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L'encéphalite aiguë et chronique non-purulente

Si dans la moelle épinière les inflammations idiopathiques circonscrites (myélites transverses) se présentent assez souvent, dans le cerveau les processus analogues sont beaucoup plus rares. Voici, en peu de mots, nos connaissances sur cet objet :

1. Ramollissement cérébral idiopathique (inflammatoire). — Dans des cas rares, en découpant le cerveau, on tombe sur des foyers de ramollissement passablement étendus dont les caractères anatomiques s'identifient presque entièrement avec les foyers emboliques, mais dont Torigine n'a pas sa raison d'être dans les vaisseaux aflférents. C'est pour ce motif que ces cas sont désignés du nom de i. foyers de ramollissefnent de nature inflammatoire >. Nous ne savons rien de précis sur leur pathogénèse. Le tableau morbide qu'ils pro* duisent ressemble dans ses grandes lignes à celui du ramollissement cérébral thrombosique.

2. Forme curable de l'encéphalite. — Il est incontestable qu'on rencontre des cas où existent pendant quelque temps des symptômes cérébraux manifestement à foyer, qui font même penser à la présence d'une tumeur ou à une affection analogue. Après une durée de quelques mois ou un laps de temps plus considérable encore, ces manifestations s'arrêtent petit à petit et finalement font place à une guérison complète. On allègue d'ordinaire, pour rendre compte de ces faits, que ce ne sont que des processus encéphalitiques circonscrits susceptibles d'une rétrocession totale. D'après nos expériences personnelles et à en juger par la nature des symptômes, il paraîtrait que la maladie doive siéger surtout à proximité de la couche corticale, parce qu'il s'agit le plus souvent de parésies monopl^ques, parfois associées à certains symptômes d'irritation et à des troubles de la parole. Il est probable qu'on peut activer par l'électrothérapie et l'iodure de potassium à l'intérieur, la guérison de ces cas dont on ne saurait d'ailleurs jamais présager avec certitude qu'ils auront une issue favorable.

3. Sclérose cérébrale diffuse. — La sclérose diffuse du cerveau est une maladie particulière rangée d'ordinaire parmi les processus d'inflammation chronique. En ce cas, l'encéphale en entier ou de préférence l'un des hémisphères dans la plus grande partie de son étendue, présente une augmentation très remarquable de consistance, au point que la substance cérébrale est dure comme du cuir sous le scalpel L'examen microscopique y découvre souvent (mais pas toujours) MXMt prolifération diffuse de tissu connectif Jusqu'à ce jour on n'a trouvé aucune altération certaine dans les éléments nerveux

Paralysie infantile cërëbrale. 37 1

proprement dits, quoique les symptômes cliniques en rendent Texistence très probable. Il n'y a pas moyen encore de tracer à l'heure actuelle une image morbide adéquate de cette rare affection. On voit se développer d'une manière chronique un cortège de symptômes cérébraux dont \^s paralysies hémi/>l/giques s^nstrowble notable de la sensibilité, des phénomènes <f irritation motrice, tantôt sous forme à! attaques épileptiformes généralisées ou unilatérales, tantôt sous forme de contractions rythmiques isolées ou choréiques^ et ensuite la démence générale, paraissent être les plus constants. Dans la sclérose de l'un et de l'autre hémisphère, les jambes sont d'ordinaire le siège de symptômes spastiques considérables.

On a observé cette maladie chez les enfants et chez les vieillards. L'alcoolicîsme chronique y joue peut-être un rôle en tant ç^^ facteur étiologique. Le traitement ne saurait s'adresser qu'aux symptômes.

La sclérose multiple du cerveau se rencontre presque toujours en association avec des foyers scléreux multiples de la moelle. C'est pourquoi nous l'avons décrite dans la partie qui précède (p. 187).

4. L'encéphalite aiguë des enfants. — ^Paralysie cérébrale infantiUy hémiplégie spastique infantile d'après Benedikt.) On observe quelquefois chez les enfants une forme déterminée de paralysie hémiplégique qui demande de ce chef une courte description particulière.

