‹ Traité de pathologie générale v. 1 (volume 3)Chapitre 76 sur 152 · PLAIES PAR ARMES A FEU · texte numérisé non relu

PLAIES PAR ARMES A FEU

On doit entendre, sous ce terme général, l'ensemble des lésions produites parV action des corps vulnérants, quelles qu'en soient la nature et la forme, propulsés par les matières dites explosives. 11 résulte de ce mode de propulsion que les agents mécaniques, dont nous allons parler, sont animés d'une force vive considérable : de là, à leur contact, un choc de caractères tout spéciaux et des lésions qui méritent d'être étudiées à part.

Cette définition nous permet de faire rentrer dans cette catégorie: 1^ les projectiles, quels qu'ils soient, balles, clous, débris métalliques, éclats, etc., lancés par l'explosion des obus, des bombes, des engins de toute espèce, chargés à la dynamite, etc. ;

2^ Les projectiles réguliers, lancés par des armes régulières, et dont il y a lieu de distinguer aussi plusieurs variétés : d'après leur caUbre (boulets, balles de guerre, balles de revolver, plombs de chasse) — d après leur forme, d'après leur aptitude plus ou moins grande à se déformer ci à se fragmenter — et surtout d'après Tintensité de la force explosive qui les propulse, autrement dit, d'après la vitesse initiale qui leur est imprimée.

Nous verrons bientôt de quelle importance sont toutes ces conditions pour l'appréciation pathogénique des effets produits et l'analyse de leur mécanisme.

Il y a lieu, tout d'abord, de diviser en deux groupes les lésions don! nous parlons, et d'étudier successivement :

1** Les désordres locaux, directs, bornés, ou peu s'en faut, à la zone

(*) Voy. SriifppEL. V. Zirmftxrn'ê Handbuch d. sprc. Vath. u, Therap., Vlll, i. — Zcxkn, Der primârc Krchs dcr Gall'jnblasc und seine Kezieluirigen zu Galleii<«teiiic und GallonhlaH^ih iiarlini. Inaug. Diss. Eriangcn, 1889. — Maktin, Ucher priniaren Krebs der Gallenblaso. Inaug. Disg. Municb. 1801.

{*) Voy. H. Rœse!(, Uebcr Steiiie und Rrcbs der Harnblasc. Inaug. Disg, llûnchcn, 1886.

LE CHOC. 5Gi

de caniact du projectile^ et qui varient, du reste, en intensité, depuis la simple plaie contuse jusqu'à la pénétration complète, à la traversée de part en part d'une ou de plusieurs cavités viscérales ;

2* Les désordres irradiés^ indirects, à distance, qui se produisent et s'étendent dans une sphère plus ou moins large, autour du point directement atteint; qui varient, eux aussi, de teneur et d'intensité, suivant une série de facteurs à déterminer, et qui représentent, à proprement parler, les effets explosifs,

La présence de ces lésions irradiées, au delà du trajet suivi par le projectile, et propagées au loip, constitue la caractéristique des plaies d'armes à feu, et l'élément principal de leur gravité.

1. Je ne veux pas insister sur les contusions déterminées par le projectile à la fin de sa course, par son contact tangentiel à la surface d'un membre. Nous parlons des plaies proprement dites, et, de fait, la pénétration est, elle aussi, une des principales caractéristiques des lésions d'armes à feu.

Dans les parties molles, les trajets ou sétons peuvent être réguliers et de parois peu déchiquetées, lorsque le projectile est animé d'une vitesse moyenne, qu'il ne se déforme pas, qu'il ne rencontre pas de plan osseux. Le séton est borgne, quand la pénétration n'a pas été complète : il peut être sinueux, et d'un parcours fort inattendu, quand la balle s'est réfléchie sur un plan osseux et qu'elle a fait ricochet dans l'intérieur des tissus. On trouve relatés dans les auteurs des exemples nombreux et quelquefois étranges de cette migration des projectiles : avec les armes de guerre actuelles, pareilles dispositions ne se verront plus guère. La balle Lebcl «>t susceptible de traverser six hommes à courte distance; jusqu'à 1200 mètres elle traverse toujours le corps de part en part, et l'on a donné des chiffres supérieurs, de 1 500, de 2 000 mètres. Il est aisé de comprendre que l'arrêt du projectile ou sa migration sinueuse et lointaine, dans les tissus, seront d'observation rare.

