‹ Traité de pathologie générale v. 1 (volume 3)Chapitre 81 sur 152 · Hiïmastase provi · texte numérisé non relu

Hiïmastase provi

{■) Al. Jimitkiwui. En N. XU1,18M, p.Mt.

Boitra^ inr Uhre roa d«r Cqawmh- Ank. /b Mw. Ctùwti',

dosi éritée, et des coapes de la paroi artérielle, sectionnée et suturée, à les époques Tariables après l'expérience, permettaient de se rendre compte de tous les détails de la cicalrisation immédiate. Los figures à-contre en témoignent (fig. 34 et 35).

Noas saTons bien que diez l'iiomme, certaines plaies longitudinales les artères, certaines fissures des tuniques interne et moyenne, peuvent N cicatriser spontanément, et la paroi, à leur niveau, recouvrer une résistance assez grande pour qu'il ne survienne aucune ectasie secondiïre. Pourtant la suture des grosses artères nous parait appelée à un nenir très borné; sans doute, la paroi artérielle pourrait se prêter.

iuliirée Trolnjounaprèj l'opjnlitin

comme chez l'animal en expérience, ii un processus de réunion primitive, luisla réalité ditVcre trop des condjlions expérimentales, et le risque ~ courir serait vraiment trop grand.

Pourtant la suture des grosses veines a été pratiquée, chez l'homme, H arec succès. M. Max Scliede {') n suturé la paroi de la veine cave inli rieure, intéressée au cours de l'exlirpiition d'un cancer du rein ; on put se rendre compte, plus tard, à laiilopsie, que la réunion avait été |)arfaile. Dans un cas plus récent, M. Riiurd (') a eu recoms a une intervention du iDéme genre, avec plein succès. Il y n là une ressource d'urgence,

I') Ruiw. Soe. it tkir., 1*M,

LES AGE.NTS MËCANIQUIilS.

appelée h rendre de grands services, dans quelques circonstances nctptionnellcs.

Quoi qu'il en soit, une fois achever l'hémostase provisoire, le foiei trauniatique est rempli d'un caillot de volume et de forme varialilei. Quel rôle sera dévolu à ce sang épanche, dans l'évolution réparatrice dt la plaie? On a cru longtemps, avec Hunter, à l'organisation du sang, qn devenait ainsi l'agent principal de la cicatrisation. Celte théorie n'i phu qu'un intérêt historique, au moins dans sa leneur primitive. D panit

FJp;. 33. — F'InldoDglIiidinalc d« la earnliap d'un veau, siiliirvc. Suiinnlp-tîi jaimapri'-! I a, couche endolhéliale rtofoniii^'. — b, ri'iU-ï cim flis iIp toiv. ''nr:i|isu1<'t.

établi, en elTet, que le snn^, s'il ne concourt pas lui-même à la création de la cicatrice, représente néanmoins un excellent milieu de cicatrisation: Dembonsky, PirogolT, Volkmann, ont cherché ii démontrer que, dans le^^ sections tendineuses, la présence du sang joue le rôle d'un irritant utile, qui favorise le travail d'hjptrgenèse et assure le succès de la réunion, et WolterC) a recommandé, lors ilc sutures tendineuses, de ne lier que lespIuA gros vaisseaux intéressés, et de panser sur caillot humide; c'est à cetl<* pratique qu'il faudrait rapporter les heureux résultats des 52 observation^ de sutures tendineuses qu'il produit a l'appui de sa méthode. Ce pan-

(•) WoLtin. CrfHT fiinfiinnellf Vr.>pv^f ■\i-r Sclinranihi. Arcli. fur A/w. Chir.. 1888.

laoent des plaies, et spécialement des pertes de substances osseuses, nr caillot humide, a été préconisé par M. Max Schede (') et fort étudié, il [a quelques années; on a montré que le sang aseptique était une excellente matière de remplissage, et réalisait peut-être le meilleur des tamponnements, dans les plaies non réunies, à la suite des évidements Dtfeax, etc. ; mais son rôle s'arrête là, et les quelques rares essais de restauration de l'hypothèse huntérienne ne semblent guère de nature à entraîner la conviction.

le foyer traumatique peut contenir autre chose que du sang : d'autres liquides organiques, des débris de tissus, des esquilles, des corps étrangers. Ce sont autant d'obstacles à la réunion de ses bords et au processus d'occlusion cicatricielle ; l'élimination de ces corps étrangers, le plus souvent septiques, la résorption du sang, doivent être le premier terme de l'évolution réparatrice.

