I. MATITÉ ABSOLUE
1 D'après Boni lia ud, elle présente k TeUit narnial une étendue de 40 à
ImilliiriètiTS carrés. Elle a la forme d'un triangle à base inférieure ou
|^UîU[iiadrilatère îrréguliert le eAté i^auelie élanl souvent, d'aprÙH Fried-
h^ une ligne Ijrîsée, Le côté droit du triangle répond au boni gaudic
sienium et s'éteud de rextrémité interne Ju î"* espaci* à Fiuï^ertion
niale itu 0'' carlila^^e i^^au^he. Le coté ^fauelie va de Fextrémité i[iterue
V espace à la pointe, souvent il est formé de duuv li^^ne^i qui se
f^mwi i\ anjîle mousse. Le roté inférieur est figuré par une ligne hori-
mh\e, allant *le F insert ion slernale du (T cartilage a la pointe.
L Li nullité absolue a deux espèces àv uiodilieations, les unes phjsiolo*
■fiques, les autn^s pathologiques.
A, Variations physiologiques. -- Plus étendue chei Fenfant
prhpi IfMieillan], crtle inatitè vai'ie beaucoup suivant Famplitude de$ tiKviivements respii-aloires et les attitudes. P^lle diminue notat^leIuent dans l«*mspii'atiïms profondes. Dans le ilérubitus latéral gauche, elle recule en Wrji^de 12 à ^ centitnétres en même temps tpie le choc de la pointe. I^ns le décubitus latéral droit, la limite gauelu» se rapproche au contraire *i'Hlernum de 2 centimètres ^nm i\iw la limite droite subisse de modifalion,
B. Variations pathologiques. — Elles peuvent être soit dWipnt^eilra-^^ardiaque, soit d'origine cardiacpie.
a, Tarîatioas pathologiques d'origine extra-cardiaque. — Ces ^riations ont ordinairement pour cause des altérations [>leuro-[>uImol'iirt^s ou péricardiques, les premières diminuant le plus souvent Féten-
[') PiMir V^ Wrn.t [hr. rii^, p. Ttll] l« |iorru^.'^foii i flaiiâ In |ialliijlii^i' i'nrfl]fii|UG ïrifiinliU' W<! impiiilaiici* iDiir«|iiéi.* un re qii i?lle put Bllircr ratlêiitiuii 4u eùté du ctpiir, alors cjwiî liifinilliti^n niî liuiuic qiïc dus rcsutials rlouli^uï. (]j'1« tieiitlrail à um^ iiarliculArilé de la «aKiiogie de l'eriUnce : U lendinec du cœur à «"sccroiU'e lous rinflucince d'une exiitatbn BMrbtdc mhac ïégerv.
duc de la matité, les autres au contraire ayant pour effet habituel de Taugmenter.
L'épanchement pleurctique gauche refoule le cœur à droite et déplace sa matité. Les pleurésies enkystées, les infiltrations pulmonaires au voisinage du cœur augmentent en apparence l'étendue de la matité cardiaque. Ces lésions seront en général faciles à reconnaître.
L'augmentation de la matité cardiaque peut encore être due à une tumeur du médiastin (notamment les tumeurs du thymus et les anévrismes de Taorte), ou à des déformations de la colonne repoussant le cœur contre la paroi thoracique. Ces derniers faits sont du reste fort rares.
L'emphysème pulmonaire, au contraire, peut masquer notablement la matité du cœur, alors même que celui-ci est dilaté ou hjpertrophié. Quand l'emphysème est très prononcé, les poumons distendus recouvrent complètement le cœur et suppriment toute matité absolue de la région précordiale. Cependant, dans la très grande majorité des cas, il y a une petite zone de matité correspondant au ventricule droit; on la rencontre à la partie inférieure du bord sternal gauche, se confondant plus ou moins avec la matité hépatique.
Il est extrêmement fréquent d'observer des adhérences des plèvres entre elles ou avec le péricarde dues à un processus inflammatoire quelconque. Dans ces cas, le cœur est tantôt recouvert plus ou moins complè* tement parle poumon, et la matité cardiaque absolue presque entièrement effacée, tantôt, au contraire, le cœur se trouve en contact direct avec h paroi sur une plus grande surface. C'est en raison de ces rapports très variables du poumon avec le cœur, sous l'influence des diverses causes pathologiques communes, que nous estimons que la percussion ne rend pas toujours autant de services qu'on pourrait le croire, dans l'appréciation du volume du cœur.