Au cours de ces sétons directs, le projectile peut sectionner net certains organes fascicules et tendus : les tendons, les cordons nerveux, les RTos vaisseaux. Vemeuil a vu, sur certaines pièces, les tuniques artérielles nettement divisées, comme par une arme blanche : pendant la guerre de Crimée, 18 pour 100 des morts ont dû être rapportées à llcmorrhagie primitive. Les balles animées de vitesses considérables, comme les balles modernes, auront peut-être plus de tendance à produire ces sections franches, pour ainsi dire, qui, pour les vaisseaux, ne prêtent nullement à l'hémostase : Bruns (*) en émettait la crainte, et, bien que V. Reger(') n'ait rien vu de semblable dans ses expériences, il semble bien (ju'ici, au moins, l'expérimentation cadavérique soit insuffisimte,

(') P. Btc», Ueber die kriegschirurgiiclie BcJeutung- ilcr iicucu Feucrwaircti. "il* Contfrcê '^f'chirurgienê allemands^ 1892.

i*) RiGCB. Ibidem.

PilBOLCGlS GÉmEraLC. — U oJ

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LES AGENTS MÉGAiMQUfiS.

la réplétion des vaisseaux, de même que la tonicité des musd pour une part dans la pathogénie des lésions.

Sur les os, sur les parenchymes compacts, la lésion locali pénétration, exclusivement circonscrite, ou à peu près, au tn jeçtile, est d'observation plus rare. Pourtant, M. Delorme a bi que Ton pouvait rencontrer des fractures, par contact direct ou

fractures transversales ou obliques, rédi simple trait, sans fissures ni esquilles (fig résultent, suivant toute probabilité, de brusque du levier osseu^, au point per tons tout de suite qu'elles sont, elle» plus souvent accompagnées de fêlures ou d'ordonnance assez régulière, et qui son premier terme de ces fracas comminutil verrons bientôt.

Je n'ai pas à insister sur les sétons tran les simples tunnels creusés à travers rein, ou les doubles perforations diamé viscère creux.

Ce sera là, si l'on veut, le premier l'échelle de gravité des lésions (hormis 1 tefois, où ce trajet, direct et simple, il organe vital).

Les désordres, irradiés à distance explosifs pour employer un terme usuel, quence autrement graufide. Avant d'étudiei pathogénique, il est indispensable dépasser en revue leurs carai raux, dans les parties molles, les os, les parenchymes, les vise Le diamètre respectif et la forme des orifices d'entrée et de un des éléments qui témoignent de l'action explosive. Il ne I leur attacher pourtant une importance trop exclusive, et nous loin qu'avec des orifices cutanés très restreints, avec des lési rence essentiellement bénigne, coexistent souvent des désordre et, en particulier, des fracas osseux, de la dernière gravité; vrai surtout pour les balles de guerre contemporaines. Dans la sive, l'orifice de sortie est plus large que l'orifice de pénétrati être 2, 3, 4, 5 fois plus large et mesurer jusqu'à 10 et 15 cen laisse passer de la graisse liquide ou des lambeaux de tissus; i du foyer traumatique, où logerait le poing, présentent des musi de la poussière d'os, des esquilles libres, dépériostées, de t dcurs et de toutes dimensions, qui, ainsi que les débris des ti peuvent être projetées à 10 ou 15 mètres en avant ou en arrière frappé. A la tête, c'est un véritable éclatement > (').

Fig. 27 — Fracture transversale directe du péroné, produite par une balle de plomb mou qui s'est arrêtée contre cet os. (Delorme, Traité de chirurgie de guerre^ t. U, fig. 8.)

') Chauvcl, Article Plaies far aiubs a wëx. Dict. eneychp. deêêc. méd.t t T

Ces lésions effrayantes se voient surtout dans les cas où la balle a rercontré un segment du squelette : elles coïncident avec les fractures esquiU leuses, que nous allons étudier; il y a là, comme nous le verrons, une Téritable connexion pathogénique.

Ces fractures, qui, à première vue, paraissent si complexes, répondent pourtant, comme Ta montré M. Delorme(*), d'après un nombre considérable d'expériences, à un certain nombre de types bien définis. Tous ont un trait commun : la lésion locale, fracture transversale ou oblique, perforation, gouttière, créée par le chbc direct du projectile, est eonstaniment le centre de longues irradiations fissuraires; les éclats, les larges

PIg. 28. — Fissures en X et fissure lymétrique (d'après Delorme).