Et ce travail préliminaire est indispensable, même après les sections les plus simples et qui se prêtent le plus aisément à l'accolement primitir. De fait, il existe toujours, sur les deux versants du plan de section, une lame, si étroite soit-elle, de tissu désorganisé, condamné irrémédiablement à la nécrose ou à la résorption, et qui suffirait à entraver la soudure immédiate, alors même que la physiologie générale s'en accommoderait.

Nous allons voir, en effet, que la réunion, même la plus complète et la plus rapide, ne répond nullement à cette formule simpliste.

La réunion est primitive ou secondaire ^ far première ou seconde intention.

La réunion primitive suppose le contact, l'accolement des deux lèvres le la solution de continuité, dont l'adhésion devient définitive. Par quel mécanisme?

S'agit-il d'un tissu sans vaisseaux, de structure simple, la cornée par ïeniple, il n'y a pas, même alors, de coalcscence directe, physique pour •nsi dire, et c'est une lamelle néoformée qui vient combler la fente "^umatique. Si la plaie est un peu déhiscente, si l'asepsie n'est pas l^solue, la cicatrice restera opaque.

En règle, dans tous les tissus vasculaires, c'est le tissu conjonctif, ce ^fenchyme commun, qui fait tous les frais du processus de réunion. Sur ^ parois du foyer de section, il y a lieu de distinguer deux zones : une 'terne, d'épaisseur variable, zone ischémie ou stupéfiée^ quelquefois >hacélée, qui correspond au territoire de désorganisation mécanique, 'uson moins large, suivant le mode de la section; une externe, la zone fitée^ qui va devenir la zone de prolifération et servir de terrain aux ^emiers phénomènes réparateurs.

De fait, que trouve-t-on entre les lèvres d'une plaie récemment

(*) Vax Screoe, Ueber die Heilung von W'iin(l<>n iinter àe.m feucht«Mi BlutMhorf. Arehir fikr im.Chir., M. XXXÏV, 1««7, p. 2*5.

6i8 LES AGEI9TS MÉGAMQUES.

suturée? Une matière demi-liquide» le blastëme, la lymphe phstiqie d'autrefois, qui contient des globules sanguins» toujours assez abooduts, de la lymphe exsudée, des cellules embryonnaires; à un stade ud pea ■«-^^ plus avancé, des néo-capillaires. Ces éléments cellulaires sont nés de b végétation embryonnaire, dont la zone irritée devientle siège; ces iriivaisseaux procèdent des capillaires voisins, qui bourgeonnent soiiai |ii^ un processus anatomique bien connu, s'étendent d'un bord à Tantre d se fusionnent. En dernière analyse, l'accolement définitif est réalisé, pir l'interposition d'une bande de tissu embryonnaire; à la longue, cette cicatrice jeune devient fibreuse, se rétracte, s'amoindrit, dispanitoa 1^^^ semble disparaître quelquefois. En réalité, si l'affrontement des diien^ pa^ plans de la peau est exact et se maintient tel, la ligne cicatricielle est réduite au minimum; elle n'est plus marquée que par h coIck ration de Tépidcrme, qui s'atténue et s'efface avec le temps. L'affronte- li:*> ment aussi régulier que possible, telle est la condition essentielle des |^ belles cicatrices, et la suture intra-dermique n'agit pas autrement.

