‹ Traité de pathologie générale v. 1Chapitre 30 sur 139 · DE L'ACTIVITÉ DE LA RÉDUCTION DE L'OXYIIÉMOGLOBINE · texte numérisé non relu

DE L'ACTIVITÉ DE LA RÉDUCTION DE L'OXYIIÉMOGLOBINE

ment, dans certaines conditions de milieux, suivant les exercices qui mettent plus ou moins activement en jeu les masses musculaires et le mécanisme respiratoire, mais obéissant a cette loi générale, qu'à de mêmes conditions correspondent d'analogues variations.

Us variations diurnes se présentent avec régidarité; à Tétat physiologique, l'activité de réduction est plus faible le matin, elle atteint son maximum au moment des repas et dans les heures suivantes, elle diminue vers six heures et descend à son minimum pendant la nuit.

Les agents physiques modifient l'activité de la réduction par action locale et par action générale. L'influence du froid et de la chaleur est très facilement appréciable par l'emploi des bains, des douches, de la réfrigération. Mais les expériencçs suivantes sont tout à fait démonstratives.

Ayant plongé le pouce dans la glace pilée où il est maintenu pendant trente secondes, j'examine l'activité de la réduction, dans la glace, et je la compare à celle qui existait avant le refroidissement. Elle était diminuée de la moitié ou des deux tiers. J'enlève la ligature, le pouce est laissé à l'air libre à 22** C, et j'examine à nouveau l'activité de la réduction, celle-ci est alors trois ou quatre fois plus grande que dans le pouce observé sous la glace. C'est le phénomène de la réaction locale; mais il y a plus, en effet, l'activité est également augmentée, à un degré moindre il est vrai, dans le pouce de l'autre main, qui n'a pas été refroidi.

11 y a donc eu action locale, puis réaction locale et générale de la réfrigération. L'influence des températures élevées ne peut être étudiée ([ue dans des limites plus restreintes, car on peut difficilement maintenir le pouce dans Feau dont la température dépasse 53"* C; mais, pour augmenter la variation de température, j'ai maintenu le pouce dans de l'eau à 10 degrés pendant une minute avant l'examen, et j'ai constaté alors, sous l'influence de l'échauflcment à 55 degrés, une augmentation de l'activité de 0,5 à 0,8, soit de un tiers.

Inaction des bains d'eau douce à 34 degrés, et durant vingt à trente "ï^nutes, amène ordinairement une augmentation de l'activité, mais pour 1^ bains médicamenteux, les bains sulfureux, les bains salins, les bains thermaux, arsenicaux, alcalins ou autres, les conditions sont plus complexes, ainsi qu'il résulte de mes observations et de celles de mes élèves iejard, Binet, Porge, Tripet.

L'influence des elTorts, des exercices plus ou moins violents ou prolongés, est très précise sur l'activité de la réduction, mais elle est fort >^riable, suivant le mode de l'exercice et suivant la nature des eflbrts; néanmoins, j'ai pu établir certaines lois générales qui permettent de comprendre la cause de ces variations.

Les exercices violents ou l'exercice modéré longtemps prolongé agissent sur la respiration et sur la circulation. D'une part, l'activité de la circulation produite par les contractions musculaires et aussi par la tension artérielle et cardiaque, d'autre part, la rapidité ou l'amplitude des

96 SPECTROSCOPIE DU SiLNG.

mouvements respiratoires, ont pour conséquence une augmentation dfe l'activité des échanges, constatabie par une diminution de la durée de hm réduction.

Si l'effort est trop longtemps prolonge, si l'exercice a été violent, or^ constate des troubles dans la circulation et la respiration, troubles qu. s'affirment par la sensation de fatigue, de perte de puissance musculaire^ et plus nettement encore par la sensation d'essoufflement, qui, portée ^ son plus haut degré lorsque la chaleur, l'encombrement s'y ajoutent:, produit dans des troupes en marche la syncope ou des troubles asphyxiqus^: (phénomènes d'insolation et de surmenage).

Dans ces cas-là, il se produit une diminution dans l'activité de I^ réduction, soit parce que les échanges sont ralentis par action nerveuses soit parce que l'oxygénation de l'hémoglobine ne se fait plus normalemeni dans les poumons, soit enfin parce que la consommation de l'oxyhémoglobinc par les nmscles est exagérée. Quelques exemples feront comprendre toutes ces actions différentes.

De simples efforts, tels qu'une série de 40 pressions avec la main sur un dynamomètre, augmentent l'activité qui, égale à l'unité, avant l'expérience, monte à 1,10 et 1,20.

Les ascensions à la tour Eiffel sont un moyen très précis de mesurer l'effet des efforts dus à l'ascension par les escaliers, parce qu'il est facile de calculer le travail produit jusqu'à la hauteur de 300 mètres.

Observations. — Ascensions à la tour Eiffel. Trois personnes montent à pied au sommet de la tour, l'ascension dure quarante-quatre minutes. L'étude de l'activité de la réduction donne les résultats suivants :

L'activité est augmentée chez les deux premiers qui ont produit un travail évaluable en chiflre rond à 0,10 cheval-vapeur; chez le troisième il y a eu diminution; mais, comme il pesait davantage, le travail était de 0,12 cheval-vapeur et, en outre, le sujet de Tobservation était fatigué et essoufflé ; chez lui seul le nombre des respirations était augmenté (36 à la minute).