Fig. 29. — Perforation du tibia, grandes coquilles en X et fissure symétrique (d'après Delorme).

cilles, ainsi délimitées, sont plus ou moins détachées, autrement dit, la fracture est plus ou moins comminutive : les fissures irradiées n'en existent pas moins. M. Delorme distingue trois catégories de fracas osseux : 1* les fractures par contact, à grandes esquilles; 2® les perforations complètes ou incomplètes; 3® les gouttières diaphysaires. L'examen des figures 28 et 29 ci-dessus donnera une excellente idée des caractères généraux de ces c éclatements osseux » sous le choc du projectile.

Le squelette, le milieu dur du corps humain, est celui qui se prête le mieux à l'observation de ces effets dits explosifs. Au crâne, en particulier, Js sont souvent extrêmes, et cela, sous l'action de projectiles de vitesse moyenne, ou qui ont perdu, par suite de la longue portée, une grande partie de leur force vive.

C] DiLdun, Traité de chirurgie de guerre^ t. Tt, 1895.

564 LES AGENTS MÉCAiMQlES.

Dans le foie, le rein, la rate, etc., les effets dont nous parlons te Induisent f^r l'existence de trajets coniques, largement évasés, et de iissures, de nombre, de longueur et de profondeur variables; qudqodbb Torgane est, pour ainsi dire, fragmenté par une sorte d'éclatement.

Les constatations sont analogues, pour les viscères creux. Alors (pe, dans certaines conditions, le projectile détermine seulement une double perforation de Torgane, et un orifice de sortie un peu plus large, aillem il crée des déchirures irrégulières et multiples, et qui supposent un tntn mécanisme que Faction propre et drrecte de la balle.

Nous ne saurions insister sur les détails de ces plaies de guerre, et Ton trouvera, dans les travaux des chirurgiens de Tarmée, Texposé très complet de cette pathologie toute spéciale. Ce qu'il importe de £ûn ressortir, nu point de vue général, c'est précisément cette tendance à k dispersion^ à Virradiation des lésions^ ces fractures comminutim et fissurairesj ces éclatements d'organes j ces déchirures étendues ei lointaines des viscères ; voilà, par des exemples, définie Vaction explosive.

Quel en est le mécanisme? Question importante, qui permet de répondre à une autre, non moins poignante : Quels sont les projectiles, quelles sont les armes les plus aptes à produire ces terribles effets?

Sur des expériences bien connues, Kocher avait basé la théorie de h pression hydraulique. Le projectile rencontre, dans le corps humain, des cavités closes remplies de liquide ou des parenchymes qui peuvent être considérés comme tels : il refoule brusquement ce contenu incompressible, qui devient l'agent de transmission excentrique du choc, et le facteur des lésions à distance. On répète partout l'expérience classique : tirez un coof de fusil sur une boite métallique pleine d'eau, la boite éclate; est-elk vide, la balle se borne à la traverser, en trouant deux de ses parois.

Nous avons parlé déjà de cette propriété spéciale des milieux liquida de l'organisme, qui transmettent et diffusent le choc (voy. Commotion) ici encore, elle trouve évidemment son application dans certains cas, dan certaines régions. Mais elle est loin de pouvoir servir de théorie générale Comment explique-t-elle, pour nous borner là, les lésions osseuses? Faut-il avec quelques auteurs, attribuer à la moelle ce rôle de milieu de trans mission incompressible, contre toute vraisemblance, et contre ce fa d'observation, que les diaphyses privées de moelle présentent des lésioi expérimentales absolument identiques à celles dos os intacts?

Nous ne ferons que rappeler l'action hypothétique attribuée par Me sens à la gaine d'air comprimé qui entoure le projectile, au moins tai que sa vitesse est supérieure à 340 mètres. Des expériences fort curieus ont mis en évidence cette enveloppe aérienne, qui forme un manchoi ime seconde enveloppe à la balle en mouvement; de là, à conclure qi vol uir à haute pression pénètre dans les tissus au-devant et autour f projectile, et joue son rôle dans la pathogénie des désordres mécanique

LE CHOC. 5n:i

il y a loin, et rien n'est encore venu fournir la moindre apparence de confirmation à cette hypothèse.

