion porteront
ne exclusivement sur le paren-
ui s'écrase sur les parois de sa
[ido. Aussi obsene-l-on le jdus
soit des suffusiuns sim^^uines
illes, soit des foyers disséminés
1 parenchviuateusc, caractérisés
nr l'épanchement sanguin et
B des tubes testiculaires. Pour-
ng ne se collecterait Jamais en
nsidérable, et l'hématome in-
ulaire n'a jamais été retrouvé
Honod et Terrilion. Le terme
i du traumatisme est représenté par la rupture de l'nlhuginée et la
Fig. »s.
■iB. 1i. -
Conlusion du i
[nO<>i>
ndiDi nn
foïerde
Petitoaié-
i-néTrilemt
niLiqi
.e> (Tnilt
de chin
,rg.r.
t. II. Ht. 1
I8tï)
- Suffiuions unguiiwi :
et TcMuiLo:.. S.l. .lu 1.
'^lirulncl dti innni^». 1880. |i. m. — Vov. tUMi Rio»i,
im. >iir l-.lro,.liio du 1^
.187î>. 1. ïl, ).■ l^''->'