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CHAPITRE SEPTIÈME

Incontinence nocturne de l'urine.

(Incontinence infantile,)

L'incontinence nocturne de l'urine est une aflfection nerveuse de la vessie, assez fréquente chez les enfants des deux sexes et très importante par conséquent sous le rapport pratique. Il va sans dire que chez les très-jeunes enfants il n'y a pas moyen de tracer une ligne de démarcation nette entre l'état normal et l'état pathologique. C'est un fait incontestablement morbide cependant» que celui d'enfants plus âgés, ayant de 4 à lo ans et au delà, qui urinent au lit de temps à autre pendant le sommeil, malgré un développement intellectuel déjà avancé et nonobstant la meilleure volonté du monde. Cette anomalie peut même durer jusqu'à l'âge de la puberté et plus longtemps encore, et constituer de la sorte une infirmité qui exerce une influence excessivement dépressive sur le moral. La plupart du temps il n'y a pas moyen d'assigner à ce désordre une cause spéciale. On en est réduit à admettre ou bien une faiblesse anormale du sphincter ou bien une irritabilité extraordinaire de la tunique musculaire de la vessie. En tout cas, dans l'incontinence nocturne, le processus de la miction a lieu d'une manière purement réflexe, mais il est fréquemment associé à certaines hallucinations hypnagogiques qui se rapportent à l'évacuation de l'urine. On ne p>eut pas affirmer pour tous ces cas, que le sommeil soit plus profond que d'ordinaire. Il est vrai que beaucoup de malades ne s'aperçoivent de l'accident que le lendemain matin, mais d'autres se réveillent immédiatement après. D'ordinaire l'émission inconsciente se produit les premières heures de la nuit, parfois cependant plus tard ou même vers le matin. Pendant \ejour, la miction est le plus souvent normale ; quelquefois pourtant il existe une paresse notable de la vessie.

Quoique, ainsi qu'il a été dit, on ne trouve d'ordinaire aucune cause spéciale à cette infirmité, il y a souvent certaines lésions morbides dans les organes urinaires qui expliquent l'origine de l'incontinence. Un cas étant donné, on songera donc toujours à l'éventualité d'un calcul vésical, d'un phimosis congénital, d'adhérences du prépuce avec le gland, à la présence possible d'ascarides

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d*états inflammatoires, etc. et on portera les recherches dans cette direction. On tiendra compte également de la polyurie que peuvent engendrer le diabète ou les maladies rénales, et enfin il est évident qu'en émettant le diagnostic d'une incontinence nocturne purement nerveuse, il faudra au préalable avoir éliminé l'existence d'un état pathologique véritable de la moelle spinale.

Dans tous les cas que nous venons de mentionner, le traitement devra naturellement s'adresser tout d'abord à la maladie fondamentale. Mais dans l'incontinence nocturne commune, le traitement doit viser en premier lieu à apporter autant d'entraves que possible à la miction inconsciente. A cet effet les enfants ne prendront au repas du soir que peu de liquide, on les fera uriner immédiatement avant de les mettre au lit^ et même un peu plus tard on les fera lever encore une fois. On ne les couvrira pas trop chaudement et on évitera qu'ils couchent sur le dos. De là vient le vieux moyen populaire de leur lier une brosse dans le dos. Un traitement moral un peu rude n'est en certains cas pas sans efficacité, puisque l'attention des enfants est ainsi plus fortement éveillée sur cet accident, tout inconscient qu'il est, et qu'ils apprennent à se réveiller assez à temps encore. L'usage de la verge ne doit en somme être admis qu'à titre d'exception. Au contraire on doit souvent protéger les enfants contre l'inintelligence de leurs parents.

Les moyens internes, surtout la belladone autrefois si vantée, donnent rarement des résultats. Il n'y a que les préparations ferrugineuses qui soient indiquées chez les anémiques. Par contre, le traitement électrique est très souvent d'une grande efficacité, mais pas toujours. On posera une large anode sur la moelle lombaire et une moindre kathode sur la région de la vessie ou au périnée et on fera passer pendant 2 à 3 minutes un courant constant assez fort. Ensuite on introduira l'extrémité de l'un des fils conducteurs (kathode) à I ou 2 Cm. de profondeur dans le méat urinaire, tandis qu'on placera l'autre électrode à large surface sur le périnée ou au-dessus de la symphyse et qu'on laissera agir pendant i à 2 minutes un courant faradique assez puissant et légèrement douloureux (Seeligmiiller). Les séances doivent au début être répétées tous les jours. — En outre il est excellent, le soir avant le repos de la nuit, de faire froter rudement toute la surface du corps avec de l'eau froide.

Le pronostic de l'incontinence infantile qui n'a pas sa cause dans une lésion organique, est presque toujours favorable, vu que dans les plus mauvais cas, cette anomalie disparaît d'ordinaire, peu à peu et d'elle-même par les progrès de l'âge.

MALADIES

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