En somme, l'explication la plus simple et qui concorde le mieux avec les données générales est celle qui se tire des caractères propres du choc et de ses eflTcts immédiats. Il y a là des facteurs multiples, dont les principaux sont les suivants :

1* La vitesse du projectile, d'où dérive, en grande partie du moins, sa force vive, c La gravité des dégâts est, pour la même balle, écrit H. Delorme, dominée surtout par la vitesse de transmission. Les dégâts sont, en général, en rapport avec la vitesse. Plus celle-ci est grande, plus les premiers sont graves, comminutifs; plus la vitesse est faible, moins ils sont graves dans les parties molles, mais ils sont comminutifs dans les 08. »

Les balles nouvelles ont une zone explosive qui s'étend à 300 ou 400 mètres; pourtant, au delà de 200 mètres, les effets explosifs sont moins accusés qu'avec l'ancien projectile, et cela, bien que la balle Lcbcl ait une vitesse initiale de 630 mètres et une vitesse rotative de 2590 tours à la seconde, alors que la balle du fusil Gras n'avait qu'une vitesse initiale de 450 mètres et une vitesse rotative de 7 à 800 tours. Il faut chercher lexplicalion du fait dans les caractères propres des deux projectiles.

2* La fortne, le poids, la déformation du projectile dans les tissus jouent, en effet, leur rôle dans la production des etlcts à distance et dos grands délabrements. La balle de plomb ancienne, plus pesante, s*aplatissait au contact du but atteint, et la surface d'impact augmentait d'autant: elle se fragmentait souvent, et la projection de ces fragments dans lepaisseur des membres ou dans les cavités viscérales devenait Tun des agents principaux des lésions irradiées. La balle à enveloppe métallique ne se déforme pas, ne se fragmente que très rarement. Quand le fait se produit, les lésions deviennent extrêmes. A Biala, les troupes, armées du fusil Mannlicher, exécutèrent plusieurs feux de salve, à une distance de 40 il80 pas, entre des murailles; de nombreuses balles rebondirent sur les pierres et, par ricochet, produisirent des plaies effrayantes.

3^ Si la balle ne se fragmente pas, elle détache et propulse devant elle toute une série de projectiles secondaires, si je puis dire, des esquilles, des fragments de tissus compacts, quelquefois des débris de vêtement. Les débris osseux, de toute forme et de toute grandeur, deviennent, sous cette brusque et violente poussée, autant d'agents vulnérnnts, qui ébrgissent l'orifice de sortie et dilacèrent au loin les parties molles. Le fait est de notion courante, et nous avons déjà dit que les ell'ets explosifs ^ient, jusqu'à un certain point, en rapport avec les désordres osseux.

4' Enfin, V ébranlement à distance, transmis par certains milieux, liquides ou imbibés de liquide, n'est pas niable, dans certaines régions ; il explique et Fextension des lésions crâniennes et les ruptures à didiance des viscères creux. Ne sait-on pas que, pour le tube digestif, pour la ^wsie, etc., l'état de réplétion aggrave toujours les lésions

506 LES AGKNTS MECANIQUES

On voit que ces lésions, si spéciales des projectiles d'armes i tm, comportent des mécanismes difîerents qui rentrent tous, en somme, dans la théorie générale du choc, sous cette réserve que le choc e«l,en pareil cas, d'une intensité extrême.

Ce choc, on peut jusqu'à un certain point l'évaluer, ou plutôt on penl donner l'expression exacte de la force vive du projectile. On a calculé, avec beaucoup de précision, ces forces vives, pour les diverses bslbs européennes; et il n'est pas douteux que, d'une façon générale, l'échellf < de grîivité des lésions qu'elles produisent ne soit à peu près la méine. Mais, lorsqu'il s'agit du corps humain, les chiffres et les évaluations pore- \ ment mécaniques pèchent toujours par quelque endroit. C'est pourcda que l'élude expérimentale ou l'observation directe sont seules en Art d'appuyer des conclusions valables.

