Symptômes d'irritation motrice
De la même manière qu'on désigne soUs le nom de f paralysie > les symptômes qui expriment une suspension de la motilité, on range sous la dénomination commune de <L convulsion » les symptômes d'irritation motrice. On comprend par là tous les mouvements morbides qui se produisent dans les muscles en dehors de ou malgré l'influence de la volonté. Bien que dans les muscles lisses, entièrement soustraits à l'empire de la volonté, il puisse également se montrer des contractions spasmodiques Tpar ex. les spasmes des muscles bronchiques et des muscles vasculaires, etc.), nous nous occuperons exclusivement ici des mouvements convulsifs qui se déclarent dans les muscles volontaires. La cause de ces contractions doit être recherchée dans des irritations anormales qui portent d'une manière ou de l'autre sur les voies de conduction motrice. Quant à la
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nature précise et au mode d'action de ces irritations, nous en connaissons jusqu'à présent dans la plupart des cas bien peu de chose. Souvent ces irritations anormales agissent d'une manière directe sur la zone nerveuse motrice (comme par ex. dans les convulsions qui se montrent en cas d'afTections des centres excito-moteurs de la couche corticale) ; d'autres fois ces excitations motrices ne paraissent être provoquées que d'une façon secondaire, par voie réflexe {convulsions réflexes).
Depuis une époque reculée on distingue au point de vue de la sytnptomatologie, deux sortes de convulsions. On appelle convulsions cloniques ce genre de convulsions dans lesquelles les contractions anormales des muscles ne durent que peu de temps, s'interrompent pour faire place à de courts intervalles de relâchement, et reprendre immédiatement après. Par là, les parties atteintes sont ébranlées par une succession de secousses convulsives. A l'opposé de ces convulsions, on qualifie de toniques cette classe de contractions musculaires anormales, dans lesquelles le muscle convulsé persiste un temps plus considérable à l'état de spasme (des minutes,des heures, des journées entières). La partie convulsée reste alors fixée et immobilisée dans une position anormale quelconque. D'ailleurs les deux formes de convulsions présentent des transitions et des combinaisons multiples, de sorte qu'on signale souvent des convulsions < toni-doniques >.
Une analyse plus rigoureuse des phénomènes d'irritation motrice démontre cependant qu'il existe un nombre considérable d'autres formes convulsives. Nous allons collectionner ici en raccourci- les modalités les plus importantes des contractions morbides involontaires, tout en nous défendant de donner la liste complète des multiples formes de convulsions.
1. Les convulsions épileptif ormes sont des contractions violentes, cloniques de préférence, mais aussi en partie toni-cloniques, qui envahissent en se généralisant le corps tout entier ou se limitent à une moitié du corps, voire même à un segment corporel, et grâce auxquelles tout le corps, ou le membre atteint est agité de forts mouvements, le plus souvent sous forme de secousses et d'ébranlements. Le type de cette classe de convulsions est formé par les véritables convulsions épileptiques (comme dans l'épilepsie). Cependant sous le rapport symptomatique on rencontre des convulsions tout à fait analogues {convulsions épiUptiformes) dans les affections organiques du. cerveau, dans l'hystérie, etc.
2. On observe parfois dans certaines maladies du cerveau (apoplexie, sclérose) des secousses rythmiques de quelques riions
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musculaires. En ce cas la partie atteinte est ébranlée par une succession incessante de chocs d'intensité plus ou moins grande, qui sont séparés par des intervalles de temps réguliers. Ces secousses . rythmiques se rencontrent comme précurseurs ou à la fin des convulsions épileptiformes.
3. La trémulation (tremblement), dans le sens habituel du mot, est constituée par des oscillations uniformes qui se suivent rapidement et qui d'ordinaire ont peu d'amplitude. Si ces mouvements oscillatoires sont plus étendus on les nomme < convulsions branlantes > . Le tremblement est un symptôme important et presque pathognomonique de beaucoup de maladies nerveuses (par ex. de la paralysie agitante). Nous ne connaissons cependant que bien peu de chose sur sa véritable pathogénie. On sait qu'il se présente fréquemment dans un âge avancé (tremblement sentie) et chez les alcoolisants {tremblement alcoolique). Parfois il se déclare dans les muscles à l'état de repos, c'est-à-dire soustraits à l'innervation volontaire, parfois seulement dans les muscles en mouvement Cette dernière forme de tremblement qu'on rencontre le plus souvent dans la sclérose disséminée est désignée sous le nom de € tremblement intentionnelle,
4. Les contractions isolées, tantôt soudaines et sous forme de secousses, tantôt sous forme de contractures plus lentes, se voient avec une fréquence particulière dans les affections de la moelle. Ces contractions sont espacées ou bien elles se suivent rapidement et ont une certaine durée. Leur mode de production n'est pas toujours bien évident. Elles peuvent tenir à une irritation motrice directe ou bien aussi avoir une origine réflexe.
