CHAPITRE SEPTIÈME
Anomalies du sens olfactif.
Les anomalies de l'odorat qui dénotent une affection du nerf olfactif, ainsi que de ses expansions terminales ou de son déployement central, se rencontrent assez fréquemment, mais ne présentent aucun intérêt pratique notable. On sait que les deux cornets supérieurs seulement et la partie supérieure de la cloison nasale (sphère olfactive) sont pourvus de filets olfactifs. Les fibres du nerf de l'odorat pénètrent dans la cavité crânienne par les pertuis de la lame criblée pour former le tronc du nerf olfactif. Quant au parcours ultérieur du nerf dans le centre nerveux, on ne sait rien de certain. Mentionnons comme digne de remarque, l'anosmie unilatérale qui se déclare dans les affections de la partie postérieure de la capsule interne et l'anosmie qu'on prétend avoir observée dans la cavité gauche du nez comme complication de l'hémiplégie droite et de l'aphasie.
Pour explorer le sens de l'odorat on se sert de substances qui n'exercent pas en même temps d'action irritante sur les filets sensibles du trijumeau qui se répandent dans la cavité nasale. Celles qui conviennent le mieux, sont l'eau de Cologne, les huiles volatiles (l'essence de girofle, de bergamotte), l'huile de térébenthine, le camphre, le musc, la valériane, Tasa fœtida, etc.
L' hyperestltésie du sens de V odorat se révèle en partie par une finesse remarquable de la perception des odeurs en partie par une
Anomalies du sens olfactif. — Anomalies du sens du goût. * ^3
impressionnabilfté excessive à leur endroit. C'est cette dernière condition qui s'observe le plus fréquemment,surtout chez les hystériques. Ces malades éprouvent de la céphalalgie, des tendances lypothymiques, etc. à la suite des moindres perceptions odorantes qui affectent à peine les individus sains. Des sensations subjectives d'odeurs {yi^hxcinations de Todorat) se rencontrent* assez souvent chez les aliénés et parfois pendant l'aura de l'attaque épileptique.
On rencontre aussi assez fréquemment une diminution de la faculté olfactive (atieslhésie olfactive^ anostnie). Elle se présente dans les affections nasales les plus diverses (rhume du cerveau, etc.), puis dans les maladies de la base du crâne (tumeurs, méningite aiguë et chronique), qui intéressent en même temps le tronc du nerf olfactif, enfin dans les affections cérébrales (tumeurs, etc.), surtout dans V hystérie grave. Dans le tabès dorsal très avancé nous avons quelquefois observé une anosmie prononcée qui dépend peut-être d'une atrophie du nerf olfactif II importe de remarquer que dans toute diminution un peu notable de l'odorat, la ^ saveur » de beaucoup d'aliments n'est plus perçue, puisqu'il est reconnu que leur « arôme », comme par ex, des rôtis, des vins, des différentes sortes de fromage dépend principalement des sensations que fournit l'odorat.
Le traitenunt des anomalies du sens de l'odorat concorde presque toujours avec celui de l'affection fondamentale. Au cas où le trouble du sens olfactif réclame une intervention spéciale, on pourra essayer l'électrisation de la muqueuse nasale ou le badigeonnage de la surface olfactive avec une solution à i 0/0 de nitrate de strychnine dans de l'huile d'olive.