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CHAPITRE SEPTIÈME

Maladie tachetée de Werlhof. Purpura. Péliose.

(Maladie pourprée,)

Ainsi qu'il a été dit au chapitre précédent, les diverses formes € d'afTections hémorrhagiques > ont entre elles de si nombreux points de ressemblance, qu'il n'y a pas possibilité de les parquer rigoureusement en classes morbides distinctes. Cependant il est vrai de dire que la terminologie compliquée introduite dans la pathologie a beaucoup plus contribué à embrouiller cette partie du domaine nosologique, qu'à y porter la lumière.

Si nous nous en tenons exclusivement aux faits cliniques, nous devons faire remarquer qu'il y a des cas morbides dont le symptôme capital consiste dans l'apparition spontanée à! liémorrhagies plus ou moins nombreuses dans l'épaisseur de la peau en même temps que dans les organes internes (muqueuses, etc.). Dans les cas de ce genre qui ont peu d'intensité, les hémorrhagies constituent pour ainsi dire le seul symptôme, tandis que dans les cas d'un caractère plus grave il se développe indépendamment d'elles, des signes généraux qui appellent l'attention (fièvre, faiblesse générale) et certaines contpHcations d'ordre local. L.^ cause réelle de ces maladies n'est pas encore connue. Elles se produisent le plus souvent sans motif appréciable^ aussi bien chez les personnes bien nourries que chez celles qui ne le sont pas, chez les vieillards comme chez les jeunes gens, chez les hommes comme chez les femmes. Toutefois l'affinité incontestable qui rattache ces processus à quelques autres affections (scorbut, érythème exsudatif, peut-être le rhumatisme aigu et l'endocardite) indique qu'on a également affaire ici à des influences infectieuses^ supposition qui jusqu'à cette heure fait le mieux comprendre les processus qui sont en jeu en ces circonstances. Ce n'est que dans quelques cas, n'appartenant pas strictement peut-être à la présente catégorie,qu'on doit plutôt songer à des troubles nutritifs préexistants des parois vasculaires, surtout en face de ces taches pétéchiales qui se montrent dans la peau des vieillards tombés dans le marasme et qui sont désignées du nom de péliose sénile.

Les formes morbides les plus légères que nous avons à mentionner ici ont reçu le nom de purpura. Alors les extravasations sanguines siègent surtout dans la peau des extrémités inférieures et occupent de préférence les follicules pileux. Parfois on en voit aussi dans le tégument du tronc et des membres supérieurs, les muqueuses et les

Purpura. — Symptômes. 22 J

parties profondes demeurant indemnes. Au rebours de ce qui se passe dans le scorbut, les muscles sont exempts d'infiltrations sanguines et l'affection gingivale n'existe pas, quoiqu'il y ait aussi, comme il a été dit plus haut, des nuances de transition. On dit que \^ purpura tst simple qjddind.^n dehors des hémorrhagies cutanées, il n'existe pas d'autres signes morbides, ou que ceux-ci sont peu développés. Ces cas ont presqu'invariablement un cours favorable et guérissent totalement après i ^ à 3 semaines. S'il se produit quelque sufTusion sanguine dans des élevures papuleuses de la peau qui existaient auparavant, l'affection s'appelle ^^x{o\% urticaire pourprée^ forme morbide qui est déjà le lien de passage aux cas A'érythètne exsudatif qui se compliquent de macules sanguines. Pour plus de détails il faut consulter les ouvrages spéciaux de dermatologie.

Les hémorrhagies cutanées sont assez souvent accompagnées de douleurs « rhumatoïdes » gravatives: c'est ce qu'on appelle le purpura rhumatismal ou la péliose rhumatismale (Schônlein). En même temps il y a un trouble de l'état général, de légers mouvements fébriles peuvent se produire, l'appétit manque, les malades éprouvent de la lassitude et sont incapables de se livrer à aucun travail, soit physique, soit intellectuel. Il arrive que les articulations y surtout celles des membres inférieurs (genou) présentent de véritables épanchements inflammatoires, La gencive est le plus souvent intacte; d'ordinaire il n'y a pas non plus d'infiltrations sanguines dans les muqueuses et les organes internes. — La durée de tels cas n'est que de 2 à 3 semaines, cependant la maladie peut aussi traîner en longueur quand de nouvelles poussées hémorrhagiques ont lieu dans la peau et des reprises douloureuses dans les jointures.

Les formes légères de purpura décrites ci-dessus passent aux formes graves sans traverser des nuances intermédiaires. Ce sont ces formes sévères qui sont spécialement désignées du nom de maladie tachetée de Werlhof (ou de purpura hémorrltagique^ terme peu approprié, puisque tout purpura est hémorrliagiqué). C'est ici qu'il faut ranger ces cas où des infiltrations cutanées se développent dans une vaste étendue, en même temps que se produisent des hémorrliagies des muqueuses (du nez, de la bouche, du pharynx, de l'estomac et du canal intestinal) et des organes internes (séreuses, reins, cerveau). Les symptômes généraux acquièrent aussi une haute intensité. L'état général est grave et peut même revêtir l'image parfaite de « l'état typhique ». La fitvre fait parfois totalement défaut, même dans les cas les plus graves; toutefois on constate de temps en temps des ascensions thermiques d'un très haut degré.

Tous les autres organes restent d'ordinaire libres d'altération

i228 Maladies conatltulionnelles.

morbide. La gencive en particulier demeure intacte dans les cas types. Par contre on a observé à diverses reprises des gonfiements articulaires, Uendocardite et la néphrite hémorrhagique aiguë sont aussi des complications éventuelles. Si des symptàtnes graves se développent du côté du cerveau (attaques apoplectiques^ etc.), il faut penser à la possibilité d'une hémorrhagie cérébrale. Disons pour finir qu'on voit quelquefois apparaître des signes sérieux de la part de l'estomac et de V intestin, Hénoch a observé des cas semblables chez les enfants ; mais les adultes n'en sont pas exempts. II arrive même qu'une péritonite par perforation se déclare à la suite de la rupture d'un ulcère intestinal. La rate est parfois le siège d'une congestion active.

\^Q pronostic de la maladie tachetée doit toujours être posé avec réserve, parce que la gravité de l'état général, l'anémie qui se développe et certains incidents morbides peuvent mettre la vie en danger. Toutefois les cas graves sont encore susceptibles de guérison. La marche totale de la maladie peut quelquefois traîner en longueur et comporter une durée de plusieurs mois.

Le traitement se règle, au point de vue diététique général, d'après les principes qui servent de guide dans le traitement du scorbut. Maintenir les forces du malade par une alimentation appropriée, tel doit être dans toutes les circonstances graves,lc principal objectif du médecin. Il est difficile de démontrer si les multiples remèdes internes dirigés contre la maladie dans des vues purement théoriques, exercent effectivement sur elle une influence favorable. On recourt surtout à Vergotine (pilules de 0,05 à 0,1), au perchlorure de fer (1,0 sur 100 d'eau de cannelle, à prendre par cuiller), \ acide sulfurique^ la décoction de quinquina, etc. En cas dégonflements articulaires ou d'endocardite, nous conseillerions d'essayer Yacide salicylique. Enfin plusieurs indications symptomatiques demandent parfois une intervention spéciale.

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