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CHAPITRE TREIZIÈME

La Scrofulose.

( Scrofule, \

Définition et ssrmptômes de la soi-disant scrofulose. —

En ajoutant, pour clore cette partie du livre, un court aperçu sur la scrofulose, nous agissons uniquement dans des vues pratiques. Car, scientifiquement parlant, la scrofulose n'est pas une entité morbide particulière^ mais seulement une expression symptomatique qui se rencontre surtout chez les enfants et qui consiste principalement dans r infiltration chronique des glandes lymphatiques et dans certaines affections de la peau et de plusieurs muqueuses. L'apparition simultanée de ces phénomènes donne effectivement lieu à un complexus assez caractérisé pour être reconnu au premier coup d'œil.

La plupart des enfants scrofuleux ont le teint pâle, la peau flasque et les muscles grêles. Cela n'empêche pas le pannicule adipeux d'être assez fortement développé et la figure d'être boursouflée avec des lèvres épaisses et saillantes (habitus torpide , comparativement à d'autres cas où les enfants présentent des traits amincis et une peau blanche excessivement délicate, se couvrant d'une rougeur fugace, avec des veines transparentes (habitus érétiqae). Au cou, à l'angle de la mâchoire et à la nuque,plus rarement en d'autres endroits du corps, on sent des ganglions infiltrés^ qui

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restent parfois pendant un temps considérable à Tétat indolent, mais qui passent souvent à la suppuration et s'ouvrent au dehors. Par-ci par-là on voit sur l'enveloppe cutanée des exanthèmes chroniques, le plus souvent des eczémas furfuracés ou impétigineux de la face, du cuir chevelu, des extrémités, etc. Parmi les dermatoses plus graves, citons avant tout le lupus (lupus scrofuleux), puis le prurigOy le lichen scrofuleux^ etc.

La conjonctive et la pituitaire sont le siège le plus fréquent des affections des membranes muqueuses. La conjonctivite sous ses diverses formes, la blépharite ciliaire et parfois la kératite sont des manifestations scrofuleuses caractéristiques, de même que la rhinite chronique qui se transforme souvent en un ozène formel. On rencontre avec la même fréquence des affections chroniques de Voreille (Totite moyenne avec perforation du tympan, quelquefois aussi la carie du rocher avec ses conséquences).

Parmi les organes internes, ce sont principalement les os et les articulations qui sont atteints dans la scrofulose, et presqu'exclusivement sous (orme d'affections dites fongneuses (ostéite et périostite fongueuses, tumeur blanche, carie, etc.). De là vient qu'on parlait autrefois d'une <i inflammation scrofuleuse de l'articulation du genou >, d'une <L carie scrofuleuse des côtes > et ainsi de suite.

Si Ton s'enquiert après cela de la pathogénie de ce complexus symptomatique particulier, dont nous venons de signaler les traits épars, la réponse peut décidément se résumer dans cette formule, que la plupart des cas graves de scrofulose prononcée ne sont pas autre chose que des affections tuberculeuses, La découverte de bacilles tuberculeux dans la grande majorité des affections fongueuses (scrofuleuses) des os et des articulations, a démontré qu'elles sont certainement de nature tuberculeuse; l'ozène aussi est souvent une affection incontestablement tuberculeuse du nez, le lupus une tuberculose de la peau, plusieurs formes d'otorrhée, une tuberculose de l'oreille. Dès lors la pathologie de la € scrofulose > concorde parfaitement avec celle de la tuberculose, et de là on comprend que la médecine ancienne a toujours affirmé les relations étroites qui existent entre ces deux états morbides. Anciennement on croyait que la scrofulose se transformait fréquemment en tuberculose, et que les enfants scrofuleux devenaient souvent plus tard victimes de la tuberculose pulmonaire, intestinale ou méningée, etc. Aujourd'hui on sait que les enfants scrofuleux ne doivent plus devenir tuberculeux, mais que pour la plupart ils le sont déjà.

