La région motrice de la couche corticale du cerveau
Les données de la clinique et de l'expérimentation s'accordent à démontrer qu'une partie de l'écorce du cerveau est douée du privil^^ spécial de devoir être considérée comme le siège unique des activités motrices. Cette € région motrice » (v. fig. 42 et 43) est formée par les cUux circonvolutions centrales i)iQ}ù^ c^nXx^X antérieur et postérieur dans la figure 41) et par le lobule paracentral (v. fig. 43,) situé du côté de la face médiane du cerveau. Cette région, comme Betz Ta fait voir le premier, se distingue sous le rapport anatomique des autres zones corticales en ce que ce n'est qu'en elle qu'on découvre de grosses cellules ganglionnaires pyramidif or mes yK3^\^ selon toute apparence, doivent être considérées comme des cellules ganglionnaires motrices. Quelle que soit l'étendue des lésions qui siègent en d'autres endroits de la couche corticale, pourvu que les circonvolutions que nous venons d'indiquer n'y prennent aucune part, ces lésions ne sont accompagnées d'aucune paralysie appréciable, tandis que toute maladie qui altère une partie notable de la région susdite, doit nécessairement avoir pour conséquence une paralysie de la motilité du côté opposé du corps.
Cependant on peut désigner encore quelques zones corticales qui constituent des centres spéciaux tenant sous leur dépendance différents départements musculaires. Le centre moteur des muscUs de la face (étage inférieur de la face) est situé à \ extrémité inférieure des circonvolutions centrales et surtout du lobule central antérieur selon toute probabilité. Dans ce voisinage et un peu plus bas peut-être, se trouve le centre des mouvements de la langtu. Le centre
Région motrice.
moteur du bras est un peu plus haut que le centre facial et occupe à peu prés la partie moyenne de la circonvolution centrale antérieure. Le centre qui préside aux mouvements de la jambe se trouve à la partie supérieure des circonvolutions centrales, et de préférence, paraît-ii, dans le lobule paracentral. H est, pour le moment, encore impossible de donner plus de détails sur les centres de la motilité. On cite un nombre déjà assez considérable d'exemples à.'/témiplégie dont la cause a été retrouvée dans une affection de la région motrice (tumeurs, foyers de ramollissement, etc.} Au point de vue de l'anatomie, nous devons ajouter qu'on a constamment trouvé dans ces
Fie. 41. c.
cas une dégénérescence descendante secondaire de la voie pyramidale i;^ 266) qui passe à travers !a capsule interne, le pédoncule cérébral et la moelle allongée, jusqu'au cordon latéral, voire même antérieur du côté opposé de la moelle spinale. Sous le rapport clinique, ces hémiplégies corticales ne se distinguent ordinairement en aucun point de l'hémiplégie due à des maladies à foyer situées en des endroits plus profonds de la voie de conduction motrice, et dont nous étudierons les particularités symptomatiqucs dans le chapitre de l'apoplexie cérébrale. Cependant, il est malgré cela possible, du moins dans beaucoup de cas, de formuler le di^nostic spécial d'une maladie
Maladies da la aubstance cérébrale.
de la couche corticale motrice, en s'éclairant des conditions particulières qui suivent.
Et d'abord avons-nous dit (p. 48), la distance qui sépare tes uns des autres les centres moteurs desquels relèvent les diverses parties du corps (face, bras, jambe), a pour effet de favoriser d'une manière spéciale la formation de paralysies isolées dans l'une ou l'autre de ces parties, ou de ce qu'on nomme monopUgies. A preuve, il existe déjà toute une série d'observations qui démontrent que des affections circonscrites à une zone motrice corticale ont provoqué des
paralysies isolées d'une moitié de la face, d'un seul bras ou d'une seule jambe. On désigne ce genre de paralysies du nom de tmmo' plégie faciale, brachiale ou crurale et on peut alors, conformément à ce qui précède, même du vivant du malade, déterminer assez exactement l'endroit où doit siéger le foyer i la surface du cerveau. Il arrive plus souvent encore dans les affections corticales, qu'au lieu de monoplégies entièrement isolées, on rencontre des paralysies combinées de deux segments du corps, de préférence une paralysie simultanée d'un bras et d'un facial, plus rarement une paralysie d'un bras et d'une jambe. Par contre, à raison de la situation qu'occupent
Centres moteurs.
les centres moteurs, il n'est pas concevable qu'un foyer unique puisse paralyser à la fois la jambe et le facial, tout en épargnant le bras, et en réalité une telle combinaison n'a encore jamais été observée.
