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CHAPITRE QUINZIÈME

La lésion unilatérale de la moelle.

(Paralysie spinale de Brawn-Séquard,)

La paralysie latéralisée n'est pas à proprement parler une maladie de la moelle, mais un complexus sytnptomatique particulier qui se produit chaque fois que, par suite d'une affection quelconque, la conductibilité est interrompue dans une des moitiés de Vaxe spinal. Comme Brown-Séquard le premier a le mieux étudié cet ensemble de symptômes au point de vue expérimental et clinique, on a appelé le tableau morbide en question du nom de « paralysie de Brown- Séquard >. On l'observe le plus souvent et dans sa forme la plus pure en cas de blessures de la moelle. Des coups de couteau, de poignard, etc., ont fréquemment déjà occasionné des sections de la moelle qui en entament justement la moitié. D'autre part des processus inflammatoires^ des compressions et surtout des tumeurs de la moelle peuvent, pendant plus ou moins de temps au cours de leur développement, donner lieu d'une manière plus ou moins nette aux symptômes de la lésion unilatérale.

La modalité symptomatique de la lésion sémilatérale ressort clairement de la marche que suivent les fibres dans l'axe médullaire. Dans la figure schématique ci-contre (v. fig. 38) v indique les fibres motrices des racines antérieures et h les fibres sensibles des racines postërieures.Commenousravonsdéjàdit,les fibres sensibles^ passent immédiatement du côté opposé de la moelle, et s'entrecroisent par conséquent avec les fibres sensibles correspondantes de ce côté. Les fibres motrices v au contraire sans s'entrecroiser montent directement dans la moelle (surtout dans le cordon latéral) du côté par où elles sont entrées. Si maintenant du côté droit par ex. de la moelle, le point a est le siège d'une affection (soit une section semilatérale) la marche des fibres motrices qui proviennent du côté droite de même que celle des fibres sensibles qui viennent du côté gauche^ est interceptée. Il résulte de là que du côté du corps où siège la lésion myélique^U doit se produire une paralysie motrice et une paralysie de la sensibilité {^nesthé^ie), du côté opposé. Siraffcction réside dans la

2^ UaUdlea d« la mo«ll« éptnlbre.

moelle dorsale ou lombaire, la jambe du côté atteint est paralysée du mouvement, et la jambe de l'autre côte est anesthésiëe. Si la lésion occupe la moelle cervicale au-dessus du lieu d'immergence des nerfs des extrémités supérieures, le bras et la jambe sont tous deux paralysés du mouvement, du côté de la lésion (hémiplégie spina/e), tandis que le bras et la jambe sont anesthésiés du cdtë opposé, quoique susceptibles de se mouvoir normalement.

En examinant de plus près, on remarque encore d'autres particularités intéressantes au point de vue de la physiologie. Non seulef.^.^ y ti ment la sensibilité est le plus sou-

I 4 * \ \\ vent normale du côté en résolutioH,

' ' i- -L -J- mais il existe même en cet en-

droit une hyperesthiiit prononcée envers tous les modes d'excitation, ou du moins envers quelques-uns d'entre eux. De Itères piqûres d'épingle provoquent déjà de vives douleurs et la titillation de la plante du pied est ressentie d'une manière excessivement vive. Il n'y a que le sens musculaire (la conscience des mouvements passivement imprimés) qui fasse exception d'une manière remarquable, vu qu'il est d'ordinaire considérablement abaissi du côté paralysé. Nous ne pouvons expliquer ce fait qu'en admettant, avec Brown-Séquard, Bj- .a .......... . ., que les fibres qui président i la

'^™^'» "u'fd» «la imKip«iM reia dt coodoe- sensibilité musculairc (v. 2 et 2 Wrtr-RKiM uii.*-R»QB. pML i-voindc danslafîg.38),à l'opposéde toutcs •■iuintuciiiuR.]-VDici<i< i> HiiiibïiiK cauDâi les autres fibres sensibles, parcou-

k droiir. i', )', j'n Lt< miiBO noialliiiuche. La , , ,, , , .

(Uchft indiqacni le dircdion de la «uJnciûD piir. Tcnt la moelle SOUS s entrtcnnser, "■ tout comme les fibres motrices.

Au-dessus de la région cutanée atteinte d'hyperesthésîe, on rencontre d'ordinaire une étroite zone anestftésique (v. fig. 36, b) et puis, surmontant celle-ci, une autre bande hyperesthésique plus étroite (v, fig. 39, c). La zone anesthésîque est facile à expliquer. Elle correspond exactement à la hauteur de la lésion myélique, à savoir aux nerfs sensibles provenant de ce même côté et qui sont atteints juste au moment de leur entrée dans la moelle. D'un autre côté, on manque

La lésion unilatérale dft la moelle.

encore de renseignements suffisants pour expliquer l'hyperesthésie du côté paralysé et la mince bande supérieure d'hyperesthësie.

Les réflexes, surtout les réflexes tendineux, sont d'ordinaire exagérés du côté paralysé. On observe souvent de ce même côté le phénomène du pied d'une manière prononcée, symptôme qu'on doit expliquer par la suppression des influences inhibitoires des réflexes, lesquelles descendent de plus haut.

Enfin on constate encore, du côté de la lésion, les signes d'une paralysie vasontotrice, consistant surtout en une élévation remarquable de \&.chaleur cutanée (jusqu'à i" c, et au-delà).

Sur le côté anesthésié, au contraire, la motilité est parfaitement normale, '

comme il a étédit, dans les cas exempts de complication, dç même que le sens musculaire, à l'inverse des autres modalités sensibles. Au-dessus du territoire anesthésié, on peut rencontrer également ici une mince zone hyperesthésique (v. fig. 39, <r). Les réflexes sont le plus souvent normaux ou peu exagérés.

Parmi les autres symptômes spinaux, mentionnons encore les troubles de la miction et de la défécation qui se montrent presque toujours, les douleurs névralgiquesqui prédominent tantôt d'un

côté, tantôt de l'autre, les atrophies pi^. ^^ R™<™uri™ <cM..ti<,» museulaires,\es modifications de Vexci- ^^SSt?". f. ^."So'îîïï'. (U"^ tahilité électrique. Tous ces symptômes ("i •!»«• Erb). La «ri« abiLqnn ind^^.nl ne sont pas caractéristiques de la lésion 'i™'", '«"'i'"' r»n"'h£v« cnunfc; ic semitatérale comme telle et s'expliquent toujours facilemcntdans un casdonné,par l'emplacement qu'occupe la maladie. Il faut remarquer en outre que le tableau symptomatique de la lésion latéralisée ne se présente pas toujours à l'état de pureté parfaite, maïs ne se révèle que par quelques grands traits saillants.

Nous n'avons rien à ajouter sur \^ pronostic et le traitement de la lésion latéralisée, attendu qu'ils dépendent essentiellement de la nature de la maladie fondamentale.

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