On voit que cette réunion primitive constitue une véritable greffe des ^ifdeux lames de tissu divisées; ou, si l'on préfère, la greffe n'est antre |^ chose qu'une réunion per primam, avec cette différence qu'il s'agit ici* d'un segment de tissu généralement éloigné, isolé quelquefois, ou hissé , l<^ pour un temps, en continuité vasculaire avec son lieu d'emprunt. |^

Dans cette dernière hypothèse, que réalise la greffe par approche, le processus rappelle de tout point celui de la cicatrisation par première intention. Si le lambeau transplanté est entièrement détaché, il ne prendra qu'une part fort restreinte aux phénomènes de réparation, qui auroot presque exclusivement pour siège le « terrain de transplantation »; l'étiid^ en a été très soigneusement faite par M. Carré (*) (de Tûbingne) poo^ les larges lambeaux dermo-épidermiques de la greffe d'Ollier-Thiersch; A^ nombreux examens, répétés à des stades différents, lui ont montré qt»^ l'adhésion primitive a toujours lieu par l'intermédiaire d'un exsud^^ composé d'un réseau fibrineux et de globules sanguins et bientôt infilt^^ de noyaux embryonnaires et de néo-vaisseaux. Vaisseaux et noyac*^ émanent ici uniquement du plan profond, qui fait seul les frais c^H^ travail d'hypergenèse. Quant aux greffes, les transformations qu'elL-^** subissent sont plutôt de l'ordre régressif. Leurs vaisseaux propres disjj^ "»' raissent en partie, ceux qui restent entrent en communication avec k ^ néo-vaisseaux, qui émergent de la profondeur, et deviennent le point ^» départ d'un nouveau système vasculaire; le derme redevient embryop^P* naire, la couche cornée de l'épiderme se desquame et c mue ». I^Bo somme, lorsque les bandelettes transplantées ont pris définitivem^T^o' racine dans leur nouvel habitat, elles se sont transformées et ' ^^ dans toute leur épaisseur, et il reste bien peu de leur Hêeu

Pareil fait se reproduit i la suite de toutes les variétés de greffes, am^-

(«) 6abb<. Ueber aie biilolofifdieB Vorgiiige M dm Jahrilig ém TlM|M|l'«iMii Ti planUtionen. Beitràge %ur klin. CAtr., Bd. lY, p. OSS.

Bées, musculaires, tendineuses, osseuses, etc., et Ton ne saurait confondre les résultats primitifs et les résultats lointains. Suivant les conditions de vitalité des différents tissus, ils peuvent demeurer pendant plus on moins longtemps, sans mourir, soustraits à la circulation sanguine ; autrement dit, ils peuvent attendre, transplantés en un nouvel habitat, que Timplantation soit réalisée, sous la réserve que cette période de réparation soit plus ou moins courte. Grâce à cette propriété spéciale, et giTensemble des conditions est favorable, ils ne se flétrissent pas, ils restent vivants ou reprennent toutes les apparences de la vie, après une période de stupeur. Os adhèrent: le succès primitif de la greffe est assuré. Hais alors commence un travail de seconde main, celui de l'assimilation définiti?e, si je puis dire. Que restera-t-il de ce segment de peau, de muscle, de tendon, d'os('), au bout de quelques semaines ou de quelques mois? Souvent peu de chose ; la greffe ne s'est pas mortifiée, mais lentement elle s'est résorbée, atrophiée, transformée; elle a joué, pendant on temps variable, le rôle d'une matière de remplissage, d'une pièce surajoutée, et quelquefois cela suffit, en somme, à remplir les indications. Il est assez rare qu'elle donne plus, et l'étude des nombreux travaux mscités par cette intéressante question, permettrait de s'en convaincre. 'oQrtant on aurait tort de forcer la conclusion, et ces faits curieux, dont 'authenticité est indéniable, pour quelques-uns, de réimplantation nmédiate de bouts de doigts, de nez, d'oreille, et de réimplantation livie de succès, suffiraient à en témoigner. Il en est de même de la reffe dentaire, qui est entrée aujourd'hui dans le domaine des faits ^Dmaliers.