5. Les trémoussements fibrillaires sont de petites oscillations qui animent quelques faisceaux musculaires. Elles sont visibles quand on examine minutieusement le muscle, mais n'exercent aucune influence véritable sur le mouvement. Si ces contractions fibrillaires sont très vives, il peut se produire une € ondulation > réelle de la substance musculaire. Ce phénomène s'observe principalement dans les muscles atrophiés, donc de préférence dans r atrophie musculaire progressive,
6. Les mouvements choréîques sont tantôt de petits soubresauts, tantôt des déplacements plus compliqués et plus étendus qui se produisent d'une façon irrégulière et alternativement à la face, dans unmembre et souvent par tout le corps. Dans les cas graves ces mouvements sont presque continuels, dans les cas légers ils sont entrecoupés par des moments d'arrêt plus ou moins longs. Ils constituent le symptôme capital de la chorée essentielle, mais ils se manifestent
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aussi quelquefois dans d'autres adections cérébrales (chorée symptomatique et postlîémiplégique, etc.).
7. On désigne sous le nom de mouvetnenis athétosiques Ats mouvements particuliers, se déclarant involontairement, d'une allure assez lente et qu'on observe surtout aux bras et aux mains, mais aussi à la tête, au tronc, etc. Les doigts exécutent des mouvements ralentis et en même temps quelquefoi3 très étendus, se redressent, s'écartent, se recourbent, se contournent et se superposent de la manière la plus bizarre. Cette forme symptomatique d'irritation motrice se montre à l'état de maladie essentielle {athétosis), ou bien elle constitue un phénomène propre à certaines affections des centres nerveux, par ex. à la paralysie cérébrale infantile (v. y.).
8. Les convulsions statiques ou coordonnées sont des symptômes d'irritation motrice qui consistent en mouvements compliqués que les malades sont obligés d'exécuter malgré eux {mouvements irrésistibles). C'est à cette catégorie qu'appartiennent la marche impulsive en avant, le mouvement de manège, la rotation du corps sur son propre axe {attitude forcée), certaines formes particulières de convulsions compliquées, la convulsion saltatoire, le rire spasmodique, le cri convulsîf, etc. On les observe le plus souvent dans V hystérie grave, cependant Vépilepsie peut aussi se présenter exceptionnellement sous forme de convulsions coordonnées. Les mouvements irrésistibles dont nous venons de parler, ainsi que les attitudes forcées sont surtout le fait d'affections du cervelet et des pédoncules cérébelleux.
g. On appelle convulsions toniques^ comme nous l'avons déjà dit, toutes les contractions morbides qui durent un certain temps sans se relâcher. On appelle trismus la convulsion tonique des muscles de la mastication {masséters). On désigne sous le nom ^ opistliotonos la convulsion tonique des muscles du dos et de la nuque qui fait que le corps tout entier se recourbe en arrière et que la colonne vertébrale s'incurve de manière à former un arc convexe en avant. Le tonisme rigide de tout le corps s'appelle tétanos.
10. La rigidité cataleptique est le terme qu'on applique à cet état tonique des muscles dans lequel les membres sont soustraits à l'empire de la volonté, mais fixement maintenus par les muscles dans toutes les positions qui leur sont imprimées passivement. Elle se déclare surtout dans certains cas d'hystérie. Mais dans d'autres affections cérébrales (par ex. la méningite), des états cataleptiques peuvent aussi se présenter (v. chap. de la catalepsie).
1 1. Les mouvefnents associés sont des mouvements anormaux, qui, à l'occasion des mouvements volontaires, se produisent dans d'autres muscles lesquels ne sont pas en corrélation avec le mouvement voulu.
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Cestainsi parex.que le bras s'associe parfois aux mouvements qu'exécute le malade quand il ne veut mouvoir que sa jambe. Ces mouvements se présentent le plus fréquemment dans les maladiesdu cerveau (hémiplégies); cependant nous avons observé quelquefois que dans les affections spinales paiement le mouvement d'une seule jambe fait toujours, sans qu'on le veuille, mouvoir l'autre en même temps.
Aux états d'irritation motrice se relient parfois d'autres symptômes nerveux concomitants, II arrive très souvent que des phénomènes de paralysie et d'irritation motrice se combinent entre eux, parce que les différentes formes convulsives peuvent se présenter, non seulement dans des régions musculaires normales sous d'autres rapports, mais aussi sur des territoires musculaires atteints de parésie ou de résolution complète. UétcU du sensorium mérite une attention spéciale dans les convulsions généralisées. Les attaques d'épilepste essentielle sont le plus souvent accompagnées d'une perte complète de connaissance, tandis que le consensus reste intact dans la plupart des autres formes convulsives. Enfin il est encore digne de remarque que les convulsions toniques surtout sont souvent associées à une douleur \\v^ qui lient probablement à une irritation des nerfs sensibles intra-musculaires. On appelle crampes ce genre de contracture douloureuse des muscles. C'est à cette classe qu'appartiennent par ex. les crampes douloureuses des mollets qui suivent les fatig^ues corporelles, etc.