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PALPATION DES ARTÈRES

faciles à percevoir soit de l'aorte à la fourchette sternale, soit de la sousclavièrc au-dessus et au-dessous de la clavicule. Le fait s'observe surtout chez les gens peu musclés à squelette faiblement développé. Aussi est-il regrettable que MM. Boy-Teissier et Marcelin (*), dans leur étude sur les polsations aortiques, tout en signalant ces faits normaux, ne relatent iDCune autopsie à côté des tracés de la crosse pris par Tespace susstemal, dans les cas pathologiques qu'ils étudient. Quelle que soit, en effet, la netteté des signes des cardiopathies présentés par leurs malades, les vérifications nécroscopiques pouvaient seules donner aux caractères de leurs tracés ime véritable valeur et fournir droit de cité, parmi les méthodes d'exploration clinique, aux courbes sphygmographiques sus- Ktemales de l'aorte. Il n'en subsiste pas moins que, parmi les signes de dilatation de l'aorte, l'élévation de la crosse et la perception de ses battements à la fourchette sternale doivent être pris en sérieuse considération.

c. Quant à l'élévation de la sous-clavière droite, plus infidèle et plus inconstante, nous ne pensons pas qu'il faille y attacher une grande importance. C'est M. Faure (*) qui a introduit la recherche de ce signe dans l'étude des aortites. M. Huchard le donne comme un des symptômes importants de l'artério-sclérose, accompagnant fréquemment Thj^ertension irtérielle et l'exagération du deuxième ton aortique. M. Bureau (*) Ta particulièrement étudié dans sa thèse. Nous croyons qu'il est fort rare de rencontrer la sous-clavière droite faisant saillie à 2 ou 5 centimètres audessus du bord supérieur de la clavicule, ainsi que cet auteur dit l'avoir constaté dans certains cas d'aortite. Le plus souvent, quand elle existe, cette élévation est beaucoup moindre (*).

Tandis que presque tous les auteurs, notamment M. Huchard, croient qne le phénomène est dû à l'agrandissement de la partie supérieure de l'aorte, M. Potain admet qu'il est pluto t déterminé par l'allongement de la portion inférieure de ce vaisseau.

d. En 1878, Oliver (*) a décrit comme symptôme de l'anévrisme de l'aorte des secousses iinjthmiqucs de la trachée isochrones au pouls radial. D'après l'auteur anglais, pour percevoir ces secousses il faut placer le nialade debout, lui recommander de fermer la bouche et de lever le menton le plus haut possible; « prenez alors, dit-il, le cartilage cricoïde entre l'index et le pouce et maintenez-le délicatement de bas en haut. S'il existe

' ) Bot-Teis5Ier et Marcelin-, Revue de médecine^ 1893.

fl Facrb, Arch. gén. de méd., 1874.

i') BcREAO, Thèse de Paris, 1893.

(*) Normalement la sous-clavière est située au niveau des faisceaux du scalènc, derrière la ^•^ic: pour la sentir il faut enfoncer le doigt derrière cet os. On explore surtout la sous- ''j'wre droite parce qu'elle est moins |H)stêrieure (|ue la gauche ; pour rendre cette recherche «M commode il faut abaisser rêpanlo et la rejeter un p«ni en arrière. Quand la sous-clam'n?

*'cvcc, le muscle omoplato-liyoïdien devient inférieur au vaisseau. Il im]>orte enfin de ne *■ confondre celte artère avec les jugulaires. Quand ces dernières sont le siège de mou- J^^nls, on a affaire à un soulèvement vertical et ondulatoire, quand il s'agit de la sous- «Jero on a au contraire un soulèvc^ment horizontal.

' ) ^UVER, The Lancet, 1878, p. 106.

une dilatation ou un anévrismc, la pulsation de Faorte sera disiinctemoil sentie, transmise par Tintermédiaire de la trachée à la main. Cet euineo augmentera la détresse laryngée, si elle existe ». Ce signe porte, en Angk* terre, le nom de trachéal tugging.

