‹ Traité de pathologie générale v. 1Chapitre 95 sur 139 · C. — MENSURATION. - CYRTOMÉTRIE. — PNEUMOMÉTRIE · texte numérisé non relu

C. — MENSURATION. - CYRTOMÉTRIE. — PNEUMOMÉTRIE

Les modifications de diamètre que nous avons passé rapidement en revue dans lavant-dernier paragraphe, sont visibles à l'œil et d'un diagnostic relativement facile. Il en est d'autres plus faibles et qui ont besoin de quelque artifice pour les déceler. C'est ainsi que la dilatation d'un côté du thorax peut être révélée par la mensuration dans la pneumonie, dans la congestion à forme de pleurésie (spléno-pneumonie de Grancher) et même dans la congestion pleuro-pulmonaire de Woillez,

Dans ces cas de diagnostic plus délicat, c'est h l'aide d'un mètre que Ton arrive à mesurer la différence des deux côtés de la poitrine; on peut aussi se servir d'un compas d'épaisseur. On peut, par le procédé du cordeau de Pitres tendu de la fourchette stemale à la symphyse pubienne, constater s'il existe ou non de la déviation de la pointe du sternum d'un côté ou de l'autre (pleurésie), et cette constatation une fois faite, il devient facile de rapporter à sa véritable source, par la seule ins- |)ection et la mensuration, la dilatation thoracique.

C'est Woillez qui avait surtout donné à la mensuration thoracique un rôle capital. La cyrtométrie était un de ses principaux moyens d'investigation : son appareil, le cyrtomètre, était constitué par une série de chahions de corne articulés entre eux par des ' ^-^^ ^ se^^ems du rynonùlro de WoilIez.

rivets et capables de prendre toutes les formes du thorax sur lequel on l'appliquait. Deux articulations permettaient d'ouvrir l'appareil pour le déplacer et de le trans- [K)rter sur un papier. En suivant avec un crayon le contour intérieur du cyrtomètre ainsi reporté, on a la courbe et la forme du thorax examiné. Woillez arrivait, disait-il, à mesurer avec ce procédé des dilatations très minimes, même celles amenées par la congestion pulmonaire. On peut, avec cet instrument, mesurer aussi le degré de dilatation du thorax \ il faut |K)ur cela l'appliquer après une inspiration forcée et après une expiration forcée. La mensuration avec un mètre ou l'amplexation simple de la poitrine comparativement faite des deux côtés avec les deux

SÉMIOLOGIE DES VOIES lŒSPmATOIRES.

raains, donnerait des renseignements très suffisants dans le plus grand nombre des cas.

Nous devons ranger auprès de ces moyens d'inYesUgation un mode d'exploration qui, dans un certain nombre d'affections chroniques des voies respiratoires, doit être pratiqué si l'on veut être au courant du véritable état du parenchyme pulmonaire, je veux parler de la mesure de

la capacité reipireUoire de la pneu^ mométrie ou spiromélrie. C'est Hutchinson qui le premier permit par son appareil la mesure de la quantité d'air contenue dans le thorax. Cette recherche est utile dans nombre de

Fij;. 89. — Spiromètre de Hutchinson.

Fig. 90. — Spiromètre de Boudin.

cas. Des appareils multiples ont été inventés pour cette exploration.

Le principe de celui dllutchinson est en somme celui du gazomètre, lair expiré fait monter une cloche plongeant dans un réservoir d'eau, b cloche s'abaisse pendant l'inspiration, un index gradué permet de noter la quantité d'air employée dans les deux cas. Le spiromètre de Boudin est également très simple, il sert à mesurer la capacité respiratoire des jeunes conscrits. Le spiromètre de Waldenburg repose sur le principe du manomètre, la pression aérienne faisant mouvoir une colonne de mercure.

Quel que soit l'instrument employé, on doit d'abord se rappeler les conditions normales d'inspiration et d'expiration. La capacité respiratoire d'un homme sain est de 5000 à 4000 centimètres cubes, celle de la femme de 2000 à 5000. La pression inspiratoire est à l'état normal toujours plus faible que la pression expiratoire; la pression inspiratoire moyenne est de i4 millimètres de mercure, la pression expiratoire de 60 millimètres environ. Dans les respirations forcées, les deux temps

donnent, le premier 60 à 70 millimètres, le deuxième 80 millimètres.

La pneumatométrie n^a, on le comprend, pas d'importance dans les affections aiguës de Tappareil respiratoire : dire que dans la pneumonie et la pleurésie la pression inspiratoire et expiratoire est diminuée, n'a rien qui doive surprendre; d'ailleurs, il est plus prudent de ne pas faire ces recherches forcées. Mais dans les affections chroniques et en particulier dans deux d'entre elles on peut, même au début, ranger la spiroinétrie parmi les bons éléments de diagnostic.

Dans Vemphysème pulmonaire, la capacité vitale du poumon tombe rapidement de 3 ou 4 litres à 2 et même à 1 litre. Toutefois, il ne faut pas oublier que chez ces malades qui ne vident pas leur poitrine, il y a un air résidual augmenté. Nous avons vu que la pression expiratoire est toujours à Tétat normal plus forte que la pression inspiratoire. Les deux pressions diminuent dans l'emphysème, mais la pression expiratoire plus que la pression inspiratoire qu'elle arrive à égaler. Celle-ci la dépasse même quelquefois.

Dans la phtisie pulmonaire, la diminution de la capacité respiratoire est la règle. Il faut se méfier des sujets chez lesquels on la voit diminuer progressivement. Elle s'affaiblit en tout cas à mesure que la maladie progresse. La pression inspiratoire est la première à diminuer, mais la pression expiratoire suit, et on peut dire que la diminution des deux pressions est la règle quand la maladie continue son évolution.

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