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C. — TOUX

La toux est une contraction brusque des muscles expii*ateurs s'accompagnant d'un spasme des constricteurs de la glotte. L'irritation, la congestion, la présence de corps étrangers ou de sécrétions en certaines zones sensibles, déterminent cette contraction spasmodique par un acte réflexe se |)assant dans le domaine du nerf vague et ayant son retentissement centrifuge sur les nerfs périphériques.

D'ailleurs, le point de départ de Tare réflexe est fréquemment en dehors des voies respiratoires. Eichorst et Marfan ont bien résumé les travaux des différents expérimentateurs sur ce sujet. Ces zones « tussipares » suivant Texpression du second de ces auteurs peuvent se trouver dans le conduit auditif externe comme Toynbee Ta montré, dans l'amygdale (Ruault), dans Testomac (toux gastrique), l'intestin, le foie et la rate.

Ces origines du réflexe s'expliquent encore suffisamment, car des rameaux ou des anastomoses du pneumo-gastrique se rencontrent dans tous ces organes. 11 faut invoquer une susceptibilité névropathique individuelle pour expliquer les toux utérine ou dentaire (enfants) évidemment d'origine réflexe et qui existent d'une façon indéniable. Il pourrait même y avoir une toux d'origine centrale (excitation de la moelle allongée chez le chien par Kohts).

Si nous avons énuméré en passant ces variétés de toux qui ne touchent pas à la pathologie respiratoire, c'est qu'il sera toujours utile de les éliminer avant de croire à une affection intra-thoracique.

Il est une variété de toux bien fréquente celle-là, et qui a été étudiée avec les maladies du larynx, c'est celle qui a pour origine les différentes parties de cet organe. Nous n'avons à nous en occuper que comme la précédente pour la séparer de la classe qu'il' nous reste à étudier et qui se rapporte à la seule pathologie des voies sous-laryngées.

L'irritation de la muqueuse de la trachée détermine de la toux surtout à ses deux extrémités. Le voisinage de la bifurcation des bronches est très sensible (Nothnagel). L'irritation de la muqueuse bronchique est peutêtre le point de départ le plus facile à exciter du réflexe. L'excitation du parenchyme pulmonaire ne détermine pas la toux. Celle qui accompagne les affections du poumon proprement dit vient de l'excitiition des extrémités bronchiques par les exsudats. On a longtemps discuté sur la possibilité de la toux pleurale. Ceux qui la nient sont obligés comme Nothnagel

et Kohts d^admcttre rexistcnce d'une bronchite légère concomitante. Mais il faut bien dire que cette explication ne peut guère être admise dans ces cas de pleurésie sèche bien limitée sans trace de râle sonore dans la poitrine. Enfin dans le cas d'einpyème on aurait pu déterminer la toux par Fintroduction d'un instmment et Fattouchement de la surface pleurale.

Au point de vue de ses caractères cliniques la toux se présente ayec des allures variables.

Tantôt elle est sèche et elle offre surtout ce type dans la pleurésie au début ou elle s'accompagne d\ine exacerbation des phénomènes douloureux : dans la trachéo-bronchile à la première période, la sécheresse de la toux est un des symptômes les plus pénibles de cette maladie. On retrouve ce même caractère dans la toux du début de la bacillose. Enfin la pneumonie au début, la broncho-pneumonie et la congestion pulmonaire ont aussi dans les premières heures une période de toux sèche qui par ellemême n'a pas de caractère disliiictif.

La toux est au contraire humide dans tous les cas où il y a une hypersécrétion glandulaire de la trachée et des bronches, au moment de la liquéfaction et de l'expulsion des exsudats pulmonaires, et dans le cas d'introduction dans le système bronchique de corps ou de liquides venant de l'extérieur, soit par les voies supérieures (trouble de déglutition à l'étal physiologique ou pathologique), soit par communication avec les organes adjacents (pneumothorax, kyste hépatique, etc.). C'est dire que la touï humide se rencontrera dans toutes les bronchites, plus ou moins fréquente, plus ou moins facile, suivant la qualité de l'expectoration. On la trouvera dans la pneumonie pour aider le malade à se débarrasser du crachat adhérent de celle maladie, on la trouvera enfin d'une façon banale dans toutes les affections broncho-pulmonaires qui déverseront dans les conduib bronchiques des matières (|ui solliciteront la secousse réflexe d'expulsion.

La toux peut se produire de deux façons : isolée ou par petites secousses successives mais non continues, ou au contraire sous forme de véritables quintes amenant, (piand elles se prolongent, des troubles de vascularisalion de la face, et des vomissements (jui ont une importance capitale dans la dénutrition du malade. Ces quintes de toux, dont le prototype est celle de la coqueluche, sont dans cette maladie suivies de l'expulsion d'un liquide particulier qui ne rentre pas dans notre élude et qui se distingue suflisaiwment d(»s autres expectorations pour en permettre le diagnostic.

11 est une autre maladie qui donne lieu également par excitation centripète, due à la compression du pneumo-gaslrique, à une toux qui se rapproche de celle de la coqueluche c'est Yadénopathie trachéo-bronchique; sa toux coqucluchoïde ressemble à celle que nous venons de signaler, mais, si elle est souvent suivie comme elle de vomissements, elle n'est pas suivie de l'expulsion du liquide filant et visqueux de la coqueluche.

Mais, en dehors de ces (piinles caractéristiques qui permettent de faii'e le diagnostic de la maladie, la toux peut offrir dans certames affections un type spécial qu'il importe de signaler.

Le dilaté bronchique remplit pendant la nuit les excavations formées par Faugmentation de diamètre de ses conduits. U les vide le matin, en se couchant sur le côté sain : il peut ainsi parfois passer des nuits relativement calmes, mais présente des quintes matutinales suivies d'une expectoration abondante que nous étudierons plus loin.

Toux matutinale et quinteuse également dans le pyopneumothorax ouvert pour la même raison. Pour conserver le sommeil, le malade se couche sur le côté malade. 11 vide lui aussi le matin à la suite de toux quinteuse et fatigante la cavité en communication avec la bronche.

La toux dans la tuberculose pulmonaire est un des premiers symptômes de TafTection et elle présente dès ce moment ce caractère spécial de reprendre chaque matin vers la cinquième heure. Ce serait là rélymologie du mot « quinte » (Marfan). On sait qu'elle peut prendre un caractère véritablement coqueluchoïde et être suivie de l'expulsion des aliments. Celte toux vomitive est un des facteurs importants de la déperdition rapide des forces chez certains tuberculeux.

A la deuxième période la toux est humide, moins fatigante pour le malade et perd un peu de son caractère pénible. A la période cavitaire nous retrouvons les caractères que nous avons signalés dans les deux dernières maladies. C'est par une véritable vomique matutinale que le patient vide sa caverne, après le repos si court des quelques heures de répit de la nuit. Chez d'autres phtisiques la toux est incessante, continuelle, interrompt le sommeil et ne présente pas le caractère de crise du réveil que nous venons de signaler.

Pour en finir avec la toux, disons qu'elle peut présenter un timbre différent. En laissant de côté les modifications très importantes de la toux larjfTîgée, elle peut au point de vue qui nous occupe être éteinte dans la bronchite diphtérique ou dans la bronchite pseudo-membraneuse chronique: sonore et retentissante dans la trachéo-hronchite des grosses bronches, où elle prend le timbre de chaudron fêlé; sifflante chez les asthmatiques et dans la bronchite fine. Mais en somme elle ne présente jamais un caractère pathognomonique (coqueluche à part) qui permette d'appliquer sur sa seule audition l'étiquette exacte de la maladie.

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