Ces recherches ont été faites pour les balles modernes, et, sans entrer dans le détail, nous citerons les travaux de Chauvel, Nimier, Breton et Pesme il888)(*), de Delorme (1888) (*), de Habart (1889)('), de Bruns (1892) (^), de Démosthène (1894). Les résultats expériinentiiii concordent dans leur teneur générale. La balle de 8 millimètres, plu petite, non déformable, animée d'une vitesse considérable, présente tme force de pénétration bien supérieure à celle des projectiles de 11 miDimètres (fusil Gras) ou des projectiles plus anciens, mais sa force expiosiie est, en somme, moindre. Elle se fait sentir dans la première zone, jusqoi 300 ou 400 mètres, mais les délabrements sont moins étendus, et la bjle, pourvue d'une force vive jusqu'ici inconnue, se crée une voie plus directe, et détermine autour d'elle moins de commotion, une transmission pins restreinte du choc.

Dans la deuxième zone, de 400 à 800 mètres, l'action explosive ne se manifeste presque plus, sauf en certaines régions, au crâne, par exemple, 011 les fractures à grand fracas sont encore la règle.

Dans la troisième zone, au delà de 1200 mètres, on observe encore des lésions osseuses très étendues et des désordres plus graves, à cette portée, qu'avec les balles anciennes. Il s'agit surtout de fractures longuement lissuraires, d'éclatements osseux qui s'irradient à grande distance an doh'i du point percuté; mais on n'observe plus là ces types de fractures cornminutives qui sont propres aux traumatismes à courte distance, dans b zone explosive.

En somme, conclut M. Delorme, bien autorisé par ses nombreuso^^ expériences avec les balles des deux calibres, à résumer la discussion ^ c tout en conservant des caractères généraux identiques, les blessures

(*] CiiACTEi, NiviER, Bretox ct Pesmb, Rcchcrches expérimentales sur les effets des amie^ nAiivollos ci (tes halles de petit calibre à enveloppe résistante. Archives gén. de méd.^ 1S88.

[*] Ed. Delorme, Note sur les effets du fusil I.ebel. Communie, i TAcad. de mMertne» •?0 mai 1888. ol Archives de méd. militaire, 1888.

llAn\nT. Znr Fraj^e modomer Kleincaliberprojertile. Wiener mrdic Prtêêe^ 1889. p, 9W,

'*) IlnrNs. I.or. cit,

produites par les balles actuelles, en raison du diamètre moindre du projectile, de sa fragmentation moins fréquente» du séjour plus rare des corps étrangers, sont moins étendues, moins graves, d'un traitement plus facile que les traumatismes des balles anciennes. L'étendue diamétrale moindre des trajets cutanéo-musculaires, et particulièrement des enveloppes aponévrotiques, surtout aux distances moyennes ou faibles, constitue une condition des plus favorables pour la simplicité et la rapidité de la guérison des os. Les projectiles de calibre réduit continuent et accentuent la série décroissante des dégâts constatés depuis qu'au lourd et massif projectile Minié on a substitué la balle de 11 millimètres; et ces différences favorables ne feront que s'accuser encore après l'adoption des balles de 7 millimètres, de O'^yS et de 5 millimètres. »

Ces déductions expérimentales ont été en grande partie confirmées par les observations, heureusement rares encore, qu'on a pu faire sur le mzni. Dans l'émeute de Biala, les troupes autrichiennes se servirent du fusil Mannlicher, et M. Bogdanik (*) a donné une étude fort intéressante des traumatismes observés. Stitt(') a fait de même au Chili, lors des troubles de 1892 : la moitié des combattants étaient armés du chassepot, Tintre moitié du fusil à petit calibre; il devenait donc facile d'étudier comparativement les effets des deux armes. Or, au nombre des blessés transportés à l'hôpital Saint-Augustin à Valparaiso (il y en avait près de SOOO), 300 étaient plus gravement atteints et c intransportables » : tous ifaient été blessés par les balles anciennes, tous les autres purent être éfacoés. M. Delorme lui-même a pu constater, à la suite d'un événement douloureux ('), les effets de la balle Lebel.

Dans tous ces faits, il s'agissait de tira petite distance; d'autre part, les études expérimentales ne sauraient, en pareille matière, reproduire toutes les conditions de la réalité. On aurait donc tort de trop se fier à ces apparences de bénignité et surtout d'appliquer cette dénomination, tristement ironique, de balle humanitaire, à un projectile animé d'une pareille force vive.

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