L.ea tumeurs de la base
quelques cas des paralysies des muscles masticateurs. Le tronc du nerf facial est quelquefois entamé. L,di paralysie faciale qui en résulte, a, au point de vue diagnostique, une qualité particulière en ce sens, que la réaction électrique de dégénérescence qui se montre ordinairement dans les muscles de la face atteints de paralysie, dénote que la paralysie est de ndXnr^ périphérique ^ circonstance qui évidemment fournit une indication précieuse quant au siège de la lésion à la base du crânCy contrairement à la paralysie faciale qui accompagne les affections centrales et qui est alors exempte de réaction de dégénérescence. A part la modalité électrique des muscles paralysés, la part presque constante que les muscles du front prennent à la paralysie, signifie aussi que la paralysie faciale est de nature périphérique (v. pp. 86 et 349). La paralysie périphérique du nerf hypoglosse se rencontre beaucoup plus rarement en cas de tumeurs basilaires que la paralysie faciale. On a recueilli jusqu'à ce jour très peu de données expérimentales sur les troubles des nerfs sensoriaux, autres que les nerfs optiques, cependant il est probable qu'une observation minutieuse parviendrait à les rassembler en assez grand nombre.
Les symptômes que nous venons de décrire comme ressortissant aux nerfs crâniens peuvent naturellement se combiner de diverses manières avec des paralysies des membres. Celles-ci se présentent ordinairement quand les pédoncules cérébraux et les voies pyramidales qui les parcourent sont lésés. Il serait oiseux de donner un aperçu détaillé de toutes les combinaisons possibles. Dans chaque cas à part il importe de rechercher soigneusement tous les symptômes existants et de les mettre en regard des conditions anatomiques. Alors on réussit le plus souvent à déterminer, ne fût-ce qu'avec un certain degré d'approximation, l'endroit de la base où le néoplasme doit siéger. Toutefois des erreurs diagnostiques peuvent, quoique assez rarement cependant, être commises, par le motif que des symptômes relevant des nerfs de la base du crâne sont aussi quelquefois provoqués, à titre de symptômes indirects de compression, par des tumeurs situées dans des endroits du cerveau même qui sont assez éloignés de la base.
3. Tumeurs du cervelet. Si nous croyons pouvoir nous dispenser de décrire à nouveau les différents symptômes des tumeurs situées dans les diverses parties de la masse cérébrale, nous devons pourtant une courte mention spéciale aux néoplasmes qui se présentent assez fréquemment dans le cervelet. Les symptômes directs à foyer qui dénotent une affection cérébelleuse, une démarche titubante particulière et le vertige ont été décrits plus haut à la page 337. Il faut y ajouter encore, dans la plupart des cas de tumeurs du cerve-
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let, des symptômes généraux très prononcés : la céphalalgie localisée de préférence à l'occiput et associée quelquefois à une rigidité tonique manifeste de la nuque^ le vomissement et les troubles de la vision dus à la présence si fréquente de Yœdème de lapafiille.Comm^ pour le nerf optique, l'excès de la compression générale du cerveau paraît pouvoir, par un mécanisme analogue, produire des phénomènes de stase dans les autres nerfs des sens (par ex. les nerfs acoustiques et olfactifs), d'où résultent alors des troubles sensoriaux correspondants. Quand de part et d'autre l'odorat est troublé et l'ouïe supprimée, comme précisément cela s'est rencontré quelquefois en cas de tumeurs de la fosse occipitale, il faut surtout avoir égard à la possibilité de cet état de stase.
Marche générale des tumeurs cérébrales. — La marche clinique des tumeurs cérébrales est presque toujours chronique. Ce n'est que dans des cas rares que le début et le cours ultérieur de la maladie ont un caractère aigu, alors qu'une tumeur latente jusquelà donne lieu subitement à des symptômes graves, par suite d'un épanchement de sang qui s'opère dans son intérieur ou pour un motif analogue. En règle générale cependant les signes d'une tumeur cérébrale se développent peu à peu. D'après le siège qu'elle occupe, ce sont des phénomènes généraux ou des symptômes i foyer qui se mettent tout d'abord au premier plan du tableau morbide. Le premier cas se rencontre le plus souvent Des douleurs de tête vagues, profondément situées, ouvrent la scène et ce n'est que petit à petit que les autres symptômes généraux et à foyer viennent s'y ajouter. Des oscillations multiples font varier l'intensité des manifestations morbides, et s'expliquent ppur une grande part par les différences de pression que la tumeur exerce autour d'elle. Nous avons signalé déjà les aggravations subites qui sont surtout le fait des gliomes riches en vaisseaux.