Mac DonnellC), relatant le résultat de ses recherches dans 25 cas d'iné> vrisme, arrive aux conclusions suivantes : la secousse trachéale n'existe (|ue dans Tancvrisme et indique qu'il est situé de façon à presser de hni en bas sur la bronche gauche ou sur la portion de la trachée qui estimmé* diatement sus-jacente à la bronche. Le symptôme peut être constÉé quand beaucoup d autres signes physiques sont absents; il fait déSni quand Tanévrisme ne siège pas à la portion transverse de Tare. La corn* pression directe de la trachée ne cause pas la secousse trachéale. L'anteor donne du phénomène l'explication suivante : c La longueur de la pw> tion transversale de Parc aortique n'est pas grande, et la direction de a course est presque directement de haut en bas du bord supérieur da second cartilage costal droit à la partie supérieure du côté gauche du corps de la troisième vertèbre dorsale. La portion transverse de Taorteest à cheval sur le sommet de la racine du poumon gauche, couchée entre h bronche gauche et la trachée. Une dilatation du vaisseau, si minime soilelle, occasionnera une compression sur la bronche, ou sur la trachée i la racine de la bronche, et communiquera sa pulsation au tube aérieo. A chaque battement, le vaisseau donnera à la bronche une impulsk» dirigée de haut en bas, et cette secousse de haut en bas sera nécessairement sentie par l'intermédiaire de la trachée et du larynx ('). »

e. Quand on comprime la radiale assez fortement pour que son calibre se trouve complètement oblitéré, on peut, dans certains cas, constater encore la présence de pulsations dans son extrémité périphérique. L'ondée sanguine revient par les anastomoses palmaires et surtout par la radiopalmaire. Ce phénomène, décrit par M. Jaccoud(') et Niedert sous le nom de récurrence palmaire, aurait pour certains auteurs quelque valeur diagnostique. M. Jaccoud Ta spécialement étudié dans la pneumonie; (|uand la récurrence fait totalement défaut, il faut s'attendre à une issue fatale, tenant à ce que le cœur est en mauvais état. Kofler(*) a applique

(«) Mac Doxxell, The Lancet, 1891, p. 535 et 650.

{') Canlarolli [Hifot'ma medica, 1894) critique le procédé de recherche employé en Angir tt»rrc en se Iwisant sur ce qu'il n'est pas toujours indolent, provoque souvent des quintes de toai et enfin n'est pas sans danger |M)ur le patient. Souvent, en effet, il n'y a qu'une membmw très mince facile à rompre au point où l'anévrismc a des connexions avec les voies aèrieoM* D'après crt auteur, la manœuvre est superflue, il suffit, pour établir nettement l'ciistencf «te pulsations de la trachée, d'observer attentivement la pomme d'Adam, la tétc fléchie en arrière On voit la pulsation, avant qu'on ne la sente, elle se fait latéralement de gauche i droite rarement en sons inverse. Cette pulsation peut aussi s'observer au larynx môme quand on d* voit ni ne perçoit aucune pulsation, ni au thorax, ni aux jugulain^s.

Ewart \liritish med. Journal, 189*2) a contesté la valeur patliognomonique du sjpM «l'Oliver. Cet auteur l'a rencontré, à un degré atténué il est vrai, dicz un grand nombre de sujets sains.

(') Jaccoud, Traité de pathologie interne.

(♦) KoFLER, Hivista clinica, 1886.

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a valeur pronostique que M. Jaccoud accorde à ce signe à beaucoup Fauires affections aiguës et chroniques qui mettent le cœur en état de noîndre résistance.

Waller(') a contrôlé les recherches des précédents auteurs et trouvé |ue la récurrence manque : d'un seul côté environ 1 fois sur 10, chiffre pii correspond assez exactement à celui des anomalies unilatérales des irlères de Tavant-bras et de la main; des deux côtés 1 fois sur 100, chiffre pii correspond aussi à celui des anomalies bilatérales de ces vaisseaux. let auteur a, en outre, montré que la récurrence est deux fois plus fré- {uente chez Fhomme que chez la femme et qu'on peut la faire apparaître m donnant du nitrite d'amyle aux sujets qui ne la possèdent pas natu- "dlement. Waller croit que le phénomène indique un pouls tendu et lépressible et trahit un relâchement de la tension artérielle.

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