Le début des symptômes morbides qui tombe d'ordinaire dans les quatre premières années, est presque toujours aigu. L'enfant bien portant jusqu'alors est pris presque subitement de malaise et de fièvre. Des nausées et des vomissements se montrent souvent et ne tardent pas à être suivis de symptômes cérébraux graves (de la stupeur et surtout des convulsions). Cet état ne dure parfois que peu de temps (i à 2 jours), quelquefois cependant de i à 3 semaines, avec la même intensité ou sous une forme adoucie. Alors les manifestations aiguës cessent, les enfants se remettent assez lestement, mais les parents remarquent qu'il persiste un certain degré de paralysie qui est susceptible de s'améliorer, mais qui disparaît rarement en entier.

Si ces enfants, comme c'est fréquemment le cas, sont soumis à l'observation médicale après que la paralysie a duré pendant longtemps, on les trouve d'ordinaire dans les conditions suivantes : les nerfs crâniens prennent rarement part au processus. Ce sont de préférence les membres d'un seul côté qui sont atteints, et le bras presque toujours à un plus fort degré que la jambe. Les parties frappées sont retardées dans leur développement, leur motilité est entravée dans une proportion plus ou moins considérable, les réflexes tendineux sont vivement exagérés et presque constamment il s'est établi des contractures. Il n'y a que les doigts qui sont parfois si flasques

3J2 luCaladles de la substance c^r^brale.

qu'on peut les ployer en arrière à angle droit et au delà même dans les articulations métacarpo-phalangiennes. Les muscles sont souvent atrophiés à un haut degré, mais sans présenter de réaction dégénérative ; la sensibilité est tout à fait normale. On trouve avec une fréquence remarquable dans le côté atteint d'hémiparésie, des symptomes d'irritation motrice, le plus souvent sous forme de mouvements athétasiques ou choréiques {kémiathétose, kémichoréé), parfois aussi sous forme de mouvements associés. Par suite de cela, quand ces enfants marchent, ils exécutent quelquefois avec leur bras parésié des mouvements incessants dans Tair. Fréquemment ils deviennent épileptiques dans la suite. Ils souffrent d'attaques convulsives qui commencent d'ordinaire dans le côté paralysé, mais qui par après peuvent se propager à tout le corps. Le développement intellectuel est passablement normal chez un grand nombre, la plupart cependant sont atteints d'un degré plus ou moins considérable d'imbécillité ou arriérés dans leurs facultés mentales.

A considérer la marche morbide dans son ensemble, il s'agit très probablement d'une encéphalite aiguë qui se limite de préférence à la zone corticale motrice. Cette maladie évoque nécessairement l'idée de la poliomyélite des enfants, dont elle ne se distingue que par la différence de siège du foyer inflammatoire. Il n'est pas impossible que les deux maladies aient une étroite afRnité ou ne soient même \Atrï\\i\\XQS sous le rapport de Fétiologie, Les deux cas ne peuvent pas se différencier l'un de l'autre pendant le stade initial. Plus tard cependant la confusion n'est plus possible, quand on tient compte de la forme hémiplégique de la paralysie, de la conservation de la contractilité électrique et de l'exagération fréquente des réflexes tendineux.

Uexamen anatomique n'a pas encore porté sur des cas récents. Dans les cas anciens, à lésions confirmées, on trouve dans les parties atteintes du cerveau, une atrophie cicatricielle considérable avec lacunes correspondantes à la superficie du cerveau {Porencéphalie\ avec épaississement de la pie-mère, formation de kystes circonscrits et dégénérescence descendante consécutive, en même temps qu'une atrophie dans le domaine de la couche grise du cerveau, à l'instar de l'atrophie des cornes antérieures qu'on rencontre en des circonstances parfaitement analogues dans la paralysie spinale infantile, comme conséquence de la poliomyélite.

Il va sans dire que toutes les hémiplégies qui se déclarent dans l'enfance ne dépendent pas d'une encéphalite, car on rencontre aussi chez les enfants, quoique rarement, des ramollissements emboliques et des liémorrhagies qui peuvent donner lieu à des hémiplégies infan-

Li68 tumeurs du cerveau.

tiles. Mais Tencéphalîte aiguë se distingue le plus souvent de ces états morbides par le caractère particulier de sa période initiale.

Le traitement KM début se dirige d'après les mêmes règles que celles qui s'appliquent au stade initial de la poliomyélite aiguë. Une hémiplégie qui persiste après le décours des premiers mois, n'est plus susceptible d'une amélioration véritable. L'électricité, le massage et les frictions froides méritent alors le plus de confiance. Le bromure de potassium à hautes doses jouit d'une efficacité marquée contre les attaques épileptiques qui survivent.

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