Vescrime est un des exercices les plus complets et les plus actifs. Elle s'accompagne d'efforts, d'excitations musculaires rapides, brusques, variées, et met en jeu tout le système musculaire, avec des associations coordonnées et un notable développement de l'énergie cérébrale; c'est pourquoi on observe facilement de grandes variations de l'activité, suivant la prolongation, la vigueur des efforts, suivant aussi l'entraînement.

C'est ainsi, qu'examinant plusieurs sujets en bonne santé et dans diverses conditions, j'ai trouvé, en règle générale, une augmentation de l'activité dans les leçons régulières, mais quelquefois aussi une diminution à la suite d'assauts trop vivement menés.

L'usage du tricycle et du vélocipède développe l'activité de la réduction et deviendra, dans Tavenir, un moyen de thérapeutique pour obtenir la régularisation des échanges, aussi bien qu'il est déjà un exercice hygiénique et un mode de sport fort en vogue.

DE L'ACTIVITÉ DE LA RÉDUCTION DE L'OXYUÉMOGLOBINE. i)7

Ici encore, il faut distinguer reflet chez le débutant, qui est l'action excitatrice, mais peut amener la dyspnée, puis Taction produite après l'entraînement par l'exercice modéré, ipi'on peut appeler action tonique, sans dyspnée, et enfin refl^et des courses de vitesse ou celui des trajets prolongés qu'on peut appeler l'action d'efl'ort cpii, à son dej^ré plus élevé, devient la fatigue et le surmenage.

Le vélocipède, ainsi qu'on pouvait le prévoir, amène une augmentation deraclivilé, même chez les cyclistes entraînés, si la course est prolongée.

Par exemple, chez deux jeunes gens de dix-sept et dix-neuf ans, médiocrement entraînés, un parcours de 17 kilomètres, en une heure environ, a produit une augmentation de l'activité : de 0,66 au départ à 0,95 à Farrivée (').

Les influences du milieu sur l'activité des échanges n'ont encore été

: étudiées que dans quelques circonstances déterminées. J'ai montré (pie

l'ascension rapide à la tour Eiffel, sans effort, connue elle est produite au

I moyen de l'ascenseur, élève l'activité de la réduction très notidilement,

! en même temps que la tension artérielle au sphygmonmnomètre, ainsi que

je l'ai constaté dans une expérience faite avec M. le professeur Potain et

plusieurs de ses élèves. Mais il ne faudrait pas en conclure «pi'il en est de

même pour des hauteurs heaucoup plus grandes, où l'étude de l'activité

de réduction n'a pas encore été faite méthodiquement.

Vexamen comparatif de Vactivité de la réduction dans les deux pouces est employé connue moyen de contrôle, dans les observations délicates.

A letiil normal, si on détermine la durée de la réduction successivement dans l'un et l'autre pouce, on observe généralement une différence «le quelques (*) secondes, le pouce observé en second lieu ayant une durée moindre de cinq secondes environ. Cette différence disparaît si l'examen **sl pratiqué en même temps dans les deux pouces ou bien si l'on met im 'nlemlle de dix minutes (Mitre cha(}ue application de la ligatme, tenqis nécessaire pour faire disparaître l'action réflexe vaso-motrice exercé(» par ^ ligature d'un pouce sur l'activité de riMluction de l'autre pouce. Le docteur Féré a montré l'intérêt (pie peut présenter ce mode de recherche chez les hystériques, les liémiplégi(pies et les (^pileptiques ('). Il a trouvé àei cinq hystériques la durée de la réduction plus longue du côté de /'anesthésie, c'est-à-dire un ralentissement de l'activité de la réduction; pareil phénomène s'est présenté chez deux hémiplégi(puîs, mais il n'a pas été observé chez les (''pilepti(|ues. De plus, chez les hystcTi(pi(»s, l'activité de la réduction est diminu(»e dans le sonnneil provo(pié, surtout dans la

[*) IH^ocAiCE, InHuiMicc i\o rnsccnsioii à 500 niMres sur l'activité do la réduction de l'oxyli^iDOglobino. Arch. dr physiol. nonu. ri jtath., .V sér., t. I, p. 710, 717.

(*) Ht.'iocQCE. I)e rexaraen «ipcrlrosropiquo roinparatif de la surfarc sou»-iinf(uéalc des deux pouces. Complet rendun dr la Soc. de bioL. 8- sôr., t. II, p. 760, W 44, 27 déc. 1884.

(>) Fl^Ré, Notes liênuilospcctro:ioopii|iics rhcz les liv«lériqiies et les épilcptiques. Complot rendue de la Soc. de biol.. 10 févr. 1889.

PATHOLOGIE G^^KRALR. — IV. 7

98 SPECTROSCOPŒ DU SANG.

léthargie. Les émotions somnambuliques et même dans l'état de veille diminuent Tactivité de la réduction si elles sont asthéniques, elles Taugmentent si elles sont sthéniques.

Page 1