A part le signe résultant de ce que la paralysie se limite, comme nous venons de le voir, à un segment du corps, il y a un second caractère indicatif du foyer cortical : c'est l'apparition fréquente à& phénomènes marqués d'irritation motrice^ de convulsions toni-cloniques, qui, à l'instar des paralysies, n'atteignent parfois qu'irif seul bras ou un bras et un facial, mais qui peuvent aussi affecter toute une moitié du corps. On désigne ces convulsions qui se produisent sous forme d'attaques, du nom « d'épilepsie corticale > (épilepsie partielle.
^* 43* ^^^ ^^ ^ surface médiane du cerveau, telle qu'elle résulte d'une section antéro-postérieure partageant les deux hémisphères. B corps calleux. Les indications sont faites de la même façon que dans la lig. 41. Le lobe paracentral est ombré comme appartenant à la zone motrice corticale. (La copie est faite d'apris Ecker, seulement le lobule paracentral est plus nettement délimité que dans l'original.)
épilepsie de Jackson), parce que les contractions dont elles se composent sont tout à fait les mêmes que celles qui se produisent dans l'épilepsie véritable. Des expériences cliniques en grand nombre ont appris que des attaques épileptiformes, circonscrites de la sorte, ne se présentent guère que dans les affections de la couche corticale motrice et même il nous est donné de pouvoir préciser davantage le si^e exact de la lésion, attendu que des convulsions dans le domaine du facial ^it rapportent surtout au tiers /;f^m^r des circonvolutions centrales, les convulsions du bras à la partie médiane et les convulsions de \2. jambe aux parties supérieures de ces mêmes circonvolutions. Disons encore que ces convulsions et ces paralysies affectent
Patholocis il
Maladies de la substance cérébrale.
entre elles des relations très variables:- c'est ainsi que très souvent en cas d'hémorrhagie dans les circonvolutions centrales, il coexiste avec la paralysie, de violentes convulsions unilatérales. Dans les affections à évolution lente (les tumeurs par ex.), des convulsions épileptiques partielles précèdent souvent de bien loin les manifestations paralytiques et enfin il peut arriver quelquefois que des régions musculaires déjà frappées de paralysie sont plus tard encore le siège d'attaques épileptiformes nombreuses ; ce sont surtout les deux conditions rapportées en dernier lieu qui permettent toujours de conclure avec un haut degré de probabilité à une affection cor-
Fi(^. 44. (Dosioé d'après Ecker.) Représentation des rapports topographiques entre laswface dn * et le aane. c Scissure interhémisphiériqne, HC et yC, Circonvolutions centrales, postérieure et antérieure, SfSt^ S II. Scissure de Sylvius, FxtPa. Lobes pariéuux super, et inférieur. O Lobe occipital. Ce Cervelet, T Lobe temporal, J^ Lobe firoataL
ticale. Outre les attaques épileptiques confirmées, les affections de la région motrice de l'écorce cérébrale donnent lieu aussi à des fornus phénoménales adoucies d* excitations motrices ^ comme sont des contractions isolées, des contractions rythmiques, des spasmes toniques, etc.
La manière d'être de la sensibilité dans ses rapports avec les paralysies corticales n'est pas encore suffisamment connue. Comme les recherches expérimentales récentes de Munck ont démontré que chez les animaux la ^sphère dite sensitivey est située dans la même r^on que les centres moteurs corticaux, on serait tenté de sup-
Clxx^nvolutions.
poser à priori que chez Thomme les paralysies corticales doivent constamment être associées à des troubles de la sensibilité. Toutefois les observations cliniques ne s'accordent pas encore complètement sur cette question. Il est incontestable que la sensibilité est normale dans beaucoup de cas ; dans d'autres au contraire, il est certain qu'on a rencontré des désordres de la sensibilité. Ce qu'il y a de particulièrement digne d'intérêt, c'est l'absence maintes fois constatée du sens musculaire (conscience de la position et des mouvements passifs) dans les extrémités atteintes. .