Hémorrhagies des méninges spinales
(Hématorrhachis. Apoplexie méningée. Pachy méningite hémorrhagique
interne,)
Les grands épanchements de sang qui se font dans et entre les méninges rachîdiennes sont des accidents rares. Ils ont lieu d'ordinaire après des violences traumatîques, des ébranlements et des fractures de la colonne vertébrale ou des blessures qui atteignent directement les membranes (coups de couteau, plaies par armes à feu). Dans quelques circonstances on a mis l'apoplexie méningée sur le compte Aq grandes fatigues corporelles. Des affections des vertèbres, la carie et le carcinome peuvent aussi donner lieu à une hémorrhagie en corrodant un vaisseau. Les petites extravasations
I^g Maladies de la moelle épinière.
sanguines qui se produisent assez fréquemment dans les méninges, comme faisant partie de la méningite et des maladies hémorrhagiques, au cours d'infections générales graves (affections septiques, typhus, variole) ou à la suite de convulsions généralisées, n'ont presque jamais d'expression clinique. Rappelons en terminant que les anévrysmes de Taorte et de ses branches peuvent se rompre dans le canal vertébral.
Les symptômes cliniques de Thémorrhagie méningée se déclarent presque toujours d'une manière soudaine, « apoplectiforme >, mais sans perte de connaissance. Leur intensité dépend entièrement du degré de compression que les racines nerveuses et la moelle éprouvent de la part du sang extravasé. Ce sont d'ordinaire les phénomènes d'irritation qui sont prépondérants : douleur violente du rachîs, paresthésies et douleurs névralgiques des extrémités, puis, dans la sphère de la motilité, tension, tremblement et contractures des muscles. Quand l'hémorrhagie est plus considérable, des signes de paralysie y par ci par là des anesthésies^ des troubles de la vessie etc. peuvent aussi se produire. Disons encore que les diversités d'aspect du tableau morbide, lesquelles dépendent du siège de l'hémorrhagie, se dessinent d'après les règles générales applicables à la détermination du siège de toutes les autres affections spinales (v. plus loin). En général le diagnostic de l'hémorrhagie méningée ne peut être posé avec quelque certitude que si l'on se trouve en présence d'arguments étiologiques convaincants, et que symptômes et début sont hautement caractéristiques.
La marche est parfois favorable, pourvu que l'hémorrhagie soit promptement résorbée, mais souvent elle laisse après elle des troubles fonctionnels durables.
Sous le rapport t/u^rapeutique on recommandera avant tout le repos le plus complet et, localement^ une énergique application de glace, de plus quand les symptômes irritatifs du début sont violents, une soustraction sanguine locale (ventouses, sangsues). Si des désordres persistent, on les traitera d'après les règles généralement en usage (iodure de potassium, bains, électricité).
Comme forme morbide spéciale mentionnons encore la pachyméningite liémorrhagique interne qui se présente le plus souvent concurremment avec t hématome de la dure-mère cérébrale (v. y) et lui est complètement analogue au point de vue étiologique et anatomopathologique. A la surface interne de la dure-mère, on trouve des foyers sanguins enkystés qui prennent quelquefois des dimensions assez considérables et, comme ils sont le plus souvent de vieille date, peuvent renfermer du sang déjà décomposé, du détritus, des
Troubles circulatoires, hëmorrhagies, troubles fonctionnels, etc. 149
cristaux d'hématoïdîne. En outre il existe, comme à la dure-mère cérébrale, des signes d'une inflammation fibrineuse laquelle, d'après l'opinion de la plupart des observateurs, est le processus primordial, de telle manière que les épanchements de sang ne se font que subsidiairement dans les pseudo-membranes de nouvelle formation. Les symptômes de cette affection qui se rencontrent surtout chez les vieux aliénés (paralytiques) et les buveurs sont rarement tranchés et consistent surtout en douleurs rachîalgiques, rigidité de la colonne vertébrale et phénomènes de compression portant sur les racines nerveuses et la moelle. Quoiqu'il en soit, un diagnostic certain est presque toujours impossible.