Les modifications d'origine péricardique méritent une attention spéciale, elles constituent un signe important de la péricardite avec épanchechement.
Pour ce qui concerne la symphyse du péricarde, Céjka (*) a émis Topinion que la matité précordiale n'est pas modifiée pendant l'inspiration. Pour M. Weill (*), la fixité de la figure de matité doit être considérée comme le seul signe certain de la symphyse du péricarde chez Tenfant. Ce signe, pour M. Potain, n'aurait pas grande valeur et en tous cas serait, comme du reste les variations respiratoires chez les sujets sains, difficile à constater, et demanderait du moins autant de docUité de la part du malade que d'habileté de la part du médecin. Quoi qu'il en soit, en général la matité absolue est plutôt augmentée en raison de ce que la symphyse coïncide le plus souvent avec une dilatation des cavités du cœur ordinairement hypertrophié et s'accompagne d'adhérences du péricarde h la paroi et aux plèvres.
(*) Céjia, Prager Vierteljahr., Bd II, 1895. (•) Weill. Loc. cit., p. 3.
PERCUSSION nu d(ETO.
Bans la pericnrdile avec éjiaiïcKoi tient, la imlil^^ est nvigment4.H' ri tFrtiitiïïl plus que Fexsudot est plus îibondtUit. Oti admnt qu'une piTriission iiiethoiliqiie et fréquemment rqu'tée permet de suivre asse?. exaelement In m;ir(he tie l'épnnehenient, qui peut d ailleurs être rapide. Les variatinii^ (11* 1:i maillé thu^ ces cas sont l'expression des ehan^'eiuent?^ de voluîijp oon seidetnent de IVpancheTueut, mais encore du conir lui-!nèine absi []ij(* le faisait déjà remarquer Houillaud.
yu^ïud le liquide est peu abondant ♦ il s accumule dans la partie iideroflïU'nit' du sac, refoule le poumon gauelie et dêlerminc une au^riru^nialioii <*n dehors de la matilé transversale ((ieiidrin). La pointe l>al alru-s dans la nmlitc. eL pc»ur :&'en rendre eornpte, il laut percuter le malade assis et t^TOroent ineliné en avant. Ebstein (M ^ dit avee raison que revtenmn h «piuctie de la matité transversale, au dél»ut d<* la [HTit^ardile, était Kirtmifiil eoiist^t^dile, a cause, d'une part, de la pleurésie gauche tuu' i'Oinitiinte qui est la règle, de lautre, du s(hi lyuifvanitpie trop élevé de IV'space ^emi-lunaïre. Pour cet auteur, un signe pbis important el |*lus facile :i constater dès le début de la péricardite, c'est la matité absolue ou presqiie absolue du S*' espace droit dans Tangle cai"dîo-hépatique {lln^Z' ieberwînckel d'Effxfcin)* Ce si|:^ne aurait une iuiporUmce réelle pnur le diagnostic différentiel de la matité due l\ Lliypertrophie du cœur droit, fcns ce dernier cas, en effet, d'après ELstein, la matité C4irdiatjue absolue *Wéte nu bord sternal droit et nVmpiête jamais sur les S'' et ti'* espaces du même côté. C'est égîdement dans Pangle cardio-hépaticpje que, lors Jiî b résorption des épanchements, persiste le plus longtemps la matité pîithoiogique* T'nit en reconnaissant tpie le liquirle péricai'diqne, dans le^s 'l^ndiûments abondants, s'accnniule au ni venu de rfueillelle droite, omme nous Tavons aussi observé, nous ferons remarquer que dans cer- \âm ras d'h\perlrnphiç avec dilatation etuïstdéndde de cette oreillette» "îijM'ul parfailement avtur une matité ilébordant le boi'd sternal dioit au ni Vf 'au des 5*^ et (j^ espaces,
Lorsi|ue répanehement est abondant* b^ li(]uide distemi le sac pérîear-
dir(ui\ relViule le cœnr en haut, écarte les poumons, La matité peut alb*r
«lu^rarlilage costal gauche au T" et même au8^ TransveisaïcoHiil» elle
' peut sVtendre de la ligne axillaire gauche jusqu'à [ilusieurs eenliruêtres
I m dehors du bord droit sternal {*). En outre, il n'y a idu;^ de matité rela-
\ii\'i\ La forme de la nialité est celle d'un triangle a hase inférieure et à
mmnei arrondi, situé dans le voisinage de la fourchette sternale. Ce
nple présente vers le tiers supérieur de son bord gauche une encoche
^gnalée par Sibson et (]ui doime au conlour de la mnlilé la forme d'uiîc
"rioche iPoliiin). Expérimentalement, Sihson a mont té que [)our que
Btle configuration apparaisse, il est nécessaire que le péricarde d*un
f*f iJiTii un r«i ifup tioiiî avotiî pu obfênfpf, Ct'pîtnrhcmanl élait nasoz ;ihniidanl (wiir que ' gïtirliii.
