‹ Traité de pathologie interneChapitre 68 sur 156 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

La compression de la moelle allongée.

La compression à Pétat aigu et les lésions similaires de la moelle allongée se produisent le plus souvent à la suite de fractures ou de luxations des deux vertèbres cervicales supérieures. On sait que la luxation de Taxis et celle de Tatlas sur l'occiput entraînent le plus souvent la mort immédiate.

On observe la compression lente de la moelle allongée dans les lésions chroniques des os qui enveloppent celle-ci, dans la carie et les tumeurs de l'occiput et des deux premières vertèbres cervicales. Uenchondrome de la base du crâne, des néoplasmes cU la gouttière basilaire, de même que des tumeurs la dure-mère^ voire les tumeurs du cervelety peuvent, en comprimant la moelle allongée, faire naître les plus graves manifestations du côté du bulbe. Citons encore les anévrysmes du bout supérieur de \artère vertébrale et de \ artère basilaire comme pouvant donner lieu à de graves manifestations bulbaires. Dans tous ces cas divers, c'est incontestablement l'action purement mécanique, la destruction directe des voies nerveuses ou du moins l'interruption de leur conductibilité qui est la cause capitale des symptômes cliniques. Au surplus, des hémorrhagies et parfois aussi des états inflammatoires peuvent s'établir dans la substance nerveuse même, et compliquer de ce chef le tableau morbide.

Les caractères cliniques de la compression lente de la moelle allongée commencent d'ordinaire, tout comme les symptômes de la compression de l'axe spinal, par c^rldÀnsphétiomènes dirritation dans le domaine des racines nerveuses qui sont les premières atteintes : douleurs névralgiques dans le trijumeau, de temps en temps contractions dans les muscles de la face, bourdonnements d'oreille, etc. Si la compression s'accroît, on voit se produire des symptômes bulbaires plus graves, des troubles de la déglutition et de la parole, la paralysie de la langue, du voile du palais, des muscles de la face et quelquefois à la fin des désordres d'ordre moteur et sensible dans les membres. En outre on observe le plus souvent des symptômes généraux d'origine cérébrale, le vertige, la céphalalgie, les vomissements, des accès épileptiformes.

Il est clair qu'il n'y a pas moyen de tracer un tableau complet de la maladie, attendu que l'ensemble de la marche, de même que les symptômes pris individuellement, présentent de grandes différences qui dépendent de la nature de l'agent comprimant. Le diagnostic n'est possible que pour autant que les facteurs étiologiques (traumatisme» carie vertébrale) sont connus. En cas d!anévrysme de l'artère

Pathologie II. 19

290 Maladies de la moelle allonge-

vertébrale on prétend avoir entendu un fort murmure systolique entre Tune des apophyses mastoïdes et la colonne vertébrale (Môser). Dans tous les autres cas, on ne peut avoir que des présomptions. La compression lente de la moelle allongée se distingue de la paralysie bulbaire progressive véritable, d'abord par sa marche (signes d'irritation du début), puis par la grande diversité des symptômes (troubles de la sensibilité, paralysie hémiplégique), et encore parfois par la prédominance unilatérale (asymétrique) de certains symptômes. Si la compression ne porte que sur la face antérieure de la moelle allongée (J>yramides\ les phénomènes bulbaires peuvent, pour un temps du moins, faire complètement défaut, pour laisser la place aux seuls symptômes d'ordre moteur, de préférence parétiques et spastiqueSy qui affectent les extrémités,

\jt pronostic^ vu la nature de la maladie fondamentale, est presque toujours foncièrement mauvais. La mort vient à la suite d*une pneumonie par déglutition ou de la paralysie respiratoire du bulbe. Le traitement est purement symptomatique et se règle d'après celui de la paralysie progressive.

Page 1