Ce mécanisme de la greffe se retrouve encore dans la cicatrisation par econde intention^ mais il n'y prend plus qu'une part assez restreinte et ssez incomplète.

Ici, le foyer de section reste ouvert, plus ou moins largement, et l'écarement primitif persiste ou même s'accroit. La cicatrisation a pourtant les lémes organes élémentaires, si l'on peut dire : elle se lait par granuition, par bourgeonnement. Le bourgeon charnu, cet organe anonyme, lii se montre et végète partout, sur la tranche de tous les organes, à In nrface de tous les tissus, en est le principal facteur.

Or le bourgeon charnu, quels qu'en soient l'aspect et la forme, n'est utre chose qu'une agglomération de noyaux embryonnaires, groupés lUtour d'une touffe centrale de néo-capillaires. Il dérive du même rrocessus que nous avons étudié tout à l'heure, mais ici la voie est ibre, l'espace est large entre les deux versants de la solution de contiloité, et la gangue unissante, au lieu de figurer une mince lamelle, s'étale >u s'épaissit. Arrivés au contact, les bourgeons charnus se soudent, ou

(•) Voy Ibicamut, U greffe «mum ches l*boiBnie et rimplaiiutioo d'oi déeekafié. Thèse 4fe loeL, iSOi.

i\10 LES AGKSTS MÉCAMOUES.

plutôt se greffent en inosculant leurs systèmes capillaires, et le lissu ^* jeune cicatrice se trouve constitué, tissu anonyme, lui aussi, au m^ durant cette première période, quelles que soient les parties qu'il *^ charge de réunir. A la surface, le revêtement épithélial se dévdoppe* son tour, et sous forme d'ilôts, qui s'irradient et se fusionnent, et ftf Tenvahissement concentrique du limbe. Je ne veux pas insister sur soD mode de développement : je tiens à rappeler seulement que ce nwwf»thélium n'acquiert, lui aussi, ses caractères définitifs qu'avec le temps.

La réunion est assurée, mais elle n'est pas définitive; et c'est là untûl dont l'importance pratique est grande. Il faut des semaines, des mois, quelquefois plus, pour que cette cicatrice jeune, embryonnaire, ait founii tous les termes successifs de son évolution, pour qu'elle ait acquis sa forme, sa résistance, sa consistance normales, pour qu'elle ait épmsè toute sa rétractilité. C'est encore au cours de cette période secondaire qu'auront lieu les processus de régénération, sur lesquels nous allons revenir.

Mais, avant cela, un point important, aujourd'hui de notion banale, doit être mis en lumière. Toutes ces cicatrisations, primitives ou secondaire?. sont des cicatrisations aseptiques: elles dérivent de l'activité réparatrice. propre aux tissus vivants, sans immixtion d'aucun processus anomial. pathologique, infectieux. La suppuration, loin d'être un mode de cirairisation, comme on l'a cru si longtemps, est l'ennemie de toute bonoe réunion : elle nécessite, de la part des tissus divisés, une première lutte, la lutte contre les agents infectieux qui les imprègnent ; elle entrave toute régénération proprement dite; elle donne lieu à des cicatrices iirégulières, et qui, pour la solidité et la résistance, ne sont jamais supérieures aux cicatrices obtenues aseptiquement, par granulation. On a dit, et cette opinion se répète encore quelquefois : dans tel cas, où il est utile de produire une cicatrice épaisse, solide, résistante, la suppuration peut présenter certains avantages, les bourgeons charnus sont plus serrés. plus compacts, plus fibreux en quelque sorte. Or, ce qui donne de pareilles cicatrices, ce n'est pas le pus, dorit le rôle nest jamaii g»? destructeur, c'est la réunion par bourgeonnement j lentement obtenut, mais aseptique. Et les procédés ne nous manquent pas pour imprimer pareille allure au travail de cicatrisation.

Nous disions plus haut qu'il y avait deux âges dans la vie de toute cicatrice, et qu'au second seulement, à une date souvent fort éloignée, elles finissaient par devenir adultes, autrement dit, par acquérir leurs caractères définitifs.

