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Embolie et thrombose de l'artère basilaire

La moelle allongée et la protubérance reçoivent le sang artériel principalement de vaisseaux qui sortent de l'artère spinale antérieure, des vertébrales et de la basilaire, pénètrent dans la fente médiane antérieure (raphé) et se rendent de là jusqu'aux noyaux

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nerveux. Cette irrigation sanguine dépend dans une proportion beaucoup moins considérable des < artères radiculaires >, c'est-àdire des petits vaisseaux qui sont fournis par les branches latérales de la basilaire et des vertébrales, lesquels s'insinuent de concert avec les racines nerveuses jusqu'aux noyaux nerveux dont ces racines dépendent. A part quelques anomalies individuelles, s'il faut en croire les recherches de Duret, les noyaux de V hypoglosse et de Vaccessoire sont alimentés par Vartère spinale antérieure et la vertebraUy les noyaux du nerfvague^ du glosso-pharyngien et de X acoustique par des rameaux de l'extrémité supérieure des vertébrales, et les noyaux du facial^ du trijumeau et des trois nerfs des muscles de Vœil par les ramifications de l'artère basilaire. L'oblitération embolique ou thrombosique des artères susdites doit provoquer un ramollissement secomiaire dans les parties correspondantes du bulbe et constitue par conséquent une cause fréquente de paralysies bul^ baires apoplectiques ou du moins déforme aiguë.

Les causes qui donnent naissance à une thrombose ou une embolie de ces différentes artères, sont les mêmes que celles que nous apprendrons à connaître plus intimement encore en étudiant le ramollissement cérébral. Les embolies se rencontrent principalement dans les affections cardiaque^ Elles ne se présentent guère que dans l'artère vertébrale (surtout la gauche) et pas directement dans l'artère basilaire. Ce n'est que par l'agrandissement thrombosique successif de l'embolus dans le trajet de la vertébrale que la basilaire peut être bouchée à son tour. La plupart des thromboses se développent à titre de conséquences de lésions artérielles chroniques^ surtout de Vathérome et de Vendartérite syphilitique. Cette dernière, dont l'artère basilaire est un des sièges de prédilection, est la cause proportionnellement la plus fréquente des ramollissements aigus de la protubérance.

Les données anatomiques sont aussi d'une analogie parfaite avec les processus propres au ramollissement cérébral (v. y.). Le département où la circulation est suspendue par obstruction de l'artère nourricière, est frappé de mort et de destruction à la suite de l'anémie aiguë de son tissu. Il se forme un i. foyer de ramollissement > qui consiste surtout en produits de décomposition de la trame nerveuse et en une multitude de cellules à granulations graisseuses.

Les symptômes morbides qui traduisent l'oblitération de l'artère basilaire se manifestent brusquement sous l'image d'un coup d'apoplexie, ou du moins d'une manière très rapide, dans l'espace de peu de jours. Uictus initial ressemble dans tous ses traits principaux à celui de l'apoplexie bulbaire et aussi pour l'ensemble à celui de

Paralysies bulbaires algues et apoplectlformes. 287

Tapoplexie cérébrale. L'absence même de la perte complète de connaissance n'est nullement caractéristique de la paralysie bulbaire apoplectique, puisque l'oblitération subite de la basilaire peut également provoquer des troubles circulatoires dans les parties antérieures du cerveau, lesquels entraînent la perte du sensorium. Dans quelques cas même ces troubles se manifestent par la production de l'œdème de la papille visible à l'ophthalmoscope. Parfois les troubles de la respiration et de la circulation sont particulièrement prédominants (respiration de Cheyne-Stokes, grande fréquence du pouls, etc.).

Si la mort n'est pas immédiate, de manière que les symptômes locaux indicatifs d'une suppression de fonction ont le temps de se produire, on voit en thèse générale apparaître le même appareil morbide que celui que nous venons de signaler comme propre à \hémorrkagie bulbaire, 'L^, paralysie frappe souvent les quatre membres à la fois, cependant elle est ordinairement unilatérale et se présente alors à l'état ^hémiplégie alterne^ forme importante au point de vue du diagnostic topographique (paralysie croisée du facial ou des muscles de l'œil). On a observé à diverses reprises que cette paralysie est d'abord prédominante d'un seul côté, pour passer après un petit nombre de jours du côté opposé, circonstance qui doit être en rapport avec les conditions changeantes de la circulation (thrombose en voie de progression, établissement d'une circulation collatérale). Les symptômes bulbaires spécifiques consistent, comme dans toute affection du bulbe, dans \a, paralysie delà langue et le désordre du langage articulé qui en dépend, dans \z paralysie de la déglutition^ parfois encore dans les troubles auditifs provoqués par une lésion du centre acoustique. Il va sans dire que l'intensité et l'étendue de ces manifestations tiennent essentiellement au siège et aux dimensions du ramollissement.

Làterminaisonde cas semblables est presque constamment funeste. Après quelques jours au plus tard, la mort vient, le plus souvent à la faveur d'une hyperthermie des plus intenses. C'est par exception que la maladie passe à l'état chronique.

Nous n'avons rien à ajouter concernant le traitement, vu qu'il se compose des mêmes remèdes qui s'emploient dans les autres maladies du bulbe.

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