I/ESTOMAC ET L'INTESTIN
queuse ci la musculaire. Si elle ne s'hypcrtrophie pas, celle-ci cède et s'amincit dans sa totalité ou partiellement, et, dans ce cas, le plus souvent au niveau de Fantre du pylore.
VI. — SÉMIOLOGIE DES TROUBLES ÉLOIGNÉS ET GÉNÉRAUX DMS LES MALADIES DE L'ESTOMAC
On doit toujours interroger au point de vue des troubles intestinaux un malade qui accuse des symptômes gastriques. Il y a certains accidents gastriques qui sont secondaires à une aflection intestinale : constipation, entérite chronique, obstruction incomplète, helminthes.
La constipation est surtout accusée dans les hypersécrétions, moindre dans le catarrhe, la dilatation, le cancer. Elle peut alterner avec des débâcles diarrhéiques.
Après la crise gastralgique nocturne de l'hypersécrétion se produisent ijuelqucfois des selles liquides. A une époque même précoce du cancer peut exister de la diarrhée, de même qu'à la période d'ulcération du néoplasme.
L'examen des selles s'impose aussi nécessairement que quand on soupçonne une affection primitive de l'intestin. Il fera constater que des matières durcies peuvent être enrobées de mucus; que les selles sont souvent composées uniquement de mucus glaireux ou de pseudo-membranes, l'entérite nmco-membraneuse étant souvent la conséquence d'un mauvais état gastrique. Ou bien il y a des selles liquides, fétides, avec émission de gaz également fétides, qui attestent que les fermentations anormales de l'estomac continuent dans l'intestin.
Si les matières fécales sont mélangées d'un sang noir, d'aspect goudronneux, c'est que le sang a eu pour origine une partie élevée de rintestin ou l'estomac. Quand on trouve du sang noir dans les selles d'un malade ayant les signes de l'ulcère gastrique, mais sans hématémèse, on peut afiirmer le diagnostic; mais, si le méliena est fréquent et succède cliaque fois à des crises douloureuses de l'hypochimdre droit, il y a présomption d'ulcère duodénal.
On recherche dans les selles les débris d'aliments reconnaissables ; le plus souvent, ce sont des végétaux. Un homme bien portant peut avoir passagèrement des selles lientériques s'il n'a pas digéré un repas trop copieux. Mais des selles habituellement lientériques traduisent une insuffisance de la sécrétion gastrique ou un péristaltisme intestinal excessif. On en voit même dans de pures névroses (goitre exophtalmique).
La présence de parasites dans les selles (cucurbitains de tœnia, lombrics, oxyures) explique quelquefois des troubles gastriques réflexes (gastralgie, vomissements, perturbations sécrétoires).
PATHQL06II GIMrALE. — lY. AU
20 pour 100 des dyspeptiques n'ont {K)int de troubles intestinaux: mais, pour les 80 pour 100 qui en ont, il faut songer que les variation!^ chimiques du chyme peuvent perturber les conditions de la digestion duodénalc. D'après Boas, le mélange du chyme acide avec le suc pancréatique précipite de la syntonine, des acides biliaires, de la mucine, de la gomme animale et une partie des ferments digestifs (trypsine); mais la pepsine n'est pas précipitée, comme on Tavait cru, et peut continuer à agir en présence du suc intestinal. Cet auteur conclut que, dans rhj-peracidité, la digestion des matières albuminoîdes doit s'opérer, tandis que celle des hydrocarbures et des graisses est entravée ; ainsi s'expliquerait Tamaigrissement des hyperacides. Les hyperpeptiques, en général, présentent de la constipation. L'hyperchlorhydrie d'emblée entraine seule lamaigrissement et la mauvaise digestion finale.
Tandis que Boas déclare que les hyperchlorhydriqucs n'ont pas de troubles intestinaux, Haycm admet qu'en l'absence de toute cause mécanique, la constipation est très fréquente et plus tenace chez les hjrpopeptiques que chez les hyperpeptiques. Boas pense que dans l'anachlorhydric la digestion des matières albuminoîdes continue à se faire danji l'intestin ; mais, comme il attribue à l'acide chlorhydrique libre une influence antiputride sur la bile, c'est la putréfaction de ce liquide qui produirait le météorisme, la diarrhée ou la constipation. Hayem ne croit pas que Tapepsie expose plus qu'aucun autre état gastrique aux désordres intestinaux et considère comme probable que, chez les apeptiques très constipés ou diarrhéiques, il y a lésions des organes dont les sécrétions prennent part à la digestion finale (foie, pancréas, glandes intestinales), de sorte que toute la fonction digestive est gravement compromise.
On doit se préoccuper des rapports entre les aflcctions de l'estomac el la constipation. Celle-ci peut cire initiale et retentir secondairement sur l'estomac. Il y a une part à faire à l'abus des médicaments laxatifs qui finissent toujours par altérer la digestion stomacale. Quoi (juil en soit, llayeni a constaté Thypopepsic, avec ou sans fermentation, chez tous les grands constipés et même chez les hémorroïdaires. Mais toutes les gaslro patliies peuvent se compliquer de constipation, la dilatation de Festomai surtout, quels qu'en soient la cause et le degré. Chez les hyperpeptiques. le traitement de ce vice digestif réussit souvent à guérir la constipation. L'usage prolongé des purgatifs, des eaux minérales, transforme en hjppepticpes beaucoup de malades qui ont commencé par être des hji)erpep tiques constipés.
La diarrhée, plus rare chez les dyspeptiques que la constipation, est plus souvent liée à une altération intestinale. Toute entérite chronique thiit par retentir sur les fonctions stomacales, mais souvent peut-éln' parce que les médicaments employés contre la diarrhée entravent la dij^eslion stomacale. Inversement, l'estomac primitivement malade, livrant à l'intestin un chyme mal préparé, acide à l'excès, provoque une irritation de l'intestin.