Il faut rappeler encore que nulle part, dans aucun tissu, la réomon primitive n'existe, au sens anatomique du mot. Certaines observations ont pu la faire admettre pour les tendons et pour les nerfs : Gluck \*i

(*) (îLfcK, Ueber Ncuroplaslik auf dom We^re dor Transplanlationen. Areh. fur kUn. Cfcir. 1K««. R(|. XXV, p. 000-016.

SECTIffilS. 6S1

obtenue espéritneiitaleinent. sur des nerfs sectionnés. Ces résulmt jamais été confirmés. En réalité, on ne comprend pas qu'un t cellulaire, d'ordre aussi élevé qu'une fîbre nerveuse ou musculuisse, une fois sectionné, reprendre, par une sorte de soudure, sa lilé et ses propriétés vitales. Ajoutons qu'en pratique, le contact , fibre à fibre, cellule à cellule, que supposerait cette réunion

est de réalisation souvent impossible, pour les nerfs, en particu- ,■ «g- 36).

donc toujours à un processus de seconde main, que succède la ation ciealricieUe, et les efTets définitifs en seront variables, suinode de réunion, suivant les tissus, leur âge et l'état de leur nutri- WRile. Le milieu organique est-il le même, et l'activité répara* irche-t'elle du même |)as, chez l'enfant et le vieillard ou le sujet ar la maladie? Il suffit de poser la question. tembrani's se régénèrent en apparence d'une façon très complète ; t il est exceptionnel que, d;uis les cas même les plus favorables, s stipulâtes, quelques anomalies de coloration, de surface, de :, ne trahissent les imperfections, souvent minimes, il est vrai, ]il rénovateur. Dans la peau, les glandes ne se reproduisent pas; t de même dos fibres i-lastifiues, et les papilles ne retrouvent pas s leur forme, leurs dimensions et leur ordonnance normales, w et les tendons fonniis^i'iil les ineillciirs exemples de réparation e. Je ne saurais faire ici riiisluirc du cal, sinon pour rappeler que

la cicatrice osseuse passe, elle aussi, par la période < anonyme », ci (p c'est dans l'épaisseur et aux dépens du tissu embryonnaire que seproèÉ Tossification définitive, d'emblée ou après la phase préparatoire du cr tilage. La restauration tendineuse peut être si parfaite, qu'aucune ta de la diérèse antérieure ne soit reconnaissable, les fibres néotonoitt, d'origine cicatricielle, ayant repris l'aspect et la direction des fibres idj|b centes. S'il faut en croire les expériences de Gies (*), il en sérail it même, au moins après les sections aseptiques, des cartilages articulaôres.

Mais on ne saurait oublier que, dans les tissus que nous Tenons de nommer, la cicatrice n'est appelée à jouer qu'un rôle mécanique : pomm qu'elle soit régulière et solide, elle remplira toutes les conditions dune bonne cicatrice, et peu importent les détails de structure. D en va tout autrement pour les tissus d'une physiologie plus complexe : les muscles, les nerfs, les parenchymes. Après une section ou une exérèse, peut-il se refaire du muscle strié ou lisse, du nerf, du tissu glandulaire; autrement dit, la continuité de tissu peut-elle se rétablir dans tous ses termes?

Pour les nerfs périphériques, des expériences célèbres, quelques faits observés chez l'homme, ont démontré que la régénération avait pourpoint de départ le bourgeonnement des cylindres-axes du bout central, sous b réserve que les deux bouts soient en contact ou reliés par un conducteur, qui permette aux fibres néoformées de prendre et de suivre la bonne voie, celle de l'ancien cordon nerveux, dégénéré. Connaît-on, au moins chex l'homme, toutes les données du problème, tous les éléments du processus? Nous ne le croyons pas, et la clinique en témoigne souvent (').