La durée totale de la maladie comporte d'ordinaire au moins plusieurs mois, parfois de i à 2 ans ou plus encore. La terminaison est presque toujours mortelle. La mort vient tantôt subitement, tantôt après que les malades perclus, aveugles et accablés de marasme ont végété longtemps dans un état lamentable, dont les souffrances heureusement ont été atténuées par une profonde déchéance intellectuelle. L,dLguérison n'a lieu que si la tumeur est d'origine syphilitique. Cependant les tubercules solitaires sont aussi susceptibles de guérison, mais cette démonstration n'a pas été faite.
Diagnostic. — Le diagnostic des tumeurs cérébrales se fonde en première ligne sur Y apparition par degrés et r aggravation lente» ment progressive des symptômes généraux décrits ci-dessus (céphalalgie.
Les tumeurs du cerveau. — Diagnostic. 383
vertiges, vomissements, convulsions, affaiblissement intellectuel, etc.). Tous ces symptômes, dont le mal de tête est le plus constant, indiquent qu'il se développe une affection cérébrale chronique et, parmi ces dernières affections, la supposition d'une tumeur du cerveau est la plus probable, quand certains éléments étiologiques de nature spéciale (abcès consécutif à une cause traumatique, syphilis) font défaut. Ajoutons encore comme symptôme d'une importance particulière, \ œdème de la papille qui est beaucoup plus rare dans toutes les maladies chroniques quelconques du cerveau (abcès, ramollissement) qu'en cas de tumeurs.
Tandis que les symptômes généraux susdits indiquent surtout l'existence d'une tumeur, il n'y a que les symptôtnes à foyer qui permettent d'en déterminer le siège exactCependant le développement successif et l'adjonction à intervalles éloignés de symptômes nouveaux à ceux qui préexistent, est encore un argument de plus en faveur de l'hypothèse d'un processus morbide à marche non interrompue, tel qu'il est réalisé le mieux par les néoplasmes cérébraux. L'abcès se distingue des affections à allures analogues, par l'absence d'œdème papillaire d'abord, puis par les mouvements fébriles qui l'accompagnent quelquefois, et enfin par les relations qu'il affecte avec certaines conditions étiologiques (cause vulnérante). Les ramollissements inflammatoires et thrombosiques du cerveau à évolution lente donnent généralement lieu à des symptômes généraux moins intenses que les tumeurs, ne produisent qu'exceptionnellement de l'œdème papillaire et sont d'ailleurs (si l'on fait abstraction du ramollissement syphilitique) beaucoup plus rares chez les adultes que les tumeurs cérébrales, hesprocessus scléreux présentent quelquefois une grande ressemblance avec les tumeurs du cerveau. Néanmoins l'œdème papillaire fait également défaut en ce cas; la marche dans son ensemble est beaucoup plus traînante (de 5 à 10 ans de durée et plus) et la multiplicité des foyers scléreux provoque parfois un complexus symptomatique tellement enchevêtré, qu'il n'y a pas moyen de le faire concorder avec l'idée d'un foyer morbide unique.
Il est impossible de distinguer la tumeur cérébrale de certaines méningites chroniques circonscrites qui se rencontrent rarement et le plus souvent à la base, et qui, en occasionnant un épaississement notable de tissu, engendrent par là même tous les symptômes d'une tumeur basilaire. U hydrocéphalie chronique peut aussi être confondue avec une tumeur cérébrale. Nous avons vu un cas d'hydropisie du quatrième ventricule qui, du vivant du malade, avait présenté l'image complète d'une tumeur du cervelet.
II n'y a que des suppositions à faire quant à la nature de la tumeur.
384 Maladies de la substance cérébrale.
Si les symptômes à foyer visent une tumeur de la substance cérébrale même, on songera tout d'abord au gliome^ attendu que c'est là le genre de néoplasme qui se présente de beaucoup le plus fréquemment dans rintérieur du cerveau. Comme il a été dit, on peut également avec assez de probabilité conclure à l'existence d'un gliome, quand on s'en rapporte à certaines particularités qui en caractérisent la marche (surtout à l'apparition par accès des manifestations successives). S'agit-il, au contraire, d'une tumeur basilaire, l'hypothèse d'un sarcome a le plus de chance, attendu que les néoplasies de la base du crâne sont le plus souvent de nature sarcomateuse. Ce n'est qu'au cas où des phénomènes de la part du nerf optique apparaissent avec une précocité marquée, qu'on peut émettre le soupçon d'une tumeur hypophysaire. En tout état de chose, surtout quand il s'agit d'une tumeur basilaire, il faut avoir l'œil ouvert sur l'éventualité d'un néoplasme syphilitique^ et le commémoratif comme l'examen de tout le corps doivent porter principalement sur ce point qui est d'une si grande importance thérapeutique.
