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CHAPITRE PREMIER

LES ANAMNESTIQUES

S'il est un ordre de maladie dans lequel l'histoire du malade et le mode de début de son affection aient une importance capitale, c'est bien» série tout entière des maladies broncho-pulmonaires. Un interrogatoire bien conduit permettra de liûre souvent le diagnostic de raffection avant (le le voir coniirmé par les troubles fonctionnels et les signes phy- ] siques.

L'interrogatoire, après avoir fait constater qu'il s'agit dune affection aiguë ou d'une affection chronique du poumon, devra porter d'abord 5«r le mode de début des accidents. Combien de fois dans la pneumonie l'attaque brusque du frisson initial et la soudaineté des phénomènes gêncraux n'ont-elles pas permis de prévoir une maladie que les signes physiques ne révélaient pas encore, soit ([ue le malade se [)résenlàt trop près "* début, soit qu'il s'agît d'un noyau encore trop central? La notion éli«\^

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pcjue d'une grippe avec ses douleurs louibaircs ou générales dans tous b membres n'a-t-elle pas son importance dans la recherche des complications bronchiques ou pulmonaires de cette maladie?

Dans les alTections chronicpies, les résultats de Tinterrogaloire du malade sur le mode de début et l'évolution antérieure de la maladie auront une importance plus capitale encore. Le médecin sera mis sur la Toiede la tuberculose chronicpu» par les séries de bronchites à répétition que le malade a présentées, par Thémoptysie (pii a manpié le début ou a été un des symptonies primordiaux de l'invasion du pîirenchyme, par la notion de ramaigrissenient progressif et de la déchéance plus ou moins rapide de Tindividu : dans les pneumokonioses, les dilatations bronchiques, Temphysème, Tinstallation lente des phénomènes dyspnéicjues ne donne-t-elle pas une indication précieuse au clinicien?

Il faut donc insister sur le mode de début de la maladie et poser ainsi un premier jalon pour le diagnostic du cas palhologi(pie (pie Ton a à élucider.

Les antéccdentH personnels du mahuh» ont aussi leur importance. Celle^i était reconnue depuis longtemps pour les affections chroni(pu»s les voies respiratoires. 1/existence des pleurésies droites antérieures, des ricatrices ganglionnaires cervicales, était regardée comme des préîomptions sur la nature tubiM'culeuse des lésions pulmonaires (|ui amelaienl le malade au praticien. La notion de la profession du sujet mettait iirla voie des désordres d'origine externe (pie Ton rencontre si souvent lansles métiers à poussières. Les efforts continus, n('*cessitant un travail xagéré des vésicules pulmonaires, piédis|)osaient à leur dilatation »^t «' encontraient à l'origine de reniphysème pulmonaire.

On était habitué depuis kmgtemps déjà à accorder une importîince non loutcuse à la constitution ordinaire du malade. Dans les divisions des bronchites, la notion de la diathèse arthritique ou de la diathèse lymphaico-slmmeuse avait la première place. On savait donc rechercher l(»s faces des éniptions sèches, prurigineuses do. la première, les éruptions uintantes, plus indol(*ntes de la seconde et Ton connaissait toute la aleur de cette recherche pour ét^iblir le pronostic et le traitement de affection pulmonaire.

Aujourd'hui les maladies aiguës elles-mêmes méritent qu'on recherche s antécédents personnels du malade. Dans la pneumonie, par exemple, est devenu de règle de rech(MTher' si le sujet n'est pas resté en puisnce du pneumoco(pie depuis une atti'inte antérieure. S'il est sujet aux tours de cette affection, il a d(»s chances pour être d(îfinitivement habité ir le microbe et exposé à des ri'cidives de sa maladie. La notion d'une pneumonie antérieure permettra aussi quehpiefois de '«^juger la nature pneumococcienne possible d'un épanchement pleural. • connaissance d'un rhumatisme antérieur peut faire reconnaître la ^wre de certîiins accidents pulmonaires. Tous ces exemples montrent ^portance de la recherche des antécédents personnels du malade, plus

importante dans les affections chroniques que dans les affections aiguës mais qui ne doit jamais être négligée.

Les antécédents héréditaires ont nécessairement dans les maladies chroniques de l'appareil respiratoire une valeur considérable. Je n'ai pas besoin d'insister sur la recherche de ces antécédents chez un tuberculeux supposé. Elle n'est pas moins importante dans toutes les affections diathésiques des voies respiratoires. La connaissance d'une souche arthritique bien avérée permet de classer les accidents bronchitiques et asthmatiques dans la catégorie qui leur convient. C'est donc un point de l'interrogatoire du malade dont on ne saurait méconnaître la nécessité ; l'hérédilé est une loi qui régit une grande partie de la pathologie.

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