La régénération du muscle strié a fourni matière à des études nombreuses, dont l'analyse trouvera place ailleurs (Waldeyer, Weber, Moslowsly, Demarquay, Robin, Hayem, Bouchard, etc.). Qu'elle ait lieu par le développement et l'évolution d'éléments myoplastiques, nés des noyaui du sarcolemme, des noyaux embryonnaires de la cicatrice primaire, etc., ou qu'elle soit due à une véritable segmentation des fibres musculaires. sur les bords de la solution de continuité, son rôle est en somme tort restreint, à la suite des diérèses; et, du reste, ici encore, une cicatrice fibreuse, qui segmente le muscle et le rend digastrique, ne nuit guère, le plus souvent, à son fonctionnement actif.

Quant aux parenchymes, les faits probants de régénération, dans te foyer d'une ancienne plaie, sont exceptionnels. Pourtant Hess ('), après quelques autres, décrit et figure (voy. fig. 37), dans la jeune cicatritt d'une rupture du foie, des traînées cellulaires, qu'il considère comme dei cellules hépatiques néoformées, et comme des canalicules biliaires en ^

(') Gies, Histologische und expcrimentelle Studien ûber Gelenkknnkheîten. Daittek 2eittchrifl fur Chir., 1882, Bd. XVI, 3 et 4.

(*) Nous ne saurions entror ici dans le détail de cette importante (jnestion. Voj. iii. Puis DESKEhFs du Traité de chirurgicy t. H, p. 26.

') Hess, Beitrag zur Lelirc vun don traumatischea Leberruplaren. Virckow* Arthh, Bd GXXI, p. 154.

dt Kgênération. Tuffter (') a bien étudié la réunion des plaies du rein, qui peuvent scnir de type, et Toici comment il résume ses recherches : I Sot les bords de la plaie, les éléments nobles se mortifient, l'épithélinm des tubes contournés devient granuleux, dans toutes les régions où les tubes sont privés de leur connexion glomérulaire, leur lumière est remplie de globules sanguins ou de fibrine. Aprèa quarante-hait heures,

"t^'^- - Tnin^ Mlluliires duns une c

^Um. aatrouiedepctiIino;iui fort.

^> bloa pinncntairo, plus valuniineii:

'alrice jtaci; de rupture du foie; leicellnleirMMmblert, tui cellules hépallqu«s. — Oint le li»u de nouvelle foimeot tolor^ (cellules rondei el d«UiUu gnouleui), et (Hes5,foc.n(.,ur.ll,flg.l,)

^c prolirération embryonnaire peu intense envahit les espaces péri-lubu- •*^i et péri- va scula ires, faisant une véritable bande autour de la plaie. * lumière des tubes est effacée.... Au septième jour, la cicatrice est <>Djonctive, on ne trouve plus qu'une mince bande fibreuse, au milieu de ^C|uelle se voient les ('iéincnls nobles atrophiés, sans qu'on puisse y trouer la régt-nération dont parle Piscnli. »

On trouve partout des phénomènes à peu près semblables; or, la persistance de la barrière fibreuse cicatricielle n'est pas toujours inoÛensive,

t') Itmu, Loc. (

dans les parenchymes ou les glandes : si elle est longue et profoode. elle est susceptible d'oblitérer définitivement un certain nombre de canaux excréteurs et d'entraîner l'atrophie ultérieure du segment rorrespondant de l'organe.

On voit donc que l'histoire des sections ne finit pas avec la réunido primitive des deux bords de la plaie, counne celle des contusions n est pas close, quand le sang épanché s'est résorbé. Toute lésion trauinatiquf. de quelque importance, laisse derrière elle un long travail de réparation à accomplir; elle crée, de plus, pour ce foyer, pour la cicatrice qui lai succède, des aptitudes morbides spéciales. Je ne puis ici rappeler qoo d'un mot la pathologie des cicatrices; mais je tiens à rapprocher lesfait^ de ce genre des efTets lointains de la contusion, dont nous parlions ailleurs. Tant il est vrai que l'étude des agents mécaniques, appliqm^ uu corps humain, ne saurait se renfermer dans les termes dune lui* nnilo toute mécanique.

