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CHAPITRE DOUZIÈME

Néoplasmes de la moelle et de ses enveloppes.

Anatomie pathologique. — Il est rare qu'on rencontre des tumeurs dans la moelle, La néoplasie primitive qui s'y présente le plus fréquemment, c'est le gliome qui a probablement son point de départ dans la névroglie et est constitué par une tuméfaction riche en cellules et en tissu vasculaire. Il n'est pas rare qu'on trouve dans les gliomes des points de ramollissement secondaire (formation de vacuités, v. le chap. suiv.) et des héntorrhagies, La tumeur siège le plus souvent dans la moelle- cervicale et la partie supérieure de la moelle dorsale^ elle peut s'étendre assez loin dans le sens de la longueur et acquérir un diamètre transversal de plusieurs centimètres.

Rappelons encore, parmi les autres néoplasmes de la moelle, les tubercules isolés^ les syphilomes et les myxomes (myxosarcomes).

On a trouvé dans les méninges spinalesdes sarcomes,dcs^bromes,des . lipomes^ des myxomes et des sypkilomes. Le carcinome qui émane des vertèbres peut aussi se communiquer aux méninges rachidiennes par envahissement direct. Le tissu myéllque lui-même présente souvent, à l'endroit correspondant au siège de la néoplasie méningée, des signes évidents de compression et de la dégénérescence secondaire qui en dépend.

Nous savons bien peu de chose sur la cause des néoplasies de la moelle. Il importe de remarquer seulement que dans les observations de gliome myélique, on a très souvent noté qu'un traumatisme {cYiMt^ sur le dos, etc.) avait précédé l'éclosion des premiers symptômes.

Symptômes et marche morbide. — Il n'est pas possible de tracer une image morbide générale des tumeurs de la moelle, attendu que naturellement les symptômes doivent différer dans chaque cas, d'après le siège et l'étendue du néoplasme.

En cas de tumeur méningée les manifestations de la compression myélique sont souvent prédominantes. Au commencement, on observe des « symptômes radiculaires » prononcés, c'est-à-dire des douleurs irradiées, de la raideur^ d^s pares t/tésies^ des anesthésies^ttc. Dans la suite se déclarent les conséquences de la compression de la moelle : l'affaiblissement de la motilité qui peut s'accentuer jusqu'à constituer une paraplégie totale de la motilité et de la sensibilité. Nous ne pouvons pas revenir ici sur les particularités qui distinguent les divers cas. Elles ressortent d'elles-mêmes des lois générales sur la localisation des symptômes spinaux.

En cas de tumeur de la substance propre de la moelle^ les symp-

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tomes prononcés d'irritation sensible font le plus souvent défaut au début. Peu à peu on voit se dessiner un tableau morbide spinal complexe, dans lequel peuvent figfurer, pour chaque cas en particulier, toiis les symptômes que nous avons mentionnés en détail à propos de la description de la myélite chronique diffuse. Le diagnostic différentiel entre la tumeur myélique et la myélite transversale est en réalité le plus souvent impossible. Il existe toutefois certaines particularités dans le tableau morbide, qui inclinent quelquefois à faire croire à la présence d'une tumeur. De ce nombre est principalement le développement asymétrique des symptômes des deux côtés de la moelle, lequel marque le début de la maladie. Comme la tumeur peut dans le principe ne se former que dans une moitié de Taxe spinal (ce qui n'a presque jamais lieu pour la myélite), il se fait qu'elle donne souvent lieu, d'une manière plus ou moins nette, aux signes d'une lésion myélique unilatérale (v. chap. XV). De plus on remarque parfois une certaine fluctuation dans les symptômes, des améliorations suivies d'aggravations subites, phénomènes qu'il faut, selon toute apparence, rapporter à' des variations de la turgescence vasculaire, ou à des extravasations sanguines qui s'opèrent dans l'intérieur de la trame de la tumeur. Quoi qu'il en soit, le diagnostic d'une tumeur myélique ne peut se porter qu'avec un certain degré de probabilité. Pour juger du siège et de l'étendue de la tumeur, on se guidera entièrement d'après les règles applicables au diagnostic des différentes formes de myélite. Quant à la nature de la tumeur, il n'y a pas moyen d'avancer quelque chose de précis à cet égard.

Le pronostic des tumeurs myéliques est foncièrement mauvais.La maladie traîne parfois pendant des années, mais la terminaison en est constamment mortelle (marasme, cysto-pyélite, décubitus). Le traitement est purement symptomatique et semblable à celui de la myélite chronique. S'il y a un soupçon de syphilis antérieure, il faut de toute nécessité instituer un traitement énergique à l'aide de frictions mercurielles et donner l'iodure de potassium à l'intérieur.

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