Toutefois il faut dire que dans la pratique beaucoup d'affections sont tenues pour scrofuleuses, alors qu'elles n'ont rien à faire avec

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la tuberculose. C'est ainsi, par exemple, qu'il y a une foule d'eczémas du cuir chevelu et de la face, tout à fait inoifensifs, qui donnent lieu à des infiltrations ganglionnaires au cou et sont partant qualifiés d'eczémas scrofuleux. Ces eczémas sont généralement de nature consécutive et dépendent d'irritations de la peau venant du dehors. En outre plusieurs adénites chroniques du cou dérivent d'affections du pharynx (après la scarlatine par exemple) et n'ont également aucun rapport avec la tuberculose. Les lymphomes pseudo-leucémiques se rencontrent également chez les enfants. Enfin, il faut se souvenir que la syphilis héréditaire et acquise donne parfois lieu chez les enfants à des tableaux morbides qui ont de nombreux traits de ressemblance avec la scrofulose.

C'est pourquoi il est du devoir du médecin, étant donné un cas de scrofulose, de n'interpréter l'image morbide qu'il a devant lui qu'après avoir fait une analyse minutieuse des symptômes et une investigation approfondie des données étiologiques, et puis seulement de ramener la maladie à son origine véritable.

Le terme <L scrofulose > ne servira donc qu'à désigner en raccourci un complexus déterminé de symptômes, ce qui n'est pas sans avoir une certaine valeur pratique, attendu que cette désignation aide à voiler à la famille de l'enfant le vrai nom de la maladie qui causerait parfois des alarmes inutiles.

Traitement de la scrofulose. — La thérapeutique de la scrofulose consiste à traiter localement chacune des manifestations scrofuleuses et à fortifier autant que possible fétat général. Pour le premier point, il n'y a pas moyen d'entrer ici dans tous les détails, force nous est de renvoyer au traitement spécial des affections locales.

Remarquons seulement en ce qui concerne le traitement des infiltrations ganglionnaires scrofuleuses, que la teinture d*iode^ si fréquemment appliquée en badigeonnage, est rarement suivie d'un succès certain. L'usage du collodion iodoformé, ou de l'onguent i l'iodoforme ou bien des frictions répétées au savon mou (savon vert) nous paraissent plus avantageux. Quant au traitement opératoire (ouverture d'abcès, extirpation de glandes), on trouvera toutes les indications nécessaires dans les manuels de chirurgie.

Le traitement général de la scrofulose a recours à tous les remèdes dont nous disposons pour fortifier l'organisme. Une bonne alimentation, de l'air pur (séjour aux champs, dans les montagnes, à la mer), sont des conditions essentielles. L'/ui<i& de foie de morue^ considérée par plusieurs comme un spécifique contre la scrofulose, n'a en réalité de valeur que parce qu'elle constitue un aliment graisseux

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de digestion facile. La quantité qu'on peut en prescrire, se règle d'après que les enfants la tolèrent plus ou moins bien. D'ordinaire on en donne de 2 à 3 cuillerées à soupe par jour. — Les bains salins ont acquis une grande renommée contre la scrofulose. Si les conditions extérieures le permettent, un séjour dans une station thermale alcaline (Kôsen, Suiza, Salzungen, Arnstadt, Kreuznach, Miinster s/Stein, Rehme, Reichenhall, Ischl, Colberg qui réunit les bains alcalins et les bains de mer, etc.) est préférable aux bains salins artificiels, puisque dans le premier cas le malade jouit en outre de tous les avantages d'un milieu hygiénique favorable.

Parmi les médicaments en Usage dans le traitement général de la scrofulose, le/er^ Ciede et Parsenic occupent la première place. Les deux premiers sont parfois combinés sous forme de sirop dHodure defer^ tandis que TarseniCf indépendamment de son influence sur la nutrition en général, possède selon toute probabilité une action spécifique sur certaines manifestations locales de nature scrofuleuse, ou mieux tuberculeuse, et principalement sur les afTectfons fongueuses et sur le lupus.

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