CHALEUR — FROID lllËRE — PRESSION ATMOSPHÉHIQUC — SON

Par p. lE NOIR

■Les conditions générales de l'existence pour tout être vivant, vùgélal B animal, dépendent du milieii dans le<|iiel «'et être se trouve plucû, b Toute modilication des qualités physiques du milieu extérieur retentit 1 phénomènes de la vie. La chaleur, la lumière, rhumidité, IVIec- , le Bon, la pression baruniélrique, les uiouvenicnts de l'air a^isnsemble ou sêparéitiL-nl sur Torganisme animal. L'homme et les vivent cependant dans des milieux bien divers, soit qu'ils Hit des contrées diitérentes, soit que, dans un même lieu, ils subiscillolions atmosphériqdes qui constituent les saisons. C'est I effet, tant que les variations extérieures se maintiennent dan.^ cer- \ limites, la vie n'est pas compromise. Mais si l'un des agents viont iser un degré déterminé, si la température extérieure, par exemple, ! ou s'élève au delà d'un point donné, les l'itnctions vitales sont [nîaes. et, selon que l'action aura été loc4ile ou générnle. une parlie même tout l'organisme, sera profondément altéré et parfois i de mort. Voilà un premier groupe de Taits où l'inlluencc nior- B des agents physiques n'est point conlestidile. Il est d'autres ciri^soii l'action de ces mêmes causes dans ta production des matapat loin d'être aussi évidente; ou bien les difiérences étant peu ï8, le retentissement sur l'être vivant est lui-même peu appréciable, D plusieurs éléments intervenant, il devient malaisé de discerner t qui appartient h chacun d'eux. Dans bien des cas cnlîn, il faut npte d'autres facteurs dont la part est souvent considérable, ■ndant les variations du milieu extérieur agissent réellement, mps prolongée, l'influence de la même cause ou des mêmes causes e à l'individu qui s'y trouve soumis des modifications durables, dificattons peuvent se transmettre aux descendants, s'exalter même redite. Le type primitif de l'espi^ce s'altère ainsi jusqu'à constituer s douées de propriétés vitales différentes les unes des autres ; on 1 que les peuples qui vivent sous les tropiques aient, vis-à-vis

des maladies, des réactions différentes de celles qu'on observe diez h habitants des régions tempérées ou des zones polaires, et Ton conçoit que la pathologie, comme l'activité vitale elle-même, varie avec les latitudes, avec les climats.

Pour des motifs analogues, chaque saison a ses maladies spéciales.

L'homme peut être individuellement soumis à l'une de ces influeocM qui, dans les cas précédents, agissaient sur un grand nombre d'indiTidos à la fois, et la maladie peut se déclarer à la suite de l'impression reçue. L'action du froid a pendant longtemps été universellement reconnue par les médecins comme capable de provoquer tout un groupe d'aCTectioos. Pour être aujourd'hui d'une interprétation moins simple, ces faits d'observation ont conservé toute leur valeur ; il y a seulement lieu dW lyser avec plus de détails les différents facteurs étiologiques des maladies désignées autrefois sous le nom de maladies saisonnières, etc.. a frigm.

L'étude pathogénétique des agents physiques doit donc envisager séparément deux ordres de circonstances. Ikns un premier chapitre seront réunis tous les faits où la maladie reconnaît uniquement pour cause l'action directe des agents physiques; cette action est locale ou générale, passagère ou durable, légère ou mortelle. Dans un second chapitre, ou devra rechercher la part qui revient à ces mêmes influences dans la genèse des maladies, mais il faudra à chaque pas faire intervenir l'action d*autres facteurs. Ce devrait être l'étude du développement de presque toutes les épidémies, comme ce serait l'analyse étiologique de la plupart des m^ ladies : question des plus intéressantes, mais dont la solution est encore sur bien des points incomplète, et dont nous ne pourrons indiquer que les principaux éléments.

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