Un genre spécial de tumeurs mérite encore d'être brièvement signalé : ce sont les gros tubercules cérébraux isolés (solitaires) ou multiples. Ils se produisent de préférence chez les enfants, au point que toute affection cérébrale chronique dans l'enfance fait songer à la possibilité de leur développement, et avec d'autant plus de raison qu'il coexiste é'autres signes de tuberculose dans des organes différents (ganglions, poumons, os, etc.). Leurs symptômes cliniques sont analogues à ceux des autres tumeurs.. Les douleurs de tête et les convulsions (parfois unilatérales) sont parmi les manifestations les plus fréquentes ; en outre tous les symptômes à foyer peuvent se montrer d'après que la maladie occupe tel ou tel siège.
Pronostic. — Si l'on omet les néoplasmes syphilitiques, toutes les tumeurs cérébrales donnent un pronostic entièrement défavorable. Dans des circonstances tout à fait exceptionnelles, il peut arriver que des tumeurs tuberculeuses rétrocèdent, mais il n'y faut jamais compter en pratique. Partout ailleurs la guérison est sensément impossible. Le temps qui s'écoule à dater des premiers indices du mal jusqu'à la mort est très variable, comme on sait, de façon qu'il faut être très réservé avec le pronostic quoad tempus. Toutefois il est rare que la maladie dure plus d'un à deux ans, et il faut toujours se tenir en garde contre l'éventualité d'une mort soudaine et imprévue.
Traitement — Comme il n'y aucun moyen assuré de jamais diagnostiquer la nature vraie de la tumeur, on essayera chaque fois le traitement antisyphilitique (frictions avec 3,0 à 5,0 grm par jour d'onguent gris, et à l'intérieur 2 à 5 grm d'iodure de potassium) par-
Appendice. — IL.e8 cysticerques du cerveau. 385
ce que la possibilité de l'existence d'un néoplasme spécifique ne peut presque jamais être complètement écartée et que dans cette occurrence la médication susdite a un effet marqué. Cependant la cure antisyphilitique n'aie plus souvent aucun résultat, la tumeur étant d'une autre nature, quoique Piodure de potassium puisse même alors exercer pendant quelque temps une influence avantageuse. L'usage persévérant de rarsenic a aussi été recommandé, en vue d'entraver la croissance du néoplasme. C'est surtout quand on soupçonne la présence d'un tubercule solitaire, qu'on aura recours à ce remède.
Pour le reste le traitement se règle sur les indications symptomatiques. On combat la céphalalgie par des applications de glace et les narcotiques, les convulsions par le bromure de potassium ou les inhalations de chloroforme, le vomissement par l'opium et les pilules de glace et en outre par le repos au lit. Il incombe à l'hygiène générale de préserver les malades autant que possible de meurtrissures, d'eschares, etc.
APPENDICE. — Les cysticerques du cerveau.
Comme il a été exposé au tome \y\^cysticerquecelluleux^xov^Ti^xi\, du ténia solintn peut se présenter en grande masse dans le cerveau. Les cysticerques siègent le plus souvent dans la pie-mère, d'où ils descendent ordinairement dans la couche corticale. Les méninges offrent les caractères de la méningite chronique, et parfois aussi des ecchymoses plus ou moins étendues. Si les cysticerques occupent en grand nombre le voisinage des ventricules, il s'ensuit d'ordinaire une hydrocéphalie interne plus au moins forte. Chaque cysticerque est communément entouré d'un kyste celluleux, il est plus rare de les trouver tout à fait exempts de cette enveloppe.
Il est impossible de tracer un tableau /^ic^r^/VaS^ caractéristique des cysticerques du cerveau, attendu que les divers cas diffèrent considérablement sous le rapport symptomatologique d'après le nombre et le siège des parasites. Parfois ils ne provoquent presque pas de symptômes et on les retrouve fortuitement à l'autopsie. Dans d'autres cas, ils sont la cause d'un affection cérébrale de longue durée. De tous les symptômes, ce sont les convulsions épileptiformesqui se rencontrent le plus souvent, ce qui tient évidemment à ce que les cysticerques occupent la couche corticale. Il peut en outre se présenter des manifestations cérébrales analogues à celles qui accompagnent les tumeurs : mal de tête persistant, vertige, altération du moral, etc. Des symptômes à foyer peuvent également apparaître, mais ils sont en somme assez rares.
Patholocik II.
^S6 Maladies de la substance cérébrale.
Le diagnostic ne se pose jamais avec une pleine assurance. On est admis à soupçonner la présence de cysticerques dans le cerveau, quand les symptômes mentionnés ci-dessus, se montrent chez un individu dont la profession (boucher, etc.) tend à faire croire à la possibilité d'une infection, qui actuellement est porteur d'un ténia ou qui notoirement en a hébergé un jadis, ou bien encore quand on a découvert des cysticerques dans d'autres organes, et en particulier à la peau.
Nous ne connaissons aucun remède qui soit capable de détruire ces cysticerques sur place. Le traitement doit donc se borner à s'adresser aux symptômes.