‹ Traité de pathologie générale v. 1Chapitre 112 sur 139 · A = 0.190 H = O.OU T = 0,521 C = 0,170 F · texte numérisé non relu

A = 0.190 H = O.OU T = 0,521 C = 0,170 F

Peptones moyennement abondantes. Pas de syntonine. Résidu coloré. Réactions de THCI nettes. Acides gras, rien de caractéristique.

Liquide moyennement abondant (50 à 40 centimètres cubes après fdtration), bien émulsionné fdtrant facilement.

Au Congrès de médecine de Lyon(*), la valeur diagnostique du chimisme stomacal, et notamment du procédé Ilayem-Winter, a été l'objet d'une discussion assez vive, après l'exposé de la question par un rapport de M. Hayem. Nous ne pouvons nous dispenser de nous en faire ici Técho.

M. Bourget (de Lausanne) considère que le travail de la digestion stomacale n'est pas définitif, mais constitue seulement une sorte de préparation à la digestion intestinale ; cette préparation peut donc sans préjudice grave n'être pas complète pourvu que le fonctionnement mécanique de l'estomac soit normal. Dans ime même affection stomacale le suc gastrique ne présente pas toujours les mêmes anomalies; l'analyse chimique ne peut donc suffire à établir le diagnostic : ainsi Tabsence d'HCl ne permet pas plus d'affirmer un cancer de l'estomac que l'hyperacidité chlorhydrique de diagnostiquer l'ulcère rond; seule l'hypersécrétion permanente (maladie de Reichmann) peut être diagnostiquée par la simple analyse du suc gastrique recueilli à jeun après repas d'épreuve, à la condition d'avoir des données exactes sur l'acidité totale, sur la proportion pour 100 et la quantité totale d'HCl libre combiné et sur la quantité des acides organiques contenus dans l'estomac. Bourget ne trouve pas le moment venu d'établir une nouvelle classification des affections stomacales basée sur {''analyse chimique d'un contenu stomacal. L'examen chimique, qui n'est qu*un auxiliaire des autres moyens d'investigation pour le diagnostic, peut toutefois seul fournir des indications précises pour le traitement.

M. Linossier a insisté sur les causes d'erreur qui affaiblissent la valeur

(«) 26 et 27 octobre 1804.

clinique du chimisme stomacal : on analyse non pas du suc gastrique, mais du chyme; la qualité, la quantité, la température des aliments ont une influence sur la sécrétion gastrique; l'heure du repas et celle de son extraction ont aussi de Timportance. Les résultats du dosage de l'acide clilorhydrique combiné sont médiocres, et l'interprétation des chiffres obtenus le phis souvent difficile; il est malaisé de déterminer où com mencc la déviation de la chlorhydrie normale.

M. A. Mathieu estime que, si les données fournies par le chimisme nous renseignent sur la qualité de la sécrétion gastrique, elles ne donnent une idée, ni de la quantité de la sécrétion, ni de la quantité de travail réel exécuté par l'estomac; elles ne renseignent pas non plus sur la motricité gastrique ni sur le transit stomacal. M. Mathieu s'est depuis longtemps préoccupé de chercher une substance indifférente et soluble, non toxique, sans action sur la digestion stomacale qu'on pût retrouver ensuite et doser facilement. Des essais avec le sulfate de soude, le bleu de méthylène ne l'ayant pas satisfait, il s'est arrêté, avec M. Hallot, à Temploi (le l'huile émulsionnée. Gr«^ce à ce procédé, il peut mesurer la motricité stomacale dont la perte lui paraît chose plus grave que l'insuffisance de la sécrétion.

M. Renaut (de Lyon) admet, comme M. Linossier, la variabilité du chimisme stomacal.

M* Sollier croit que, dans bon nombre de cas, les troubles fonctionneb précèdent la lésion, et (jue les dyspepsies purement nerveuses s'accom|»gnent de modifications du chimisme stomacal; il cite une observation tendant à prouver l'influence de l'état de la sensibilité de l'estomac sur l'éTOlution de la digestion. En produisant à volonté par la suggestion hypnotique sur des hystériques l'anesthésie et le réveil de la sensibilité de reslonwc. il constate des troubles du chimisme stomacal variables suivant le degré de Tanesthésie et disparaissant avec elle.

M. Ilayem a répondu énergiquemcnt aux critiques qui lui étaient faites! '). lia rappelé qu'il avait toujours distingué les troubles fonctionnels et les étals organopathiques, il n'a cessé d'établir les différences qui existent entre la dyspepsie et Vétat gastrique. La dyspepsie est une réaction individuelle; on n'est dyspeptique que lorsqu'on se plaint de l'estomac. Dans la dyspepsie tout est trouble fonctionnel, alors qu'au contraire il y a un nombre considérable (Vêtais gastriques latents sans troubles fonctionnels. 11 ne nie pas que le système nerveux puisse avoir une influence sur l'état de l'estomac, il admet même des lésions de gastro-névrose. Mais il se refuse à admettre la variabilité de suc gastrique au point de vue chimi([uc : « Dans les maladies stomacales bien caractérisées la fonction chimique est d'une fixité décevante qui est due aux lésions structurales glandulaires et explique l'incurabilité des lésions arrivées à une certaine période. »

(M Bévue des sciences médicales^ janvier 1895

Page 1