146 SÉMIOLOGIE DU CŒUR ET DES YAISSEAUX.
adulte renferme au moins 450*^*" de liquide (*). Souvent, même après la disparition de Tcpanchement, la matité est augmentée et défonnée; les modifications relèvent alors soit delà dilatation, soit de Thypertrophie du cœur concomitantes et des produits inflammatoires du voisinage.
b. Variations d'origine cardiaque. — L'hypertrophie et ladilatatioD du cœur se traduisent par une augmentation d'étendue de sa malilë absolue, sauf quand il existe des lésions d'emphysème ou des adhérences pleuro-pulmonaires ou péricardiques, interposant une portion plus oo moins considérable du poumon entre la paroi et le péricarde.
Tout le monde admet que les diminutions de volume du cœur échappent au diagnostic aussi bien par la palpation que par les autres procédés. Cependant, quand la pointe bat nettement dans le V espace sans que le cœur soit déplacé pour une cause quelcoi^que, on peut conclure à u petit volume de l'organe.
La percussion est souvent incapable de révéler l'hypertrophie du ccew, qui, en l'absence du choc de la pointe, risque de passer inaperçue. Ihiscii général, toutes les lésions organiques, même le rétrécissement mitral (•), s'accompagnent d'augmentation de volume du cœur. Une exception ddi être faite cependant pour la période de début de ces lésions, et notiBi' ment lorsqu'elles s'accompagnent d'un état général cachectique dûl la tuberculose ou au cancer. En dehors de ces cas, l'hypertrophie existe toujours, plus ou moins appréciable d'ailleurs, pendant la vie. Ce qui Ut le cardiaque, qu'il y ait ou non des lésions des valvules ou des parois, c'est cette h\T)ertrophie, d'où l'importance de la reconnaître.
On voit souvent des malades porteurs de lésions orificielles et n'en paraissant pas incommodés, pendant de nombreuses années, au moins dans la vie habituelle, on dit alors que les lésions sont bien compensées: c'est une explication ou plutôt un mot qui ne signifie rien. En général, dans ces cas, c'est qu'il y a peu ou pas d'augmentation de volume du cœur. Dès que celle-ci apparaît, la dyspnée d'effort se montre, d'auUnl plus marquée que l'hypertrophie fait des progrès. Il est bon de remarquer que rhj-pcrtrophie qui coexiste avec l'insuffisance aortique paraît pouvoir être plus longtemps tolérée que celle (|ui accompagne les autres lésions orificielles sans provoquer de troubles notables. Cette particularité pro-
(*) Il faut avoir soin, dans la percussion de la p6ricardite avec ('panchement, de ne pi> confondre la matité qui appartient a la région prccordiale cllo-mthnc avec celle qui se rapporte à l'esiMce de Trauhe. D'après les recherches de M. Cuillé (Thèse de Bordeaux, 1888), dmsb |N'ricardite à épaiichement, il y a toujoui^ disparition de l'angle interne de la sonorité tynpt* nique de l'estomac dans une étendue pro|)ortioimelle à l'abondance de l'épandiement.
(*) Quoi qu'en disent certains auteurs classiques, dans tout rétrécissement mitral pur M combiné avec d'autres lésions valvulaires, il y a hypertrophie absolue ou relaiive du cfleff' Si l'on pouvait par la dissection arriver à isoler du ca>ur droit le cœur gauche, on arrivcnit bien peut*é(re à constater parfois une diminution de volume de ce dernier en raison dei rébv tions portant sur les mus<>les papillaires ou les parois avoisinantes, mais alors il y aurait tanjours hypertrophie du cœur droit, c'est-à-dire augmentation de volume et de poids de l'c considéré dans son ensemble, surtout en tenant compte du poids du sujet.