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DILATATION DE L'ESTOMAC

La dilatation de l'estomac a été, de la part de M. le professeur Bouchard. Tobjct de recherches si neuves que nous croyons indispensable de leur faire ici une place à part.

Un estomac dilaté n'est pas nécessairement immense, mais ce^l un estomac qui a perdu la propriété de revenir $ur lui-même quand la période digestive est terminée, comme doit le faire un estomac nomnl. Au lieu d'une poche rétractile et contractile, il n'est plus qu'une poche inerte; aussi aucune définition ne parait-elle préférable à celle qua donnée M. Bouchard : c Tout estomac qui ne se rétracte pas quand il est vide, est un estomac dilaté. »

Bien que fréquente, la dilatation de l'estomac a passé longtemps inaperçue, parce qu'elle est souvent silencieuse en tant qu'affection gastrique. I)ans les deux tiers des cas, elle peut exister sans déterminer de sensations anormales, sans accidents dyspeptiques ni gastralgiques; elle se dérobe souvent à l'attention du médecin, parce que, pour être reconnue, elle doit être recherchée systématiquement et suivant certaines règles.

Sans doute le diagnostic peut être facilité par certaines présomptions tirées des commémoratifs, de l'ensemble clinique qu'on trouve chez nombre d'individus à estomac dilaté, ou encore par Texistence des nodosités particulières des doigts, que nous décrirons plus loin; sans doute les différents procédés d'exploration (inspection, palpation, succussion. percussion, auscultation, exploration directe de Testomac par le cathétérisme, introduction de liquides ou de gaz dans sa cavité) peuvent donner des indications utiles suivant tel ou tel cas. Toutefois, ces divers moyens sont les uns trompeurs, les autres peu pratiques; c'est par la recherche du clapotage, indiqué d'abord par Chomel, c'est-à-dire du bruit liydro-aérique provoqué au niveau de l'estomac, quand on frappe deux ou trois fois presque en un seul mouvement, et comme par une vibration, la paroi abdominale relâchée, qu'il faut savoir reconnaître et mesurer la dilatation de l'estomac. Mais certaines précautions sont indispensables pour cette recherche.

Le sujet doit être à jeun autant que possible, c'est-à-dire qu'on doit pratiquer l'examen le matin de bonne heure, Testomac n'a>'ant pas reçu d'aliments depuis la veille au soir (Bouchard); si cette règle souffre quelques difficultés dans la pratique, on exigera tout au moins que six heures se soient écoulées depuis la fin du repas précédent (Baradat), c'esl-à-dire que l'on examinera le sujet immédiatement avant le repas suivant (Aud'houi). Le malade doit être c:>uché horizontiilement, débarrassé de toute espèce

(*) BoctiiARP, Soc. méd. dex hâp., 188i. — Leçons sur 1rs auto-intoxications, 18S0. — U (iEMiRi;, Dilatation de l'i'stomac et fièvre typhoïde. Valeur sèmiologique des nodositi>s de Bouchard, Th. de Paris, 1886. — Tiuébauit, Tlièie de Nancy. 1884. — Bar.idat, Thèse de Paris. I8K4.

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