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La poliomyélite aiguë des adultes

(Paralysie spinale atrophique aiguë des adultes,)

Après qu'on eut été longtemps convaincu que la forme ci-dessus décrite de la paralysie spinale atrophique aiguë ne se rencontre que chez les enfants, des observations récentes de Mon Meycr, Du-

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chenne, Erb, F. Schultze, F. Miiller et d'autres ont établi que des cas morbides parfaitement analogues peuvent se présenter, quoique infiniment moins souvent, chez les adultes, et surtout chez des jeunes gens jusqu'à Tâge de 30 ans. Ce fait n'est plus l'objet d'aucun doute, surtout en présence de la démonstration anatotnique incontestable qui en a été faite par F. Schultze. Nous avons en effet déjà affirmé antérieurement qu'on y est allé trop à la légère pendant un certain temps avec le diagnostic de la poliomyélite aiguë, de même, comme nous le verrons tantôt, qu'avec celui de la poliomyélite chronique, et que nombre de cas diagnostiqués et publiés comme appartenant à la poliomyélite, devront certainement être comptés parmi la névrite primitive (v. p. 1 16). Depuis que nous savons que des processus de dégénérescence peuvent aussi d'une manière aiguë et subaiguë se développer primitivement dans les nerfs moteurs et que ces processus entraînent également une paralysie atrophique, la question de la poliomyélite demande à être révisée complètement sous la plupart de ses aspects, pour qu'on puisse en éliminer tout ce qui lui est étranger.

Le tableau morbide de la poliomyélite aiguë chez les adultes, pour autant qu'il résulte des rares observations à caractère authentique recueillies jusqu'à ce jour, ne se distingue naturellement pas dans ses traits essentiels de la forme infantile.

Très souvent il n'y a pas moyen de remonter à des circonstances étiologiqius; parfois un refroidissetnent^ un surmèpiement^ etc. semblent avoir favorisé la genèse de la maladie. On l'a observée plus fréquemment chez les hommes que chez les femmes.

L'affection débute également avec des symptômes initiaux d'une assez grande intensité, fièvre, céphalalgie, somnolence, délire, vomissements qui peuvent durer de quelques jours à i ou 2 semaines. Il est probable que les douleurs spontanées et violentes qu'on accuse très souvent dans les lombes, le dos et les membres se rapportent presque toujours au cas où une névrite primitive, et non pas la poliomyélite, constitue la lésion anatomique capitale. Ce premier stade achevé, on voit apparaître la paralysie qui se propage dans une étendue variable, le plus souvent par petites étapes, mais toujours avec assez de rapidité. Les muscles paralysés sont tout à fait flasques, les réflexes cutanés et tendineux font complètement défaut, bientôt se produit une atrophie prononcée et la réaction électrique de dégénérescence^ tandis que la sensibilité^ les fonctions urinaires et sexuelles restent normales.

La répartition de la paralysie offre certaines particularités qui doivent être brièvement mentionnées ici, attendu qu'elles peuvent être beaucoup mieux étudiées chez les adultes que chez les enfants.

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La paralysie peut être très vaste, elle peut frapper les quatre membres à la fois, ou bien se montrer sous forme paraplégique, et parfois sous forme monoplégique. Aux extrémités, on trouve avec une remarquable fréquence certaines combinaisons de paralysie musculaire sur lesquelles E. Remakale premier appelé l'attention. Comme les muscles simultanément paralysés ne reçoivent pas rinnervation des mêmes rameaux périphériques, mais concourent d'ordinaire à accomplir le même rôle fonctionnel, on doit supposer que les cellules ganglionnaires qui leur correspondent dansles colonnes antérieures de la moelle, sont situées à proximité les unes des autres, et ne pas avoir égard pour le moment au raccordement successif des prolongements périphériquesdecescellulesavec chacun des nerfs moteurs.Il estdigne de remarque, par exemple, que dans la paralysie de la zone crurale,Ie nerf couturier reste souvent tout à fait indemne, qu'à la jambe le muscle tibial antérieur d'une part, et de l'autre les péroniers et les extenseurs des orteils sont atteints isolément,qu'à l'avant-bras le long supinateur innervé par le nerf radial échappe, tandis que tous les autres muscles de la région antibrachiale postérieure sont paralysés (type antibrachial d'après E. Remak), qu'au contraire le supinateur peut être frappé seul ou concurremment avec le biceps, le brachial interne et le deltoïde (type Auméral à* diprhs E. Remak). Cette dernière forme de paralysie doit correspondre à une lésion myélique située à la hauteur de la quatrième et cinquième racine cervicale, et le type antibrachial à une lésion sise au niveau de la huitième racine cervicale et de la première dorsale. Le centre du système musculaire du mollet siège d'après Kahler et Pick à la hauteur de la quatrième et cinquième racine dorsale. Ferrier et Yeo ont, en expérimentant sur des singes à l'aide d'irritations portées sur les racines motrices antérieures de la moelle, obtenu des résultats qui concordent en grande partie avec les observations faites sur l'homme.

Sous le rapport du diagnostic il faudra à l'avenir prendre garde à la distinction qu'il y a à faire entre la poliomyélite et la polynévrite. Le point sur lequel on insistera le plus en ce cas,cesontles^47iri!firrj initiales et d'autres troubles de la sensibilité de légère intensité qui peuvent exister en même temps. Pour le reste la marche des deux maladies a une si grande analogie, qu'on en vient aisément à croire qu'elles sont, au point de vue de Yétiologie^ dans une parenté étroite et ne constituent que des formes différemment localisées de la même cause morbide (probablement infectieuse). Plusieurs observations tendent aussi i faire admettre qu'il existe peut être des formes de transition avec une lésion primitive portant simultanément sur la moelle épinière et sur les nerfs périphériques.

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ht pronostic n'est pas mauvais, vu qu'en beaucoup de circonstances on a observé une guérison complète, même après que des mois se sont révolus. Cependant il n'est pas bien certain que ces cas n'appartiennent pas à la névrite multiple. D'autre part on a vu persister les mêmes paralysies atrophîques et les mêmes contractures qu'on voit succéder à la paralysie spinale infantile.

Le traitement doit se guider selon les règles que nous avons exposées dans la paralysie infantile. On y associera, d'après les recommandations de quelques médecins, l'usage interne ou souscutané de Yergotine, F. Millier préconise une solution de 10,0 d'ergotine avec 0,02 de sulfate d'atropine, dont on injecte deux fois par jour ^ à I seringue de Pravaz.

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