‹ Traité de pathologie générale v. 1Chapitre 102 sur 139 · I. — EXAME.N GÉNÉRAL DU MALADE · texte numérisé non relu

I. — EXAME.N GÉNÉRAL DU MALADE

La sémiotique des voies respiratoires ne doit négliger aucun des symptômes qui peuvent lui donner des renseignements sur la nature et la cause de Taffection présentée par le malade. Nous ne pouvons, bien entendu, passer ici en revue toute la pathologie dans ses rapports avec les maladies intra-thoraciques. Nous ne voulons dire qu'un mot des phénomènes qui peuvent mettre sur la voie du diagnostic ou attirer dès l'abord l'attention sur l'api^areil broncho-pulmonaire.

De la fièvre. — L'examen de la température bi-quotidienne du malade doit toujours être fait, dans le cas d'une affection aiguë de l'appareil respiratoire ou quand on prévoit Téclosion d'accidents possibles du côté de cet appareil. Dans la bronchite aiguë à tendance généralisatrice, elle indiquera souvent l'apparition de foyers de broncho-pneumonies que l'oreille aura alors à rechercher avec soin. Dans certaines maladies générales à complications pulmonaires possibles, l'élévation de la température sera souvenl le premier signe de Téclosion de l'accident secondaire. La feuille de température regardée chaque matin ne nous montre-t-elle pas dans la rougeole, dans la grippe, l'élévation anormale, symptôme primordial de l'infection du poumon.

Dans la pneumonie, l'apparition brusque si caractéristique du frisson initial et l'ascension brutale, dès le début, de la température fait faire le diagnostic avant même la constatation des signes d'auscultation. Elles mettent sur la piste de la maladie quand il s'agit d'un foyer central. Elles sont souvent chez le vieillard, pendant plusieurs jours, le seul symptôme de renvaliissement du poumon par le microbe. La persistance de la lièvre indique la possibilité des rechutes, et sa descente rapide la guérison de la nuiladie. Les phénomènes fébriles s'accompagnent souvent d'un état infectieux dont il faut tenir compte pour le pronostic de l'affection, état infectieux que décèlent, an point de vue clinique superficiel, raspect fuligineux de la langue et des lèvres et les modifications si particulières de l'état cérébral du malade. Le délire qui fait partie du cortège ordinaire de

SIGNES physiquf:s» 557

ces états graves est un des éléments importants qui ne devra pas être négligé.

Dans les maladies aiguës de la plèvre, la transformation purulente de répaiichement est annoncé par les poussées fébriles intermittentes accompagnées de frissons qui en sont souvent les premiers signes.

Los maladies chroniques du poumon et des bronches qui s'acconq)aj,nienl de lièvre présentent souvent à Fœil du médecin des courbes caract(Tistiqucs. Je ne veux signaler ici que la baciUose pitlmonaire dans laquelle les accès fébriles et les sueurs nocturnes ont une si grande signification tant au point de Mie du diagnostic que de la prévision de la marche de la maladie. Une tuberculose avec fièvre marche vite, cVst une 'oî en pathologie. H est donc urgent de connaître si ces exacerbations ves|)érales se continuent pendant de longues périodes chez le malade. Ailes se voient dès le début de la phtisie, avec la régularité quotidienne de 'eiir apparition vers quatre ou cinq heures du soir et leur terminaison dans la nuit; elles se continuent pendant les deux dernières périodes à />ou près avec le même caractère. L'étude de la fièvre présente donc, sans qi-icî nous voulions préciser davantage, une sérieuse valeur dans la séinio- 'c^^ic de la phtisie en particulier.

Dans les bronchites chroniques, elle est Tindice de la résorption des ^*^ ailles fournies par les produits purulents, elle s'observe surtout comme J^^vre hectique finale. Nous en avons assez dit avec ces quelques exemples l^^^^ur prouver que Texistence de la courbe thermique et des phénomènes *^<^ncoinitants, délire et état général symptomatique de Tinfection, est de ^oute première importance dans la sémiologie broncho-pulmonaire.

Examen des urines. — La fonction éliminatoire rénale, quand elle ^^accomplit normalement, est, il ne faut pas l'oublier, le salut de nombre Ue malades, dans les maladies aiguës. Il est donc urgent, ne fut-ce qu'au point de vue du pronostic, de faire examiner les urines chez tous les malades atteints d'affection aiguë. Nous ne pouvons passer en revue toutes leurs modifications. Elles pourront être examinées bactériologiquement. Dans les affections chroniques, leur composition chimique peut être d'une indication utile. Dans certaines bronchites diathésiques, la recherche des éléments constitutifs peut conduire à l'administration de thérapeutiques hydro-minérales précieuses. Dans la tuberculose, il y a diminution de l'urée et surtout augmentation d(»s phosphates et des chlorures. C'est une des marques les plus précises de la dénutrition du malade.

A la période terminale des maladies, il faudra enfin tenir compte de Véiat asphyxlquc du malade^ c'est-à-dire (|ue son aspect devra être étudié au point de vue de la difficulté croissante de l'hématose.

La cyanose de la face, la cyanose des extrémités supérieures et des extrémités inférieures sont un indice de mort prochaine dont il faut savoir s'inquiéter. 11 faut en tenir grand coinple dans les affections aiguës où le médecin peut intervenir efiicacement (pleurésies gauches à gros épancheiTients, congestions pulmonaires étendues, etc.).

Enfin l'examen des différents systèmes, digestif, cardiaque, norvcux, devra être fait avec soin, soit dans leurs rapports avec la lésion pulmonaire en évolution, soit au seul point de vue de Timportance de leur intégrité pour la terminaison favorable de la maladie.

Par H. PAUL LE GENDRE

Médecin de l'Hôpital Tenon.

Page 1