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CHAPITRE NEUVIÈME

La maladie de Menière.

( Vertigo ob aure lœsâ. Vertige labyrinthique.)

En 1861 un médecin français, Menière, a, le premier, appelé l'attention sur un complexus symptomatîque particulier, qui se déclare quelquefois à la suite d'affections auriculaires chroniques et dont les symptômes principaux consistent en un vertige très intense et un fort bourdonnement d'oreille. Cette maladie commence d'ordinaire par quelques accès isolés, distancés les uns des autres. Ces accès s'annoncent par un tintouin à timbre grêle, quelquefois comparable au sifflet d'une locomotive et qui n'est perçu que dans une seule oreille. Au même moment, ou peu après, se produit un vertige très prononcé et à caractère particulier. Il semble au malade que tout son corps se met en mouvement, qu'il se précipite en avant ou bien qu'il tourne sur lui-même, etc. Au surplus, il conserve pleinement conscience de lui-même, mais il éprouve un grand malaise général, la peau devient pâle et froide et la face se couvre d'une sueur glaciale. L'accès qui dans le principe ne dure pas longtemps, se termine quelquefois par un vomissement.

Dans la suite de la maladie,les accès se multiplient de plus en plus et à la fin il peut s'établir un vertige continu qui tourmente fortement les malades et les retient souvent au lit. Alors même leur état subit encore quelques aggravations paroxysmales, inaugurées chaque fois par des bourdonnements aigus de l'oreille. En même temps, on voit persister d'un seul côté les signes d'une affection chronique de l'appareil de l'audition. Les malades sont atteints d'un écoulement purulent du conduit auditif, l'examen otoscopique révèle souvent des

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lésions pathologiques manifestes sur le tympan et dans l'oretlle moyenne et TouYe est toujours plus ou moins obtuse de ce côté. Cet état peut persister de la sorte pendant des annéesjusqu'à ce qu'enfin il cesse de lui-même, quand le malade est devenu complètement sourd de Toreille atteinte.

On ne connaît que bien peu de chose sur la genèse du complexus symptomatique de la maladie de Menière. Il est incontestable qu'elle dépend d'une affection de l'oreille interne et il est probable qu'il s'agit toujours d'une lésion à laquelle participent les canaux semi-circulaires^ dont la corrélation avec le maintien de l'équilibre est démontrée par une multitude de recherches expérimentales. La connaissance du vertige de Menière a par conséquent une grande importance pour le médecin névrologiste, attendu que des confusions de cette maladie avec l'épilepsie, avec les affections cérébelleuses, etc ont été signalées à diverses reprises.

La thérapeutique n'est pas complètement désarmée contre l'appareil symptomatique en question, depuis que Charcot à découvert que l'usage continu de la quinine a presque toujours produit une amélioration notable des symptômes, même parfois une guérison totale. On prescrit 0,5 à 1,0 grm. de quinine par jour, divisés en 2 à 3 doses et on insiste sur cette médication au moins pendant plusieurs semaines.

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